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454.Parasha Wayishla'h - Pas besoin d’être en Israël pour pratiquer les Miçwot !!

 

Parasha Wayishla’h 

 

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Contexte :

Yaakov envoie des messagers vers ‘Essaw afin de l’informer qu’il avait séjourné jusque-là chez Lavan. Les messagers reviennent, lui annonçant qu’Essaw vient à sa rencontre accompagné de 400 hommes armés de mauvaises intentions. Yaakov prend peur, il partage son camp en deux, et il élève une prière, demandant à Hashem de le sauver des mains de son frère cruel.

 

 

I] Pas besoin d’être en Israël pour pratiquer les Miçwot !!

 

"J’ai séjourné avec Lavan…"


Rashi : et j’ai accompli les 613 Miçwot de la Tora.

 

Rav Yonathan Ewshitz z.ts.l explique que ‘Essaw était embarrassé. D’une part, il ne pouvait pas maîtriser ses pulsions et désirs coupables, ainsi que son attirance vers les ‘Averot. D’un autre côté, il ne voulait pas, en menant publiquement une vie sujette à critiques, causer du chagrin à son père Iç'hak. Qu’a-t-il fait ? Il croyait que, même si les Patriarches et leurs familles avaient vécu selon la Torah, ils n’avaient eu à le faire que s’ils se trouvaient en Terre Sainte (voir Ramban sur Bereshit 26-5). Aussi a-t-il quitté Erets Israël pour gagner Sé’ir, où il pouvait s’adonner en toute impunité à ses penchants pervers.

Ya‘akov était cependant en désaccord sur ce point aussi avec son frère.

Il considérait qu’il fallait observer les prescriptions de la Torah même en dehors des limites d’Ereç Israël. C’est ce qu’il a voulu lui indiquer en lui relatant : « J’ai séjourné avec Lavan. » La valeur numérique du mot hébreu « Garti » (גרתי  ) qui signifie

« j’ai séjourné » est TARYAG (תרי''ג ), soit 613.

 

En d’autres termes, comme l’explique Rashi, Ya‘akov a dit : « J’ai séjourné avec Lavan, et pourtant j’ai accompli les 613 Miçwot de la Tora. » C’était là une réprimande subtile, adressée à ‘Essaw qui avait abandonné tout prétexte de piété en s’installant à Sé’ir.

Cela explique l’emploi par notre Patriarche du mot « Ko » (כה  ) qui signifie « ainsi » en introduction à ses instructions. « Ko », selon le Talmud (Sota 38a) indique que la phrase que l’on s’apprête à citer, doit être dite exclusivement en hébreu. Ya‘akov a insisté pour que son message soit transmis en hébreu, et dans la forme exacte où il avait été dicté. En effet, si l’on avait employé une autre langue, les mots « Garti » (« j’ai séjourné ») et TARYAG (613), auraient disparu dans la traduction.

 

II] Attention aux fréquentations !!!

 

"Ya‘akov envoya devant lui des messagers à ‘Essaw son frère, au pays de Sé’ir, dans le champ d’Edom. Il leur donna ordre en disant : « Ainsi parlerez-vous à mon maître, à ‘Essaw : Ainsi a parlé ton serviteur Ya‘akov : J’ai séjourné avec Lavan, je me suis attardé jusqu’à présent. Je possède bœufs et ânes, menu bétail, serviteurs et servantes, dont j’envoie un présent à mon seigneur afin de trouver grâce à tes yeux." (Bereshit 32-4,5,6 Début de notre Parasha) 

 

Rashi : Il s’agit ici de véritables anges. (Pour exprimer le terme « messagers », le texte a employé le mot « Mal’a’him » qui signifie « anges »)

 

Question

 

Quelle est l’utilité d’envoyer de véritables anges plutôt que des êtres humains ?

 

Réponse

 

L’auteur du ‘Homat Esh répond en citant la Mishna des Pirké Avot : "Éloigne-toi d’un mauvais voisin et ne t’attache pas à un Rasha’."

Même l’individu le plus parfait, lorsqu’il se trouve dans l’environnement d’un Rasha’, finit par apprendre de ses mauvaises conduites.

C’est donc la crainte que Ya’akov Avinou a ressenti et il préféra ne pas envoyer de « simples » êtres humains qui se laisseraient certainement influencer de façon négative par ‘Essaw, et envoya plutôt des anges.

 


                  :וַיִּשְׁלַח יַעֲקֹב מַלְאָכִים לְפָנָיו, אֶל-עֵשָׂו אָחִיו, אַרְצָה שֵׂעִיר, שְׂדֵה אֱדוֹם     


« Ya'akov envoya des messagers devant lui vers ‘Essaw son frère, dans le pays de Séïr, dans la campagne de Edom »  (Chapitre 32 ; 4)

 

Rashi :                                                                                                                                                 Yaakov envoya des messagers : Véritablement il envoya des anges


Dans le Yéfat Tohar (Commentaire sur le Midrash), il est rapporté qu’en réalité Yaakov voulait envoyer des messagers humains, mais personne n’accepta de se rendre chez ‘Essaw, ils avaient tous peur, c’est pour cela qu’il dut envoyer de vraies anges.


Or que se passa-t-il ? ‘Essaw se trouva nez à nez avec des ANGES et malgré cela il ne fut pas le moins du monde effrayé, au point de ne pas hésiter à leur dire qu’il avait l’intention d’attaquer Ya'akov.

Et nous ? Quelle serait notre réaction si nous nous trouvions face à un ange ?


Histoire :

Un Jour, le ‘Hafeç ‘Haïm raconta ce qui suit au sujet de celui qui fut l’un de ses maîtres dans sa jeunesse, Rabbi Na’houmké de Hourdener Z.ts.l :                                  

« Elèves de la Yéshiva, nous avions remarqué que le Rav se rendait tous les soirs après minuit dans la synagogue de la ville lorsque celle-ci était complètement vide. Je voulais absolument en connaitre la raison, que pouvait-il bien faire seul à une heure aussi tardive ? Un soir j’allai donc prier Arvith (office du soir) dans cette synagogue. A la fin de l’office je me cachai dans la Ezrat Nashim (Endroit réservé aux femmes) sous un banc, et j’attendis que tout le monde en sorte et que le bedeau derme la porte. Je demeurai alors seul  et patientai. Vers minuit j’entendis le bruit de la serrure, Rabbi Na’houmké arriva, il monta sur a Bima (Estrade où se tient l’officiant), sortit  un livre qui devait être surement un livre de Kabbale, et il se plongea dans l’étude. Après quelques instants, je vis soudainement un tourbillon de feu l’entourer ! Mon corps tout entier se mit à trembler et je voulus hurler : « Au feu ! » Mais je voyais bien qu’il ne s’agissait pas d’un feu ordinaire. Je restai là, tremblant de peur et je crus que mon âme allait me quitter. Pendant plus d’une heure tourbillon de feu entoura Rabbi Na’houmké, et il disparut lorsqu’il ferma son livre. Je fus tellement troublé et effrayé de ce spectacle extraordinaire que mes forces m’abandonnèrent, et que je restai immobile et figé au point que je dus passer la nuit dans la synagogue, tremblant de peur. »

Cette anecdote nous donne une petite notion de ce que peut être la proximité avec le Divin : Si le ‘Hafeç ‘Haïm lui-même fut tellement effrayé de voir un feu céleste, que doit être la vue d’un ange «  de chair et de sang », ou plutôt de feu et de foudre ?                                                                                             

Pourtant ‘Essaw n’est pas le moins de monde effrayé ni même ému, pire encore, il n’hésite pas à faire montre d’hostilité envers son frère :


« Les messagers (anges) revinrent vers Yaakov en disant : « Nous sommes allés vers ton frère, vers ‘Essaw, et lui-même vient à ta rencontre avec quatre cents hommes ! » »  (Chapitre 32 ; 7)


Rashi :                                                                                                              

Nous sommes allés vers ton frère : Celui dont tu disais qu’il est ton frère, mais il se comporte envers toi comme ‘Essaw le Rash’a (l’impie) toujours animé par la haine

Tout cela pour en venir à quoi ?                                                                  

Un constat renversant :

On peut se trouver face à face avec un ange sans être effrayé, c’est-à-dire parvenir à des niveaux de perception spirituelle inouïs et pourtant …        

 Demeurer ‘Essaw l’impie.                                                                    

Terrible !


Vivre selon la Torah et les Miçwot ne préserve pas des épreuves de la vie, et l’une d’entre elles est de se comporter apparemment comme il faut mais en étant tout à fait à côté du Bien en réalité. C’est pour cela qu’il faut sans cesse demeurer en éveil, se remettre en question, et aussi toujours remettre en question nos chemins de vie : suis-je vraiment dans le Bien, dans ce que Hashem attend de moi ? 

                                                                                              

Oh combien nombreux sont les exemples de gens emplis de « crainte du Ciel » se comportant comme des « ‘Essaw » !

Afin d’illustrer ces propos, voici une parabole rapportée par le Rav Israël Salanter :

Un homme que le Créateur avait fait nain se rendit un jour à Jérusalem. Une personne « craignant le ciel » qui passait par là, le vit et fut extrêmement étonnée de voir un être aussi petit. Elle s’approcha donc de lui et ne le quitta plus du regard : « Quelle créature bizarre ! » se disait-il. Etant un homme « pratiquant », il voyait là une preuve de la Providence Divine. En effet, il se présentait à lui une occasion rêvée de pouvoir faire la Bénédiction [Lorsque l’on voit une personne de physionomie différente de la norme, comme par exemple un homme à deux têtes, petit …, il faut faire cette bénédiction, mais il est évident que l’on ne doit pas agir comme cet homme sans cervelle !]  : « … Qui a créée des êtres différents. ». Il s’approcha du nain, le saisit, et tout en le secouant dans tous les sens il prononça avec « ferveur » la bénédiction !


Inutile d’expliquer le ridicule et la gravité de la faute de cet homme. Très souvent, ce genre de personne se montre « scrupuleux » dans les Miçwot devant les autres afin de montrer son « savoir » et sa « grande pitié ».                     

Comme nous l’avons expliqué dans ‘Hayé Sarah, ‘Essaw n’est pas un vulgaire pécheur, il a une notion de ce qu’est la spiritualité, son problème est que son estomac prend le dessus sur son âme. C’est pourquoi il arrange la religion à sa façon. Or quiconque ne se comporte pas comme Hashem le demande, à cause de ses envies, de son honneur, …, se comporte comme un ‘Essaw !         

 

L’Histoire que nous venons de voir l’illustre parfaitement, car pourquoi l’homme a-t-il agi de cette façon ridicule et méchante ? Est-ce pour sanctifier Le nom d’Hashem ou par orgueil ? Il s’exhibe simplement comme connaissant et pratiquant la religion mieux que tout le monde, afin de montrer à Hashem qu’il est Juste.     

                                                                                         

Mais cette homme n’est pas capable de comprendre que ce qu’il a fait est blessant, il ne s’en rend pas compte parce que pour lui l’autre n’existe pas, il n’est que prétexte à gagner des Miçwot et à « se faire bien voir » des autre et du Créateur. Un pur égoïste en somme, pour sa « Miçwa » il est prêt à tout écraser : Un vrai ‘Essaw ! Nous ne voulons pas faire le procès ce type de gens, mais amener à la réflexion afin de  ne pas nous-mêmes tomber dans ce piège.

                                                                                       (Selon le Lev Chalom)                                                                                                        

                         

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