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20 novembre 2013 3 20 /11 /novembre /2013 07:03

 

 

 ‘Hanoucca Spécial

(Dossier Complet) 

 

                                                                                   Imprimer 


I] L’histoire et les Règles de l’allumage

 

L’historique :

 A l’époque du 2ème Beit Hamikdash (le 2ème Temple) (206 ans avant sa destruction), lorsque la Grèce régnait sur le monde, les monarques grecs avaient imposé des décrets sur Israël, dans le but de les détourner de la Torah et des Miçwot. Ils les ont privés de l’étude de la Torah, et se sont emparés de leur argent et de leurs filles. Ils ont pénétré dans le Beit Hamikdash, l’ont souillé de toutes sortes d’idolâtries, et ont rendu impures tout ce qu’ils ont trouvé, ce qui fit souffrir Israël… Jusqu’au moment où Hashem les prie en pitié, et les sauva de la main des Grecs. Une famille de Cohanim - les ‘Hashmonaïm - souleva le peuple contre leurs ennemis, et Hashem leur fit obtenir la victoire, bien qu’ils étaient très peu nombreux face aux Grecs, qui eux, étaient des millions. Après la victoire, les ‘Hashmonaïm décidèrent de restaurer le Beit Hamikdash de toutes les impuretés des Grecs, et voulurent rallumer la Ménorah du Beit Hamikdash, restée jusque-là éteinte. Pour cela, seule une huile d’olive pure, fabriquée à cet effet, et scellée avec le sceau du Cohen Gadol, n’est valable.

Ils trouvèrent, en effet des flacons d’huile d’olive, mais tous les flacons étaient ouverts, et doncinutilisables pour le culte. Après de grandes recherches, ils trouvèrent enfin un flacon d’huile d’olive pure, scellé par le sceau du Cohen Gadol, mais ce flacon ne contenait que la quantité d’huile pour que la Ménora reste allumée qu’une nuitIl se produit un Ness (un miracle), et la Ménora ne s’éteignit que huit jours plus tard.

 

Les principaux décrets imposés par les Grecs

 

Ne plus pratiquer la Berit Mila (la circoncision)

Ne plus observer Shabbat

Ne plus fixer Rosh ‘Hodesh

 

Il faut être très attentionné envers la Miçwa de l’allumage des lumières de 'Hanoucca, car cette Miçwa est très précieuse, afin de divulguer le miracle, en adressant des remerciements à Hashem. Celui qui accomplie la Miçwa des lumières de 'Hanoucca selon les exigences de la Hala’ha, aura le mérite d’avoir des enfants Talmidé ‘Ha’hamim (érudits dans la Torah). Comme il est dit : « Le Ner (la lampe) est la Miçwa, et la Torah est la lumière » (Mishlé chap.6).

 

Les Règles de l’allumage

 

Il faut allumer à partir de la sortie des étoiles.

Avant d’allumer les Nerot de 'Hanoucca, il faut s’assurer qu’il y a suffisamment d’huile, ou que les bougies soient suffisamment longues pour brûler pendant au moins une demi-heure après l’allumage.

 

La veille de Shabbat, où nous allumons très tôt, il faut veiller à mettre assez d’huile dans lesNerot 'Hanoucca, ou prendre des bougies assez grandes, afin qu’elles brûlent au moins 1 heure et demi.

 

On dispose les Nerot de droite à gauche, et on les allume de gauche à droite.

Mémo technique :

Disposition = écriture hébraïque, de droite à gauche

Allumage = écriture occidentale, de gauche à droite

 

Le 1er soir, nous allumons donc le Ner qui se trouve à l’extrême droite.

Le 2ème soir, nous allumons d’abord celui qui se trouve à gauche de celui de la veille, puis celui de la veille. Et ainsi de suite. Afin que chaque soir, nous allumons d’abord le Ner nouveau, qui représente la continuité du Miracle, et ensuite les autres Nerot.

 

Il est une Miçwa de placer la ‘Hanoukiya à la porte d’entrée, sur le côté gauche (dans les 8 cm de la porte) en entrant.

 

Il faut placer la ‘Hanoukiya à plus de 24 cm du sol de la maison, et Le’hate’hila (à priori), il faut la placer à moins de 80 cm du sol de la maison. Si l’on a placé la ‘Hanoukiya à 9.60 m du sol de la maison, l’allumage n’est pas valable. Il faut l’éteindre et la rallumer à hauteur valable (sans réciter de nouveau les bénédictions).

 

Si l’on a une fenêtre qui donne sur une rue à une hauteur de moins de 9.60 m du sol de la rue (2ème ou 3ème étage), il faut placer la ‘Hanoukiya à cette fenêtre. Dans ce cas, on peut – de façon évidente -  placer la ‘Hanoukiya à plus de 80 cm du sol de la maison (puisqu’aucune fenêtre ne sera à une hauteur aussi basse !).

 

Cependant, même si l’on habite un étage plus élevé (5ème ou 6ème étage), et que l’on est donc à plus de 9.60 m du sol de la rue, si l’on désire malgré tout allumer à une fenêtre qui donne sur une rue, il est permis de le faire tant que les Nerot sont encore visibles par les passants de la rue, à fortiori lorsqu’il y a un autre immeuble qui se trouve face à la fenêtre et que l’allumage sera visible depuis cet immeuble, on peut dans ce cas allumer à la fenêtre, bien qu’elle se trouve à plus de 9.60 m du sol de la rue. (‘Hazon ‘Ovadia – 'Hanoucca page 36).

 

Dans toutes ces hauteurs minimales et maximales, nous ne prenons en considération que la flamme et non la hauteur de la bougie ou de la veilleuse.

 

Il est interdit de tirer profit de la lumière des Nerot de ‘Hanoucca.

C’est pourquoi, il est interdit de compter de l’argent, ou de lire à la lumière des Nerot ‘Hanoucca. C’est pour cette raison que l’on a l’usage d’allumer un Ner supplémentaire (le Shamash) qui a pour vocation d’éclairer en cas de besoin.

Mais au-delà d’une demi-heure depuis l’allumage, il est permis de faire ce que l’on veut à la lumière des Nerot ‘Hanoucca.

 

Les femmes ont la tradition de ne pas effectuer de travaux pendant ‘Hanoucca, dans la 1èredemi-heure pendant laquelle les Nerot sont allumées, et il ne faut surtout pas leur tolérer de faire des travaux pendant ce laps de temps.

 


II] A quel moment précis doit-on allumer les Nerot de ‘Hanoucca ?


 

Le’hate’hila (à priori), il faut allumer les Nerot de ‘Hanoucca immédiatement après la sortie des étoiles. Certains Ashkenazim allument dès le coucher du soleil (la Shki’a).

Il ne faut pas allumer les Nerot de ‘Hanoucca avant l’heure précise de la sortie des étoiles,excepté la veille de Shabbat où nous allumons avant le coucher du soleil, en raison de l’entrée de Shabbat.

 

Si quelqu’un est dans l’obligation de partir en voyage avant l’heure de la sortie des étoiles (et qu’il ne laisse personne à son domicile pour allumer à l’heure), il pourra allumer dès l’heure duPlag Ha-Min’ha (l’heure à laquelle on allume ‘Hanoucca le vendredi), mais sans réciter les Béra’hot.

Mais il est conseillé à cette personne qui doit partir en voyage avant l’heure de l’allumage, de nommer quelqu’un comme son Shalia’h (son délégué), et de lui confier les clefs de son domicile afin que ce délégué allume les Nerot de ‘Hanoucca à sa place, en récitant les Béra’hot et à l’heure de la sortie des étoiles.

 

Si un mari sait qu’il va rentrer chez lui le soir, mais à une heure tardive, il est préférable, dans ce cas également, qu’il délègue sa femme, afin qu’elle allume au moment instauré par nos maitres pour l’allumage des Nerot de ‘Hanoucca, c'est-à-dire, à l’heure précise de la sortie des étoiles.

 

Il est interdit d’entamer la consommation d’une quantité de pain ou de pâtisserie supérieure à Kabeça (supérieure à 54 g), ½ heure avant l’heure de la sortie des étoiles. Les autres aliments ou boissons sont permis de façon illimitée.

Il en est de même en ce qui concerne entamer un travail manuel, il faut s’en abstenir ½ l’heure avant l’heure de la sortie des étoiles.

Il est même interdit de commencer à étudier la Torah à partir de l’heure de la sortie des étoiles jusqu’à l’allumage des Nerot de ‘Hanoucca.

 

Si l’on n’a pas allumé à l’heure de la sortie des étoiles, on peut encore le faire durant la 1èredemi-heure qui suit l’heure de la sortie des étoiles.

Si l’on n’a toujours pas allumé durant la 1ère demi-heure qui suit la sortie des étoiles, on peut encore le faire tant qu’il fait nuit (jusqu’à l’heure de ‘Amoud Ha-Sha’har – l’aube).

 

Si l’on rentre à la maison à une heure tardive, et que l’on n’a pas encore allumé les Nerot de ‘Hanoucca, il est bon – dans la mesure du possible - de réveiller 1 ou 2 membres du foyer afin« d’allumer en montrant le Ness (le Miracle) ». Si toutefois, on ne peut pas les réveiller, selon notre maître le Rav Ovadia YOSSEF z"al, on allume malgré tout en récitant les Béra’hot.

Il en est de même pour une personne qui vit seule et qui rentre chez elle à une heure tardive sans avoir allumé les Nerot de ‘Hanoucca, cette personne doit allumer malgré tout, en récitant les Béra’hot.

 

III] Règles pour le voyageur et l'invité pendant 'Hanoucca 

 

Une personne qui part en voyage pendant ‘Hanoucca avec toute sa famille, de sorte qu’il n’y a personne qui allume chez elle ; si cette personne participe financièrement aux frais d’hébergement, elle est tenue de donner également une participation pour les Nerot de ‘Hanoucca, ou bien que son hôte lui en face cadeau. Dans cette situation, cette personne, ainsi que sa famille, sont quittes par l’allumage de celui qui les héberge.
Mais si cette personne voyage seule, et que sa femme ou ses enfants (religieusement majeurs) allument à la maison, cette personne n’est pas tenue de participer financièrement à l’allumage de celui qui l’héberge, et elle s’acquitte par l’allumage qui est effectué à son foyer par sa femme ou ses enfants, même sans y être présent.
Tout ceci dans le cas où cette personne se trouve dans un endroit où il y a des juifs qui allument ‘Hanoucca, et que cette personne a au moins la possibilité de voir des Nerot allumées et de commémorer le Miracle. Mais si elle se trouve dans un endroit où il n’y a pas de juifs qui allument, même si on allume dans son foyer, cette personne est tenue d’allumer avecBera’ha

Il est bon de s’imposer la ‘Houmra (rigueur non exigée par la Hala’ha) de participer aux frais de l’allumage, même lorsqu’on ne participe pas aux frais de l’hébergement.

Lorsqu’un fils et une belle fille, ou bien un gendre et une fille passent quelques jours ou l’intégralité de la fête de ‘Hanoucca chez les parents ou les beaux-parents, ils se rendent quittes par l’allumage du chef de maison (dans la mesure où aucun autre membre de leur foyer majeure religieusement n’allume à leur domicile). Il n’est même pas nécessaire de donner une participation financière pour l’allumage.

Même si le fils ou le gendre décide de ne pas s’acquitter par l’allumage du chef de maison, et qu’ils allument leurs propres Nerot de ‘Hanoucca, ils ne sont pas autorisés à réciter les Béra’hot sur cet allumage, car ils sont - de toutes les façons - quittes de leur obligation par l’allumage du chef de maison.

S’ils ont passé le Shabbat de ‘Hanoucca chez leurs parents ou beaux-parents et qu’ils ont l’intention de rentrer chez eux à la sortie de Shabbat, ils ne s’acquitteront de la Miçwa de ‘Hanoucca qu’une fois rentré chez eux en allumant leurs propres Nerot, car la Miçwa des Nerot de ‘Hanoucca dépend du lieu où l’on va dormir et non du lieu où l’on a mangé.

 

IV] Les femmes et l’allumage de ‘Hanoucca


Les femmes sont soumises à l’obligation d’allumer les Nerot de ‘Hanoucca.

Par conséquent, une femme qui vit seule, est tenue d’allumer chaque soir les Nerot de ‘Hanoucca en récitant les Béra’hotexactement comme un homme.

 

De même, lorsqu’un mari est absent de la maison, il doit déléguer sa femme afin qu’elle allume les Nerot de ‘Hanoucca en son absence. De cette façon, le mari est quitte de la Miçwa là où il se trouve, et ne doit donc pas allumer là où il se trouve (Sauf s’il se trouve à un endroit où il n’y a pas de juifs et qu’il n’a donc pas la possibilité de voir les Nerot ‘Hanoucca. Dans ce cas, il doit lui aussi allumer là où il se trouve, en plus de l’allumage effectué par son épouse à son foyer).

 

Même dans le cas où le mari sait qu’il va rentrer chez lui le soir, mais à une heure tardive, il est préférable, dans ce cas également, qu’il délègue sa femme, afin qu’elle allume au moment instauré par nos maîtres pour l’allumage des Nerot de ‘Hanoucca, c'est-à-dire, à l’heure précise de la sortie des étoiles.

 

Mais selon la tradition des Ashkenazim où chaque membre du foyer allume ses propres Nerot, si le mari est absent mais qu’il se trouve dans un endroit où il a la possibilité d’allumer, il est bon qu’il allume sans réciter les Béra’hot, et sa femme allume à la maison avec les Béra’hot. Si le mari en a la possibilité, avant d’allumer, il est bon qu’il écoute les Béra’hot de quelqu’un qui allume ses Nerot.

 

Bien que les femmes sont soumises à l’obligation d’allumer les Nerot de ‘Hanoucca,lorsque c’est le chef de famille qui allume, sa femme et ses filles n’allument pas de Nerot de façon indépendante, car elles sont quittes par l’allumage du chef de famille, comme l’ensemble des membres du foyer.

Même chez les Ashkenazim où chacun allume ses propres Nerot, l’épouse et les filles s’acquittent par l’allumage du chef de famille.

 


V] L’allumage des Nerot ‘Hanoucca la veille de Shabbat



La veille de Shabbat, on allume d’abord les Nerot ‘Hanoucca, et ensuite, les Nerot Shabbat.

Si l’on est en retard, et que l’entrée de Shabbat est proche, la femme peut allumer les Nerot Shabbat dès que le mari aura récité les Béra’hot et allumé le 1er Ner de ‘Hanoucca, même s’il reste au mari à finir l’allumage des autres Nerot de ‘Hanoucca.

 

La veille de Shabbat, il ne faut pas allumer les Nerot ‘Hanoucca trop tôt, mais seulement 20 mn avant la Shki’a (le coucher du soleil).

Toutefois, si l’on désire allumer plus tôt, nous le pouvons à la condition de ne pas allumer plus tôt que l’horaire du Plag Hamin’ha.

 

La veille de Shabbat, il faut mettre suffisamment d’huile, ou prendre des bougies suffisamment longues, afin que l’allumage des Nerot de ‘Hanoucca dure jusqu’à ½ heure après la sortie des étoiles, ce qui représente environ plus d’une heure depuis l’heure de l’allumage des Nerot ‘Hanoucca (lorsqu’on les allume 20 mn avant le coucher du soleil).

Si l’on ne possède pas une telle quantité d’huile, ou de telles bougies pour toutes les Nerot ‘Hanoucca qu’il faut allumer ce jour-là, il faut veiller à ce qu’au moins un Ner brûle ce temps-là, afin de s’acquitter au moins du strict Din.

 

Prière de Min’ha le vendredi de ‘Hanoucca

 

La veille de Shabbat, si l’on a la facilité de trouver un Minyan de Min’ha qui prie suffisamment tôt pour permettre ensuite à chacun de se rendre chez lui pour allumer, il estpréférable de prier d’abord Min’ha et ensuite d’aller allumer les Nerot de ‘Hanoucca.  

Mais, si l’on ne trouve pas facilement un Minyan qui prie Min’ha suffisamment tôt pour pouvoir ensuite allumer les Nerot ‘Hanoucca, dans ce cas, il est préférable d’allumerd’abord les Nerot ‘Hanoucca, et ensuite de prier Min’ha avec Minyan, plutôt que de prier Min’ha sans Minyan et d’allumer ensuite.

 

Courant d’air et Nerot ‘Hanoucca pendant Shabbat 

 

La veille de Shabbat, il faut placer un objet qui fasse séparation entre les Nerot de ‘Hanoucca et la porte (lorsqu’on allume à la porte, côté gauche en entrant), afin que les Nerot ne s’éteignent pas par le courant d’air, chaque fois que l’on entre ou que l’on sort.Sans cette condition, il sera interdit d’ouvrir ou fermer la porte tant que les Nerot sont allumées, même si on le fait délicatement.

 

Lorsque les Nerot seront éteintes pendant Shabbat, il est interdit de déplacer la ‘Hanoucciya, car elle prend le statut de Moukçé. Sauf si l’on a émis verbalement – avant Shabbat – la condition selon laquelle, dès que les Nerot seront éteintes, il nous sera permis de déplacer la ‘Hanoucciya.

 

VI] L’allumage des Nerot de ‘Hanoucca à la sortie de Shabbat


À la synagogue, après la prière de ‘Arvith, on allume d’abord les Nerot ‘Hanouccaetensuite, on récite la Havdala. 


Par contre, à la maison, on procède d’abord à la Havdala, et ensuite on allume les Nerot de ‘Hanoucca. 


Les personnes qui s’imposent durant toute l’année, d’attendre l’heure de la nuit selon Rabbénou Tam pour faire sortir le Shabbat, doivent également attendre cette horaire à la sortie du Shabbat ‘Hanoucca, pour allumer les Nerot de ‘Hanoucca. Le fait d’observer l’heure selon Rabbénou Tam à la sortie de Shabbat, n’est pas seulement une « bonne tradition », mais une attitude qu’il est souhaitable pour chacun et chacune d’adopter, puisqueMARAN tranche dans le Shoul’han ‘Aroukh selon Rabbénou Tam pour l’heure de la tombée de la nuit. 

Il est interdit de réciter la Bera’ha de Boré Mé-Oré Haesh (la Bera’ha sur les flammes dans la Havdala) sur les Nerot ‘Hanoucca. Par contre, il est permis de réciter la Bera’ha de Boré Mé-Oré Haesh sur le « Shamash ». 


On ne peut pas s’acquitter de l’obligation de l’allumage de ‘Hanoucca avec une lumière électrique. De même, il est interdit d’allumer les Nerot de ‘Hanoucca de lasynagogue avec une lumière électrique. On ne doit pas non plus réciter la Bera’ha deShe’assa Nissim à la vision de Nerot allumées par l’électricité. 


Dans un cas de force majeure,où l’on ne peut se procurer autre chose que de la lumière électrique pour l’allumage de ‘Hanoucca, on peut allumer mais sans réciter de Béra’hot 

Il en est de même concernant la flamme de la Havdala. Par contre, pour les Nerot de Shabbat, le Din diffère légèrement, et nous l’avons déjà expliqué dans une précédente Halakha. 

 

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Un Jour Une Halakha
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9 août 2013 5 09 /08 /août /2013 08:55

Question: 

 

Quelle est l’origine de la tradition de dire les Seli’hot durant le mois d’Eloul, jusqu'à Yom Kippour ? 

A quel moment précis est-il permis de dire les Séli’hot ? 

Doit-on réciter les Birkot Ha-Torah avant de dire les Séli’hot ? 

La présence d’un Minyan (10 hommes) est-elle indispensable pour dire les Séli’hot ? 

 

Réponse: 

 

Origine de l’usage des Séli’hot 

 

Il est enseigné dans Pirké Dé-Rabbi Eli’ezer (chap.45) : 

 

Rabbi Yehoshoua’ Ben Kor’ha dit : Moshé Rabbenou est resté 40 jours sur la montagne (depuis le 6 Sivan – Shavouot, jusqu’au 17 Tamouz). La journée, il apprenait le Mikra (la Loi Ecrite), et le soir, il apprenait la Mishna (la Loi Orale). 

 

Au bout de 40 jours - le 17 Tamouz - il prit les Tables de la Loi, redescendit vers le camp [et constatant que les Bené Israël avait conçus le ‘Eguel (le Veau d’Or), ses bras - qui portaient les Tables de la Loi - devinrent tout à coup très faibles,] et il brisa les Tables de la Loi. Il mit à mort les pêcheurs parmi Israël, resta 40 jours dans le camp, jusqu‘à avoir brûlé le ‘Eguel (le Veau d’Or) et l’avoir pulvérisé comme la poussière de la terre. Il extirpa l’Idolâtrie du peuple d’Israël, et rétablit chaque tribu à sa place. Le jour de Rosh ‘Hodesh Eloul, Hashem dit à Moshé Rabbenou : « Monte vers moi dans la montagne. ». On fit retentir le Shofar dans tout le camp, pour informer que Moshé était de nouveau monté dans la montagne, pour ne pas qu’ils s’égarent de nouveau vers l’idolâtrie. Fin de citation. 

 

 

 

Selon ce Pirké Dé-Rabbi Eli’ezer, Moshé Rabbenou n’est resté que 2 fois 40 jours sur le Mont Sinaï : 

Du 6 Siwan (Shavou’ot) au 17 Tamouz, pour recevoir les premières Tables de la Loi. 

De Rosh ‘Hodesh Eloul jusqu’au 10 Tishré (Yom Kippour), pour recevoir les deuxièmes Tables de la Loi. 

 

 

 

Cependant, selon Rav Haï GAON, cité par le livre Mea She’arim du Gaon Rabbi Its’hak IBN GIAT, ainsi que par le TOUR (O.H chap.581), Moshé Rabbenou est resté au total 3 fois 40 jours sur le Mont Sinaï : 

 

1.      Du 6 Sivan (Shavou’ot) au 17 Tamouz, pour recevoir les premières Tables de la Loi. 

 

2.      Du 18 Tamouz au 28 Av. (selon cette version, Moshé Rabbenou remonta dans la montagne dès le lendemain du jour où il brisa les premières Tables, et où il brûla le Veau d’Or, afin d’implorer Hashem pour qu’il pardonne à Israël)  

 

3.      De Rosh ‘Hodesh Eloul jusqu’au 10 Tishré (Yom Kippour), pour recevoir les deuxièmes Tables de la Loi.  

 

 

 

La divergence entre les 2 interprétations se situe sur la période du 18 Tamouz au 28 Av : 

 

Selon le Pirké DeRibbi Eli’ezer, Moshé Rabbenou est resté dans le camp durant ces 40 jours, alors que selon le Rav Haï GAON, Moshé Rabbenou est remonté dans la montagne durant ces 40 jours.  

 

 

 

Puisque c’est le jour de Rosh ‘Hodesh Eloul qu’Hashem demanda à Moshé Rabbenou de remonter de nouveau dans la montagne pour recevoir les deuxièmes Tables de la Loi (signe du pardon Divin), les juifs Sefaradim et les juifs originaires du Moyen Orient ont la tradition à partir de ce jour là, de se lever plus tôt que d’habitude et de se rendre à la synagogue chaque matin durant 40 jours, jusqu’à Yom Kippour, pour dire les Seli’hot (supplications). 

 

C’est ce que rapporte MARAN dans le Shoul’han ‘Arou’h (O.H chap.581 parag.1)   

 

Mais nous ne disons pas de Seli’hot le jour de Rosh ‘Hodesh lui-même, ni les jours de Shabbat. 

 

 

 

Par conséquent, cette année (5772) où Rosh ‘Hodesh Eloul est tombé Samedi 18 et Dimanche 19 aout, nous commencerons à dire les Seli’h’ot – B’’H - à partir de Lundi (20.08.12). 

 

 

 

Dans le temps, tout le monde avait l’usage de se lever avant l’aube pour réciter les Sélih’ot, on parvenait à s‘élever considérablement durant le mois d’Eloul, et on était motivé à se repentir sincèrement sur toutes les actions, jusqu’aux jours de Rosh Ha-Shana et de Yom Kippour, où tout le monde atteignait un niveau spirituel supérieur, par la prière te le repentir. 

 

 

 

Les communautés des Ashkenazim – comme le rapporte le RAMA dans une note sur le Shoul’han ‘Arou’h (O.H chap.581 parag.1) - n’ont pas la tradition de dire les Séli’hot depuis Rosh ‘Hodesh Eloul, mais ils ont la tradition de sonner du Shofar chaque matin à partir de ce jour-là, après la Téfila de Sha’harit (l’office du matin), afin de prévenir Israël pour qu’ils fassent Teshouva, comme il est dit : « Si le Shofar retentit dans la ville, le peuple n’aura-t-il pas peur ?! » (‘Amos 3). Cette tradition de sonner du Shofar pendant 40 jours, sert également à perturber le Satan. 

 

Certains ont la tradition de sonner également à l’office de ‘Arvit (l’office du soir). 

 

 

 

La tradition chez les Ashkenazim est de débuter les Seli’hot à partir du dimanche qui précède Rosh Hashana. 

 

Si Rosh Ha-Shana tombe un lundi ou un mardi, ils débutent du dimanche de la semaine d’avant. 

 

 

 

Par conséquent, cette année où le 1er Yom Tov de Rosh Ha-Shana (5774) tombe un Jeudi (05.09.13), les Ashkenazim débuteront les Seli’hot à partir du Jeudi 26 Eloul (31.08.13), ce qui correspond à 4 jours avant Rosh Ha-Shana. 

 

 

 

L’heure propice pour dire les Séli’hot  

 

 

 

La tradition répandue dans la plupart des communautés est de réciter les Séli’hot 

 

aux premières heures du matin, avant l’office de Sha’harit (l’office du matin). 

 

Notre maître le Rav Ovadia YOSSEF shalita rapporte que, la raison à cette tradition de dire les Seli’hot exclusivement aux premières heures du matin, est relative à ce qui est mentionné dans le Zohar Ha-Kadosh, selon lequel aux premières heures du matin, les « ‘Hassadim » (les bontés d’Hashem) se propagent dans le monde, comme il est dit dans le Tehilim : « La journée, Hashem ordonne Sa bonté … », alors qu’à partir de l’heure de Min’ha, jusqu’à ‘Hatsot (la moitié de la nuit), s’éveillent les « Dinim » (les rigueurs d’Hashem) dans le monde. 

 

Cependant, à partir de l’heure de ‘Haçot (la moitié de la nuit), réapparaissent de nouveau les bontés d’Hashem, ainsi que les mesures de miséricordes. 

 

C’est pour cela que notre maître le Roi David a dit (Tehilim): « Dès la moitié de la nuit, je me lève pour Te glorifier… ». 

 

 

 

Par conséquent, il n’est pas souhaitable de réciter les Seli’hot au début de la nuit, qui est un moment où règne la rigueur Divine. 

 

Nos maîtres les Kabbalistes se sont longuement étendus sur le fait de ne pas dire les Seli’hot dans la première moitié de la nuit. Et c’est d’ailleurs ainsi que la tradition s’est répandue, de dire les Seli’hot aux premières heures du matin. 

 

 

Séli’hot avant Min’ha 

 

 

Cependant, notre maître le Rav shalita écrit que les personnes qui ne peuvent pas réciter les Seli’hot aux premières heures du matin, avant la Téfila de Sha’harit, peuvent dire les Seli’hot avant l’office de Min’ha (l’office de l’après-midi). 

 

Effectivement, bien qu’il soit expliqué dans le Zohar Ha-Kadosh qu’à partir de l’heure où l’on peut prier Min’ha, règne la dure rigueur Divine dans le monde, et cela jusqu’à ‘Hatsot (la moitié de la nuit), comme nous l’avons expliqué (excepté le jour de Shabbat, où au contraire, c’est à l’heure de Min’ha que s’éveillent les bontés d’Hashem dans le monde), malgré tout, il semble qu’il est permis de dire les Seli’hot avant l’office de Min’ha, au même titre que nous disons toute l’année les 13 Attributs de la Miséricorde Divine ( « Wayavor »), ainsi que la Néfilat Apaïm (« Ledawid Ele’ha Hashem … ») à l’office de Min’ha. 

 

En effet, la véritable emprise de la Rigueur Divine n’apparaît réellement que la nuit, depuis la sortie des étoiles, jusqu’à ‘Haçot (la moitié de la nuit). [Yalkout Yossef tome 1 édition 5745 page 7 ; Yalkout Yossef Mo’adim page 10]   

 

 

Toutefois, au début de la nuit, il est strictement interdit de réciter les Seli’hot, puisque nos maîtres les Kabbalistes écrivent, que celui qui dit les Seli’hot dans la première moitié de la nuit, « provoque un dégât au lieu d’une réparation ». 

 

 

Séli’hot pour ceux qui habitent en dehors d’Israël   

 

 

Par contre, les habitants de ‘Houç La-Areç (les habitants de l’extérieur d’Israël) qui désirent réciter les Séli’hot avant que n’arrive l’heure de ‘Hatsot dans leur pays, comme les pays d’Europe par exemple, mais qu’en Israël l’heure de ‘Hatsot est déjà arrivée, certains disent qu’ils sont autorisés à le faire, puisque sur ce point, tout est tributaire d’Erets Israël. [Voir Yalkout Yossef Mo’adim page 10 ; Shou’t Yé’havé Da’at tome 1 chap.46 ; Hala’ha Béroura Tome 1 chap.1 ; ‘Hazon ‘Ovadia – Yamim Noraïm page 4. C’est également ainsi que tranche notre maître le Rav shalita dans ses Shiourim hebdomadaires ces dernières années]. 

 

Séli’hot à la Radio  

 

 

 

Même s’il est interdit de réciter les Séli’hot durant les heures de la première moitié de la nuit, il est permis d’écouter les Séli’hot lorsqu’elles sont diffusées à la Radio à ce même moment (en différé), afin de se familiariser avec les riches mélodies des Séli’hot de la liturgie Séfarade. 

 

 

 

Lorsqu’on écoute les Séli’hot retransmises par la Radio en direct (après l’heure de la moitié de la nuit), on répond aux 13 attributs de la Miséricorde Divine, ainsi qu’au Kaddish et autres passages à répondre. Cependant, si la diffusion n’est pas en direct mais en différé, il est interdit de répondre. 

 

(Lorsqu’on écoute la lecture de la Méguila à Pourim par diffusion à la Radio, même si la diffusion est en direct, on ne peut s’acquitter de son devoir) 

 

[Voir Yalkout Yossef – Téfila volume 2 édition 5764 page 11 ; ‘Hazon Ovadia – Yamim Noraïm page 21]  

 

 

Séli’hot pour les étudiants en Yéshiva ou Kolel, ou pour des employés 

 

 

 

Des étudiants en Yéshiva ou au Kolel, ou bien des érudits dans la Torah, qui étudient la Torah tard le soir, et pour qui le fait de se lever chaque matin pour les Séli’hot risquerait d’engendrer des négligences dans leur étude dans la journée, doivent s’efforcer de se lever au moins quelques matins du mois d’Eloul, afin de s’associer à la communauté pour réciter les Séli’hot, ou bien les lundis et jeudis du mois d’Eloul. De même, ils devront s’efforcer de se lever pour les Séli’hot durant les 10 jours de Téshouva (entre Rosh Ha-Shana et Yom Kippour). 

 

[Voir Yalkout Yossef – Mo’adim page 11, selon explication dans Shou’t Yabiya Omer tome 2 sect.O.H chap.28 parag.8 et 9, ainsi qu’au tome 4 sect.Y.D chap.19 ; Shou’t Yé’havé Da’at tome 3 chap.44 ; Hazon Ovadia – Yamim Noraïm page 8 

 

 

 

Tout ceci est également valable pour des enseignants Kodesh dans les écoles, pour qui le fait de se lever chaque matin pour les Séli’hot risquerait d’engendrer de la fatigue, qui aurait pour conséquence une négligence dans leur enseignement, ou bien des employés qui risqueraient de ne pas effectuer leur travail honnêtement. Toutes les personnes dans ces situations peuvent se contenter de se lever quelques matins du mois d’Eloul, comme expliqué précédemment. 

 

[Voir Shou’t Yabiya’ Omer tome 2 sect.O.H chap.28 parag.8, en référence au Talmud Yéroushalmi sur Démaï (chap.7) ; Beit Yossef H.M fin du chap.334 ; RAMA chap.333 ; Hazon Ovadia – Yamim Noraïm page 10] 

 

 

 

Lorsqu’on se lève pour les Séli’hot durant le mois d’Eloul et les 10 jours de Téshouva, il faut absolument se ressaisir et ne surtout pas somnoler pendant la lecture du Shéma et ses bénédiction, ainsi que pendant toute la durée de la prière. Particulièrement parce que l’on porte les Téfilin, desquels il est interdit de détourner son esprit, et avec lesquels on est tenu de préserver son corps dans la sainteté et la pureté. 

 

 

 

 

 

Celui qui se laisse emporter par la somnolence alors qu’il porte les Téfilin, ou qu’il somnole durant la prière ou le Shéma’, perd son mérite de s’être lever pour les Séli’hot, et il aurait été préférable pour lui de se rendre seulement à la prière et de prier correctement plutôt que de se lever pour les Séli’hot, afin de préserver les éléments fondamentaux tout en ajoutant quelques mesures de piété, et non pas négliger le principale pour accomplir le supplément. 

 

[Voir Yalkout – Yossef Mo’adim page 12 ; Hazon Ovadia – Yamim Noraïm page 10]                      

 

 

 

Les Séli’hot doivent être dites avec concentration, avec calme, lentement et avec l’expression d’une grande soumission à Hashem. En particulier, lorsqu’il s’agit des 13 attributs de la Miséricorde Divine (« Waya’avor … »). 

 

Il est important de comprendre ce que l’on dit, et de le dire avec un cœur brisé et soumis. 

 

 

 

Par conséquent, les gens qui ont pour usage de dire les paragraphes de « ‘Anénou Avinou ‘Anénou » et « ‘Assé Lé-Ma’an Shémé’ha » avec une grande rapidité et dans la précipitation n’agissent pas de façon correcte, et doivent abolir un tel usage et dire ces paragraphes lentement. 

 

De même, les personnes qui s’arrachent au sommeil et viennent à la synagogue « pour faire entendre leurs voix dans les hauteurs », en disant les Séli’hot comme on chante divers cantiques et autres mélodies, ces gens héritent deux parts du Guéhinam et perdent tout le mérite de s’être lever pour Séli’hot. 

 

En effet, il s’agit de dire des Séli’hot et non des cris ! 

 

 

Lors du Widdouï (« Ashamnou, Bagadnou … ») et des Séli’hot, chacun se doit d’inspecter ses actes et revenir vers Hashem dans un repentir total et sincère, d’augmenter les Mitsvot et les bonnes actions, à l’approche du jour du jugement où les mérites et les fautes de l’individu sont pesés. 

 

[Voir Yalkout Yossef – Mo’adim page 13 ; Hazon Ovadia – Yamim Noraïm pages 20,25] 

 

 

 

 

 

Réciter les Birkot Ha-Torah avant les Séli’hot 

 

 

 

Dans le Beit Yossef (O.H 46), MARAN cite une divergence d’opinion concernant le fait de prononcer des versets du TANA’H sans avoir au préalable récité les Birkot Ha-Torah (les 2 bénédictions que l’on récite chaque jour pour être autorisé à étudier la Torah. « … Asher Kiddéshanou Bé-Mitsvotav Vé-Tsivanou ‘Al Divré Torah » et « … Asher Ba’har Banou Mi-kol Ha-‘Amim … »). 

 

Selon le EGOUR au nom du MAHARAM de Rottenbourg, lorsqu’on prononce des versets seulement en guise de supplication et prière et non dans un but d’étude, il n’est pas nécessaire de réciter les Birkot Ha-Torah. 

 

Mais selon le RAAVAD, il faut les réciter même dans ce cas.

 

 

Le MAHARYL semble avoir 2 opinions sur ce point. 

 

En effet, dans les « Minhaguim du MAHARYL » (règles de la prière page 61b), il partage l’opinion du RAAVAD selon qui il faut réciter les Birkot Ha-Torah même lorsqu’on prononce des versets seulement en guise de supplication et non d’étude. 

 

Mais dans l’une de ses Tshouvot (chap.150), il partage plutôt l’opinion du MAHARAM de Rottenbourg selon qui il n’est pas nécessaire de réciter les Birkot Ha-Torah dans ce cas. 

 

 

Le Or’hot ‘Haïm pense lui aussi qu’il faut réciter les Birkot Ha-Torah même pour prononcer des versets dans un but de supplication et de prière. 

 

 

 

Dans le Shoul’han ‘Arou’h (O.H 46-9), MARAN cite en premier l’opinion du RAAVAD selon qui il faut réciter les Birkot Ha-Torah, et ensuite l’opinion du MAHARAM  de Rottenbourg selon qui ce n’est pas nécessaire. 

 

MARAN termine en précisant « qu’il est juste de prendre en considération la première opinion ». 

 

Le RAMA précise pour sa part que l’usage est conforme à la deuxième opinion. 

 

 

Dans l’une de ses Tshouvot (chap.56), le MAHARSHAL affirme lui aussi que sur ce point, l’usage Ashkénaz se réfère à l’opinion du MAHARYL selon qui il n’est pas nécessaire de réciter les Birkot Ha-Torah dans ce cas. 

 

 

Du point de vue de la Hala’ha, le fait que MARAN a conclut ses propos par les termes « il est juste de prendre en considération la première opinion », indique apparemment que ceci n’est pas une véritable exigence de la Hala’ha, mais seulement une rigueur supplémentaire. 

 

 

 

Il est vrai que selon le principe, chaque fois que MARAN cite 2 opinions contradictoire, l’une sous forme anonyme (« Stam »), et l’autre introduite par les termes « selon certain » (« Yesh »), nous retenons la première opinion citée comme étant l’exigence de la Hala’ha, cependant, ceci n’est valable que lorsque MARAN n’exprime pas explicitement son avis. 

 

 Ce qui n’est pas le cas ici où MARAN termine en ajoutant : « il est juste de prendre en considération la première opinion ». 

 

Ce qui signifie qu’il ne s’agit ici que d’une rigueur supplémentaire. 

 

 

Cette analyse est celle de certains A’haronim comme le Gaon auteur du Shou’t ’Hikré Lev (sect.O.H chap.9), ou le Gaon auteur du Aro’h Ha-Shoul’han (chap.46 note 14). 

 

 

 

Cependant, dans l’une de ses Tshouvot (Peer Ha-Dor chap.104), le RAMBAM écrit explicitement qu’il est nécessaire de réciter les Birkot Ha-Torah même pour la prononciation d’un seul verset, aussi bien lorsqu’on le prononce dans un but de supplication et de prière, aussi bien lorsqu’on le prononce pour étudier. 

 

 

Or, nous savons que MARAN n’a eu connaissance que du Mishné Torah du RAMBAM et non de ses Tshouvot, puisqu’elles n’avaient pas encore été publiées de son temps. 

 

Ce paramètre peut nous inciter à penser que si MARAN avait vu la Tshouva du RAMBAM, il aurait très certainement tranché selon le Din l’exigence de réciter les Birkot Ha-Torah même pour prononcer un verset en guise de supplication. 

 

 

C’est d’ailleur l’analyse que fait notre maitre le ‘HYDA dans son livre Birké Yossef (O.H 46 note 14), ainsi que dans son livre Shou’t Yossef Omets (chap.66) où il objecte sur les propos du Gaon auteur du Shou’t ’Hikré Lev précédemment cité.     

 

 

Séli’hot sans Minyan 

 

 

 

Il est certain que le fait de réciter les Seli’hot en étant seul, sans la présence d’une assemblée de 10 juifs (et qu’on le fait à une heure propice à la récitation des Seli’hot), est aussi considéré comme une bonne chose, car qui est comparable à Hashem, à chaque fois que nous l’implorons, et même une prière dite en étant seul, est écoutée par Hashem. Or, les Seli’hot sont des supplications et des demandes auprès d’Hashem, afin qu’Il nous ramène à Lui dans un repentir sincère, qu’Il nous pardonne nos fautes, et qu’Il renouvelle pour nous une bonne année. 

 

Cependant, il y a quelques passages des Seli’hot qu’une personne ne peut pas dire lorsqu’elle est seule. 

 

 

En effet, concernant la récitation des 13 Attributs de la Miséricorde Divine (… Hashem, Hashem, E-l Rah’oum Veh’anoun …qui sont inclus dans le passage de « Vaya’avor »), sans la présence d’un Minyan, il existe une Ma’hloket (une divergence d’opinions Hala’hic) parmi les Rishonim (décisionnaires de l’époque médiévale), et nous allons nous efforcer, avec l’aide d’Hashem, dans tracer les grandes lignes.  

 

 

Le TOUR (Ora’h ‘Haïm chap.565) rapporte au non de Rabbenou Natan Gaon qu’un particulier ne dit pas les 13 Attributs de la Miséricorde Divine, sans la présence d’un Minyan. 

 

Mais le TOUR écrit ensuite qu’il ne comprend pas pourquoi le particulier n’aurait pas le droit de les dire, puisque – selon le TOUR – les 13 Attributs de la Miséricorde Divine ne sont pas considérées comme « DAVAR SHEBAKDOUSHA » (textes sacrés qui nécessitent la présence d’un Minyan, comme le Kaddish, la Kédousha ou Bare’hou) 

 

 

Sur place dans le Beit Yossef, MARAN fait effectivement mention de cette opinion de Rabbenou Natan Gaon, rapporté également par Rav ‘Amram Gaon (Seder Rav ‘Amram Gaon Tome 2 chap.59) selon laquelle, un particulier ne dit pas les 13 Attributs de la Miséricorde Divine. 

 

MARAN précise que c’est également l’opinion du RASHBA, puisqu’il écrit dans une Tshouva : 

 

« Il semble logique que si les 13 Attributs de la Miséricorde Divine sont dites en tant que prière et supplication, elles ne doivent pas être dites lorsqu’on est seul, puisqu’elles sont considérées comme DAVAR SHEBAKDOUSHA, comme nous l’apprenons de la Guemara Rosh Hashana (17b) : 

 

Hashem s’est enveloppé d’un Talit, comme un officiant, et a dit à Moshé Rabbenou : « Lorsqu’ Israël exécuteront ce cérémonial devant moi (la récitation des 13 Attributs de la Miséricorde Divine), je leur pardonnerai immédiatement » 

 

 

Explication : Puisque la Guemara dit « Hashem s’est enveloppé d’un Talit comme un officiant », et puisqu’ Hashem précise les termes « lorsqu’Israël exécuteront », le RASHBA en déduit qu’elles ne peuvent être dites qu’en présence d’un Minyan. 

 

Hashem a conclu une alliance avec Israël, selon laquelle, chaque fois que les 13 Attributs de la Miséricorde Divine seront récités, elles ne seront jamais inefficaces. 

 

La force particulière des 13 Attributs de la Miséricorde Divine, réside dans le fait qu’elles sont récitées par une collectivité, qui se réunie, qui implore la pitié d’Hashem, qui dirige son cœur vers Hashem, qui donne la Tsedakka, à ce moment là, Hashem ne les décevra pas.        

 

Par contre - conclu le RASHBA – on peut tout à fait les réciter comme on lirait n’importe quel autre texte de la Torah (en respectant les Ta’amim – les signes liturgiques) » 

 

 

MARAN cite également l’opinion de Rabbi David ABOUDARHAM qui écrit (page 251) que Rabbenou Yona est du même avis que le TOUR, selon lequel, on peut réciter les 13 Attributs de la Miséricorde Divine, même en tant que prière et supplication, et cela même sans la présence d’un Minyan. 

 

 

 

Cependant, MARAN termine en disant que les gens ne se comportent pas ainsi, et lorsqu’il n’y a pas la présence d’un Minyan, ils ne disent pas les 13 Midot de Ra’hamim, en tant que prière et supplication. 

 

Dans le Shoul’han Arou’h (Ora’h ‘Haïm chap.565 parag.5), MARAN tranche selon l’opinion qui interdit de réciter les 13 Midot de Ra’hamim sans la présence d’un Minyan, mais par contre, nous pouvons les dire de la façon avec laquelle nous lisons la Torah, c’est à dire avec les Ta’amim (les signes qui indiquent de quelle façon il faut chanter les versets de la Torah). 

 

Le particulier peut également dire le paragraphe de EL MELE’H YOSHEV ‘AL KISSE RA’HAMIM, malgré qu’il y est mentionnée la phrase « ZE’HOR LANOU HAYOM BERIT SHELOSH ‘ESRE – Souviens Toi pour nous aujourd’hui de l’alliance des 13 Attributs de la Miséricorde Divine », alors que le particulier ne dit pas les 13 Attributs de la Miséricorde Divine, comme nous l’avons expliqué.  

Nous pouvons donc conclure que la récitation des 13 Attributs de la Miséricorde Divine mentionnés dans le Séli’hot (comme dans le texte du Tah’anoun quotidien, ou dans les prières de Yom Kippour) est interdite pour une personne qui prie seule. Si elle désire malgré tout les dire, elle peut le faire en respectant les Ta’amé Ha-Mikra, comme une personne qui lit la Torah, et de cette façon, il n’y a pas d’interdit, comme tranche notre maître le ‘HYDA dans son livre Birké Yossef (chap.131 note 6). 

 

 

 

Pour les passages des Seli’hot qui sont composés en araméen, comme Ra’hamana, De’ané Le’aniyé, Ma’hé Ou-Massé, ou autre, il est également expliqué dans les Poskim que la personne seule n’est pas autorisée à les dire. 

 

Parmi ces Poskim : 

 

L’auteur du Shibolé Haleket (chap.282) ; l’auteur du Sefer Ha-Tanya (chap.72) ; l’auteur du Yossef Omets (Yozfa) (chap.552) ; l’auteur du Eliya Rabbah ; l’auteur du Maté Efraïm ; l’auteur du Kitsour Shoul’han ‘Arou’h…, par opposition à l’opinion de l’auteur du Kaf Ha-‘Haïm (sur O.H chap.581 note 26) qui autorise la récitation des passages en araméen, même sans Minyan. 

 

Notre maître le Rav Ovadia YOSSEF Shalita tranche dans son livre ’Hazon Ovadia - Yamim Noraïm (page 11) selon la majorité des Poskim qui interdisent de réciter les passages en araméen sans la présence d’un Minyan. 

 

La raison réside dans le fait que lorsque les Béné Israël sont réunis en assemblée (Minyan), la She’hina (Présence Divine) réside parmi eux, et ils n’ont pas besoin de l’aide des Anges du Service Divin pour que leur prière soit acceptée, mais lorsqu’une personne du peuple d’Israël est seule, la She’hina ne l’accompagne pas, et cette personne a besoin de l’aide des Anges du Service Divin pour que sa prière soit acceptée, comme c’est expliqué dans la Guemara Shabbat (12b). 

 

 

Or, étant donné que les Anges du Service Divin ne comprennent pas l’araméen, la personne qui se trouve seule ne doit pas exprimer ses demandes personnelles en araméen, mais plutôt utiliser le meilleur moyen dans cette situation, en exprimant ses demandes personnelles en hébreu. 

 

 

 

Conclusion: 

 

  Le jour de Rosh ‘Hodesh Eloul, Hashem demanda à Moshé Rabbenou de remonter de nouveau dans la montagne du Sinaï où il y resta de nouveau 40 jours et 40 nuits, pour recevoir les deuxièmes Tables de la Loi, signe du pardon Divin sur la faute du Veau d’Or. Il redescendit le 10 Tishré, jour de Yom Kippour. 

C’est la raison pour laquelle les juifs Sefaradim et les juifs originaires du Moyen Orient ont la tradition à partir de ce jour là, de se lever plus tôt que d’habitude et de se rendre à la synagogue chaque matin durant 40 jours, jusqu’à Yom Kippour, pour dire les Séli’hot (supplications). Mais nous ne disons pas de Séli’hot le jour de Rosh ‘Hodesh lui-même, ni les jours de Shabbat. 

 

 

 

Par conséquent, cette année (5773) où Rosh ‘Hodesh Eloul est tombé  Mardi 6 et Mercredi 7 Aout, nous commencerons à dire les Seli’h’ot - B’’H - à partir de Jeudi Matin (07.08.13). 

 

 

 

Les communautés des Ashkenazim n’ont pas la tradition de dire les Séli’hot depuis Rosh ‘Hodesh Eloul, mais ils ont la tradition de sonner du Shofar chaque matin à partir de ce jour là, après la Tefila de Sha’harit (l’office du matin) 

 

 

 

La tradition chez les Ashkenazim est de débuter les Séli’hot à partir du dimanche qui précède Rosh Ha-Shana. 

 

Si Rosh Ha-Shana tombe un lundi où un mardi, ils débutent du dimanche de la semaine d’avant. 

 

 

 

Par conséquent, cette année où le 1er Yom Tov de Rosh Ha-Shana (5774) tombe un Jeudi (05.09.13), les Ashkenazim débuteront les Selih’ot - avec l’aide d’Hashem - à partir du (31.08.13).

 

 

Nous ne pouvons dire les Séli’hot qu’à partir de ‘Hatsot Laïla (la moitié de la nuit). 

 

Il est strictement interdit de les dire au début de la nuit, avant ‘Hatsot Laïla. 

 

La tradition la plus répandue est de dire les Séli’hot dans les premières heures du jour, juste avant la prière de Sha’harit. 

 

On peut les dire jusqu’à l’heure à partir de laquelle on peut prier Min’ha (1/2 heure après ‘Hatsot Ha-Yom – la moitié de la journée). 

 

 

 

Cependant, les personnes qui ne peuvent pas les dire entre ‘Hatsot Laïla et l’heure à partir de laquelle on peut prier Min’ha, peuvent les dire juste avant de prier la prière de Min’ha. 

 

 

 

Par contre, les habitants de ‘Houts La-Arets (les habitants de l’extérieur d’Israël) qui désirent réciter les Seli’hot avant que n’arrive l’heure de ‘Hatsot Laïla dans leur pays, comme les pays d’Europe par exemple, mais qu’en Israël l’heure de ‘Hatsot Laïla est déjà arrivée, s’ils désirent les dire à l’heure de ‘Hatsot Laïla d’Erets Israël, ils ont sur qui s’appuyer dans la Hala’ha.  

 

C’est ainsi que tranche notre maître le Rav Ovadia YOSSEF shalita dans ses Shiourim hebdomadaires de ces dernières années. 

 

 

 

On doit impérativement réciter les  Birkot Ha-Torah (« Barou’h Ata … ‘Al Divré Torah » et « Barou’h Ata … Asher Ba’har Banou … ») 

 

 

 

Il est permis de réciter les Seli’hot sans la présence du Minyan (10 hommes juifs). 

 

Cependant, certains passages – comme les 13 Attributs de la Miséricorde Divine (… Hashem, Hashem, E-l Ra’houm Veh’anoun …qui sont inclus dans le passage de « Vaya’avor ») ou les passages qui sont composés en araméen, comme Ra’hamana, De’ané Le’aniyé, Ma’hé Ou-Massé – nécessitent impérativement la présence du Minyan pour être récités. 

 

Par contre, nous pouvons dire les 13 Attributs de la Miséricorde Divine de la façon avec laquelle nous lisons la Torah, c’est à dire avec les Ta’amim (les signes qui indiquent de quelle façon il faut chanter les versets de la Torah). 

 

 

 

Le particulier peut également dire le paragraphe de EL MELE’H YOSHEV ‘AL KISSE RA’HAMIM, malgré qu’il y est mentionnée la phrase « ZE’HOR LANOU HA-YOM BERIT SHELOSH ‘ESRE – Souviens Toi pour nous aujourd’hui de l’alliance des 13 Attributs de la Miséricorde Divine », alors que le particulier ne dit pas les 13 Attributs de la Miséricorde Divine, comme nous l’avons expliqué

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Un Jour Une Halakha
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17 juin 2013 1 17 /06 /juin /2013 09:03

Entrée du jeûne pour Marseille :  4h00

Sortie du jeûne pour Marseille :  22h07

 

Questions:

Quelle est la signification du jeûne du 17 Tamouz ?
Quelles sont les personnes exemptes de jeûner ?
Est-il permis de se laver le corps et de se brosser les dents le jour d’un jeûne ?
Est-il permis de s’alimenter le matin du jeûne avant l’aube ?


Réponse:

Il est dit dans le livre du prophète Ze’harya (chap.8 verset 19) :
« Ainsi parle Hashem : Le 4ème jeûne, le 5ème jeûne, le 7ème jeûne, ainsi que le 10ème jeûne seront pour la Maison de Yehouda, des jours d’allégresse et de joie, de bonnes fêtes. Aimez la vérité et la paix ! »

Nos ‘Ha’hamim expliquent ce verset dans la Guemara Rosh Ha-Shana (18b) :
-Le 4ème jeûne- correspond au 17 Tamouz, puisque le mois de Tamouz est le 4ème mois depuis le mois de Nissan (Selon la Torah, le mois de Nissan représente le 1er des mois de l’année).
-Le 5ème jeûne- correspond au 9 Av, puisque le mois de Av est le 5ème mois depuis le mois de Nissan.
–Le 7ème jeûne- correspond au Jeûne de Guédalia (3 Tishri), puisque le mois de Tishri est le 7ème mois depuis le mois de Nissan.
–Le 10ème jeûne- correspond au 10 Tevet, puisque le mois de Tevet est le 10ème mois depuis le mois de Nissan.
Explication : Le peuple d’Israël revient de 70 ans de captivité à Bavel (Babylonie) sous la conduite d‘Ezra et Ne’hemya et qu’ils reconstruisent le 2ème Temple (en l’an, 3408 de notre calendrier, -352 de l’ère vulgaire). Le prophète Ze’harya annonça que lorsque l’exil d’Israël s’achèvera et que l’on reconstruira le Temple, les jours de jeûnes se transformeront en jours de joie et de fête. Maintenant que c’est évènement est sur le point de se produire, Israël demande si, maintenant qu’ils sont de nouveau réunis sur leur terre et qu’ils vont reconstruire le Beit Hamikdash, est-ce qu’ils doivent toujours observer les 4 jeûnes liés à la destruction du Beit Hamikdash et la Galout (l’exile) ? A cela, on leur répond en citant le verset du prophète Ze’harya selon lequel maintenant qu’il vont reconstruire le Beit Hamikdash, et qu’ils sont tous réunis en Erets Israël, il n’y a plus de raison à ces jeûnes.
Nous en déduisons facilement que maintenant que - par nos fautes - nous avons une nouvelle fois perdus le Beit Hamikdash, et que nous sommes de nouveau éparpillés à travers le monde, l’observance de tous ces jeûnes est redevenue un devoir pour chacun d’entre nous.

Notre maître le RAMBAM écrit (chap. 5 des Hal. relatives aux jeûnes, Hal.1) :
Tout le peuple d’Israël a le devoir de jeûner pendant ces jours là, pour les malheurs qui s’y sont produits, et cela, afin de réveiller les cœurs et d’ouvrir les chemins vers la Tshouva (le repentir). Afin de prendre conscience de nos mauvaises actions, et des mauvaises actions de nos ancêtres, qui sont comparables à nos propres actions. Ce sont toutes ces fautes qui ont provoqué, pour eux comme pour nous, tous ces malheurs.
Il est enseigné dans le Pirké Avot (chap.2) :
« Ne t’écarte pas de la communauté ! »

La Guemara Ta’anit (11a) explique que lorsqu’ Israël se trouve dans le malheur et qu’un juif se soustrait à son obligation de se joindre à ses frères dans leur détresse, 2 Anges du service Divin posent leurs mains sur sa tête et disent : Nous jurons que puisque untel s’est écarté de la communauté et ne s’associe pas à son malheur, il ne verra pas la consolation de la communauté.

La Guemara cite plus loin (30b) un verset du livre d’Isha’ya (66-10) dans lequel il est écrit :
« Réjouissez vous pour Jérusalem et soyez dans l’allégresse, vous qui l’aimez, soyez dans la gaîté, vous qui avez pris le deuil pour elle. »
Nos maîtres commentent ce verset de la façon suivante :
Celui qui prend le deuil pour Jérusalem, méritera de voir sa réjouissance. Celui qui ne prend pas le deuil pour Jérusalem, ne méritera pas de voir sa réjouissance.

Nos maîtres expliquent dans une Mishna du traité Ta’anit (26b) les 5 malheurs qui se sont produits à la date du le 17 Tamouz, et pour lesquels nous jeûnons à cette datte :
• Les premières Tables de Loi ont été brisées (en l’an 2448 du calendrier juif, -1312 de l’ère vulgaire)


• Le Korban Tamid (sacrifice quotidien) fut interrompu à l’époque du 1er Beit Hamikdash, en conséquence au siège de Jérusalem par les Babyloniens (en l’an 3338 du calendrier juif, - 422 de l’ère vulgaire)


• Sous le siège du 2ème Beit Hamikdash, la première brèche dans la muraille de la ville fut pratiquée par les romains ce jour là, ce qui leur permit de pénétrer dans la ville et de massacrer ses habitants durant 3 semaines, et ensuite de détruire le Beit Hamikdash le jour du 9 Av, ainsi que toute la ville de Jérusalem (en l’an 3828 du calendrier juif, l’an 68 de l’ère vulgaire).


• Afoustémouss, un général grec, brûla ce jour-là un Sefer Torah, à l’époque du 2ème Beit Hamikdash (sous l’occupation des grecs, pendant les évènements de ‘Hanoukka, en l’an 3621 du calendrier juif, -139 de l’ère vulgaire).


• Une idole fut placée ce jour là dans le Beit Hamikdash.


Précision : Il y a diverses opinions sur l’époque précise à laquelle cette idole fut placée. Certains commentateurs pensent que c’est Menashé, un roi d’Israël mécréant qui aurait placé cette idole. Selon cette explication, cela s’est passé sous le 1er Beit Hamikdash, pendant son règne qui dura de 3228 à 3283 du calendrier juif (-532 à -477 de l’ère vulgaire).



D’autres pensent que c’est le même Afoustémouss, général grec mentionné plus haut, qui aurai non seulement brûlé une Sefer Torah ce jour là, mais aussi placé cette idole dans le Beit Ha-Mikdash. Selon cette explication, cela s’est passé sous le 2ème Beit Hamikdash.

Tout le monde a le devoir de jeûner le 17 Tamouz, les hommes comme les femmes, excepté les cas particuliers qui seront cités, avec l’aide de D., dans les prochaines Hala’hot.

L’obligation de jeûner commence dés l’aube et s’achève avec la sortie des étoiles (le nuit).

Cependant, les enfants qui n’ont pas atteints l’âge des Miswot (13 ans pour un garçon, 12 ans pour une fille) sont totalement exempts de jeûner, et il n’est même pas nécessaire de les faire jeûner quelques heures, car il n’y a aucune notion de ‘Hinou’h (éducation) concernant les jeûnes imposés par nos ‘Ha’hamim. Ceci est l’opinion de l’ensemble des Poskim, et parmi eux : le Mishna Beroura(sur O.H 550 dans le Biour Hala’ha) le Kaf Ha’haïm (sur O.H 550), le Shevet Halevi (tome 10 chap.81 note 3) et d’autres…
Même si les enfants ont la capacité de comprendre le deuil de la destruction de Jérusalem, tant qu’ils n’ont pas atteints l’âge des Miswot, ils sont totalement exempts de ces jeûnes. Même s’ils désirent s’imposer le jeûne, il faut les en empêcher.

Une Hala’ha est tranchée dans le Shoul’han Arou’h (O.H chap.559-9), selon laquelle lorsqu’un jeûne publique qui tombe un Shabbat (excepté Yom Kippour), et - pour cette raison - le jeûne est repoussé au lendemain dimanche, les 3 Baalé Berit (le père du bébé, le Mohel – celui qui pratique la circoncision – ainsi que le Sandak – celui qui porte l’enfant pendant la circoncision), ainsi qu’un ‘Hatan et une Kala pendant leurs 7 jours de réjouissance, sont exempts de terminer leur jeûne.
Selon cela, lorsque le jeûne est effectué à sa date réelle (comme c’est le cas pour le jeûne du 17 Tamouz cette année), les 3 Ba’alé Bérit, ou un ‘Hatan et une Kala sont tenus de jeûner et de terminer le jeûne.

Selon l’opinion de MARAN dans le Shoul’han ‘Arou’h (O.H 554-6), un malade – même sans gravité – ou une femme qui se trouve dans les 30 jours depuis son accouchement, sont exempts de jeûner lorsqu’il s’agit d’un jeûne instauré par nos ‘Ha’hamim, comme le 17 Tamouz.
Mais le RAMA précise sur place que selon la tradition Ashkenaze, tant qu’ils ne sont pas en danger, ils jeûnent.

Selon l’opinion de MARAN dans le Shoul’han ‘Arou’h (O.H 554-5), les femmes enceintes, ainsi que les femmes qui allaitent, sont exemptes de jeûner le 17 Tamouz. Selon certains Poskim, MARAN pense même qu’elles ne sont pas autorisées à s’imposer le jeûne (Voir Beit Yossef O.H 554 au nom de Rabbenou Yero’ham).
Mais selon la tradition Ashkenaze – conforment aux propos du RAMA (O.H 550-1) au nom du Hagahot Maïmoniyot – si la femme ne souffre pas trop de sa grossesse ou de son allaitement, elle jeûne malgré tout.

La définition d’une femme enceinte concernant ce point correspond à 3 mois de grossesse. A partir de 3 mois de grossesse, la femme est exempte de tous ces jeûnes. Cependant, si elle souffre de douleurs ou de vomissements, elle est exemptée de jeûner, même s’il ne s’est pas écoulé 3 mois de grossesse, particulièrement, si les 40 premiers jours de grossesse sont passés.

La définition d’une femme qui allaite concernant ce point, correspond aux 24 mois qui suivent la naissance, et selon l’opinion de notre maître le Rav Ovadia YOSSEF shalita, même si la femme n’allaite plus l’enfant mais se sent encore très faible, elle est exempte de ces jeûnes. Telle est la décision Hala’hique de notre maître depuis de nombreuses années.
En effet, telle est l’opinion du Gaon MAHARSHAM dans le livre Da’at Torah (550), ainsi que de nombreux autres A’haronim, fondée sur l’enseignement de la Guemara Nidda (9a) où il est précisé qu’une femme qui vient d’accoucher, ne retrouve une constitution physique normale qu’après 24 mois. Cet enseignement est aussi utilisé dans le Shoul’han ‘Arou’h (Y.D 189) au sujet des Hala’hot relatives à la femme Nidda.

Cependant, dans son livre ‘Hazon ‘Ovadia – Arba’ Ta’aniyot (page 62) notre maître revient partiellement sur sa décision et ajoute que si la femme a arrêté d’allaiter soin enfant et qu’elle se sent bien physiquement sans la moindre faiblesse particulière, il est souhaitable qu’elle jeûne même si elle se trouve encore dans les 24 mois de son accouchement, dans la mesure où, bien évidemment, elle n’allaite plus son enfant. C’est ainsi que tranche également le Gaon Rabbi Meïr MAZOUZ shalita, Rosh Yeshiva de KISSE RA’HAMIM à Bné Brak – Israël, dans une décision Hala’hique publiée dans son livre Sanssan Le-Yaïr (chap.5 page 187).

Ces autorisations sont valables uniquement pour les jeûnes du 10 Tevet, Jeûne d’Esther, 17 Tamouz, et 3 Tishri (jeûne de Guedalya).
Pour le 9 Av et Yom Kippour, les règles du jeûne sont plus rigoureuses, et seront expliquées en leur temps.

Lors d’un jour de jeûne, dans la prière du matin et celle de l’après midi, on dit le passage de ‘Anenou dans la ‘Amida, inséré dans la Bera’ha de Shema’ Kolenou (voir Siddour). Si l’on a omit de le dire et que l’on a déjà prononcé les mots « Barou’h Ata A.D.O.N.A.Ï » pour conclure la Bera’ha de Shema Kolenou par les mots « Shmoe’a Tefila », on ne recommence pas la ‘Amida. Cependant, il est bon dans ce cas de dire le passage de ‘Anenou avant de reculer les 3 pas de la fin de la ‘Amida.

Nos maîtres les les Rishonim (décisionnaires de l’époque médiévale), ont discuté sur le fait de se laver tout le corps avec de l’eau chaude le jour du jeûne du 17 Tamouz.
Notre maître l’auteur du TOUR (O.H chap.450) tranche que l’interdiction de se laver n’existe que pour le jeûne du 9 Av, ainsi que pour le jeûne de Yom Kippour, mais pour ce qui est du reste des jours de jeûne, il n’y a aucun interdit de se laver.
MARAN écrit dans le Beit Yossef (O.H chap.628) au nom du Morde’hi et au nom du Raveya que c’est ainsi que la tradition s’est répandue de se laver même à l’eau chaude pendant ces jeûnes.
Toutefois, celui qui s’imposerai la ‘Houmra (la rigueur) de ne pas se laver tout le corps à l’eau chaude pendant les jeûnes publics, comme le 17 Tamouz, mérite que vienne sur lui la Bénédiction.
Certains Ashkenazim s’imposent la rigueur sur ce point, puisque telle est leur tradition d’interdire de se laver pendant tous les jeûnes publics.
Cependant, selon la tradition des Sefaradim, c’est tout à fait permis. (Si le jeûne public tombe un vendredi, il est permis de se laver en l’honneur de Shabbat selon toutes les opinion Hala’hic).

MARAN écrit (O.H 567-3) qu’il n’est pas convenable de se rincer la bouche pendant un jour de jeûne, comme nous le faisons le matin au réveil.
Mais de nombreux A’haronim – comme le Maguen Avraham ou le Gaon Rabbi Shelomo KLUGER – expliquent que selon MARAN jusqu’à une quantité de Revi’it (8.1 cl), il est permis de se rincer la bouche le matin d’un jeûne.

C’est pourquoi, une personne habituée à cela, et qui ne supporterai pas de ne pas se rincer la bouche le matin, a le droit de se rincer la bouche, à la condition de veiller à ne pas introduire la quantité d’un Reviit (8.1 cl) d’eau en une seule fois. De même, il faudra veiller à ne pas avaler la moindre goutte d’eau, mais tout recracher immédiatement.

Similairement à cela, de notre époque, une personne habituée à se brosser les dents chaque matin avec du dentifrice, et qui ne supporterai pas de ne pas le faire pendant un jour de jeûne, ou bien une personne qui souffre de mauvaise haleine si elle ne se brosse pas les dents avec du dentifrice, dans tous ces cas, il est permis de se brosser les dents pendant un jour de jeûne, en respectant les 2 conditions que nous avons cité :
• Ne pas introduire une quantité d’un Reviit (8.1 cl) d’eau en une seule fois
• Veiller à tout recracher sans avaler la moindre goutte d’eau.

Cette autorisation n’est donnée que pour les jeûnes publics, excepté le 9 Av et Yom Kippour. Le Din du brossage des dents le 9 Av sera expliqué en son temps.

Ces jeûnes débutent uniquement à l’aube et se terminent à la sortie des étoiles, excepté le 9 Av qui débute dés la veille au couché du soleil.

Si l’on ne dort pas, il est permis de se nourrir toute la nuit, jusqu’à l’aube.
Si l’on a dormi :
• Selon le Zohar Ha-Kadosh (Parasha de Vayakhel page 215a), il est strictement interdit de s’alimenter lorsqu’on a dormi durant la nuit, même si on se lève avant l’aube. Excepté boire de l’eau ou un café ou un thé (même avec sucre) que l’on a le droit de consommer jusqu’à l’aube, même si l’on a dormi.
Selon le Talmud et les Poskim (Voir Shoul’han ‘Arou’h O.H 564-1), si avant d’aller dormir, on émet la condition de se lever avant l’aube pour consommer, il est permis de se nourrir avant l’aube, mais si l’on n’émet pas de condition, il est interdit de se nourrir avant l’aube.



Conclusion:

Voici les 5 malheurs qui se sont produits à la date du le 17 Tamouz, et pour lesquels nous jeûnons à cette datte :

• Les premières Tables de Loi ont été brisées
• Le Korban Tamid (sacrifice quotidien) fut interrompu à l’époque du 1er Beit Hamikdash, en conséquence au siège de Jérusalem
• Sous le siège du 2ème Beit Hamikdash, la première brèche dans la muraille de la ville fut pratiquée par l’ennemi ce jour là, ce qui lui permit, 3 semaines plus tard, de détruire le Beit Hamikdash, ainsi que toute la ville de Jérusalem.
• Afoustémouss, un général grec, brûla ce jour là un Sefer Torah, à l’époque du 2ème Beit Hamikdash.
• Une idole fut placée ce jour là dans le Beit Hamikdash.

Tout le monde a le devoir de jeûner le 17 Tamouz, les hommes comme les femmes, excepté les cas particuliers qui seront cités, avec l’aide de D., dans les prochaines Hala’hot.
L’obligation de jeûner commence dés l’aube et s’achève avec la sortie des étoiles (le nuit).

Cependant, les enfants qui n’ont pas atteints l’âge des Mitsvot (13 ans pour un garçon, 12 ans pour une fille) sont totalement exempts de jeûner, et il n’est même pas nécessaire de les faire jeûner quelques heures pour le jeûne du 17 Tamouz . Même si les enfants ont la capacité de comprendre le deuil de la destruction de Jérusalem, tant qu’ils n’ont pas atteints l’âge des Mitsvot, ils sont totalement exempts de ces jeûnes. S’ils désirent s’imposer le jeûne, il faut les en empêcher.

Lorsque le jeûne tombe à date réelle, même un ‘Hatan et une Kala pendant leurs 7 jours de réjouissance, ou 3 Ba’alé Berit (le Mohel, le Sandak et le père du bébé) le jour d’une Mila sont soumis à l’obligation de jeûner.

Un malade – même sans gravité (mais qui est alité) – ou une femme qui se trouve dans les 30 jours depuis son accouchement, sont exempts de jeûner pour le 17 Tamouz. Mais selon la tradition Ashkenaze, tant qu’ils ne sont pas en danger, ils jeûnent.
Les femmes enceintes, ainsi que les femmes qui allaitent, sont exemptes de jeûner le 17 Tamouz.
Mais selon la tradition Ashkenaze, si la femme ne souffre pas trop de sa grossesse ou de son allaitement, elle jeûne malgré tout. Cependant, si la femme a arrête d’allaiter l’enfant mais se trouve encore dans les 24 mois qui suivent son accouchement, si elle se sent en bonne forme physique, il est souhaitable qu’elle jeûne.

Lors d’un jour de jeûne, dans la prière du matin et celle de l’après midi, on dit le passage de ‘Anenou dans la ‘Amida, inséré dans la Bera’ha de Shema’ Kolenou (voir Siddour). Si l’on a omit de le dire, on ne recommence pas la ‘Amida.

Selon la tradition Sefarade, il est permis de se laver l’intégralité du corps – même à l’eau chaude - lors d’un jour de jeûne, excepté le jour du 9 Av et de Yom Kippour.
Selon la tradition Ashkenaze – essentiellement selon l’opinion du Mishna Beroura – on s’abstient de se laver le corps à l’eau chaude lors d’un jour de jeûne.

Une personne habituée à se brosser les dents chaque matin avec du dentifrice, et qui ne supporterai pas de ne pas le faire pendant un jour de jeûne, ou bien une personne qui souffre de mauvaise haleine si elle ne se brosse pas les dents avec du dentifrice, dans tous ces cas, il est permis de se brosser les dents pendant un jour de jeûne, en respectant les 2 conditions suivantes :
1. Ne pas introduire une quantité d’un Reviit (8.1 cl) d’eau en une seule fois
2. Veiller à tous recracher sans avaler la moindre goutte d’eau.

Cette autorisation n’est donnée que pour les jeûnes publics, excepté le 9 Av et Yom Kippour. Le Din du brossage des dents le 9 Av sera expliqué en son temps.

Ce jeûne débute à l’aube et se termine à la sortie des étoiles. Si l’on ne dort pas, il est permis de se nourrir toute la nuit, jusqu’à l’aube. Si avant d’aller dormir, on émet verbalement la condition de se lever avant l’aube pour consommer, il est permis de se nourrir avant l’aube, mais si l’on n’émet pas de condition, il est interdit de se nourrir avant l’aube.

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Un Jour Une Halakha
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11 mars 2013 1 11 /03 /mars /2013 19:18

Une coutume juive-tunisienne veut qu'on mange la Pchicha la veille du mois de Nissan.

La Pchicha ou Pchich est un mélange de blé, pois chiches, févettes chauffés au four et moulus avec un ajout d'épices. On dit que chaque ville a ses habitudes, j'ajouterai que chaque ville a sa manière de cuisiner les recettes tunisiennes et chaque ville a sa Pchicha.

J'ai vu la recette de La Pchicha des Juifs Tunisois et celle des Djerbiens.

Je vous proposerai deux recettes, l'une sfaxienne et l'autre gabésienne. Le résultat donnera deux bonnes Pchicha tout aussi succulentes et fortifiantes : les protéines contenues dans les céréales remplacent fort bien celles des viandes diverses, avec cette aptitude qu'elles n'incitent pas le cholestérol HDL.

On mange la Pchicha à Tou-Bichvat la nouvelle année des arbres qui tombe le 15 Chvat, la semaine du festin d'Ytro avec un ajout de fruits secs (et bonbons, si l'on veut). On la remue alors à l'aide d'une clef, symbole de la prospérité -.



Ingrédients pour la Pchicha sfaxienne :

1/2 kilo de blé

165 gr de févettes décortiquées

300 gr de pois chiches

80 gr de graines de coriandre (tabeul)

80 gr de graines d'anis (bechbèche)

20 gr de cumin

20 gr de carvi (keryilla)

1 pelure d'orange desséchée et pilée
 




Ingrédients de la Pchicha gabésienne

1/2 kilo de blé

165 gr de févettes décortiquées

330 gr de pois chiches

80 gr de graines de coriandre (tabeul)

1 verre de sorgho (drô)

1 pelure d'orange desséchée et pilée
 


La Pchicha que je prépare actuellement

2 kg de blé

1 kg de pois chiches

1 kg de févettes

400 gr de graines de coriandre

400 gr de graines d'anis
1 pelure d'orange desséchée et pilée

Préparation :

Chauffer légèrement les céréales au four, après les avoir moulues, ajouter les épices moulus préalablement.

Service :

Ajouter de l'huile d'olive et remuer. Il est possible d'ajouter une demi-mesure d'huile d'olive et une demi-mesure d'eau potable.

A Tou-Bichvat le chef de famille remue à l'aide d'une clef, tous les membres de la famille posent leurs doigts et on récite une prière :

Ya Tharik el Bsis

Bel meftah ibgh'ir meftah

Han âléna ya Rabbi el Fetah

Han âléna ya Moulana

Nissan hal el bibène

 

Ya Nissan emla el kissenne

Ce qui veut dire traduit du judéo-arabe :

Ô Toi qui mélange le bsisse

Avec la clef ou sans clef

Sois miséricordieux Hashem qui offre la prospérité

Sois miséricordieux ô Toi nôtre Maître



Anecdote :

Il y a bien longtemps, deux jumelles aînées, élèves du cours supérieur étaient en excursion avec leurs classes en Galilée la veille du mois de Nissan. 

Leur père Camus s'était joint à elles comme vigile.

Les écolières étaient divisées en groupes de quatre afin d'acheter les provisions pour trois jours et préparer les repas ensemble.

Leur belle mere ne voulait surtout pas qu'on ne fasse pas les coutumes. Elle a en fin de compte compris qu'on ne pourrait pas annuler une activité organisée par l'école, mais elle a ajouté aux provisions à emporter une boite contenant de la Pchicha et un petit flacon d'huile à mélanger le soir, sans oublier une clef toute neuve enfouie dans la poudre de céréales. 
Le soir au motel, les élèves se groupent quatre par quatre dans leurs chambres pour préparer leur repas. L'une des élèves dans la chambre de mes filles remarque la boite de Pchicha, elle l'ouvre et s'exclame :
- Oh ! il y a une clef dedans.

Alors en coupant les légumes les filles encouragées par leur père, le cinquième du groupe, expliquent ce qu'est la coutume de la Pchicha et une longue conversation s'ensuit, car chaque communauté a ses coutumes. La notre est développée de long en large et en profondeur. Camus qui est du groupe parle alors de la Pchicha.Il dit : 
- On la remue alors à l'aide d'une clef - qui est le symbole de la prospérité -. En demandant à Hashem de nous ouvrir toutes les portes, on sous-entend, - à part la richesse et tout le bien offert par notre Bienfaiteur -, l'ouverture du pouvoir d'enfantement et d'accroissement de la famille.

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24 février 2013 7 24 /02 /février /2013 10:16

 

Question:

 

Quel est le sens à la tradition de donner le « Ze’her Lé-Ma’haçit Ha-Shekel » le soir de Pourim avant la lecture de la Meguila, et quelle est cette somme exacte ?


Réponse:

Il est enseigné dans le Talmud Yéroushalmi (Shékalim chap.1) :

A l’époque du Beit Ha-Mikdash, chaque Bén Israël devait offrir un demi-Shékel par an. Cet argent servait à financer l’achat des bêtes pour les différents sacrifices expiatoires pour la collectivité durant de toute l’année. 
Le moment à partir duquel on annonçait qu’il fallait donner le demi Shekel, était le 1er Adar, comme l’enseigne la Mishna dans le traité Shekalim (chap.1 Mishna 1), ceci afin d’offrir les sacrifices à partir de la nouvelle trésorerie dès le mois de Nissan. 
Haman a - lui aussi - offert des Shekalim au roi A’hashwerosh pour compenser le manque à gagner qu’allait entraîner l’extermination d’Israël. 
Or, le fait de donner le demi-Shekel avant Pourim, symbolise d’une certaine manière que les Shekalim d’Israël – qui avaient pour vocation le financement des sacrifices quotidiens dans le Temple - sont plus importants que ceux de

Haman. Comme nous l’enseignent nos Maitres dans la Guemara Méguila (13b) :

Il était dévoilé devant le Créateur du Monde que Haman allait offrir des Shekalim pour l’extermination d’Israël, et c’est pourquoi Hashem a ordonné dans la Torah la Miçwa de donner le demi-Shekel, afin que les Shekalim d’Israël devancent les Shekalim d’Haman.



Quand doit-on le donner ?


Dans une année où Pourim tombe en semaine, nous avons l’usage de donner cet argent le soir de Pourim, avant la lecture de la Meguila, comme l’écrit le MAHARYL, ainsi que le RAMA dans l’une de ses notes sur le Shoul’han ‘Arou’h (O.H 694-1)



Il est rapporté dans les Tshouvot des Guéonim (Tshouvot Guéoné Mizra’h Ou- Ma’arav chap.40) qu’il faut veiller à ne pas nommer cet argent « MA’HAsIT HASHEKEL » mais « ZE’HER LE MA’HASIT HA-SHEKEL » (non pas « DEMI SHEKEL » mais « SYMBOLE DU DEMI SHEKEL ») car si l’on comme cet argent « MA’HASIT HA-SHEKEL », il est à craindre que l’on ne puisse plus l’offrir ailleurs qu’au Beit Ha-Mikdash puisqu’il devient « Hekdesh » et donc interdit a tout profit, on ne pourra donc plus le donner à des nécessiteux, comme c’est l’usage.



Combien faut-il donner ?


Selon le RAMA (O.H 695-1), il faut donner une somme qui correspond à la moitié de la pièce unitaire de la monnaie en cour dans le pays où l’on vit.

Pour la France, cela voudrait dire 50 centimes d’Euros par personne.


Mais selon d’autres décisionnaires – comme le Shou’t Beit Dawid (section Y.D chap.118 page 74) – il faut donner la valeur véritable du demi Shekel qui était donné à l’époque du Beit Ha-Mikdash, c'est-à-dire la valeur de 10 Guéra, qui correspond à 2 Dinars. Or, le Dinar correspond lui-même à 1 Mitkal, qui correspond lui-même à 1 Darhem ½. Le Darhem pèse 3 g.

Le demi-Shekel correspond donc à la valeur de 9 g d’argent pur. (Toutes les monnaies citées ici sont des monnaies citées et utilisées dans la Torah et dans le Talmud).



Selon cela, il faut donc donner la valeur de 9 g d’argent pur pour s’acquitter du symbole du demi-Shekel.

C’est également l’avis d’autres décisionnaires Sefarades comme le Kaf Ha-‘Haïm (O.H 694 note 20) ; le Shou’t Sim’hat Cohen (tome 2 chap.35) ; le Shou’t Shoel wenish’al (tome 3 chap.33).



Mais le Shou’t Tsits Eli’ezer (tome 13 chap.72) cite l’opinion du MAHARSHAM selon laquelle, il est suffisant de donner la moitié de la pièce unitaire de la monnaie en cour dans le pays où l’on vit, puisqu’il ne s’agit que d’un symbole.

Telle est l’opinion du Mishna Beroura dans le Biour Hala’ha (694), et tel est également l’avis du Maté Yehouda cité par le Kaf Ha-’Haïm (note 23).


Malgré tout, nous avons l’usage de donner la valeur véritable du demi Shekel, qui correspond à la valeur de 9 g d’argent pur, pour s’acquitter du symbole du demi-Shekel.


Pour la France, la somme exacte qu’il faut donner pour le souvenir du demi-Shekel, correspond cette année (5773) à 7.05 €. 

Pour ceux qui habitent en Israël, la somme exacte qu’il faut donner pour le souvenir du demi-Shekel, correspond cette année (5773) à 9,22 $. 

A titre indicatif, une once d’argent pèse 31.1 g. Il faut donc diviser le prix de l’once d’argent par 31.1, puis multiplier le résultat par 10, et on obtiendra la somme exacte qu’il faut donner.



Cependant, une personne dont la situation financière est difficile, peut se référer à l’opinion du RAMA et des décisionnaires du même avis, et ainsi se contenter de donner la moitié de la pièce unitaire de la monnaie en cour dans le pays où l’on vit.



Le RAMA (O.H 694) écrit qu’il est bon de donner cette somme en 3 pièces de monnaie, car le Mot « Terouma » qui signifie « prélèvement » apparaît 3 fois dans la Parasha qui traite du devoir de donner le demi-Shekel au Temple. Il est vrai que d’autres décisionnaires – comme le Maté Yehouda ou le Gaon de Vilna – prétendent que cet usage n’a pas de sens particulier, malgré tout, il est bon de l’observer et de donner cette somme en 3 pièces de monnaie. Tel est l’avis du Mo’ed Le’hol ‘Haï (chap.31 note 51).


Nous avons un grand principe Hala’hique selon lequel, la valeur de l’argent équivaut à l’argent lui-même.

Par conséquent, il est permis de payer le symbole du demi-Shekel par chèque.

Il est vrai qu’au sujet de la Miçwa de Pidyon Ha-Ben (le rachat du premier né), certains décisionnaires – comme le ‘Hatam Sofer (section Y.D chap.134) – hésitent sur le fait d’utiliser du papier pour racheter le premier né. Malgré tout, puisqu’il s’agit ici d’une simple somme symbolique, il est probable que selon toutes les opinions Hala’hiques, il est permis d’utiliser un chèque pour payer le symbole du demi Shekel.



Qui doit donner ?


Selon certains décisionnaires, le devoir de donner n’incombe que les personnes âgés de 20 ans et plus. Parmi ces décisionnaires :

Le RAMA (O.H 694) se référant à Rabbenou Ovadia Mi-Bartenoura (chap.1

Shekalim) ; le commentateur ‘Hizekouni (début de Ki Tissa) ; le Imré Shafer ; le

BA’H dans ses notes sur Meguila (16a) ; le Shou’t Sha’ar Efraïm (chap.45).


Mais selon d’autres décisionnaires, le devoir incombe toute personne âgé de 13 ans et plus. Parmi ces décisionnaires :

Le Tossafot Yom Tov (chap.1 Shekalim Mishna 4) se référant au RAMBAM, au RAMBAN et à d’autres décisionnaires ; le Shou’t Beit David (chap.118 page 75). 

Il est bon de suivre ce 2ème avis et de s’imposer la rigueur de donner dés l’âge de 13 ans et plus.

Certains décisionnaires font remarquer qu’il n’est pas fondé d’imposer aux femmes de donner le symbole du demi-Shekel, puisque du temps du Beit Ha-Mikdash, les femmes n’étaient pas concernées par ce devoir. Parmi ces décisionnaires :

le Maguen Avraham (O.H 694 note 3) ; le ‘Amoudé Esh (page 52a).


Mais selon d’autres, puisque cette somme n’est donnée aujourd’hui que de façon symbolique, elle représente donc une çedaka. Les femmes sont donc également concernées par ce devoir. Parmi ces décisionnaires :

Le Torah Temima (début de Ki Tissa) ; le Kaf Ha-‘Haïm (O.H 694) ; le Leket
Yosher (sur O.H section 157).


Il est bon de donner aussi pour les enfants en bas âge (en dessous de 13 ans pour un garçon et en dessous de 12 ans pour une fille).

Certains donnent également pour les bébés dans le ventre de leurs mères. 

Pour les enfants en bas âge (en dessous de 13 ans pour un garçon et en dessous de 12 ans pour une fille), il est suffisant de donner la moitié de la pièce de la monnaie courante

(En France, 50 centimes d’euros par enfant en bas âge. En Israël, 50 Agourot par enfant en bas âge.)



A qui faut-il donner cet argent ?



Il faut donner l’argent en souvenir du demi Shekel à des établissements de Torah et à des Yeshivot dans lesquelles on forme des Talmidé ‘Ha’hamim (des érudits dans la Torah), car nos maîtres nous enseignent (Béra’hot 8a) :

Depuis la destruction du Temple, Hashem ne tient plus compte dans son monde que des 4 coudées de la Hala’ha.


Le Gaon Rabbi ‘Haïm FALLAG’I z.ts.l écrit dans son livre Rou’ah ‘Haïm (chap.694) qu’il faut donner cet argent à des Talimidé ‘Ha’hamim (des érudits dans la Torah) dont la situation financière n’est pas très bonne.

Ce don est une çeddaka très importante, car lorsqu’on désire donner de la çedaka, il faut la donner en priorité à ceux qui consacrent leurs forces à l’étude de la Torah.


L’étude de la Torah est un moyen d’expiation des fautes aussi efficace que l’étaient les sacrifices au Temple, comme nous le voyons à travers les propos de nos maîtres dans le Midrash Tan’houma (çaw), ainsi que dans le Yalkout Shim’oni (Hoshea’ 522).

Mieux encore, nos maîtres nous enseignent même que l’étude de la Torah est encore plus efficace que les sacrifices en matière d’expiation des fautes, comme nous le voyons dans la Guemara Rosh Ha-Shana (18a) et dans la Guemara Meguila (3a).



Celui qui s’efforce de soutenir financièrement les Talmidé ‘Ha’hamim, afin de relevé le prestige de la Torah et de ceux qui l’étudient, méritera de voir le prestige d’Israël, comme nos maitres le disent dans la Guemara Bava Batra (10b) :

Grâce à quoi se relèvera le prestige d’Israël ? Grâce à Ki Tissa (la Parasha où est mentionnée cette Miçwa de donner le demi Shekel).



Conclusion:


Dans une année où Pourim tombe en semaine, avant la lecture de la Meguila, nous avons la tradition de donner une somme d’argent que l’on appelle « Ze’her LeMa’hasit HaShekel » (« en souvenir du demi Shekel »). Cette somme correspond à la valeur de 10 g d’argent pur.

Mais cette année (5773) où Pourim tombe un samedi soir, il est possible de le donner avant Pourim. 

Le cours de l’argent change, c’est pourquoi, il faut se renseigner chaque année auprès de gens experts en la matière, afin de donner la somme exacte.


Pour ceux qui habitent en France, la somme exacte qu’il faut donner pour le souvenir du demi Shekel, correspond cette année (5773) à environ 7,05 €  

Pour ceux qui habitent en Israël, la somme exacte qu’il faut donner pour le souvenir du demi Shekel, correspond cette année (5773) à 9,22 $ 

Il est bon de donner cette somme en 3 pièces de monnaie. 
On donne aussi pour les femmes et les enfants (les garçons à partir de 13 ans, et les filles à partir de 12 ans).


Pour les enfants en bas âge (en dessous de 13 ans pour un garçon et en dessous de 12 ans pour une fille), il est suffisant de donner la moitié de la pièce de la monnaie courante (En France, 50 centimes d’euros par enfant en bas âge. En Israël, 50 Agourot par enfant en bas âge.).

Cet argent doit être destiné à des nécessiteux ou bien à des Talmidé ‘Ha’hamim dont la situation financière est assez difficile.


Il est impératif de ne pas désigner cette somme par le nom de « MA’HASIT HASHEKEL » mais de « ZE’HER LE MA’HASIT HASHEKEL » (non pas « DEMI SHEKEL » mais « SYMBOLE DU DEMI SHEKEL »).

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Un Jour Une Halakha
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20 février 2013 3 20 /02 /février /2013 21:34

Question:

 

Quelles sont les règles et la signification exacte du Jeûne d’Esther ?
 

 Réponse:


Les Rishonim (décisionnaires médiévaux) citent les propos du Midrash Tan’houma (sur Bereshit) :


Au temps de Morde’haï et Esther, les juifs se sont réuni le 13 Adar afin d’affronter leurs ennemis. Ils avaient besoin de beaucoup de Miséricorde Divine pour que leurs ennemis ne leur portent pas atteinte. Les juifs ont prié et jeûné ce jour-là, à l’instar de Moshé Rabbenou qui s’était tenu en jeûne et en prière le jour où Israël avait affronté ‘Amalek, jusqu’à ce qu’Hashem donne la victoire à Israël. Là aussi, Hashem le D. de nos ancêtres écouta leurs supplications et accepta leur repentir et leur jeûne, et le jour fixé par nos ennemis pour exterminer Israël fut, la situation fut inversée puisque ce sont les juifs qui battirent leurs ennemis ce jour-là. Le 13 Adar, les juifs tuèrent 75 000 non-juifs qui voulaient porter atteinte à leurs vies, sans compter ceux qui furent tués dans la ville de Shoushan, capitale de l’empire perse, et aucun juif ne mourut dans la bataille, « car ce n’est ni grâce à l’armée, ni grâce à la force, mais uniquement grâce à mon esprit, ainsi parle Hashem D. des armées… » C’est pour cela que nous avons la tradition dans toutes les communautés d’Israël de jeûner ce jour-là chaque année, en souvenir du Miracle dont ils bénéficièrent, et ce jeûne se nomme « Jeûne d’Esther ».

 

Les personnes soumises à l’obligation de jeûner, et celles qui en sont exemptes

 

Les femmes enceintes, ainsi que les femmes qui allaitent sont totalement exemptes du jeûne d’Esther.

En effet, elles sont déjà exemptes des 4 jeûnes mentionnés explicitement dans le livre du prophète Ze’harya (chap.8, verset 19), excepté Tish’a Beav (9 Av), comme MARAN le tranche dans le Shoul’han ‘Arou’h (O.H 554-5).

Elles sont donc à fortiori exemptes du jeûne d’Esther.

(les 4 jeûnes mentionnés dans Ze’harya sont : le 17 Tamouz, le 9 Av, le 3 Tishré (jeûne de Guedalya), le 10 Tevet.)

 

Même le RAMA écrit que les femmes enceintes, ainsi que celles qui allaitent sont exemptes du jeûne d’Esther (O.H .549-1). Il le confirme également au chapitre 686, paragraphe 2.

MARAN n’a pas jugé nécessaire de préciser que les femmes enceintes, ainsi que celles qui allaitent sont exemptes du jeûne d’Esther, car selon lui, elles sont déjà exemptes des autres jeûnes, il suffit donc de le déduire à fortiori.

Alors que le RAMA avait besoin de préciser que selon son opinion, les femmes enceintes et celles qui allaitent sont exemptes du jeûne d’Esther, puisque concernant les autres jeûnes - selon la tradition Ashkenaz - les femmes enceintes et celles qui allaitent sont tenues de jeûner, sauf dans le cas où elles soufrent de façon considérable.

C’est pour cela que le RAMA précise que pour ce qui est du jeûne d’Esther, elles ont exemptes.

 

La femme enceinte et celle qui allaite

 

Selon la Hala’ha, la grossesse est établie à partir de 3 mois.

Cependant, si la femme n’a pas encore atteint 3 mois de grossesse, mais ressent des malaises ou des vomissements, elle est également exempte de ce jeûne, en particulier, après 40 jours de grossesse.

 

Selon notre maître le Rav Ovadia YOSSEF shalita – dans son livre Shou’t Ye’havé Da’at (tome 1 chap.35) - même si une femme a cessé d’allaiter son enfant, tant qu’elle se trouve dans les 24 mois de son accouchement, et qu’elle ressent encore un état de faiblesse, elle est exempte de jeûner.

En effet, telle est l’opinion du Gaon MAHARSHAM dans le livre Da’at Torah (550), ainsi que de nombreux autres A’haronim, fondée sur l’enseignement de la Guemara Nidda (9a) où il est précisé qu’une femme qui vient d’accoucher ne retrouve une constitution physique normale qu’après 24 mois. Cet enseignement est aussi utilisé dans le Shoul’han ‘Arou’h (Y.D 189-33) au sujet des Hala’hot relatives à la femme Nidda.

 

Par contre, le Gaon Rabbi Meïr MAZOUZ shalita, (le Rosh Yeshiva des institutions Séfarades KISSE RA’HAMIM à Bné Brak – Israël) précise dans son livre Sanssane Lé-Yaïr (Réponse Hala’hique chap.5 page 187) que tout dépend des capacités physiques de la femme :

Si cette femme a arrêté d’allaiter son enfant, mais qu’elle se sent encore faible physiquement, elle est exempte de jeûner tant qu’elle se trouve dans les 24 mois après son accouchement.

Mais si elle se sent la force de jeûner, il est convenable qu’elle s’impose la ‘Houmra de jeûner dans la mesure où elle a arrêté d’allaiter son enfant, même si elle se trouve dans les 24 mois après son accouchement et elle est digne de Bénédiction.

Ces autorisations sont valables uniquement pour les jeûnes du 10 Tevet, 17 Tamouz, et 3 Tishré (jeûne de Guedalya), et à fortiori pour le Jeûne d’Esther.

Notre maître le Rav Ovadia YOSSEF Shalita -  dans son livre ‘Hazon ‘Ovadia – 4 Ta’aniyot (page 62) – approuve en définitive l’opinion du Gaon Rav Meïr MAZOUZ Shalita, et encourage les femmes qui se trouvent dans les 24 mois après leur accouchement, mais qui se sentent en forme, de jeûner lors des jeûnes publics, et elles seront dignes de la Bénédiction.

Cette décision Hala’hique est aujourd’hui celle de notre maître le Rav Shalita, par opposition à ce qui est diffusé en son nom depuis quelques années.

 

La femme qui vient d’accoucher 

 

Il est inutile de dire qu’une femme se trouvant dans les 30 jours après son accouchement, est exempte de jeûner le Jeûne d’Esther puisque dans un tel cas, elle est aussi exempte de jeûner les 4 jeûnes mentionnés dans le livre de Ze’harya : le 17 Tamouz, le 9 Av, le 3 Tishré (jeûne de Guedalya), le 10 Tevet, comme MARAN le tranche dans le Shoul’han ‘Arou’h (O.H 554-5).

Une femme qui a subi une fausse couche, a le même statut qu’une femme qui vient d’accoucher.

 

Un malade – même sans gravité (par exemple, une grippe avec fièvre ou baisse de tension qui impose de rester au lit) – qui est simplement alité et qui n’a pas la force de marcher, est exempt de jeûner, comme MARAN le tranche déjà au sujet des 4 autres jeûnes dans le Shoul’han ‘Arou’h (O.H 554-6).

Cependant, les Ashkenazim ont l’usage de s’imposer la ‘Houmra sur ce point – conformément à l’avis du RAMA – tant qu’il n’y a pas souffrance considérable qui pourrait entraîner un danger.

 

Les enfants qui n’ont pas atteints l’âge des Miçwot (13 ans pour un garçon, 12 ans pour une fille) sont totalement exempts de jeûner, et il n’est même pas nécessaire de les faire jeûner quelques heures, car il n’y a aucune notion de ‘Hinou’h (éducation) concernant les jeûnes imposés par nos ‘Ha’hamim. Ceci est l’opinion de l’ensemble des Poskim, et parmi eux : le Mishna Beroura (sur O.H 550 dans le Biour Hala’ha), le Kaf Ha’haïm (sur O.H 550), le Shevet Halevi (tome 10 chap.81 note 3) et d’autres…

Même si les enfants ont la capacité de comprendre le deuil de la destruction de Jérusalem, tant qu’ils n’ont pas atteints l’âge des Miçwot, ils sont totalement exempts de ces jeûnes. Même s’ils désirent s’imposer le jeûne, il faut les en empêcher.

 

Un ‘Hatan et une Kala et les 3 « Ba’alé Bérit »

 

Une Hala’ha est tranchée dans le Shoul’han Arou’h (O.H chap.559-9), selon laquelle lorsqu’un jeûne publique qui tombe un Shabbat (excepté Yom Kippour), et - pour cette raison - le jeûne est repoussé au lendemain dimanche, les 3 Baalé Berit (le père du bébé, le Mohel – celui qui pratique la circoncision – ainsi que le Sandak – celui qui porte l’enfant pendant la circoncision), ainsi qu’un ‘Hatan et une Kala pendant leurs 7 jours de réjouissance, sont exempts de terminer leur jeûne.

Selon cela, notre maître le ‘HYDA – dans son commentaire Birké Yossef (sur O.H 686 note 6) - lorsque le jeûne est effectué à sa date réelle, un ‘Hatan et une Kala sont tenus de jeûner et de terminer le jeûne, puisque le deuil de la collectivité l’emporte sur la réjouissance du particulier.

 

Cependant, notre maître le Rav Ovadia YOSSEF Shalita – dans son livre ‘Hazon Ovadia - Pourim (page 42 et 43) – fait remarquer que tout ceci n’est valable que pour les autres jeûnes (le 17 Tamouz, le 9 Av, le 3 Tishré - jeûne de Guedalya -  le 10 Tevet) qui sont observés en signe de deuil pour les malheurs qui se sont produits à ces dates là.

Mais le jeûne d’Esther qui n’a été instauré qu’en souvenir du miracle dont Hashem nous a fait bénéficier, il n’est pas nécessaire d’imposer au ‘Hatan et à la Kala.

Telle est l’opinion du Gaon Rabbi Iç’hak TAÏEB dans son commentaire ‘Ere’h Ha-Shoul’han (sur O.H 686 note 4).

 

Le Gaon de Vilna – dans son commentaire sur le Shoul’han ‘Arou’h (O .H 686 note 8) – ajoute également les 3 Ba’alé Bérit à cette exemption du jeûne d’Esther.

 

Selon cela, à fortiori lorsque le 13 Adar tombe un Shabbat et que pour cette raison le jeûne d’Esther est avancé au jeudi, le ‘Hatan et la Kala, ainsi que les 3 Ba’alé Bérit sont exempts du jeûne.

 

« ‘Anénou »

 

Lors d’un jour de jeûne, dans la prière du matin et celle de l’après midi, on dit le passage de ‘Anenou dans la ‘Amida, inséré dans la Bera’ha de Shema’ Kolenou (voir Siddour). Si l’on a omit de le dire et que l’on a déjà prononcé les mots « Barou’h Ata A.D.O.N.A.Ï » pour conclure la Bera’ha de Shema Kolenou par les mots « Shmoe’a Tefila », on ne recommence pas la ‘Amida. Cependant, il est bon dans ce cas de dire le passage de ‘Anenou avant de reculer les 3 pas de la fin de la ‘Amida.

 

Se laver

 

Nos maîtres les les Rishonim (décisionnaires de l’époque médiévale), ont discuté sur le fait de se laver tout le corps avec de l’eau chaude le jour du jeûne du 17 Tamouz.

Notre maître l’auteur du TOUR (O.H chap.450) tranche que l’interdiction de se laver n’existe que pour le jeûne du 9 Av, ainsi que pour le jeûne de Yom Kippour, mais pour ce qui est du reste des jours de jeûne, il n’y a aucun interdit de se laver.

MARAN écrit dans le Beit Yossef (O.H chap.628) au nom du Morde’hi et au nom du Raveya que c’est ainsi que la tradition s’est répandue de se laver même à l’eau chaude pendant ces jeûnes.

Toutefois, celui qui s’imposerai la ‘Houmra (la rigueur) de ne pas se laver tout le corps à l’eau chaude pendant les jeûnes publics, comme le 17 Tamouz, mérite que vienne sur lui la Bénédiction.

Certains Ashkenazim s’imposent la rigueur sur ce point, puisque telle est leur tradition d’interdire de se laver pendant tous les jeûnes publics.

Cependant, selon la tradition des Sefaradim, c’est tout à fait permis. (Si le jeûne public tombe un vendredi, il est permis de se laver en l’honneur de Shabbat selon toutes les opinions Hala’hic). 

 

Se laver la bouche (brosser les dents) 

 

MARAN écrit (O.H 567-3) qu’il n’est pas convenable de se rincer la bouche pendant un jour de jeûne, comme nous le faisons le matin au réveil.

Mais de nombreux A’haronim – comme le Maguen Avraham ou le Gaon Rabbi Shelomo KLUGER – expliquent que selon MARAN jusqu’à une quantité de Revi’it (8.1 cl), il est permis de se rincer la bouche le matin d’un jeûne.  

 

C’est pourquoi, une personne habituée à cela, et qui ne supporterai pas de ne pas se rincer la bouche le matin, a le droit de se rincer la bouche, à la condition de veiller à ne pas introduire la quantité d’un Reviit (8.1 cl) d’eau en une seule fois. De même, il faudra veiller à ne pas avaler la moindre goutte d’eau, mais tout recracher immédiatement. 

 

Similairement à cela, de notre époque, une personne habituée à se brosser les dents chaque matin avec du dentifrice, et qui ne supporterai pas de ne pas le faire pendant un jour de jeûne, ou bien une personne qui souffre de mauvaise haleine si elle ne se brosse pas les dents avec du dentifrice, dans tous ces cas, il est permis de se brosser les dents pendant un jour de jeûne, en respectant les 2 conditions que nous avons cité :

  • Ne pas introduire une quantité d’un Reviit (8.1 cl) d’eau en une seule fois
  • Veiller à tout recracher sans avaler la moindre goutte d’eau.

 

Cette autorisation n’est donnée que pour les jeûnes publics, excepté le 9 Av et Yom Kippour.

 

Manger avant le début du jeûne

 

Ces jeûnes débutent uniquement à l’aube et se terminent à la sortie des étoiles, excepté le 9 Av qui débute dés la veille au couché du soleil.

 

Si l’on ne dort pas, il est permis de se nourrir toute la nuit, jusqu’à l’aube.

Si l’on a dormi :

  • Selon le Zohar Ha-Kadosh (Parasha de Vayakhel page 215a), il est strictement interdit de s’alimenter lorsqu’on a dormi durant la nuit, même si on se lève avant l’aube. Excepté boire de l’eau ou un café ou un thé (même avec sucre) que l’on a le droit de consommer jusqu’à l’aube, même si l’on a dormi.

Selon le Talmud et les Poskim (Voir Shoul’han ‘Arou’h O.H 564-1), si avant d’aller dormir, on émet la condition de se lever avant l’aube pour consommer, il est permis de se nourrir avant l’aube, mais si l’on n’émet pas de condition, il est interdit de se nourrir avant l’aube.


Conclusion:

 

Le Jeûne d’Esther a été instauré par Morde’haï à la date du 13 Adar (cette année le jeûne est le 7 mars), afin de demander l’aide et la protection divine contre les ennemis d’Israël, malgré l’abolition du décret de Haman.

C’est à cette date que les juifs du royaume perse devaient être exterminés par leurs ennemis qui avaient projetés de mettre à exécution le décret d’extermination promulgué par Haman.

 

Par le mérite du jeûne et des prières du peuple d’Israël durant les 3 jours qui ont suivis la promulgation du décret de Haman au mois de Nissan, Hashem dans sa Grande Miséricorde les a épargné, et la situation fut renversée puisque ce sont les juifs qui - pour se défendre – tuèrent le 13 Adar dans tout le royaume perse 75 000 non juifs qui voulaient porter atteinte à leurs vies, sans compter ceux qui furent tués dans la ville de Shoushan, capitale du royaume, et pas un seul juif ne mourut.

Pour commémorer ce miracle grâce auquel aucun juif ne périt dans la bataille, nous jeûnons nous aussi, afin d’exprimer que nos victoires sur nos ennemis ne dépendent certainement pas de nos armes militaires, mais plutôt d’un tout autre type d’armes : la Teshouva, la prière et les Miçwot.

 

Le jeûne d’Esther tombe cette année (5773) Jeudi 21 2013

A Marseille, Il commence à 6h03 et termine à 18h53 (horaires selon http://zmanim.free.fr)

 

Tout individu en bonne santé est soumis à l’obligation de jeûner ce jour là, excepté les cas que nous allons citer.

Les femmes enceintes, ainsi que les femmes qui allaient sont totalement exemptes de ce jeûne, et ne doivent surtout pas le faire.

La définition d’une femme enceinte correspond à 3 mois de grossesse. Cependant, si la femme n’a pas encore atteint 3 mois de grossesse, mais ressent des malaises ou des vomissements, elle est également exempte de ce jeûne, en particulier, après 40 jours de grossesse.

La définition d’une femme qui allaite correspond à 24 mois depuis l’accouchement. Tant que la femme se trouve dans les 24 mois de son accouchement, et qu’elle ressent des faiblesses particulières, elle est totalement exempte de ce jeûne. Par contre, si elle se trouve encore dans les 24 mois de son accouchement mais qu’elle n’allaite plus, si elle se sent en forme, il faut qu’elle s’impose de jeûner.

Les enfants qui n’ont pas atteints l’âge des Miçwot (13 ans pour un garçon, 12 ans pour une fille) sont totalement exempts de jeûner, et il n’est même pas nécessaire de les faire jeûner quelques heures. S’ils désirent s’imposer le jeûne, il faut les en empêcher.

 

Un ‘Hatan et une Kala pendant leurs 7 jours de réjouissance, ou 3 Ba’alé Berit (le Mohel, le Sandak et le père du bébé) le jour d’une Mila sont exempts de jeûner ce jour là.

 

Un malade même sans gravité (mais qui est alité) – ou une femme qui se trouve dans les 30 jours depuis son accouchement, sont exempts de jeûner pour le jeûne d’Esther. Mais selon la tradition Ashkenaze, tant qu’ils ne sont pas en danger, ils jeûnent.

 

Lors d’un jour de jeûne, dans la prière du matin et celle de l’après midi, on dit le passage de ‘Anenou dans la ‘Amida, inséré dans la Bera’ha de Shema’ Kolenou (voir Siddour). Si l’on a omit de le dire, on ne recommence pas la ‘Amida.

 

Selon la tradition Sefarade, il est permis de se laver l’intégralité du corps – même à l’eau chaude - lors d’un jour de jeûne, excepté le jour du 9 Av et de Yom Kippour.

Selon la tradition Ashkenaze – essentiellement selon l’opinion du Mishna Beroura – on s’abstient de se laver le corps à l’eau chaude lors d’un jour de jeûne.

 

Une personne habituée à se brosser les dents chaque matin, et qui ne supporterai pas de ne pas le faire pendant un jour de jeûne, ou bien une personne qui souffre de mauvaise haleine si elle ne se brosse pas les dents avec du dentifrice, dans tous ces cas, il est permis de se brosser les dents pendant un jour de jeûne, en respectant les 2 conditions suivantes :

  1. Ne pas introduire une quantité d’un Reviit (8.1 cl) d’eau en une seule fois
  2. Veiller à tous recracher sans avaler la moindre goutte d’eau.

 

Cette autorisation n’est donnée que pour les jeûnes publics, excepté le 9 Av et Yom Kippour.

 

Ce jeûne débute à l’aube et se termine à la sortie des étoiles. Si l’on ne dort pas, il est permis de se nourrir toute la nuit, jusqu’à l’aube. Si avant d’aller dormir, on émet verbalement la condition de se lever avant l’aube pour consommer, il est permis de se nourrir avant l’aube, mais si l’on n’émet pas de condition, il est interdit de se nourrir avant l’aube.

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8 février 2013 5 08 /02 /février /2013 07:53

 

          Parasha Mishpatim – Shabbat Shékalim

1.   La réinsertion selon la Torah

 

"Voici les lois que tu placeras devant eux:

Lorsque tu feras l’acquisition d’un serviteur hébreu, il devra te servir durant 6 ans, mais à la 7ème année, tu l’affranchiras gracieusement.

S’il est arrivé seul, il repartira seul, mais s’il est marié, son épouse repartira avec lui." (Shemot 21-1.2.3 Début de notre Parasha)  

 

Rashi

Lorsque tu feras l’acquisition d’un serviteur hébreu

Cette acquisition se fait par l’intermédiaire du Beit Din qui vend cet individu arrêté pour avoir volé, et qui est vendu parce qu’il n’a pas la possibilité de rembourser son vol.

 

Question

 

N’y avaient-ils pas de sujets plus nobles pour débuter notre Parasha – par exemple la Miçwa de prêter de l’argent à un juif אם כסף תלוה את עמי »), ou bien le cas du gardien bénévole (Shomer ‘Hinam) qui offre gracieusement ses services aux gens, qui sont des sujets également contenus dans notre Parasha – pourquoi débuter notre Parasha en nous parlant d’un voleur ?

 

Réponse

 

Le Gaon Rabbi Ya’akov NYEMANN z.ts.l rapporte dans son livre Darké Moussarau nom du Sabba de Kelem z.ts.l :

Si la Torah était l’œuvre d’un être humain, il est certain qu’il aurait décidé de débuter notre Parasha avec un sujet qui met plutôt en relief des individus qui prodiguent du bien à la société, et non en nous parlant d’un individu humiliant comme un voleur.

Mais la Torah est l’œuvre d’Hashem et nous sommes ses enfants !

Lorsqu’un père a un enfant qui est voleur, ce père va se consacrer totalement à chercher les meilleurs moyens pour ramener son fils dans le droit chemin, car vis-à-vis de ses autres enfants, il n’a pas de soucis particuliers à se faire puisqu’ils marchent déjà dans le droit chemin.

C’est pour cela que dès le début de notre Parasha de Mishpatim, Hashem se souci d’abord de son fils voleur, et cherche des moyens pour le ramener dans la droiture et l’honnêteté.

 

C’est pourquoi la Torah demande au Beit Din de vendre cet individu à une personne respectable chez qui ce voleur va séjourner durant 6 ans, en apprenant auprès du chef de maison ainsi qu’auprès des membres du foyer, la politesse, le savoir-vivre, et va acquérir de bonnes qualités humaines. Ce voleur verra aussi qu’on lui montre du respect et qu’on lui donne de l’importance puisque nos maîtres nous enseignent (Kiddoushin 20a et à d’autres endroits) qu’il est interdit au chef de maison de consommer du pain frais alors que son serviteur consomme du pain ranci. Il est aussi enseigné dans le Yéroushalmi que si le chef de maison possède un seul coussin et que le serviteur n’en a pas, le chef de famille est tenu de donner son coussin à son serviteur et de dormir sans coussin.

Devant tant d’égard, le serviteur ne peut que penser :

« Si l’on me témoigne tant de considération, comment puis-je être un voleur ?! »

Tout ceci ne peut que l’influencer positivement et le ramener dans le droit chemin.       

 

Même au-delà des 6 ans, notre sainte Torah se soucie encore de lui afin qu’il ne récidive pas, et elle ordonne au chef de maison de lui fournir des bêtes de son propre troupeau, afin qu’il ait de quoi se nourrir. De même, durant tout le temps où le serviteur sert son maître, celui-ci est tenu de nourrir la femme et les enfants de son serviteur afin qu’ils ne deviennent pas à leur tour des voleurs.

 

Alors que les législations établies par l’être humain sont totalement différentes puisqu’elles imposent au voleur d’être incarcéré dans une prison qui ne va pas l’influencer positivement, où il va côtoyer d’autres voleurs, et où il va se noyer dans l’abîme de ses fautes. À sa sortie de prison, n’ayant pas de moyen de subsistance pour subvenir aux besoins de son foyer, il sera donc forcé de redevenir un voleur. De plus, pendant tout le temps où il va séjourner en prison, sa femme et ses enfants n’auront pas de quoi vivre et deviendront à leur tour des voleurs.

Mais comme nous l’avons dit, notre sainte Torah s’est d’abord souciée du repentir de ce voleur, et c’est pour cette raison qu’elle ordonne de le vendre. C’est donc pour exprimer tout l’amour d’Hashem envers ses enfants que la Parasha de Mishpatim débute par le sujet du serviteur juif.

 

2.   Prêter de l’argent à un juif : ça aussi c’est une Miçwa !!

 

Si tu prêtes de l’argent à quelqu’un de mon peuple, à un nécessiteux qui est avec toi… (Shémot 22-25)

 

Ce verset vient nous apprendre une des 613 Miçwot de la Torah : prêter de l’argent à un juif.

 

Le Ben Ish ‘Haï – dans son livre ‘Od Yossef ‘Haï – explique ce verset par une allusion.

L’argent que tu prêtes à une personne en difficulté, ou bien l’argent que tu offres au nécessiteux, cet argent est considéré comme étant « avec toi », en ta possession, car tu peux être certain que personne ne pourra te le prendre, et il pérennisera à tout jamais. Mais le reste de l’argent que tu possèdes n’est pas considéré comme étant« avec toi », puisque dans ce monde, il n’y a aucune assurance pour la richesse matérielle.

 

Nos meilleurs placements sont les sommes que nous prêtons à ceux qui traversent des situations difficiles et que nous aiderons à s’en sortir en leur proposant notre aide, ainsi que les sommes que nous offrons aux nécessiteux pour leur procurer de quoi vivre dignement.

 

Histoire

 

On raconte sur le ‘Hafeç ‘Haïm qu’une personne vint un jour le trouver pour lui demander un conseil ou une Ségoula (remède spirituel) pour avoir des enfants.

Le ‘Hafeç ‘Haïm lui dit qu’il ne connaissait pas de Ségoulot mais qu’il lui conseillait vivement d’établir dans la ville de Radin (lieu de résidence du ‘Hafeç ‘Haïm) une caisse de « Gma’h » (« Guémilout ‘Hassadim », un organisme de prêt d’argent pour les personnes en difficulté). Le ‘Hafeç ‘Haïm lui expliqua que le fait de pratiquer le bien en aidant des personnes en difficulté à retrouver une vie digne, réveillera certainement la pitié Divine, et Hashem lui accordera lui aussi le bien en lui donnant des enfants.

 

L’homme écouta le conseil du ‘Hafeç ‘Haïm et établit une caisse de Gma’h dans la ville de Radin, en s’investissant lui-même dans la direction de l’organisme et dans le prêt des sommes d’argent aux gens en difficulté. Il tenait à jour un carnet dans lequel il consignait tous les détails de chaque prêt, ainsi que les gages demandés en échange des prêts. Il inscrivit également dans ce carnet une institution du Gma’h selon laquelle les juifs de la ville devaient organiser une fois tous les 3 ans un repas lors du Shabbat Mishpatim (notre Parasha dans laquelle nous lisons la Miçwa de prêter de l’argent) pour se stimuler davantage dans cette Miçwa.

 

Et voici qu’au bout de 3 ans, cet homme eut le mérite et la joie d’avoir un enfant en bonne santé, et sa Bérit Mila eut lieu…. le Shabbat Mishpatim !

Durant toutes les années suivantes, l’homme continua à s’investir dans cette Miçwa de toutes ses forces, et il eut d’autres enfants, garçons et filles, par le mérite de cette Miçwa.

 

Au bout de quelques années, l’homme oublia les bontés d’Hashem et alla trouver le‘Hafeç ‘Haïm en lui expliquant qu’il était à présent trop occupé dans ses affaires personnelles et que la caisse du Gma’h s’était considérablement développée avec le temps. Il ajouta que des gens remettaient en doute son intégrité et que pour toutes ses raisons, il désirait se retirer du Gma’h. Il demandait donc au ‘Hafeç ‘Haïm de nommer un nouveau directeur.

Le ‘Hafeç ‘Haïm refusa dans un premier temps, mais lorsque l’homme insista et revint chaque année avec la même demande, le ‘Hafeç ‘Haïm accepta et demanda aux dirigeants de la communauté d’organiser des élections discrètes afin de nommer un nouveau directeur du Gma’h. Les élections se déroulèrent en début de soirée.

Le lendemain des élections, l’homme se présenta en larmes devant le ‘Hafeç ‘Haïmen lui annonçant que… l’un de ses enfants était mort étouffé au petit matin !(qu’Hashem nous en préserve)

Il dit au Rav qu’il était convaincu que son enfant était mort suite à sa faute d’avoir abandonné cette précieuse Miçwa de pratiquer le bien, et il supplia le ‘Hafeç ‘Haïm de le nommer de nouveau à la direction du Gma’h.

 

Le Hafeç ‘Haïm raconte cette tragique histoire par une allusion dans son livreShem ‘Olam, et il termine en disant :

« Tu peux constater de façon flagrante que c’est par le mérite du Guémilout ‘Hassadim (la pratique du bien) que cet homme a eu des enfants. Mais dès que la bonté s’est retirée, la rigueur se mit à le frapper violemment ! »

 

On ne se rend pas compte de la protection que peut nous apporter la pratique du bien, en prêtant de l’argent ou en apportant notre aide à ceux qui en ont besoin !          

 

3.    Reconnaître son erreur est un signe de grandeur

        

Il est écrit dans notre Parasha :

"D’une parole mensongère, tu t’éloigneras". (Shemot chap.23)

 

Il est enseigné dans la Guémara Shévou’ot (30a) :

Nos maîtres enseignent : D’où sait-on qu’un Dayan (un juge rabbinique) ne doit pas essayer de justifier ses erreurs de jugement ? Parce qu’il est dit : D’une parole mensongère, tu t’éloigneras.

 

Il s’agit ici d’un Dayan qui a fait une erreur dans le DIN, mais qui a honte d’admettre son erreur devant ses collègues ou devant les parties adverses qui sont en jugement devant lui. Il essaie de trouver un moyen afin de maintenir ses propos erronés, sans pour autant avouer qu’il a fait une erreur.

La Torah - à travers ce verset – le met en garde contre une telle attitude, en lui disant : « D’une parole mensongère, tu t’éloigneras ». Il incombe à l’individu de fuir le mensonge, et de ne pas le maintenir.

 

La nature humaine est faite de telle sorte qu’il est très difficile à l’homme d’admettre la vérité. Il essaie constamment de justifier ses propos, par tous les moyens, afin que l’on ne découvre pas sa faiblesse, au point d’avoir besoin que la Torah vienne tout particulièrement le mettre en garde, en lui rappelant : « D’une parole mensongère, tu t’éloigneras ». L’individu doit s’éloigner de façon radicale du mensonge, et ne jamais l’utiliser.

 

Il en est de même pour toute personne au sein de son propre foyer.

On ne doit pas maintenir nos propos lorsqu’on se rend compte que l’on s’est trompé, même au prix d’une discorde avec certains membres du foyer.

 

Tout ceci est valable même dans le domaine de l’étude de la Torah.

Rabbenou Avraham fils du RAMBAM écrit qu’il n’y a aucune honte pour un ‘Ha’ham, de dire qu’il s’est trompé, et qu’il revient sur son erreur. Au contraire, il sera récompensé par Hashem pour cette attitude courageuse. Et comme la Guémara nous le dit dans Kiddoushin (57) Au même titre que l’on est récompensé pour l’analyse de la Hala’ha, on est également récompensé pour le fait d’admettre que l’on s’est trompé dans notre analyse.

 

Telle est l’attitude des sages d’Israël.

Nous trouvons de nombreuses fois dans les livres des Poskim (décisionnaires de la Hala’ha), que certains grands maîtres déclarent avoir commis une erreur dans leurs précédents propos, et après une longue analyse, reviennent sur leur précédent avis.

 

Nous assistons à ce phénomène, même parmi les grands décisionnaires de notre génération. Il est fréquent de constater qu’ils ont émis un avis Hala’hic dans le passé, et après avoir approfondi de nouveau le sujet, ils reviennent sur cet avis et admettent qu’ils se sont trompé. Ceci, malgré la possibilité de maintenir leurs premiers propos, sans que personne ne dévoile leur erreur.

Prenons pour exemple le Gaon Rabbi Shalom MESSAS z.ts.l, qui – tout en étant le plus grand des ‘Ha’hamim du Maroc de notre génération – lorsqu’il émigra en Israël (fin des années 70), et qu’il eut le mérite de faire la connaissance de notre maître le Rav Ovadia YOSSEF shalita, il fit savoir à plusieurs occasions, qu’il avait modifié toute sa façon de trancher la Hala’ha, à la lueur de la Torah de notre maître le Rav shalita.

De même, notre maître le Rav Ovadia YOSSEF shalita fit savoir à de nombreuses reprises qu’il revenait sur certaines de ses décisions Hala’hic, après avoir découvert l’opinion divergente d’autres Poskim sur le même sujet, et après avoir admis la justesse de leurs propos.

 

Au contraire, le simple fait d’admettre la vérité est une véritable louange en faveur des sages d’Israël.

 

Ce qui n’est pas le cas pour les sages des nations.

Il est très improbable qu’ils reviennent sur leurs positions dans les erreurs commises dans le passé.

En effet, combien de fausses théories scientifiques ont été avancées dans le monde, puis totalement réfutées ?!

Ce n’est pas pour autant que les auteurs de ces mêmes théories ont admis leurs idées erronées, car admettre la vérité est une chose tellement difficile, que cela nécessite certaines qualités comme la soumission, l’humilité et l’amour de la vérité.

 

Il est raconté dans le Midrash que Rabbenou Ha-Kadosh (Rabbi Yéhouda Ha-Nassi, le rédacteur des Mishnayot) fit l’éloge de Rabbi ‘Hiya son élève, devant Rabbi Ishma’el, en disant qu’il était un homme grand et saint.

Un jour, lorsque Rabbi Ishma’el était devenu très âgé, il rencontra Rabbi ‘Hiya à l’entrée des bains. Rabbi ‘Hiya était assis et ne se leva pas quand Rabbi Ishma’el passa devant lui, bien qu’il était un grand ‘Ha’ham et un homme âgé.

Rabbi Ishma’el en fut offensé et vient raconter cela à Rabbenou HaKadosh, en lui disant : « Est-ce celui-ci duquel tu as prétendu qu’il était un homme grand et saint ?! Vois comme il se comporte ! Il ne respecte même pas les Talmidé ‘Ha’hamim !! » En entendant cela, Rabbenou HaKadosh se tourna vers Rabbi ‘Hiya son élève et lui demanda : « Pourquoi ne t’es-tu pas levé devant Rabbi Ishma’el ? » Rabbi ‘Hiya jura à son maître que toute la raison pour laquelle il ne s’était pas levé était parce qu’il disait à ce moment précis, des Tehilim.  À cause de cela, Rabbi ‘Hiya ne remarqua même pas l’entrée de Rabbi Ishma’el.

Lorsque Rabbi Ishma’el entendit les explications de Rabbi ‘Hiya, il lui confia immédiatement 2 élèves à lui, chargés de son accompagnement, en signe d’honneur.

 

Nous apprenons de cet enseignement que tant que Rabbi Ishmael n’entendait pas les explications de Rabbi ‘Hiya, la grandeur et la droiture de Rabbi ‘Hiya n’avaient pas de valeur aux yeux de Rabbi Ishma’el, et cela, malgré les éloges de Rabbenou Ha-Kadosh à l’égard de son élève. Tout cela parce que Rabbi ‘Hiya n’a pas exprimé de sentiment de soumission envers Rabbi Ishma’el, lorsqu’il est passé devant lui.

Ce qui nous apprend aussi, que toute personne qui ne possède pas le sentiment de soumission envers les Rabbanim, cet homme n’est pas digne d’être qualifié « Grand Homme », malgré toute la Torah qu’il contient, et la droiture dans laquelle il se comporte.

 

Nous trouvons également dans la Guémara Béra’hot (4a) :

On enseigne : MEFIBOSHET (l’un des maîtres du Roi Dawid) n’est pas son vrai nom. Il s’appelle en réalité ISH BOSHET. On lui donna le surnom deMEFIBOSHET, car il faisait honte à Dawid dans la Hala’ha.

Parfois MEFIBOSHET, le maître du Roi Dawid, constatait que Dawid ne saisissait pas réellement le véritable sens de certaines Hala’hot, et il lui faisait ouvertement réprimande en lui disant : « Tu te trompes ! Ceci est faut ! ». Dawid se faisait petit et examinait l’analyse de son maître MEFIBOSHET, et si elle lui semblait plus juste que la sienne, il admettait la vérité, et reconnaissait son erreur.

En récompense à une telle attitude, Dawid eu le mérite d’avoir un fils du nom deDaniel (à ne pas confondre avec le prophète Daniel) qui était également surnomméKIL’AV, car il était un si grand Talmid ‘Ha’ham qu’il faisait honte à son tour àMEFIBOSHET, le maître de son père Dawid, qui était un père dans la sagesse.

 

La Guémara Sota (10b) fait l’analyse du début d’un psaume des Tehilim, qui commence par les termes « Le-Dawid Mi’htam ».

La Guémara fait remarquer que le mot « Mi’htam » provient de la racine « Ma’h »qui signifie « inférieur ».

Pour nous apprendre que de même que le Roi David fit preuve d’humilité dans sa jeunesse, devant toute personne plus grande que lui dans la sagesse de la Torah, il en fit autant lorsqu’il fut plus âgé, et continua dans cette attitude d’humilité, en se faisant petit devant toute personne plus grande que lui dans la sagesse de la Torah.

 

Il n’en éprouva jamais aucune honte, car ceci représente justement toute la grandeur du plus « grand des géants », notre maître le Roi Dawid !

 

Parashat Shékalim

 

Le Shabbat qui précède le mois d’Adar est appelé Shabbat Shekalim, car à l’époque du Beit Hamikdash, lorsque débutait le mois d’Adar, le Beit Din diffusait un communiqué selon lequel chaque juif devait s’acquitter de son devoir de donner la pièce du Ma’hatsit Hashekel – le demi-Shekel que l’on offrait au Beit Hamikdash, et qui avait pour vocation le financement des bêtes pour les sacrifices de la collectivité durant toute l’année.

Cette année (5773), ce Shabbat Shekalim tombe ce Shabbat Mishpatim.

A cette occasion, on sortira 2 Sifré Torah :

1. la Parasha de la semaine (Mishpatim)

2. la Parasha de Shekalim (début de Ki Tissa)

 

Il est rapporté dans le Midrash :

Lorsque Moshé Rabbenou arriva à la Parasha de Shekalim (début de Ki Tissa), il s’écria :

« Maître du Monde ! Lorsque je ne serai plus de ce monde, je serai oublié d’Israël comme on oublie un mort ! »

Hashem lui répondit :

« Je peux jurer par ta vie que ni ton nom, ni ton souvenir ne seront oubliés d’Israël à tout jamais, comme il est dit (Mal’a’hi chap.3): Souvenez-vous de la Torah de Moshé…. »

 

Une question est posée sur ce Midrash :

Pour quelle raison Moshé Rabbenou éprouve-t-il cette crainte de disparaître du souvenir d’Israël, et qui plus est, pourquoi l’éprouve-t-il exclusivement lorsqu’il arrive à la Parasha de Shekalim ?

Le Na’halat Ya’akov explique que la Miçwa de donner le demi-Shekel, nous apporte également une allusion à la manière d’étudier la Torah.

En effet, on peut très bien se demander pour quelle raison doit-on donner uniquement un demi-Shekel et non pas un Shekel entier ?

En réalité, cela vient nous rappeler que l’on ne doit jamais étudier la Torah seul, mais uniquement à 2, car celui qui étudie la Torah lorsqu’il est seul,oublie ce qu’il étudie et ne peut pas pénétrer profondément le sens de ce qu’il apprend. La Torah est entière uniquement lorsqu’elle est étudiée par 2 personnes.

 

Nous retrouvons cette idée dans le demi-Shekel.

Lorsque 2 personnes donnent chacun un demi-Shekel, que ces personnes soient riches ou pauvres, leurs 2 demi-shekels formeront un Shekel entier.

Nous avons donc appris que le fait d’étudier la Torah à 2 constitue donc un moyen de se rappeler de ce que l’on apprend.

 

Cependant, il est aussi écrit que le moyen de se souvenir de ce que l’on a appris estde rappeler le nom du maître qui nous a enseigné ce que l’on a appris. En rappelant son nom, on se souviendra forcément de ce qu’il nous a appris.

Voilà donc quelle était l’inquiétude de Moshé Rabbenou en arrivant à la Parasha de Shekalim.

En comprenant l’allusion qui réside dans le demi-Shekel - qui nous rappelle qu’il faut étudier la Torah en étant 2 personnes, et que cela constitue aussi un moyen de se souvenir de ce que l’on apprend - Moshé se dit qu’il n’est donc plus nécessaire de mentionner son nom pour se souvenir de ce que l’on apprend. Effectivement, il existe un autre moyen pour préserver la mémoire de ce que l’on apprend, et ce moyen constitue simplement à étudier la Torah en étant 2.

C’est pourquoi Hashem le rassure en lui disant que quel que soit le moyen que les Bné Israël utiliseront pour se rappeler de ce qu’ils apprennent, ils mentionneront toujours son nom, puisque la Torah est appelée sur son nom, comme il est dit (Mal’a’hi chap.3): « Souvenez-vous de la Torah de Moshé…. »

 

(D’après le livre Wayomer Avraham du Gaon et çaddik Rabbi Avraham M. PATTAL Ha-Léwiz.ts.l, beau père de notre maître le Rav Ovadia YOSSEF shalita)

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30 janvier 2013 3 30 /01 /janvier /2013 06:00

 

 

  .Dans les communautés d'Afrique du nord, principalement en Algérie et en

 

Tunisie, nous avons le minhag d'organiser un repas le jeudi soir de la parachat Yitro, soit cette année, jeudi 31 Janvier.


Cette séouda trouve plusieurs sources :

  • C'est un repas de remerciement à Hachem en raison d'une épidémie, qui a fait comme victimes principales des petits garçons et qui a prit fin le jeudi de la semaine de la paracha Yitro.

  • C'est également un repas de joie, en l'honneur de la Torah. En effet, c'est la première fois qu'on mentionne les 10 commandements dans la Torah. Nous faisons donc une séouda de remerciement à l'image de nos ancêtres dans le désert qui ont fait une séouda après avoir reçu la Torah (comme c'est écrit dans la Torah, Shemot 18, 1).

  • C'est aussi une festivité donnée en l'honneur des petits garçons du Talmud torah, qui allaient pour la première fois à la Synagogue écouter cette paracha et notamment les 10 commandements qu'elle mentionne.

    

     On ne récite pas de supplications le jeudi ni lors de la prière de min'ha la veille.

 

La Sé'oudat Yitro (hébreu : סעודת יתרו « Repas de Yitro », judéo-tunisien : Shʿoudat Ytrou), aussi connue comme la « fête des garçons », est une fête familiale célébrée une fois par an par les Juifs originaires de Tunisie.

La fête a lieu le jeudi précédant la lecture de la parasha de Yitro (entre le 15 et le 24 Shevat), au cours de laquelle les Hébreux reçoivent les dix commandements. Ce jour de la semaine, connu comme le « cinquième jour », est jugé bénéfique pour protéger le garçon contre le mauvais œil. De nos jours, la tradition est surtout fêtée en France et en Israël où vit la diaspora tunisienne.

Une fête équivalente est célébrée par certains Juifs d'Algérie. Une fête similaire pour les filles est également inscrite au calendrier des Juifs tunisiens.


Origines

Diverses explications existent autour de l'origine de cette fête qui marque un événement important par un repas :

  • Une épidémie de diphtérie aurait touché la Tunisie et causé de nombreux morts, notamment des jeunes garçons, avant de s'arrêter de façon miraculeuse durant la semaine de Yitro.
  • La parasha Yitro évoque le repas offert par Moshé en l'honneur de son beau-père Jethro ; une partie du repas aurait été présenté aux jeunes fils de Moshé dans de petits plats.
  • Les rabbins enseignaient le judaïsme aux garçons dès l'âge de cinq ans au cours d'une initiation au Talmud Torah.

D'abord limitée aux seuls garçons de cinq ans, le grand rabbin Baba Sidi (Ribbi Avraham Taïeb), disciple de Rabbi Séma'h Sarfati Z.ts.l, auteur de 'hiddouchim, décédé en 1741) conseille aux parents de l'étendre pour y faire participer tous les jeunes garçons. Plus tard, certains autres rabbins ont déploré le caractère profane pris par la célébration.

Déroulement


Le repas est servi ce jour là dans de petits couverts en verre ou en argile utilisés à cette occasion. On y cuisine notamment un pigeon par garçon et des pâtisseries dont des makrouds et des yoyos. La table est décorée de petites bougies de différentes couleurs.

À cette occasion, les jeunes garçons récitent pour la première fois les commandements de cette parasha et des bénédictions. Des chansons et des poèmes liturgiques complètent la fête.

 

Pourquoi la Séoudat Yitro?

Selon le Midrach, Yitro s’est essayé à toutes les formes de «Avoda Zara». Il fut un conseiller de Pharaon. Ses conseils plus cléments à l’égard des Hébreux lui ont valu la disgrâce et il s’est enfui en Midian. Là il n’a pas bien été reçu et aucun berger ne voulait garder son troupeau. C’est ce qui l’a conduit à confier cette tâche à ses filles. L’histoire rocambolesque de Moshé qui vient justement au même puits et défend les filles de Yitro des bergers de Midian, l’amène à la table de Yitro, et ensuite à épouser Sipora.


Moshé quitte Yitro pour accomplir sa mission en Egypte. Son beau-père le rejoint dans le Sinaï après le passage de la Mer Rouge et lui amène çipora et ses deux fils. Yitro, ayant appris le passage de la mer et la guerre contre Amalek, reconnaît la puissance d’Hachem.

La Séoudat Yitro occupe dans le judaïsme tunisien une place particulièrement importante.


Une des particularités de cette séouda consiste à utiliser des gâteaux et des ustensiles miniatures. Evidemment cela convient tout à fait quand on admet que c’est une fête des enfants. Mais peut-être y a-t-il une autre explication.


Nos ‘Hakhamim ont appelé les six premières parachiot du livre de Chemot «Shovavim» d’après la première lettre de chaque Parasha. Ce mot signifie Rebelles ou Polissons et on le retrouve dans le célèbre verset de Jérémie (3,14): «Revenez vers moi, fils rebelles». Effectivement cette période qui précède la lecture des dix Commandements est ponctuée de jeûnes et de prières. Le point culminant de cette période est la lecture du Décalogue. Pour intéresser les enfants, les intriguer et réaliser la parole du prophète Jérémie, tout est miniaturisé.


Mais ce n’est pas seulement la communauté tunisienne qui honore Yitro. Les Juifs algériens célèbrent eux aussi la Séoudat Yitro, appelée couramment Sioum (mot formé des initiales de Séoudat Yitro ou Moshé). En revanche, elle est fêtée le mercredi soir. Dans le très répandu et populaire petit calendrier édité en Algérie par la célèbre Anisette Phénix, pour le mercredi précédent le Shabbat Yitro, on pouvait lire «ce soir Sioum».


Je reconnais de bon cœur que les Tunisiens sont bien les champions toutes catégories de la fidélité à cette tradition. Kol Hakavod!!!

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24 janvier 2013 4 24 /01 /janvier /2013 09:42

Pour un récapitulatif des Hala’hot Bra’hot, consultez la H.Y du :

§ Cliquez sur ce lien http://halakha.fr/priorit-dans-les-brahot-sur-les-fruits.html


§  Cliquez sur ce lien http://halakha.fr/suite-de-priorit-dans-les-brahot-sur-les-fruits.html


§  Cliquez sur ce lien http://halakha.fr/priorite-dans-les-bra'hot.html/

Usages et traditions de Tou Bishvat

 

Question


 

Quels sont les usages en vigueur pour Tou Bishvat (le 15 Shevat) ?


 

Reponse

t

Il est interdit de jeûner le jour de Tou Bishvat.

Certains ont l’habitude d’organiser un « Limoud » (un petit programme d’étude en rapport avec les fruits) le soir de Tou Bishvat. Ce Limoud est composé de passages de la Mishna et du Zohar Hakadosh, qui traitent de chaque fruit.


Le Gaon Rabbi Ya’akov RAKA’H z.ts.l publia un livre du nom de Peri ‘Eç Hadar spécialement prévu pour ce Seder.

Notre maître le Rav Ovadia YOSSEF shalita écrit que ce qui compte c’est de lire ces passages d’étude en les comprenant, et non en se contentant de les lire sans aucune compréhension. Il faut particulièrement étudier ce jour là, les Hala’hot relatives au divers prélèvements que l’on doit effectuer sur les fruits, selon la Hala’ha, comme le Ma’asser pour des fruits importés d’Israël, ou bien des fruits ‘Orla pour des arbres qui n’ont pas atteints la 4ème année depuis leur plantation.

Mais le plus important, c’est d’étudier des choses que l’on comprend, et non pas d’effectuer une lecture superficielle, car lire sans comprendre ne s’appelle pas étudier.

Il n’y a que la lecture du Zohar Hakadosh qui est considérée comme une étude même en absence de compréhension, car chacun est conscient qu’il ne peut réellement comprendre son véritable contenu.

Nous avons la tradition de consommer toutes sortes de fruits le soir de Tou Bishvat, afin de montrer que ce jour est le Rosh Hashana des arbres, en récitant la Bra’ha propre à chaque fruit. Cette belle tradition est mentionnée dans les enseignements de plusieurs Kabbalistes.


Il est bon de rappeler que lorsque nous disons que Tou Bishvat est le Rosh Hashana – le Nouvel An des arbres, il ne s’agit pas du jour où les arbres ou les fruits sont jugés, mais uniquement une date du calendrier juif à laquelle nous nous réfférons pour fixer les Hala’hot relatives aux divers prélèvements sur les fruits (voir plus haut). Le véritable « Rosh Hashana » ou jour du jugement des fruits, c’est le jour de Shavou’ot, comme le stipule la Mishna dans Rosh Hashana (chap.1 Mishna 2) :

« A Shavou’ot, nous sommes jugés pour les fruits… »

Les fruits susceptibles de contenir des vers doivent être ouverts et vérifiés minutieusement avant de réciter la Bra’ha.

Il faut être très vigilant sur la vérification des fruits susceptibles de contenir de vers, car la consommation du moindre ver représente une faute gravissime selon la Torah, puisque la Gmara dans Pessa’him (24a) nous enseigne que l’on transgresse 5 interdits de la Torah par ver consommé. Qui plus est, la consommation de vers (même par inadvertance) provoque une souillure de l’âme et l’intrusion de l’impureté dans le cœur de l’homme, qui entraînera un éloignement de la pratique des Miçwot.

Le très célèbre auteur du Peri ‘Hadash (Rabbi ‘Hizkiyahou DA SILVA z.ts.l   faisait remarquer de son temps que la plupart des orateurs ne développent dans leurs enseignements, que des sujets allégoriques, ou éthiques à partir d’interprétations du texte de la Torah, mais ne guident pas le peuple sur la vigilance qu’il faut avoir envers la consommation de vers, dont la gravité est très importante, et dont les Hala’hot sont très complèxes.

N.D.T On peut malheureusement remarquer que les choses n’ont pas beaucoup évoluées entre le 17ème siècle de l’auteur du Peri ‘Hadash et notre 21ème siècle !

En effet, il est déplorable de constater que l’on tient des discours de plus d’une heure à disserter sur des sujets de Moussar (ce que l’on appelle la « pensée juive ») devant une assistance composée très souvent de gens qui considèrent être pratiquants, mais qui ne sont pas conscients du nombres d’infractions à la Hala’ha, qu’ils commettent dans différents domaines de la vie courante, simplement par manque de connaissance de cette Hala’ha ! Avant de se gargariser de belles phrases (qui ne veulent souvent rien dire !), ou de se s’auto satisfaire d’argumentation ou de contre argumentation sur « la couleur du manteau de Moshé Rabbenou ou sur la longueur de son bâton », guidons plutôt le peuple vers ses droits et ses devoirs !! Enseignons lui la Hala’ha, comment faire Birkat Hamazon ; comment réciter les Bra’hot alimentaires ; comment observer correctement Shabbat ; comment observer correctement les lois de la Kasherout ou les lois de pureté familiale ; comment mettre les Tefilin…. Arrêtons de sous estimer des gens qui ne demandent qu’à apprendre !! Ou bien serai ce une lacune de la part des enseignants ?!

Il faut particulièrement faire attention aux vers qui se trouvent dans les fruits secs que l’on trouve à cette période de Tou Bishvat, comme les figues ou les dattes.

Nous savons parfaitement que ces fruits secs sont fortement susceptibles de contenir des vers, et que leur vérification est assez difficile à réaliser.

Il y eu même des ‘Ha’hamim comme le Gaon Rabbi ‘Haïm FALLAG’I z.ts.l entre autres, qui décrétèrent l’interdiction de la consommation de ces fruits, à cause de la complexité de leur vérification.

Similairement, plusieurs ‘Ha’hamim de la ville de ‘Haleb (Alep – Syrie) décrétèrent l’interdiction de consommer une spécialité locale : les feuilles de vignes farcies au riz, à cause la forte présence de vers dans les feuilles de vigne.

Par conséquent, il est recommander de redoubler de vigilance sur ce point, chacun selon ses possibilités et selon la présomption de présence de vers dans les fruits.

« Celui qui met en garde ainsi que celui qui sait être vigilant, résidera dans une paix aussi fluide que la coulée d’un fleuve » (Langage emprunté à Mishlé).

Si l’on consomme un nouveau fruit (c'est-à-dire que l’on n’a pas encore consommé durant cette saison), on doit réciter également la Bra’ha de Shehe’heyanou sur ce fruit.

Selon l’usage des Sefaradim, on récite d’abord la Bra’ha propre au fruit, et ensuite la Bra’ha de Shehe’heyanou, selon le principe de Tadir Wesheeno Tadir, Tadir Kodem (Lorsque se présentent simultanément 2 Miçwot, l’une plus fréquente que l’autre, la priorité est à la plus fréquente), puisqu’il est plus fréquent de réciter la Bra’ha du fruit que la Bra’ha de Shehe’heyanou.

S’il y a plusieurs fruits nouveaux, on récite une seule Bra’ha de Shehe’heyanou pour tous les fruits nouveaux, à condition qu’ils soient tous présents lors de la Bra’ha de Shehe’heyanou.

 

Shéhéh'eyanou
Sur un nouveau fruit, c'est-à-dire un fruit que l'on n'a pas consommé depuis la saison dernière on doit réciter la Bérah'a de « Shéhéh'eyanou Wékyémanou Wéhigui'anou Lazémann Hazé ». On doit débord réciter la Bérah'a sur le fruit lui-même avant celle de Shéhéh'eyanou, car celle-ci est moins fréquente que la Bérah'a du fruit comme nous avons déjà mentionné cette règle à mainte reprise que l'on doit d'abord réciter la Bérah'a la plus fréquente. Si l'on a 2 genres de fruit nouveau une seule Bérah'a de S
héhéh'eyanou suffit, cependant s'il l'un d'eux n'était pas devant lui au moment de la Bérah'a, il faudra à nouveau la réciter avant de manger l'autre fruit.

 


Conclusion:

 

 

Le jour du 15 Shevat (cette année, Vendredi soir 25.01.13 et toute la journée de samedi 26.01.13), on ne dit pas les Ta’hanounim (supplications journalières dans les offices du matin et de l’après midi). Nous avons la tradition de consommer toutes sortes de fruits. Les fruits susceptibles de contenir des vers, doivent être vérifiés de façon très méticuleuse avant de réciter la Bra’ha sir le fruit.

Il est conseillé d’organiser la consommation des fruits, accompagnée d’un « Seder » dans lequel on citera des passages de la Mishna et du Zohar Hakadosh, en rapport avec chaque fruit. Un livre du nom de Peri ‘Eç Hadar fut publié à cet effet. Il faut citer ces passages en les comprenant.

 

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24 janvier 2013 4 24 /01 /janvier /2013 09:38
 

Tou Bi-Shvat

 
   (Dossier complet avec Hala’hot ‘Orla et Hala’hot Birkat Ha-Pérot)

Tou Bi-Shvat tombe cette année – B’’H – (Vendredi soir 25 et Samedi 26 Janvier 5773)=Parasha Beshalla'h


La Guémara Rosh Ha-Shana (2a) nous enseigne :
Tou Bi-Shvat (le 15 Shévat) est le Rosh Ha-Shana des arbres.
Cette Hala’ha est tranchée dans le Shoul’han ‘Arou’h (Y.D 331-57 et 125).

Le Gaon auteur du livre Adné Paz (page 11d) écrit que c’est le jour de Tou Bi-Shvat que les fruits ont jugés, puisque c’est le Rosh Ha-Shana des arbres, ce jour là est donc un jour de jugement pour les fruits.

Mais notre maître le Rav Ovadia YOSSEF Shalita – dans son livre ‘Hazon Ovadia Tou Bi-Shvat – Béra’hot (page 1 note 1) - réfute ses propos par une autre Mishna du traité Rosh Ha-Shana (16a) selon laquelle les fruits sont jugés le jour de Shavou’ot et non le jour de Tou Bi-Shvat (De plus, la Mishna citée précédemment ne fait mention que d’arbres et non de fruits).

C’est également l’opinion du Gaon Rabbi Avraham ‘Haïm NAE z.ts.l (Rav du quartier de Bou’harim – Jérusalem, il y a environ 50 ans). Il écrit – dans son livre Shénot ‘Haïm (partie « Mékor ‘Haïm » chap.31 note 1) - que les gens du peuple font l’erreur de croire que le jour de Tou Bi-Shvat étant qualifié de Rosh Ha-Shana des arbres, c’est donc ce jour là que les fruits sont jugés.

Mais il semble que la raison pour laquelle le jour de Tou Bi-Shvat est fixé comme étant le Rosh Ha-Shana des arbres, réside dans le fait qu’à ce moment là, la majeur partie des pluies est tombée, comme on nous l’enseigne dans la Guémara Rosh Ha-Shana (12a). Rashi explique sur place qu’à la date de Tou Bi-Shvat, une grande quantité de pluie est déjà tombé sur le monde et la sève monte à ce moment là dans les arbres. C’est à ce moment que les fruits ont passé la plus importante étape de leur pousse.

Cependant, la date de Tou Bi-Shvat représente une étape Hala’hic importante sur bien des domaines, comme les prélèvements (Ma’asser) sur les fruits qui ont poussés en Israël, ainsi que pour l’interdit de ‘Orla.
Nous allons simplement à titre d’exemple, expliquer le Din de ‘Orla, selon les Hala’hot tranchées sur ce sujet dans le Shoul’han ‘Arou’h (Y.D 294).

Il est écrit dans la Torah (Wayikra 19-23) :
Lorsque vous arriverez en Israël, vous planterez tout sorte d’arbres fruitiers… Durant 3 années, les fruits de ces arbres seront retranchés pour vous, vous ne pourrez pas en consommer.

Nos maîtres expliquent (Torat Cohanim sur Waykra) qu’Il faut compter ces 3 années depuis la plantation de l’arbre et non à partir de l’apparition des fruits dans l’arbre.
C’est ainsi que tranchent le RAMBAM (chap.10 des règles relatives aux aliments interdits Hal.9) et MARAN dans le Shoul’han ‘Arou’h (Y.D 294-1)

Ce n’est qu’au bout de ces 3 années que les fruits seront permis à la consommation. Par contre les fruits qui poussent dans l’arbre pendant les 3 années, sont interdits au profit, à tout jamais, comme l’enseigne la Guémara Pessa’him (22a), et comme le tranche MARAN dans le Shoul’han ‘Aou’h (Y.D 294-1)
La Guémara précise que toute forme de profit est interdite, y compris le fait de teindre au moyen des fruits ‘Orla.

Cependant, le MAHARAM BEN ‘HABIB (Rabbenou Moshé BEN ‘HABIB) – dans on livre Shou’t Kol Gadol (chap.65) précise que l’interdiction de teindre au moyen de fruits ‘Orla ne concerne qu’une teinte persistante comme celle que l’on appliquerait à des vêtements. Par contre, si l’on teint des aliments permis au moyen de jus de fraises ‘Orla, les aliments restent autorisés puisque MARAN tranche dans le Shoul’han ‘Arou’h - dans les Hala’hot relatives à Shabbat (O.H 320-19) - qu’il n’y a pas d’interdit à titre de teindre lorsque l’on teint des aliments, étant donné que cette teinte ne persiste pas.

Mais attention !!
Dans la Guémara Rosh Ha-Shana (10a), nos maîtres expliquent que ces 3 années ne se comptent pas de façon ordinaire, mais seulement selon le changement d’année du calendrier.


Ex : Je plante un arbre avant le 16 du mois de Av de l’année 5769. Il me reste encore 44 jours jusqu’à Rosh Ha-Shana de l’année 5770. Ces 44 jours comptent comme ci c’est écoulée une année entière depuis la plantation de mon arbre. En effet, 30 jours dans une année comptent comme une année. Il faut ajouter 14 jours pour que la plantation de l’arbre puisse prendre solidement racine dans la terre.
Par conséquent, si 44 jours se sont écoulés dans la 1ère année de la plantation de l’arbre, on considère qu’une année entière s’est écoulée. Il ne reste donc qu’à ajouter 2 autres années complètes, pour que les fruits deviennent permis à la consommation. C'est-à-dire, selon notre exemple, toute l’année 5770 et toute l’année 5771.
Au 1er Tishré (Rosh Ha-Shana) de l’année 5772, les fruits deviennent permis à la consommation.
Cependant, Tou Bi-Shvat est le Rosh Ha-Shana des arbres, et par conséquent, même en 5772, les fruits qui se trouvent encore sur l’arbre jusqu’à Tou Bi-Shvat 5772, restent encore interdits jusqu’à Tou Bi-Shvat.
Par contre, les fruits qui poussent dans l’arbre après Tou Bi-Shvat 5772, sont permis à la consommation, sans même prélever le Ma’asser.

Lorsque nous avons dit que même à la 4ème année (5772 dans notre exemple) les fruits restent interdits à titre de ‘Orla jusqu’à Tou Bi-Shvat, il s’agit d’une configuration dans laquelle on a fait preuve de souplesse dans la 1ère année puisque l’arbre a été planté seulement 44 jours avant Rosh Ha-Shana et nous considérons pourtant qu’une année s’est écoulée. Par contre, s’il s’agit d’une configuration dans laquelle on a fait preuve de rigueur dans la 1ère année, dans l’hypothèse où l’arbre a été planté moins de 44 jours avant Rosh Ha-Shana et que l’on impose dans ce cas de compter 3 années complètes de Rosh Ha-Shana à Rosh Ha-Shana, dans ce cas, dès le 4ème Rosh Ha-Shana, les fruits n’ont plus le statut de ‘Orla.

Le Din de ‘Orla ne concerne que les fruits et non les légumes.
C’est pourquoi la Papaye - qui laisse apparaître des signes de légume - n’est pas soumis au Din de ‘Orla, et sa bénédiction est donc « Boré Péri Ha-Adama ».
De même, le piment vert n’est pas un fruit est n’est donc pas soumis au Din de ‘Orla.

Cependant ces fruits qui sont maintenant permis à la consommation après les 3 années écoulées, doivent d’abord passer une dernière étape :
Ils prennent à présent le statut de « Neta’ Réva’i » (fruits de la 4ème année) et la Torah leur accorde un sainteté particulière.

On doit « racheter » leur sainteté sur une pièce de la monnaie courante.
Avant de procéder à ce « rachat », on doit réciter une bénédiction :
Barou’h Ata A-D-O-N-A-Ï Elohenou Mele’h Ha’olam Asher Kiddéshanou Bemiçwotaw Wéçiwanou ‘Al Pidyon Réva’i.


Traduction : Tu es Bénis Hashem (Tu es la source de la Bénédiction) Notre
D., Roi du Monde, qui nous a sanctifié par ses commandements et nous a ordonné le rachat de la 4ème année.
Ensuite, nous prenons la pièce de monnaie et nous déclarons :
« Toute la sainteté de ces fruits, plus 1/5ème, est rachetée sur cette pièce de monnaie ».
Il est bon de répéter cette déclaration, 3 fois de suite.
La pièce doit être broyée ou tordue de sorte qu’elle devient inutilisable , et il faut également la jeter à la mer ou dans un fleuve.
Les fruits de la 4ème année, sont maintenant permis à la consommation.

Même si l’avenir des arbres n’est pas décidé le jour de Tou Bi-Shvat, comme nous l’avons expliqué, il est rapporté dans des livres saints qu’il existe une tradition transmise parmi les maîtres Ashkenaz de prier le jour de Tou Bi-Shvat, afin d’obtenir un bon Etrog pour la prochaine fête de Souccot.

Les Rishonim (décisionnaires médiévaux) font remarquer que dans la Mishna citée précédemment (Rosh Ha-Shana 2a), Tou Bi-Shvat est mentionné aux ôtés des autres jours de fêtes.
C’est pourquoi, il est interdit de jeûner ou de dire les Ta’hanounim (supplication quotidiennes) le jour de Tou Bi-Shvat.
C’est ainsi que tranche MARAN dans le Shoul’han ‘Arou’h (O.H 672-3 et 131-6)

Certains ont l’habitude d’organiser un « Limoud » (un petit programme d’étude en rapport avec les fruits) le soir de Tou Bi-Shvat. Ce Limoud est composé de passages de la Mishna et du Zohar Hakadosh, qui traitent de chaque fruit.
Le Gaon Rabbi Ya’akov RAKA’H z.ts.l publia un livre du nom de Peri ‘Eç Hadar spécialement prévu pour ce Seder.
Notre maître le Rav Ovadia YOSSEF shalita écrit que ce qui compte c’est de lire ces passages d’étude en les comprenant, et non en se contentant de les lire sans aucune compréhension. Il faut particulièrement étudier ce jour là, les Hala’hot relatives au divers prélèvements que l’on doit effectuer sur les fruits, selon la Hala’ha, comme le Ma’asser pour des fruits d’Israël, ou bien des fruits ‘Orla pour des arbres qui n’ont pas atteints la 4ème année depuis leur plantation.
Mais le plus important, c’est d’étudier des choses que l’on comprend, et non pas d’effectuer une lecture superficielle, car lire sans comprendre ne s’appelle pas étudier.
Il n’y a que la lecture du Zohar Hakadosh qui est considérée comme une étude même en absence de compréhension, car chacun est conscient qu’il ne peut réellement comprendre son véritable contenu.

Le livre Tikouné Issa’har (page 31b) (dont l’auteur était un contemporain de MARAN) cite la tradition de consommer toutes sortes de fruits le soir de Tou Bi-Shvat, afin de montrer que ce jour est le Rosh Ha-Shana des arbres, en récitant la bénédiction propre à chaque fruit. Cette belle tradition est mentionnée dans les enseignements de plusieurs Kabbalistes.

Les règles relatives aux bénédictions des fruits sont assez complexes, et nous allons – avec l’aide d’Hashem - nous efforcer d’en rappeler les principaux points.

Il faut d’abord discerner les fruits de l’arbre qui font parties de la catégorie des 7 espèces (« Shiv’at Ha-Minim »), de ceux qui n’en font pas partie.

La Torah vante les qualités du pays d’Israël, à travers un verset :
« Un pays où il y a le blé, l’orge, la vigne, la figue, la grenade. Un pays où il y a l’olive et le miel ». (Devarim chap.8, verset 8)

Le Yeroushalmi sur Bikourim (chap.1 Hala’ha 3) explique que le « miel » dont il s’agit ici, représente la datte.
Ces fruits sont prioritaires sur n’importe quelle autre espèce de fruit, concernant la Bénédiction.


Exemple : Se trouvent devant moi des pommes et des dattes. La datte fait partie de la catégorie des 7 espèces mentionnées dans le verset (miel), alors que la pomme n’en fait pas partie. Je dois choisir la datte pour réciter la bénédiction de Boré Péri Ha-’Eç, puis, après avoir consommer la datte, je consomme la pomme sans réciter de bénédiction, puisqu’elle est acquittée par celle que j’ai récité sur la datte.
Selon MARAN l’auteur du Shoul’han ‘Arou’h (O.H 211-1), même si je préfère la pomme à la datte, il faut quand même réciter la bénédiction sur la datte.

Il est enseigné dans la Guémara Béra’hot (41a) :
"La priorité de la bénédiction dépend de l’apparition du fruit dans le verset."

Cela signifie que les 7 espèces mentionnées dans le verset, ont eux même un ordre de priorité.
Dans un premier temps, on regarde l’ordre d’apparition dans le verset. On doit chercher en premier un aliment à base de farine de blé pour réciter la bénédiction de Boré Miné Mézonot ; à défaut, à base de farine d’orge ; à défaut, une olive pour réciter la bénédiction de Boré Péri Ha-Eç ; à défaut, la datte; à défaut, le raisin ; à défaut, la figue ; à défaut, la grenade. Si aucun de ces fruits n’est présent, on choisira n’importe quel fruit pour réciter la bénédiction.

En effet, dans le verset, le mot ERESS (un pays) apparaît 2 fois (Un pays où il y a le blé, l’orge, la vigne, la figue, la grenade. Un pays où il y a l’olive et le miel.) Or, l’olive est en position N°1, et la datte, en position N°2 après le 2ème ERESS, alors que le raisin (vigne) ne vient qu’en position N°3 après le 1er mot ERESS.

L’une des raisons pour lesquelles on couvre le pain lors du Kiddoush, est justement que le pain (Blé) devance le vin (vigne) dans le verset, et que de ce fait, on devrait normalement réciter la bénédiction sur le pain avant de faire le Kiddoush sur le vin. En le couvrant, on considère que le pain n’est pas là, et l’on peut donc donner priorité au vin sur le pain.

Cet ordre de priorité dans les bénédictions n’est imposé que si le fruit est présent devant nous. Mais il ne faut pas attendre de réciter les bénédictions sur des autres fruits sous prétexte que le fruit prioritaire n’est pas encore là.


Exemple : J’ai devant moi des pommes. Je ne vais pas attendre qu’on apporte une des 7 espèces pour la faire passer en priorité. Ou bien, j’ai devant moi des raisins. Je ne vais pas attendre qu’on apporte devant moi une olive ou une datte pour les faire passer en priorité.

Lorsqu’on récite une fois la bénédiction de Boré Péri Ha-’Eç sur un fruit de l’arbre, on acquitte de cette Bénédiction tous les fruits de l’arbre présents lors de la bénédiction, ainsi que tous ceux que l’on avait l’intention de consommer ensuite (même s’ils n’étaient pas présents lors de la bénédiction).
Un fruit qui n’était pas présent lors de la bénédiction, et que l’on n’avait pas l’intention de manger, nécessite une nouvelle bénédiction.

Si par erreur, on n’a pas respecter l’ordre de priorité du verset, par exemple, si on a réciter Boré Peri Ha’-Eç sur un raisin, alors que l’olive était présente, ou bien qu’on a réciter Boré Peri Ha’-Eç sur une pomme, alors qu’un fruit des 7 espèces était présent, on ne recommence pas la bénédiction, puisque l’ordre de priorité n’est obligatoire qu’à priori (Le’hate’hila), et non à posteriori (Bedi’avad).

Si l‘on a un fruit dont la bénédiction est Boré Péri Ha-‘Eç et un aliment dont la bénédiction est Shéhakol, il faut d’abord réciter Boré Péri Ha-‘Eç et ensuite Shéhakol, et il en est de même pour Boré Péri Ha-Adama et Shéhakol.
En effet, Boré Péri Ha-‘Eç et Boré Péri Ha-Adama ont des bénédictions précises alors que Shéhakol est une bénédiction plus générique.

Selon MARAN l’auteur du Shoul’han ‘Arou’h (O.H 211-1 et 3), si l’on a un fruit dont la bénédiction est Boré Péri Ha-‘Eç et un autre dont la bénédiction est Boré Péri Ha-Adama, on peut commencer par celui que l’on désire. De même pour 2 aliments dont les bénédictions son différentes (sauf si l’un des 2 est Shéhakol, car dans ce cas, Shéhakol passe en second plan).

Si l’on a un verre de vin et une olive ou des dattes, selon MARAN l’auteur du Shoul’han ‘Arou’h (Beit Yossef 0.H 211), l’olive ou la datte restent prioritaire sur le vin, au même titre qu’elles le sont sur le raisin.

Si l’on a un aliment dont la bénédiction est certaine, ainsi qu’un aliment dont la bénédiction est incertaine, par exemple une pomme dont la bénédiction est Boré Péri Ha-‘Eç, ainsi qu’une banane dont la bénédiction est Boré Péri Ha-Adama par doute sur l’origine de la banane, il faut d’abord réciter Boré Péri Ha-Adama sur la banane en disant explicitement auparavant que l’on n’a pas l’intention d’acquitter la pomme de sa bénédiction, et après avoir récité Boré Péri Ha-Adama sur la banane, on récitera Boré Péri Ha-’Eç.

Lorsque Tou Bi-Shvat tombe Shabbat , il est préférable d’apporter les fruits seulement à la fin du repas avant le Birkat Ha-Mazon, et non pas entre le Kiddoush et la Nétilat Yadïm comme certains en ont l’usage, car en agissant ainsi on s’introduit inutilement dans une importante divergence d’opinions Hala’hique parmi les décisionnaires au sujet de la bénédiction finale des fruits.
Selon certains, si l’on a consommé des fruits avant le repas, il ne faut pas réciter de bénédiction finale puisque le Birkat Ha-Mazon les inclura. Alors que selon d’autres, le Birkat Ha-Mazon n’inclut pas les fruits consommés avant le repas. Par conséquent, il vaut mieux les consommer à la fin du repas avant le Birkat Ha-Mazon, et de cette façon, ils sont unanimement inclus par le Birkat Ha-Mazon.

Les fruits susceptibles de contenir des vers doivent être ouverts et vérifiés minutieusement avant de réciter la bénédiction.
Il faut être très vigilant sur la vérification des fruits susceptibles de contenir de vers, car la consommation du moindre ver représente une faute gravissime selon la Torah, puisque la Guemara dans Pessa’him (24a) nous enseigne que l’on transgresse 5 interdits de la Torah par ver consommé. Qui plus est, la consommation de vers (même par inadvertance) provoque une souillure de l’âme et l’intrusion de l’impureté dans le cœur de l’homme, qui entraînera un éloignement de la pratique des Miçwot.
Le très célèbre auteur du Peri ‘Hadash (Rabbi ‘Hizkiyahou DA SILVA z.ts.l) faisait remarquer de son temps que la plupart des orateurs ne développaient dans leurs enseignements, que des sujets allégoriques, ou éthiques à partir d’interprétations du texte de la Torah, mais ne guidaient pas le peuple sur la vigilance qu’il faut avoir envers la consommation de vers, dont la gravité est très importante, et dont les Hala’hot sont très complèxes.

N.P: On peut malheureusement remarquer que les choses n’ont pas beaucoup évoluées entre le 17ème siècle de l’auteur du Peri ‘Hadash et notre 21ème siècle !
En effet, il est déplorable de constater que l’on tient des discours de plus d’une heure à disserter sur des sujets de Moussar (ce que l’on appelle la « pensée juive ») devant une assistance composée très souvent de gens qui considèrent être pratiquants, mais qui ne sont pas conscients du nombres d’infractions à la Hala’ha, qu’ils commettent dans différents domaines de la vie courante, simplement par manque de connaissance de cette Hala’ha ! Le Moussar a certes une importance capitale pour un juif puisque sans le Moussar, on ne peut acquérir la Irat Shamaïm (la crainte d’Hashem) indispensable pour vivre une véritable vie de Torah et de Miçwot, mais avant de se gargariser de belles phrases (qui ne veulent souvent rien dire !), ou de se s’auto satisfaire d’argumentation ou de contre argumentation sur « la couleur du manteau de Moshé Rabbenou ou sur la longueur de son bâton », guidons plutôt le peuple vers ses droits et ses devoirs !! Enseignons lui la Hala’ha, comment faire Birkat Hamazon ; comment réciter les bénédictions alimentaires ; comment observer correctement Shabbat ; comment observer correctement les lois de la Kasherout ou les lois de pureté familiale ; comment mettre les Tefilin…. Arrêtons de sous estimer des gens qui ne demandent qu’à apprendre !! Ou bien serai ce une lacune de la part de ceux qui dispensent les cours ?!

Il faut particulièrement faire attention aux vers qui se trouvent dans les fruits secs que l’on trouve à cette période de Tou Bi-Shvat, comme les figues ou les dattes.
Nous savons parfaitement que ces fruits secs sont fortement susceptibles de contenir des vers, et que leur vérification est assez difficile à réaliser.
Il y eu même des Rabbanim comme le Gaon Rabbi ‘Haïm FALLAG’I z.ts.l entre autres, qui décrétèrent l’interdiction de la consommation de ces fruits, à cause de la complexité de leur vérification.
Similairement, plusieurs Rabbanim de la ville de ‘Haleb (Alep – Syrie) décrétèrent l’interdiction de consommer une spécialité locale : les feuilles de vignes farcies au riz, à cause de la forte présence de vers dans les feuilles de vigne.
Par conséquent, il est recommander de redoubler de vigilance sur ce point, chacun selon ses possibilités et selon la présomption de présence de vers dans les fruits.
« Celui qui met en garde ainsi que celui qui sait être vigilant, résidera dans une paix aussi fluide que la coulée d’un fleuve » (Langage emprunté au livre de Mishlé).

Si l’on consomme un nouveau fruit (c'est-à-dire que l’on n’a pas encore consommé durant cette saison), on doit réciter également la bénédiction de Shehe’heyanou sur ce fruit.
Selon l’usage des Sefaradim, on récite d’abord la bénédiction propre au fruit, et ensuite la bénédiction de Shehe’heyanou, selon le principe de Tadir Vesheeno Tadir, Tadir Kodem (Lorsque se présentent simultanément 2 Miçwot, l’une plus fréquente que l’autre, la priorité est à la plus fréquente), puisqu’il est plus fréquent de réciter la bénédiction du fruit que celle de Shehe’heyanou.
S’il y a plusieurs fruits nouveaux, on récite une seule bénédiction de Shehe’heyanou pour tous les fruits nouveaux, à condition qu’ils soient tous présents lors de la bénédiction de Shehe’heyanou.

Le Gaon auteur du Shou’t Lev Avraham (WINFIELD) (chap.30) tranche que si l’on a un fruit des Shiv’at Ha-Minim et un fruit qui n’en fait pas partie mais qui est nouveau, il est préférable de donner la priorité au fruit nouveau en raison de la bénédiction de Shéhé’heyanou.

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