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473.Règles relatives aux bénédictions de la Torah – N°1 (Est-il permis de prononcer des versets de la Torah ou du Tana’h, sans avoir récité les bénédictions de la Torah ?)

B’’H, nous avons achevé les règles relatives aux bénédictions du matin (en 10 exposés).

Nous entamons aujourd’hui – avec l’aide d’Hashem – les règles relatives aux bénédictions de la Torah (qui suivent celles du matin)

Règles relatives aux bénédictions de la Torah N°1 

(Selon le Hala’ha Béroura sur Shoul’han ‘Arou’h O.H chap.46-9 et 47)

Est-il permis de prononcer des versets de la Torah ou du Tana’h, sans avoir récité les bénédictions de la Torah ? 

 

Question:


Est-il permis de prononcer des versets de la Torah ou du Tana’h (Prophètes ou Hagiographes), sans avoir récité les bénédictions de la Torah ? 

 

 

Réponse:


 

Les bénédictions de la Torah ont pour fonction d’autoriser la personne à étudier la Torah depuis son réveil le matin, jusqu’au moment où elle ira se coucher le soir.

 

De même que lorsqu’on désire consommer un aliment nous sommes tenus de réciter une bénédiction afin de prendre l’autorisation d’Hashem de tirer profit de ce monde, ainsi nous devons réciter une bénédiction avant d’étudier la Torah qui est la satisfaction de l’âme.

 

L’obligation de réciter les bénédictions de la Torah prend sa source dans la Guémara Béra’hot 11b.

Elle est tranchée par les décisionnaires ainsi que dans le Shoul’han ‘Arou’h (O.H 47-1).

 

Importance et gravité des bénédictions de la Torah

 

Notre maitre le TOUR (O.H 47) écrit :

Il faut être très vigilant vis à vis des bénédictions de la Torah car il est enseigné (Nédarim 81a) : Pourquoi est-il fréquent que des érudits dans la Torah n’engendrent pas d’enfants érudits dans la Torah ? ... Ravina dit : Car ils ne récitent pas les bénédictions de la Torah avant d’étudier, comme Rav Yéhouda dit au nom de Rav :

Quel est le sens du verset : « Quel est l’homme assez sage pour comprendre cela ? » (Jérémie 9) (Ici, le prophète cherche à expliquer la raison de la destruction de Jérusalem et du Beit Ha-Mikdash.) Cette question fut posée aux Sages, aux prophètes, et même aux Anges du service Divin, et aucun ne sut l’expliquer. Jusqu’à ce qu’Hashem lui-même l’explique, comme il est écrit : « Hashem dit : Parce qu’ils ont abandonné ma Torah ! » … Rav Yéhouda dit au nom de Rav : Ils ne récitaient pas la Birkat Ha-Torah (la bénédiction sur l’étude de la Torah, que l’on récite chaque jour dans les bénédictions du matin).

 

Prononcer un verset dans un but de prière et de supplication, sans avoir récité les bénédictions de la Torah

 

Dans le Beit Yossef (O.H 46), MARAN cite une divergence d’opinion concernant le fait de prononcer des versets du TANA’H sans avoir au préalable récité les Birkot Ha-Torah (les 2 bénédictions que l’on récite chaque jour pour être autorisé à étudier la Torah. « … Asher Kiddéshanou Bé-Miçwotaw Wé-çiwanou ‘Al Divré Torah » et « … Asher Ba’har Banou Mi-kol Ha-‘Amim … »).

Selon le EGOUR au nom du MAHARAM de Rottenbourg, lorsqu’on prononce des versets seulement en guise de supplication et prière et non dans un but d’étude, il n’est pas nécessaire de réciter les Birkot Ha-Torah.

Mais selon le RAAVAD, il faut les réciter même dans ce cas.

 

Le MAHARYL semble avoir 2 opinions sur ce point.

En effet, dans les « Minhaguim du MAHARYL » (règles de la prière page 61b), il partage l’opinion du RAAVAD selon qui il faut réciter les Birkot Ha-Torah même lorsqu’on prononce des versets seulement en guise de supplication et non d’étude.

Mais dans l’une de ses Tshouvot (chap.150), il partage plutôt l’opinion du MAHARAM de Rottenbourg selon qui il n’est pas nécessaire de réciter les Birkot Ha-Torah dans ce cas.

 

Le Or’hot ‘Haïm pense lui aussi qu’il faut réciter les Birkot Ha-Torah même pour prononcer des versets dans un but de supplication et de prière.

 

Dans le Shoul’han ‘Arou’h (O.H 46-9), MARAN cite en premier l’opinion du RAAVAD selon qui il faut réciter les Birkot Ha-Torah, et ensuite l’opinion du MAHARAM de Rottenbourg selon qui ce n’est pas nécessaire.

MARAN termine en précisant « qu’il est juste de prendre en considération la première opinion ».

Le RAMA précise pour sa part que l’usage est conforme à la deuxième opinion.

 

Dans l’une de ses Tshouvot (chap.56), le MAHARSHAL affirme lui aussi que sur ce point, l’usage Ashkénaz se réfère à l’opinion du MAHARYL selon qui il n’est pas nécessaire de réciter les Birkot Ha-Torah dans ce cas.

 

Du point de vue de la Hala’ha, le fait que MARAN a conclut ses propos par les termes « il est juste de prendre en considération la première opinion », indique apparemment que ceci n’est pas une véritable exigence de la Hala’ha, mais seulement une rigueur supplémentaire.

 

Il est vrai que selon le principe, chaque fois que MARAN cite 2 opinions contradictoire, l’une sous forme anonyme (« Stam »), et l’autre introduite par les termes « selon certain » (« Yesh »), nous retenons la première opinion citée comme étant l’exigence de la Hala’ha, cependant, ceci n’est valable que lorsque MARAN n’exprime pas explicitement son avis.

 Ce qui n’est pas le cas ici où MARAN termine en ajoutant : « il est juste de prendre en considération la première opinion ».

Ce qui signifie qu’il ne s’agit ici que d’une rigueur supplémentaire.

 

Cette analyse est celle de certains A’haronim comme le Gaon auteur du Shou’t ’Hikré Lev (sect.O.H chap.9), ou le Gaon auteur du Aro’h Ha-Shoul’han (chap.46 note 14).

 

Cependant, dans l’une de ses Tshouvot (Peer Ha-Dor chap.104), le RAMBAM écrit explicitement qu’il est nécessaire de réciter les Birkot Ha-Torah même pour la prononciation d’un seul verset, aussi bien lorsqu’on le prononce dans un but de supplication et de prière, aussi bien lorsqu’on le prononce pour étudier.

 

Or, nous savons que MARAN n’a eu connaissance que du Mishné Torah du RAMBAM et non de ses Tshouvot, puisqu’elles n’avaient pas encore été publiées de son temps.

Ce paramètre peut nous inciter à penser que si MARAN avait vu la Tshouva du RAMBAM, il aurait très certainement tranché selon le Din l’exigence de réciter les Birkot Ha-Torah même pour prononcer un verset en guise de supplication.

 

C’est d’ailleurs l’analyse que fait notre maitre le ‘HYDA dans son livre Birké Yossef (O.H 46 note 14), ainsi que dans son livre Shou’t Yossef Omeç (chap.66) où il objecte sur les propos du Gaon auteur du Shou’t ’Hikré Lev précédemment cité.

 

Par conséquent, il est préférable de prendre en considération l’opinion du RAMBAM, et de ne jamais prononcer le moindre verset, même dans un but de prière et de supplication, sans avoir au préalable récité les bénédictions de la Torah.

En particulier, en raison du fait que MARAN lui-même encourage cette vigilance.   

 

Conlusion:


 

Les bénédictions du matin s’achèvent avec celle de « Ha-Ma’avir ‘Hévlé Shéna Mé-‘Enaï » dont les derniers mots sont « Gomel ‘Hassadim Tovim Lé-‘Amo Israël »).

 

Les bénédictions de la Torah sont les 2 bénédictions suivantes (« … Asher Kiddéshanou Bé-Miçvotaw Wé-çiwanou ‘Al Divré Torah » et « …Asher Ba’har Banou Mi-Kol Ha-‘Amim Wé-Natan Lanou Eté Torato … »).

Elles ont pour fonction d’autoriser la personne à étudier la Torah depuis son réveil le matin, jusqu’au moment où elle ira se coucher le soir.

 

Il faut Il faut être très vigilant vis à vis des bénédictions de la Torah car leur négligence a entraîné la destruction du Temple et l’exil d’Israël.

De plus, sa négligence entraîne également le fait de ne pas avoir des enfants Talmidé ‘Ha’hamim (érudits dans la Torah).

 

Il est juste de s’imposer la rigueur de ne pas prononcer le moindre verset, même dans un but de prière et de supplication et non d’étude, avant d’avoir réciter les bénédictions de la Torah.

Excepté lorsqu’on est face à une « Miçwa occasionnelle » (une Miçwa qui se présente à nous et que nous risquons de perdre si on ne la réalise pas de suite), par exemple répondre à un Kaddish ou à une Kédousha, il est permis dans ce cas de répondre même si l’on n’a pas encore récité les bénédictions de la Torah.

 

Par conséquent, au mois d’Eloul lorsqu’on se lève pour dire les Séli’hot, il faut veiller à réciter au préalable les bénédictions de la Torah.

De même, lorsqu’on se réveille en pleine nuit pour dire le Tikoun ‘Haçot, dire des Téhilim ou étudier la Torah, il faut au préalable réciter les bénédictions de la Torah.

 

Cependant, les personnes qui s’autorisent à dire des versets dans un but de prière et de supplication, sans avoir au préalable récité les bénédictions de la Torah, ont sur qui s’appuyer.

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