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I] Y a-t-il des miracles superflus ?
Hashem promet la terre de Kéna’an à Avraham et à sa descendance :
"Hashem dit à Avram, après que Loth se fut séparé de lui : « Lève les yeux et du point où tu es placé, promène tes regards au nord, au midi, à l’orient et à l’occident. Eh bien ! Tout le pays que tu aperçois, je le donne à toi et à ta descendance. Je rendrai ta descendance semblable à la poussière de la terre; au point où, si l'on pouvait nombrer la poussière de la terre, ta descendance pourrait l’être aussi. Lève-toi ! Parcours cette contrée en long et en large ! Car c'est à toi que je la destine. » (Béreshit 13-14)
Le Or Ha-‘Haïm Ha-Kadosh commente :
Lève les yeux et du point où tu es placé, promène tes regards au nord, au midi, à l’orient et à l’occident.
La raison pour laquelle Hashem devait préciser à Avraham Avinou « du point où tu es placé » réside dans le fait qu’Avraham Avinou va vivre un miracle grandiose à cet endroit :
Il va pouvoir scruter le nord, le sud l’ouest et l’est à partir du même emplacement, sans pour autant avoir à tourner la tête !
Le Gaon et çaddik Rabbi ‘Haïm Leïb SHMULEWITZ z.ts.l demande (Si’hot Moussar nouvelle édition page 68) :
Un tel miracle était-il justifié ?!
Etait-il si difficile pour Avraham Avinou de tourner sa tête pour contempler le pays dans toutes ses directions, au point où il lui fallait un miracle ?!
Pour répondre à cette interrogation, il est nécessaire de redéfinir la vocation d’un miracle.
Lorsque Yossef Ha-çaddik fut vendu comme esclave par ses frères à une bande d’Ishmé’elim se dirigeant vers l’Egypte, la Torah nous précise :
"… leurs chameaux étaient chargés d'aromates, de baume et de lotus qu'ils allaient transporter en Égypte." (Béreshit 37-25)
Nos maitres – dans le Yalkout Shim’oni (Béreshit Rémez 142) – expliquent ce verset :
Les marchands arabes ont pourtant l’usage de ne transporter que des peaux et du goudron ! Viens et constate ce qu’Hashem a réservé à ce çaddik (Yossef) à ce moment là : des sacs remplis de parfums sur lesquels le vent soufflait, pour ne pas subir les mauvaises odeurs.
Nous pouvons là aussi nous interroger :
Dans un moment aussi pénible pour Yossef qui est déporté en Egypte, au moment où il se voit chuter d’un niveau si élevé – celui du fils préféré de son père, qui lui a transmis tout le savoir qu’il a reçut de Shem et de ‘Ever – vers les profondeurs de l’abîme, vers le statut d’esclave en Egypte, lieu de l’emprise des 49 portes de l’impureté, un pays fermé, d’où aucun esclave n’a pu s’échapper, et d’où il est invraisemblable qu’il s’en échappera lui-même, dans un moment aussi obscure que celui-ci, quelle différence cela peut-il faire pour Yossef s’il respire des odeurs de goudron, de pétrole ou de parfums agréables ?!
Est ce que des parfums agréables pourraient lui être d’une quelconque utilité ou pourraient lui procurer une quelconque satisfaction dans un moment aussi dur ?!
Mais lorsqu’on approfondie les choses, on comprend que cette odeur agréable a une grande importance, et possède une dimension complètement différente.
Dans un moment de ténèbres comme celui-ci pour Yossef, lorsque son univers s’écroule sur lui, il était susceptible de tomber dans le désespoir.
En apparence, Hashem se détourne de lui totalement, il devient perdu et oublié !
C’est dans un tel moment aussi dur pour lui qu’on signifie à Yossef depuis le ciel qu’il n’en est rien !
Hashem est avec lui et il se trouve encore sous sa protection. Il ne doit donc pas perdre sa confiance en Hashem. C’est pour cela qu’Hashem lui envoi des parfums agréables, de façon surnaturelle, afin de lui montrer qu’il n’est ni perdu, ni oublié ! Bien au contraire, Hashem va marcher main dans la main avec Yossef, jusqu’à descendre avec lui en Egypte.
Ces bonnes odeurs de parfums sont donc un rayon de lumière dans l’obscurité où se trouve Yossef, et c’est ce rayon de lumière qui va ouvrir une nouvelle porte d’espoir à Yossef.
Nous comprenons à présent que ces parfums n’avaient pas seulement la vocation d’éviter à Yossef des mauvaises odeurs, mais aussi (et surtout) de lui montrer la bienveillance d’Hashem à son égard, afin qu’il se renforce, qu’il sache et qu’il ressente que même dans sa situation, il n’est pas abandonné, mais qu’Hashem l’aime et qu’il est avec lui. Yossef bénéficie à ce moment là d’un éblouissement de la face divine !
Il en est de même pour différents miracles qui se sont produits pour des buts apparemment sans grande importance.
Yossef à qui l’on évite les mauvaises odeurs.
Avraham à qui l’on évite de tourner la tête.
Mais à l’instar de Yossef Ha-çaddik, le miracle réalisé pour Avraham n’est pas si injustifié qu’il en parait !
La réalisation de la merveilleuse promesse faite par Hashem à Avraham « … Tout le pays que tu aperçois, je le donne à toi et à ta descendance. Je rendrai ta descendance semblable à la poussière de la terre; au point où, si l'on pouvait nombrer la poussière de la terre, ta descendance pourrait l’être aussi. Lève-toi ! Parcours cette contrée en long et en large ! Car c'est à toi que je la destine. »- promesse qui annonce la naissance du peuple d’Israël, et qui lui garantie la terre de Kéna’an - représente le but pour lequel l’univers fut crée.
Et c’est aussi à cet instant qu’Avraham Avinou bénéficie d’une attention particulière de la part d’Hashem :
De façon miraculeuse, Avraham n’a pas besoin de tourner la tête pour contempler le pays dans les 4 directions ! Ce miracle ne concerne absolument pas le peuple d’Israël mais seulement Avraham Avinou !
Un éblouissement de la face divine adressé exclusivement à Avraham Avinou à ce moment précis.
On retrouve également cette démarche chez Yo’heved (la mère de Moshé Rabbenou) :
Lorsque Bitya fille de Pharaon recueillit Moshé sur le fleuve lorsqu’il était bébé, elle demanda à ce qu’on lui trouve une nourrice. Myriam la sœur de Moshé alla chercher sa propre mère.
Bitya lui dit :
« Emporte cet enfant et allaite-le moi, je t'en donnerai le salaire. » (Shémot 2-9)
Nos maitres commentent ce verset ainsi (Midrash Rabba Shémot chap.1-25) :
Rabbi ‘Hama fils de ‘Hanina dit : Il n’est pas suffisant pour les çaddikim qu’on leur restitue ce qu’ils ont perdu, mais on les rétribue également. Hashem lui a rendu son enfant, et il lui donne aussi un salaire !
Encore une fois, nous pouvons nous demander :
Quelle valeur ce salaire peut-il avoir pour une mère à qui on a restituer son fils ?!
Non seulement le sauvetage de l’enfant représente une délivrance pour sa famille, mais ils savent aussi qu’il est le libérateur d’Israël, et que leur délivrance dépend de lui.
Quelle importance cette rétribution de salaire miraculeuse peut-elle avoir en comparaison au miracle du sauvetage de l’enfant ?!
Mais les choses sont comme nous les avons expliquées !
Le salaire n’avait pas d’importance de part lui-même.
Il ne représentait qu’un éblouissement de la face divine adressé exclusivement à Yo’heved lors du sauvetage de Moshé Rabbenou.
La réussite de chaque détail de notre vie quotidienne est un véritable miracle d’Hashem, un sourire divin qui nous est tout particulièrement adressé, même si on a parfois du mal à l’interpréter en tant que tel, du fait de notre difficulté à admettre la justification de l’intervention divine dans certaines situations qui nous paraissent insignifiantes.
Généralement, un père exprime son amour envers ses enfants en leur offrant des choses qui ne leur sont pas forcément indispensables (les gâteries).
En effet, lorsqu’un enfant ne se comporte pas correctement, son père ne se souciera que de ses besoins vitaux.
Ce qui n’est pas le cas lorsqu’un enfant se comporte correctement, son père va le couvrir de toutes sortes de cadeaux, sans distinguer s’ils sont indispensables à son enfant.
Même si l’intérêt de l’enfant réside dans ses besoins vitaux plus que dans des gâteries superflues, malgré tout, la preuve de l’importance d’un enfant aux yeux de son père est exprimée exclusivement par des cadeaux qui ne sont pas indispensables.
Même s’ils peuvent paraitre superflus, éviter à Avraham Avinou de tourner la tête, ou éviter des mauvaises odeurs à Yossef Ha-çaddik sont des cadeaux d’Hashem sans raisons particulières si ce n’est l’amour qu’il leur exprime !
Shabbat Shalom
II] « Si je ne suis pas pour moi, qui le sera ?! »
Lekh Lekha est une Parasha très appréciée et souvent étudiée par nos plus jeunes enfants, car elle marque le début de la formation du Klal Israël.
Avraham, alors âgé de 75 ans, est soumis dans cette Parasha à l’épreuve de quitter son pays natal. Bien qu’il y soit un personnage très influent, Hashem a jugé qu’il est arrivé à un tel niveau que le monde entier doit découvrir qui il est, et quel est son message.
Avraham quitta ainsi son pays accompagné de Sarah : sa femme, Loth : son neveu, ainsi que tous ceux qui avaient suivi les enseignements d’Avraham et de Sarah et s’étaient « convertis ».
La Torah raconte qu’il y eut une famine qui sévit dans le pays de leur destination : Kena’an et qu’ Avraham dû descendre en Egypte afin d’y recueillir de la nourriture.
A leur retour, la relation entre Avraham et son neveu Loth se gâta :
« Avram remonta de l’Egypte…Il était très riche en bétail, en argent et en or….Loth, qui accompagnait Avram, avait aussi du menu bétail, du gros bétail et des tentes. La terre ne pouvait les porter s’ils demeuraient ensemble. Il y eut une querelle entre les bergers de Loth et ceux d’Avram…. Avram dit à Loth : Qu’il n y ait pas de querelle entre nous, ou entre nos bergers,…De grâce, sépare toi de moi, si tu vas à gauche j’irai à droite, et si c’est à droite, je prendrai à gauche…Loth se dirigea du côté oriental et ils se séparèrent l’un de l’autre : Avram demeura en Kena’an et Loth…dressa ses tentes jusqu’à Sédom ». (Béréchit 13, 1-12)
Question
Nous trouvons dans le Midrash une Ma’hloket (controverse) quant à la conduite d’Avraham envers son neveu :
D’après Rabbi Yehouda : « Hashem fut fâché de leur séparation et dit : « Avraham est prêt à se rapprocher de n’importe qui, sauf de son neveu !? ». (C'est-à-dire qu’Hashem reproche à Avraham d’être prêt à sauver les âmes du monde entier et pas celle de son plus proche parent).
Selon Rabbi Ne’hemya c’est exactement l’inverse : « Hashem s’irrita du fait que Loth ait accompagné Avraham tout ce temps : - Je lui ait dit : Je donnerai à ta descendance ce pays là, et lui il s’attache à Loth (qui n’est que son neveu) !? Autant aller chercher deux enfants abandonnés au marché pour en faire ses héritiers ! » (Béréchit Raba 41,18).
D’après certaines opinions, Avraham était même en danger de mort pour avoir gardé dans son entourage un être indigne et impie: Loth; selon d’autres, c’est Loth lui même qui était la cause de la famine (Yalkout Réouvéni).
Il existe un principe, explique Rav Dessler z.ts.l, que dans les Midrashim il n y a jamais de vrai Ma’hloket (controverse), chaque avis reflétant plutôt une vision différente des choses. On peut alors se demander comment concilier ses deux avis radicalement opposés : Fallait-il se séparer de Loth : oui ou non ?
Il est clair qu’Avraham avait un dilemme: d’une part il se devait de rapprocher Loth d’Hakadosh Barou’h Hou, et de l’aider à remonter la pente; d’autre part, la fréquentation de Loth était devenue dangereuse pour Avraham et risquait de lui porter préjudice dans sa mission sur terre : répandre la connaissance d’ Hashem parmi tous les être humains. En effet comme le dit Rashi (13-11): Loth se sépara d’Avraham car il ne le supportait plus : « ni lui, ni son D... ».
Rav Dessler z.ts.l énonce un principe qui nous aidera à y voir plus clair : bien que l’essentiel de la Avodat Hashem (service Divin,application des Mitsvot) ne concerne qu’un homme et lui-même, chacun a aussi le devoir d’aider et d’influencer positivement les gens qui se trouvent autour de lui. Cependant, avant de s’investir dans cette mission difficile, il faut être sûr d’être à un niveau suffisamment élevé permettant d’être les seuls à influencer, sans subir d’influence réciproque négative.
Ainsi pour rapprocher quelqu’un de la Torah, il faut se hisser à un niveau où nous pourrons l’aider en étant certain de ne pas régresser.
Nos sages énoncent un grand principe spirituel qui conforte cette idée : « Devarim Hayoç’im Min Halev N’ihnassim El Halev » « Seules les paroles qui sortent du coeur pénètrent dans le coeur ».
Rav Dessler z.ts.l explique que seul un homme qui a parfaitement intégré un message et fait corps avec lui, peut le faire pénétrer chez son prochain.
Par contre, celui qui l’a juste assimilé intellectuellement mais ne le vit pas suffisamment par manque de travail sur lui-même, ne réussira pas à le transmettre.
Finalement, celui qui n’est pas à un niveau suffisamment élevé et essaye d’imiter Avraham en voulant rapprocher les gens éloignés de la Torah, ne produira pas d’effets durables sur eux et prend le risque de lui-même régresser.
La Torah est souvent comparée à l’eau, celle-ci ne coule que du haut vers le bas; ainsi, seul celui qui est véritablement au dessus a une chance de transmettre sa Torah aux autres.
On comprend mieux les avis opposés de chacun des Midrashim :
D’après Rabbi Ne’hemya, Hashem examina le niveau extrêmement bas de Loth, son manque de volonté d’avancer dans la Torah et évalua que même Avraham, dans toute sa grandeur, ne pourrait pas ramener Loth vers le bien : le côtoyer était donc un danger pour Avraham qui subissait son influence. (D’ailleurs La She’hina (présence divine) ne s’adressa pas à Avraham pendant toute la période où il fréquenta son neveu).
Cependant d’après Rabbi Yehouda, Hashem attendait d’Avraham qu’il travaille sur lui-même jusqu’à se hisser à un niveau encore plus élevé où il aurait pu aider Loth. La situation exigeait certes une séparation, mais Avraham Avinou n’aurait pas dû s’en contenter !
Notre Parasha évoque ainsi plusieurs problèmes actuels qui touchent chaque Ben Israël:
Comment doit-il intervenir dans l’évolution spirituelle de son prochain ?
D’autre part, comment expliquer et gérer cette tendance naturelle que nous avons de vouloir que notre entourage s’améliore dans leur pratique de la Torah ?
Dans un premier temps, il faut apprendre à se méfier des bonnes intentions qui nous animent dans ce domaine, car souvent cette envie d’aider les autres à avancer dans la Torah est un moyen qu’utilise le Yetser Hara’ (mauvais penchant) pour nous empêcher d’avancer nous-mêmes. D’autant plus, qu’il est extrêmement plus facile de voir les défauts des autres que de voir les siens (qui sont d’ailleurs très souvent ceux qui nous reprochons aux autres !).
Le Yeçer Hara’ (mauvais penchant) sait pertinemment que le véritable objectif, que fixe la Torah à travers les 613 Miçwot, est que chacun s’occupe de sa propre évolution spirituelle, et il veut donc nous en empêcher par tous les moyens.
Le Yeçer Hara’ sait aussi que si nous parvenions à nous améliorer sur nos propres points faibles, nous pourrions alors atteindre un niveau où nous serions réellement apte à aider les autres, et ceux qui nous entourent seraient, à notre contact, naturellement attirés vers la Torah et les Mitsvot.
Ainsi, le plus grand danger pour le Yeçer Hara’, et plus généralement pour le Mal, est que nous nous améliorions nous même, comme le disait Rav Israël Salanter z.ts.l : « Un Homme (à cause de son Yeçer Hara’) est prêt à faire régner Hashem sur le monde entier… sauf sur lui-même ! ».
Il nous incombe ainsi de corriger cette dérive en prenant conscience que l’homme est un microcosme (monde de petite taille) dont l’intériorité, d’essence divine, est infinie. A un certain niveau, il contient donc en lui tout ce qui existe. Le meilleur moyen de construire le monde et de le bonifier est finalement de se construire soi-même en profondeur et au maximum. Comme l’écrit le Messilat Yesharim (chap.1 L’engagement de l’homme dans le monde):
« Le monde (et tout ce qu’il contient) a été créé pour servir l’homme… Si l’homme se laisse attirer par le monde et s’éloigne de son Créateur, il se détruit et détruit le monde avec lui. S’il se domine, s’attache à son Créateur, et n’utilise le monde que comme outil pour servir Hashem, il arrive alors à s’élever et élève le monde entier avec lui... ».
Le Rav Israël Salanter z.ts.l explique de plus (au nom du zohar HaKadosh Vayéra 105b), qu’au niveau spirituel, toutes les âmes sont liées et qu’un Ben Israël a ainsi la possibilité d’interagir sur d’autres juifs, à distance, en travaillant sur lui-même. Par exemple, disait-il, lorsque un Ba’hour (étudiant en Torah) se renforce dans son étude en Lituanie, au même moment en Pologne, un patron juif prend la décision de fermer son magasin avant l’entrée du Shabbat, et un jeune parisien réalise qu’il est temps de se mettre à manger Casher.
Voilà le principe:
Plus un homme aime le Klal Israël (peuple d’Israël) et souhaite profondément qu’il s’améliore, plus les efforts qu’il fera dans sa propre Avodat Hashem (service d’Hachem, accomplissement des Miçwot) rayonneront sur l’intériorité d’autres juifs.
En résumé:
Prenons garde à ne pas nous précipiter dans le piège du Yetser Hara’ (mauvais penchant), qui nous appâte avec ce qui s’apparente à une grande Miçwa : Rapprocher les juifs, pour nous détourner des devoirs premiers qui nous incombent.
Celui qui veut réellement aider les autres, doit savoir, explique Rav Dessler z.ts.l, que le meilleur moyen de les influencer dans un domaine donné est de soi même grandir et se travailler perpétuellement dans ce domaine là. Comme le dit le dicton populaire : « Seul un verre plein peut déborder » (de même, seul un homme rempli de Torah peut réellement la transmettre).
Pour la petite histoire …
A la fin du 19ème siècle, un habitant de la ville de Brisk, entraîné sur les « chemins » des « émancipés » au point de transgresser le Shabbat et de manger de la nourriture non Casher, se rendit un jour dans sa ville natale.
Il voulait rendre visite à Rabbi ‘Haïm de Brisk z.ts.l, l’un des plus grands maîtres de cette génération, dans l’intention - bien entendu - d’avoir un débat existentiel avec lui.
Lorsque le Rav le vit, il lui demanda d’où il venait.
Celui-ci lui répondit qu’il arrivait de Berlin.
« Comment es-tu descendu aussi bas, au point de même transgresser le shabbat et de manger de la nourriture non Casher ? - lui demanda le Rav
« Eh bien - répondit-il - j’ai rencontré de nombreuses contradictions dans le judaïsme.»
Le Rav lui dit alors :
« je suis prêt à en parler avec toi, mais avant tout, dis-moi sincèrement si tes questions, tu te les ai posées avant tes transgressions ou après ? ».
Il lui répondit « après ».
« Si c’est ainsi, je ne peux pas répondre à tes questions, car saches qu’elles ne sont pas des questions mais des prétextes ! La preuve en est qu’elles ne sont apparues qu’après ton éloignement de la Torah. En réalité, c’est ta volonté profonde de vouloir enlever de toi le Joug de la Torah et des Miçwot qui t’a motivé consciemment à trouver ces « contradictions » afin qu’elles te permettent de transgresser la Torah sans trop de remords.
Au final, tes questions ne sont pas des questions mais des réponses à ton nouveau choix de vie. Quant à moi, je veux bien essayer d’apporter des réponses à des questions… mais je n’ai aucune réponse à fournir à tes réponses !
Shabbat Shalom