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522.Maça trempée et pâtisseries à base de farine de Maça (Partie n° 7)

Question:

 

Est-il permis de consommer pendant Pessa'h, de la maça trempée dans un liquide (bouillon ou autre...)?

De même, est-il permis de consommer pendant Pessa'h, des pâtisseries confectionnées à base de farine de Maça?

 

Reponse:

 

La RAAVAN (Rabbenou Eli’ezer Bar Natan, l’un de nos maîtres les décisionnaires médiévaux) écrit dans son commentaire sur Pessa’him (39a) :« Il est permis de faire cuire une Maça dans un bouillon, ou bien de la mettre à tremper dans un liquide, puisque la Maça est déjà cuite, et elle ne peut plus arriver à fermentation après avoir cuit au four. Certains ne désirent pas mettre à tremper la Maça dans un bouillon le soir du Seder car ils ont remarquer cette rigueur chez leurs parents en pensant que c’était pour empêcher une fermentation, mais il n’en est rien, car en réalité, leurs parents évitaient de mettre à tremper la Maça dans un bouillon uniquement afin de préserver dans la bouche le véritable goût de la Maça durant toute la première nuit de Pessa’h. »

 

Le Gaon Rabbi Shneour Zalman de Lyadi z.ts.l (l’auteur du Tanya), dans une Tshouva éditée dans le tome 5 (chap.6) de son Shoul’han ‘Arou’h (voir aussi Mishna Béroura chap.458 note 4) écrit qu’il est interdit pendant Pessa’h, de tremper de la Maça dans un liquide, car il faut prendre en considération la possibilité qu’il reste sur la Maça, un grain de farine qui n’a pas cuit, et qui va fermenter au contact du liquide, ce qui le rendra ‘Hameç.

 

Cependant, la majorité des décisionnaires contestent cette opinion, et tranchent qu’il est permis de consommer pendant Pessa’h, de la Maça trempée dans un liquide, sans tenir compte de cette possibilité.

 

Parmi ces décisionnaires :

Le Gaon Ya’abeç – dans une Tshouva éditée dans son livre Sheilat Ya’abeç (tome 2 chap.65) rapporte que son illustre père, le ‘Ha’ham çevi, a totalement réfuté les arguments de ceux qui imposent la rigueur sur ce point, et il conclut qu’il est permis de tremper la Maça pendant Pessa’h.

 

Le Gaon de Vilna tranche également sur le point pratique qu’il est permis de cuire une Maça dans un bouillon pendant Pessa’h et de confectionner des boulettes avec une telle Maça. Il explique que même si nous craignons qu’un grain de farine soit resté sur la surface de la Maça, le fait que ce grain de farine se trouve à l’intérieur d’un four chaud l’empêche de fermenter. Cette opinion du Gaon de Vilna est vérifiable dans le livre Ma’assé Rav (note 183).

 

Le Gaon Rabbi Shim’on GRINFEILD atteste – dans une Tshouva éditée dans le livre Shou’t Ha-Gaon Rabbi Shim’on GRINFEILD – que le ‘Hatam Sofer lui-même autorisait cet usage.     

 

C’est cette opinion majoritaire que les Séfaradim adoptent, sans la moindre crainte.

 

D’ailleurs, nous pouvons constater que même MARAN ne prend pas en considération cette probabilité puisqu’il tranche dans le Shoul’han ‘Arou’h (O.H 461-4) que l’on peut s’acquitter de l’obligation de consommer la Maça le soir du Seder avec une Maça trempée dans l’eau à la condition qu’elle n’est pas fondue (Cette dernière condition n’est exigée que pour le Seder).

 

Par conséquent, il est permis du point de vue de la Hala’ha de consommer pendant Pessa’h de la Maça trempée dans un liquide.

 

Les personnes qui se l’interdisaient jusqu’à présent, pensant que cet usage était véritablement interdit du point de vue de la Hala’ha, peuvent cesser cette restriction sans la moindre Hatarat Nedarim (annulation des vœux), comme stipulé dans le Shoul’han ‘Arou’h Y.D 214-1 dans les règles relatives aux vœux).

Mais par contre, si l’on savait que cet usage était véritablement permis par la Hala’ha, mais que l’on s’imposait la rigueur sur ce point à titre personnel, si l’on désire cesser cette restriction, il faut procéder à une Hatarat Nedarim.

 

Par conséquent, il est également permis de mélanger de la farine de Maça (de la farine faite avec des Maçot moulues) avec de l’eau, afin de confectionner des beignets ou d’autres pâtisseries, car une farine cuite ne peut plus fermenter.

 

Telle est l’opinion du Péri ‘Hadash (sur O.H 461).

 

Cependant, un de nos Grands décisionnaires Séfarades – le Gaon Rabbi ‘Haïm BENBENISHTI z.ts.l – écrit dans son livre Kénesset Ha-Guédola, qu’il faut interdire pendant Pessa’h, la confection de pâtisseries faites à base de farine de Maça, en raison de Mar’it Ha-’Aïn (le regard des autres), car des gens pourraient croire que ces pâtisseries sont faites à base de farine ordinaire, et en conclure qu’il est permis de confectionner pendant Pessa’h, des pâtisseries à base de farine ordinaire.

 

Telle est également l’opinion du Gaon Rabbi Avraham ‘ANTABI dans son livre ‘Ho’hma Ou-Moussar (chap.69), et du Gaon Rabbi Yéhouda ‘AYASH dans son livre Shou’t Beit Yehouda (traditions note 20) au nom de son maître.

 

Mais un autre de nos Grands décisionnaires Séfarades, le Gaon Rabbi Iç’hak TAÏEB z.ts.l (une des plus hautes sommités Hala’hic de Tunisie), écrit dans son livre ‘Ere’h Ha-Shoul’han (chap.461, note 3), qu’il réfute les propos du Kénesset Ha-Guédola cité plus haut, en argumentant que nos maîtres du Talmud n’ont pas pris en considération une telle crainte - que les gens en arriveraient à mal interpréter les choses – et nous ne sommes pas habilités à ériger des décrets par notre seule opinion.

C’est ainsi que tranchent de nombreux autres Poskim, comme le Gaon Rabbi Eliyahou ISRAEL dans son livre Kissé Eliyahou (sur O.H 461), ou bien le ‘Hok Ya’akov (sur O.H 460 note 16), ou encore le Sha’aré Téshouva.

 


Conclusion:

 

Le fait de consommer pendant Pessa’h, de la Maça trempée dans un liquide, fait l’objet d’une Ma’hloket (une divergence d’opinion Hala’hic) parmi les A’haronim, mais selon l’opinion majoritaire, il n’y a aucun interdit à consommer de la Maça trempée dans un liquide pendant Pessa’h. 

Tel est l’usage des Sefaradim, de consommer pendant Pessa’h, de la Maça trempée dans un liquide.

 

Par conséquent, les gens originaires de certaines villes d’Algérie où l’on avait la coutume de cuisiner en l’honneur du repas de Pessa’h un plat fait de Maçot trempées dans un bouillon, accompagné de viande, peuvent tout à fait poursuivre cette tradition qui ne contredit en rien la Hala’ha.

Ils ne doivent pas prêter attention aux balivernes diffusées par des gens qui n’ont jamais ouvert les livres des décisionnaires, comme vous pourrez le constater en lisant les « Sources et développements ».

 

Mais selon la tradition Ashkenaze, on s’en abstient.

Il est également permis de consommer pendant Pessa’h, des pâtisseries confectionnées à base de farine de Maça, comme tel est également l’usage des Séfaradim, depuis plusieurs générations. 

Mais sur ce point encore, certains Ashkenazim s’en abstiennent.

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