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527. Parasha çaw + Shabbat Ha-Gadol

Yonathan ; Gavriel et Arieh SANDLER ; Myriam MONSONEGO (Qu’Hashem venge leur sang

Parasha çaw + Shabbat Ha-Gadol 

Toutes ces paroles de Torah sont dédiées à l’élévation des Néshamot de nos frères et sœurs, Jonathan SANDLER (père de famille – 30 ans) z’’l ; son fils Gabriel SANDLER (4 ans) z’’l ; son fils Arieh SANDLER (2 ans) z’’l ; Myriam MONSONEGO (7 ans) z’’l, sauvagement assassinés par un terroriste à Toulouse en France, sous la république et en pleine démocratie.

Qu’Hashem venge leur sang !!!

Ces Divré Torah sont également dédiés à la guérison totale du jeune Bryan Aharon Ben Léa (17 ans) parmi tous les malades d’Israël.

Il a été blessé en s’interposant avec bravoure entre le tueur et la petite Myriam MONSONEGO z’’l.   


1.   La liberté de penser

 

"Ordonne à Aharon et à ses fils ce qui suit : Ceci est la règle du sacrifice ‘Ola. C'est le sacrifice qui se consume sur le brasier de l'autel, toute la nuit jusqu'au matin; le feu de l'autel brûlera en lui." (Wayikra 6-2 début de notre Parasha)

 

La Torah nous parle ici des règles du sacrifice expiatoire que l’on appelle ‘Ola, et qui était offert par toute personne ayant eut des mauvaises pensées. Le sacrifice ‘Ola – par opposition à d’autres sacrifices – était totalement consumé sur l’autel.

 

Rashi : çaw (Ordonne) est un terme qui inspire de l’empressement pour le présent ainsi que pour les générations à venir. Rabbi Shim’on dit : Le texte prône l’empressement particulièrement dans une situation qui entraîne un « manque à la poche » (une perte d’argent).

 

Explication : Le fait que la ‘Ola est totalement consumée entraîne une perte d’argent pour l’auteur du sacrifice, car il ne consomme aucune partie de la bête et n’en tire donc aucun profit.   

 

Le Admour Rabbi Iç’hak Meïr de GOUR (l’auteur du ‘Hidoushé Ha-Rim’) fait remarquer que tous les membres du corps humain possèdent une « poche » qui a pour vocation d’empêcher que ne se réalise ce que l’on ne veut pas. Par exemple la bouche dont les lèvres – lorsqu’elles se ferment - empêchent de prononcer des paroles interdites. Ou bien l’oreille qui possède le lobe qui - lorsqu’on le repli - empêche d’écouter des propos interdits. Il y a aussi l’œil qui possède la paupière pour empêcher la vision de choses interdites. De même pour tous les membres qui servent de sens à l’être humain. Par contre, la pensée ne possède aucune poche pour la recouvrir, car la pensée flotte en l’être humain à chaque instant.

 

Puisque la ‘Ola avait pour propriété d’expier la mauvaise pensée, le texte utilise donc un terme qui inspire l’empressement car il faut particulièrement s’empresser et faire preuve de vigilance dans une situation qui entraîne un « manque à la poche » c'est-à-dire lorsqu’il s’agit d’une chose comme la faculté de penser qui ne possède pas de poche !

 

2.  Matériel et spirituel

 

 …le feu de l'autel brûlera en lui. (Vaykra 6-2 Début de notre Parasha)         

 

Le Admour Rabbi Iç’hak Meïr de GOUR commente encore ce verset.

Il fait remarquer qu’il n’était apparemment pas nécessaire d’ajouter les termes « en lui ». Il était suffisant de dire « le feu de l'autel brûlera »

Il explique qu’il s’agit ici du Cohen que la Torah enjoint d’accomplir son service divin avec engouement, de façon « enflammée ».

Similairement, nous avons apprit dans les Pirké Avot (chap.5 Mishna 5) :

10 miracles étaient accomplis au quotidien dans le Temple de Jérusalem. L’un d’eux : le feu permanent qui brûlait sous l’autel ne fut jamais éteint par les pluies.

Explication : Dans le Temple de Jérusalem, il y a un autel à l’intérieur et un autre dans la cour du Temple. C’est de celui-ci dont on parle.

 

La pluie se dit « Gueshem » qui vient de la racine Gashmiyout qui signifie « matérialité ». Là aussi, on vient mettre en garde le Cohen afin qu’il ne laisse pas son côté matérialiste venir éteindre la flamme qui brûle à l’intérieur de chaque Cohen pendant son service divin. Il est vrai que les Cohanim consommaient beaucoup de viandes qui provenaient des multiples sacrifices réalisés au quotidien. Or, le consommateur de viande à – par nature – une attirance vers les choses matérielles. Malgré tout, l’amour d’Hashem « brûlait » en permanence au fond de la personnalité de chaque Cohen.

 

3.  Shabbat Ha-Gadol

 

Il est rapporté dans le TOUR et le Shoul’han ‘Arou’h (O.H 430) au nom du Midrash Sho’har Tov sur Tehilim 136 :

Le Shabbat qui précède Pessa’h est surnommé « Shabbat Ha-Gadol » (le Grand Shabbat) en raison du Miracle qui s’est produit ce jour là.

En effet, la sortie d’Egypte eu lieu un jeudi 15 Nissan. Le Shabbat qui précéda le départ d’Israël du pays d’Egypte – qui était donc le 10 Nissan - Hashem ordonna à Israël de se procurer un agneau par famille pour les besoins du Sacrifice de Pessa’h qui allait être réalisé la veille de leur départ et consommé dans la nuit qui précèdera leur départ. Lorsque les Béné Israël exécutèrent l’ordre d’Hashem, les aînés d’Egypte leur demandèrent pour quelle raison ils se procuraient cet agneau. Les Béné Israël répondirent qu’il allait servir au sacrifice de la nuit de Pessa’h pendant laquelle Hashem va frapper tous les aînés d’Egypte, et c’est pour cette raison qu’il nous demande de réaliser ce sacrifice et d’utiliser le sang de cet agneau en l’appliquant sur le fronton et les linteaux des portes de nos maison pour que l’Ange de la Mort distingue entre les maisons juives et celles des Egyptiens.

En entendant ces explications, les aînés d’Egypte allèrent trouver leurs parents ainsi que Pharaon en leur demandant de laisser partir Israël afin d’échapper à une mort certaine, mais ils se heurtèrent à un refus catégorique. Une terrible bataille éclata à ce moment là entre les aînés d’Egypte et leurs parents, et de nombreuses victimes tombèrent ce jour là, comme il est dit dans le Tehilim : « Il frappe l’Egypte avec ses aînés ». C'est-à-dire : l’Egypte fut frappée par ses propres aînés. En voyant cela, les égyptiens voulurent se venger d’Israël et chacun brandit son épée pour exterminer le peuple d’Israël, mais Hashem les protégea dans sa grande miséricorde et infligea ce jour là de terribles maladies aux égyptiens qui leur provoquèrent des souffrances atroces au point de leur faire tomber les dents et de leur provoquer des déchirures dans les intestins. Les égyptiens durent se replier et abandonner leur projet d’extermination.

C’est pour toutes ces raisons que l’on appelle ce Shabbat « Shabbat Ha-Gadol » car c’est un grand jour pour Israël qui fut épargné de l’extermination.

 

Question :

 

MARAN émet une remarque dans le Beit Yossef (O.H 430) :

Puisque l’on fait référence au miracle qui s’est produit à la date du 10 Nissan qui tomba cette année-là un Shabbat, pourquoi nommer le Shabbat précédent Péssa’h « Shabbat Ha-Gadol » ? Le 10 Nissan ne tombera pas forcément tous les ans un jour de Shabbat ! (Pour exemple, cette année 5772, Shabbat Ha-Gadol tombe le 8 Nissan). Il aurait été plus juste d’attribuer le terme « Ha-Gadol » au 10 Nissan (« 10 Nissan Ha-Gadol ») où se produisit le miracle ! Ou bien attribuer ce qualificatif tous les ans au jour de semaine où tombe le 10 Nissan (Yom Rishon Ha-Gadol ; Yom Shéni Ha-Gadol etc …).

 

Une première réponse est proposée par le Gaon MAHARYMAT (Rabbi Yossef Mi-TERANI) :

Il est écrit dans les deuxièmes Tables de la Loi (Vaet’hanan) :

« Tu te souviendras que tu as été esclave en Egypte, et qu’Hashem ton D. t’en a fait sortir avec une main forte, avec un bras étendu. C’est pour cela qu’Hashem ton D. t’ordonne d’observer le jour du Shabbat. » (Dévarim 5-15)

 

On pourrait se demander pourquoi le texte fait dépendre l’observance du Shabbat de la sortie d’Egypte, alors que le Shabbat ne fut donné que parce qu’Hashem a créé le monde en 6 jours et qu’il cessa toute activité le 7ème jour ?

 

Mais les propos du RAMBAN nous apportent la lumière nécessaire pour répondre à cette question :

Nous sommes effectivement tenus d’observer le Shabbat en souvenir du fait qu’Hashem créa l’univers à partir du néant et qu’il cessa toute activité le 7ème jour, mais il existe des hérétiques et des renégats qui nient la création du monde par Hashem et prétendent que l’univers n’a pas de dirigeant.

C’est justement grâce aux miracles et aux merveilles réalisées lors de la sortie d’Egypte que l’on peut contrer la futilité de leurs arguments.

De tels phénomènes surnaturels ne peuvent que prouver que l’univers est dirigé.

Cela prouve réellement que le monde a été créé par Hashem puisqu’il a la capacité et la puissance pour réaliser de tels miracles.

Tout ceci ne peut qu’aboutir à l’observance du Shabbat, afin d’exprimer notre croyance que le monde possède un maitre.

C’est donc le lien avec la sortie d’Egypte puisqu’Hashem ne réalisa tous ces miracles que pour faire admettre aux créatures que c’est LUI qui a créé l’univers en 6 jours et qu’il cessa toute activité le 7ème jour.

C’est pour cette raison que nos maitres nommèrent le Shabbat précédent Péssa’h « Shabbat Ha-Gadol ».

 

Il a effectivement une importance supérieure à celle des autres Shabbatot de l’année puisque c’est ce Shabbat qui fit prendre conscience - au monde de façon générale et aux hérétiques et renégats en particulier - que le monde a été créé par Hashem.

Ce Shabbat qui tomba un 10 Nissan, tout le monde prit conscience de la vérité !

Il fut certain pour chacun que CELUI qui sortit les Béné Israël d’Egypte et qui réalisa tous ces miracles, est également CELUI qui a créé le monde en 6 jours et qui cessa toute activité le 7ème jour.

C’est donc pour cela que l’on confère son importance à ce jour non pas à sa date dans le calendrier (10 Nissan) mais au Shabbat ou tomba cette date.

 

Une autre réponse est proposée par le Ba’h (Baït ‘Hadash), le TAZ (Touré Zahav) et le Péri ‘Hadash :

Lorsque les Béné Israël traversèrent le Jourdain pour pénétrer en Ereç Israël sous la conduite de Yéhoshoua’ Bin Noun, un miracle similaire à celui du partage de la Mer Rouge se produisit, et le Jourdain se partagea lui aussi.

La date à laquelle se produisit ce miracle était un 10 Nissan, comme en atteste le livre de Yéhoshoua’.

Si l’on attribuait le qualificatif « Ha-Gadol » au 10 Nissan, il pourrait y avoir confusion avec le miracle du Jourdain. Si une personne demanderait : « Pourquoi le 10 Nissan est il surnommé Ha-Gadol ? » On pourrait lui répondre par erreur : « En raison du miracle du Jourdain. »

C’est pourquoi, nous attribuons le qualificatif « Ha-Gadol » au Shabbat, afin de faire allusion au miracle qui se produisit le Shabbat qui précéda la sortie d’Egypte, et non au miracle du Jourdain qui se produisit lui aussi un 10 Nissan, mais pas un jour de Shabbat.

 

Le Gaon Rabbi Ya’akov KOULI z.ts.l fait remarquer dans son livre Mé’am Lo’ez que les événements de la sortie d’Egypte se sont produits en 2448 de notre calendrier.

Les 2 mots « Shabbat » « Ha-Gadol » (en hébreu) indiquent (en valeur numérique) l’année où se sont produits ces miracles :

 

שבת הגדול

ש = שבת

ב = 2

ת = 400

הגדול = 48

 

Shin = Shabbat

Beit = 2

Taw = 400

Ha-Gadol = 448

 

Ainsi, nous savons à la fois l’année de la sortie d’Egypte et de la réalisation de tous ces miracles.                

                        

Shabbat Shalom

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