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Questions:
a)Quelles sont les différences entre Shabbat et Yom Tov, au niveau des interdictions ?
b)Y a-t-il une réelle obligation d’allumer des Nerot en l’honneur de Yom Tov, comme nous le faisons pour Shabbat ?
c)A-t-on le droit de cuire et de cuisiner toute sorte d’aliments pendant Yom Tov ?
d)Est-il permis d’allumer ou d’éteindre un feu pendant Yom Tov ?
Réponse:
Il est écrit dans la Torah au sujet des Yamim Tovim – les jours de fêtes (Shemot chap.12) :
« Tout travail sera proscrit pendant ces jours (Yom Tov), excepté un travail pour l’alimentation de l’homme, seulement ce type de travail sera réalisé pour vous ».
On entend par l’appellation « Yom Tov » les jours suivants :
Le 1er Yom Tov de Soukkot (ainsi que le 2ème en dehors d’Israël) ; le jour de Shémini ‘Atseret (ainsi que le 2ème jour en dehors d’Israël) ; le 1er (ainsi que le 2ème en dehors d’Israël) et le 7ème jour de Pessa’h (ainsi que le 8ème en dehors d’Israël); le Yom Tov de Shavou’ot (ainsi que le 2ème jour en dehors d’Israël) et les 2 jours de Rosh Ha-Shana
Toute activité interdite un jour de Shabbat, l’est également un jour de Yom Tov, excepté une activité qui permet de se nourrir ce jour-là, celle-ci est permise pendant Yom Tov.
La raison pour laquelle la Torah ordonne la cessation de toute activité pendant Yom Tov, nous est expliquée par l’auteur du Sefer Ha-’Hinou’h.
En effet, selon le Sefer Ha Ha ‘Hinou’h, pour que les Béné Israël puissent commémorer les Miracles et les merveilles qu’Hashem a réalisé pour eux ainsi que pour leurs ancêtres, et pour qu’ils les transmettent à leur descendance après eux, il était nécessaire d’imposer une cessation de toute activité durant ces jours de fête.
Si le travail était autorisé durant les jours de Yom Tov, chacun se consacrerai à ses activités personnelles, et le respect ainsi que la joie de la fête auraient été oubliés du peuple d’Israël. Grâce à la cessation de toute activité, les Béné Israël sont disponibles pour se rassembler dans les synagogues et les maisons d’étude, et écouter des paroles de Torah. C’est en se réunissant autour de ses dirigeants que le peuple pourra apprendre la Morale et la Sagesse, les Hala’hot et les Allégories.
Comme le disent nos maîtres dans la Guemara Méguila (4a et 32a):
Moshé instaura à Israël d’étudier les Hala’hot relatives à Pessa’h, pendant Pessa’h ; les Hala’hot relatives à Shavou’ot, pendant Shavou’ot ; les Hala’hot relatives à Soukkot, pendant Soukkot, comme il est dit : « Moshé parla des fêtes d’Hashem, aux Béné Israël ».
De même, nos maîtres enseignent dans le Talmud Yéroushalmi (fin du 15ème chap. de Shabbat) :
Les Shabbatot et les jours de Yom Tov n’ont été donnés à Israël que seulement dans le but qu’ils s’y consacrent à l’étude de la Torah.
C’est pourquoi, nous avons reçu l’ordre de cesser toute activité, excepté les travaux nécessaires à la nourriture (comme le fait de cuisiner pendant Yom Tov, un plat pour le repas de Yom Tov, dans la manière et les conditions que nous expliquerons ultérieurement).
Nos maîtres enseignent aussi une Hala’ha dans la Guémara Bétsa (36a) qui est tranchée dans le Shoul’han ‘Arou’h (O.H 495) :
Il n’y a comme seule différence entre Yom et Shabbat, que seulement les travaux liés à la nourriture.
Mais cependant, nos maîtres enseignent aussi – dans la Guemara Bétsa 15b, ainsi que dans Péssa’him 68b - qu’il faut partager les heures de la journée de la fête, en consacrant la moitié de la journée à la prière et à l’étude de la Torah, et l’autre moitié de la journée à la nourriture, la boisson et la réjouissance de la fête. Cette Hala’ha est tranchée dans le Shoul’han ‘Arou’h (O.H 529-1)
Bien que la Torah a permis d’effectuer pendant Yom Tov tout travail lié à la nourriture (O’hel Nefesh), il y a tout de même certains travaux que nos maîtres ont interdits de réaliser pendant Yom Tov, même s’ils sont liés à la nourriture.
Nos maîtres ont interdits de moissonner son champ ou de vendanger sa vigne pendant Yom Tov, même pour les besoins de la nourriture de la fête (par exemple, si quelqu’un désire cueillir une pomme d’un arbre pendant Yom Tov, pour la manger tout de suite, cela reste interdit), car en général, on moissonne la totalité de son champ, ou on vendange la totalité de sa vigne en une seule fois. La personne consacrera la totalité de la journée de la fête, à ses travaux, et négligera totalement le devoir de se réjouir pendant la fête.
De même pour les interdits d’entasser (‘Imour) ; battre la récolte (Dash) ; presser des fruits (Se’hita) ; trier (Borer) ; moudre (To’hen) ; tamiser (Harkada), toutes ces activités restent interdites pendant Yom Tov, même pour les besoins de la fête.
Selon certains, tous les travaux que l’on vient de citer sont interdits par la Torah elle-même pendant Yom Tov, et non par nos maîtres. C’est apparemment ce que le Yeroushalmi veut dire – dans le chap.1 de Betsa, Hal.10 - en faisant remarquer l’enchaînement de 2 versets de la Torah qui n’ont pas réellement de rapport. Ces versets sont (Shemot 12) :
« … excepté un travail pour l’alimentation de l’homme, seulement ce type de travail sera réalisé pour vous », qui est suivi de : « Vous surveillerez les Matsot… ».
Cet enchaînement vient nous apprendre – selon le Yéroushami - que les seuls travaux liés à la nourriture qui sont autorisés pendant Yom Tov, sont uniquement les travaux qui interviennent à partir de Lisha (pétrir) et au-delà. C'est-à-dire, à partir du moment où l’on pétrit la pâte et après (lorsque la farine entre en contact avec l’eau, et qu’elle est susceptible de fermenter si on ne la surveille pas particulièrement), c’est pourquoi, les travaux qui précèdent le pétrissage de la pâte, sont interdits pendant Yom Tov, même s’ils sont réalisés pour la nourriture de Yom Tov.
Mais de nombreux Rishonim – et parmi eux le RAMBAM (chap.1 des Hal.Yom Tov Hal. 5 et 7) et le ROSH (dans son commentaire sur Betsa début du chap. « Ein Tsadin… ») - pensent que le Talmud Bavli conteste le Talmud Yeroushalmi sur ce point, et selon ces Poskim, les travaux antérieurs à Lisha (pétrir) sont effectivement interdits pendant Yom Tov mais seulement Miderabbanan (par décret de nos maîtres). MARAN l’auteur du Shoul’han ‘Arou’h tranche selon leur avis (O.H 495-2)
Mais pétrir la pâte – même si c’est interdit pendant Shabbat – cela reste autorisé pendant Yom Tov, tout comme cuire ou frire ou autre, comme nous l’expliquerons, avec l’aide d’Hashem.
De même, - par opposition à Shabbat - il est permis de transporter des objets d’un domaine privé vers un domaine public et inversement pendant Yom Tov, à la condition d’avoir un réel besoin minimal de cet objet pendant Yom Tov (Betsa 12a Shoul’han ‘Arou’h O.H 518-1).
1]Allumer les Nerot pour Yom Tov
Le RAMBAM écrit (chap.6 des Hala’hot Yom Tov Hal.16) :
« De même qu’il y a une Mitsva d’honorer et de délecter le jour du Shabbat, il en est de même pour tous les jours de Yom Tov, comme il est dit (au sujet de Shabbat) : «… afin de sanctifier Hashem et de l’honorer… ». Or, tous les Yamim Tovim sont appelés « Mikraé Kodesh » (saintes convocations). Fin de citation.
A partir de propos du RAMBAM, nous apprenons qu’il y a une Mitsva d’allumer des Nerot en l’honneur de Yom Tov, comme il y a une Mitsva d’allumer des Nerot en l’honneur de Shabbat.
D’autres Rishonim – comme le Or’hot ‘Haïm (Hal. relatives à l’allumage des Nerot la veille de Shabbat parag.1) ; le Raveya (tome 1 chap.199) qui cite un Talmud Yeroushalmi où il est dit explicitement qu’il faut réciter la bénédiction sur l’allumage des Nerot de Yom Tov ; le Or Zarou’a (tome 2 Hal. relatives à la veille de Shabbat parag.11) ; le Hagahot Maïmoni (chap. 5 des Hal. relatives à Shabbat, note 1) ; le Morde’hi (sur le chap. « Bamé Madlikin » sect.294) – tranchent qu’il faut allumer des Nerot pour Yom Tov avec bénédiction.
C’est ainsi que tranche MARAN Dans le Shoul’han ‘Arou’h (O.H 263-5 et 514-11).
Dans cette Mitsva d’allumer des Nerot en l’honneur de Shabbat et de Yom Tov, sont inclus tous les autres éclairages supplémentaires de la maison, comme la lumière électrique, qui fait également partie de la Mitsva d’allumer des Nerot en l’honneur de Shabbat et de Yom Tov.
Et puisqu’il y a une Mitsva d’allumer des Nerot en l’honneur de Yom Tov, il faut donc réciter une bénédiction avant cet allumage, de même que l’on récite une bénédiction avant l’allumage des Nerot de Shabbat.
Voici la formule de la bénédiction qu’il faut réciter avant l’allumage des Nerot de Yom Tov :
BAROU’H ATA A.D.O.N.A.Ï ELOHENOU MELE’H HA’OLAM ASHER KIDDESHANOU BEMITSVOTAV VETSIVANOU LEHADLIK NER SHEL YOM TOV.
Traduction
Tu es Bénis Hashem (Tu es la source de la Bénédiction) Notre D. Roi du Monde, qui nous sanctifié par ses commandements et nous a ordonné d’allumer la veilleuse de Yom Tov.
2]Cuire et cuisiner pendant Yom Tov
Nos maîtres les Rishonim (décisionnaires de l’époque médiévale) discutent sur des aliments qui gardent toute leur fraîcheur même lorsqu’ils sont cuisinés depuis la veille, comme du pâté en croûte ou autre…
Est-il permis malgré tout, de cuisiner de tels aliments pendant Yom Tov, ou bien du fait qu’il est possible de les cuisiner depuis la veille de Yom Tov, sans qu’ils ne perdent de leur qualité, il serai interdit de les cuisiner pendant Yom Tov ?
Selon Rashi (sur Shabbat 134b et Betsa 23b) et le Sefer Ha Mi’htam (sur Betsa 28b), entre autres, il est interdit par nos maîtres de cuisiner pendant Yom Tov, un aliment que l’on peut cuisiner depuis la veille de Yom Tov, sans qu’il perde de sa qualité.
Selon les Tossafot (sur Betsa 3b 21a 23b) et le RAN (sur Betsa début du chap. « Ein Tsadin… »), entre autres, il n’y a aucune différence entre un aliment que l’on peut cuisiner depuis la veille de Yom Tav, sans qu’il ne perde de sa qualité, et un aliment que l’on ne peut cuisiner que le jour de Yom Tov lui-même, afin qu’il conserve sa qualité, il est permis dans tous les cas de cuisiner toute sorte d’aliments pendant Yom Tov.
MARAN tranche dans le Shoul’han ‘Arou’h (O.H chap.495 parag.1) conformément à l’opinion des Tossafot et du Ran, qui pensent qu’il n’y a pas de différence entre un aliment que l’on peut cuisiner depuis la veille de Yom Tov sans qu’il ne perde de sa qualité, et un aliment que l’on ne peut cuisiner que le jour de Yom Tov lui-même, il est permis de cuisiner n’importe quel type d’aliment pendant Yom Tov.
Le RAMA conteste cette opinion et tranche sur place selon l’avis de Rashi et du Sefer Ha Mi’htam, selon lesquels, il est interdit de cuisiner pendant Yom Tov, un aliment que l’on peut cuisiner depuis la veille sans qu’il ne perde de sa qualité. Cependant, le RAMA admet que si l’on a omis de cuisiner un tel plat, il serai malgré tout permis de le cuisiner pendant Yom Tov, en modifiant la façon de faire (Shinouï).
Ce débat se poursuit parmi les A’haronim (décisionnaires de l’époque post médiévale, jusqu’à nos jours).
L’auteur du Peri ‘Hadash (sur O.H 495) ainsi que notre maître le ‘HYDA dans son livre Birké Yossef (sur O.H 495) tranchent qu’il est interdit de cuisiner pendant Yom Tov, un plat que l’on peut cuisiner depuis la veille de Yom Tov, sans qu’il ne perde de sa qualité, conformément à l’opinion de Rashi, du Sefer Ha Mi’htam, et du RAMA.
Par contre, de nombreux autres A’haronim se rangent à l’opinion de MARAN, et tranchent qu’il n’y a aucune différence entre un plat que l’on peut cuisiner depuis la veille, sans qu’il ne perde de sa qualité, et un plat que l’on ne peut cuisiner que le jour de Yom Tov lui-même, afin de conserver sa qualité.
Selon ces Poskim, il est permis de cuisiner tous les types de plat pendant Yom Tov.
Parmi ces Poskim : Rabbi ‘Haïm ABOUL’AFIA dans son livre Mikraé Kodesh (page 190b) ; Rabbi Shelomo KLUGUER dans son livre Ha-Elef Le’ha Shelomo (section O.H chap.137) ; Rabbi Yehouda KATSIN et son élève Rabbi Avraham ‘ANTIBI (tous deux, de grands Rabbanim de la ville d‘Alep, en Syrie, il y a quelques siècles), ainsi que l’auteur du Pe’oulat Tsaddik (Haute autorité Hala’hic du Yemen, il y a quelques siècles) …
Par conséquent, il est permis aux Sefaradim - qui agissent exclusivement selon les décisions Hala’hic de MARAN – de cuisiner pendant Yom Tov (pour les besoins du jour de Yom Tov lui-même) toute sorte de plat, même un plat que l’on peut cuisiner depuis la veille de Yom Tov, sans qu’il ne perde de sa qualité.
Par contre, les Ashkenazim doivent s’imposer la rigueur – conformément à l’opinion du RAMA – et ne peuvent cuisiner pendant Yom Tov uniquement des plats qui n’auraient pas perdu de leur qualité s’ils avaient été cuisinés la veille de Yom Tov, comme par exemple du pain, puisque le pain réalisé le jour même n’est pas comparable à un pain fait la veille.
Sur le plan pratique, notre maître le Rav Ovadia YOSSEF shalita conclut que l’essentiel à retenir du point de vue de la Hala’ha, est l’opinion de MARAN selon laquelle, même si un aliment ne perd absolument pas de sa qualité lorsqu’il est cuisiné la veille de Yom Tov pour Yom Tov, il est malgré tout permis de le cuisiner pendant Yom Tov (pour Yom Tov).
Cependant, notre maître le Rav shalita ajoute qu’il est juste – à priori - de se montrer quelques peu rigoureux et de s’efforcer de préparer se type d’aliment (qui préservent toute leur qualité, même lorsqu’ils sont cuisinés depuis la veille de Yom Tov) depuis la veille de Yom Tov, en particulier de nos jours où nous possédons des frigidaires et des congélateurs.
Par exemple, une compote de pommes, ou une confiture de fruits, il est juste de les préparer depuis la veille de Yom Tov, puisque de tels aliments préservent toute leur qualité, même lorsqu’ils sont préparés à l’avance.
Si toutefois on ne les a pas préparé depuis la veille de Yom Tov, il sera permis de le faire pendant Yom Tov lui-même, mais – dans la mesure du possible – avec une modification dans la façon de faire (par exemple, en plaçant la casserole sur le feu, en changeant la façon habituelle).
Mais les Ashkenazim doivent se montrer rigoureux sur ce point, du point de vue du Din lui-même, et pas seulement du point de vue de la ‘Houmra (rigueur), puisque le RAMA interdit Le’hate’hila (à priori).
3]Préparer pendant Yom Tov une chose destinée à un autre jour
Il est interdit de cuisiner (cuire ou préparer) pendant Yom Tov en prévision pour un jour de semaine ou en prévision de la sortie de Yom Tov.
De même – en dehors d’Israël – il est interdit de cuisiner pendant le 1er Yom Tov en prévision du 2ème Yom Tov.
Il en est de même pour les 2 jours de Rosh Ha-Shana.
Même une activité qui ne représente pas réellement une Mela’ha (un interdit) mais seulement une fatigue, est interdite pendant Yom Tov (ou pendant Shabbat) en prévision du 2ème Yom Tov ou d’un jour de semaine.
C’est pourquoi il est interdit de laver la vaisselle pendant Yom Tov, en prévision de la sortie de Yom Tov (ou en prévision du 2ème Yom Tov, en dehors d’Israël).
Bien qu’il est interdit de cuisiner pendant Yom Tov en prévision de la sortie de Yom Tov, une femme est – malgré tout – autorisée à cuire pendant Yom Tov une pleine marmite de poisson ou de viande, le matin avant le repas de la journée, malgré qu’elle n’a l’intention de consommer qu’un seul morceau de cette marmite lors de son repas de la journée, car la quantité ajoute de la qualité au goût à la cuisson.
Mais cependant, il faut veiller – Le’hate’hila (à priori) – à ne pas dire explicitement que l’on cuit cette marmite également en prévision de la sortie de la fête.
Mais attention !!!
Après le repas de la journée de Yom Tov, il est interdit de cuire pour les besoins du repas du soir, une pleine marmite, avec l’intention de ne consommer qu’un seul morceau dans la journée, car dans ce cas, il ne s’agit plus d’une cuisson pour les besoins de Yom Tov, mais plutôt une ruse.
Cependant, si le repas du 2ème soir a lieu avant le couché du soleil (Shki’a), il est permis de réaliser tous les préparatifs de ce repas pendant la journée du 1er Yom Tov.
(Il s’agit ici d’un cas où l’on prie ‘Arvit du 2ème soir de Yom Tov dans un Minyan qui prie avant le couché du soleil et suffisamment tôt pour permettre à chacun de rentrer chez lui et prendre son repas du 2ème soir de fête avant le couché du soleil.)
4]Allumer un feu pendant Yom Tov
Il est interdit de créer une flamme pendant Yom Tov, avec des allumettes ou avec un briquet, même pour les besoins de la nourriture.
Cette interdiction prend sa source dans la Guemara Betsa 33a, est tranchée dans le Shoul’han ‘Arou’h (O.H 502-1).
Cet interdit a été érigé par nos maîtres à titre de Molid (donner naissance à un phénomène qui n’existait pas et qui pouvait être crée la veille).
Par opposition à Shabbat où l’allumage est interdit par la Torah elle-même et non par nos maîtres.
Par conséquent, il est également interdit de conduire une voiture pendant Yom Tov, car le démarrage du moteur provoque l’allumage d’étincelles.
Par contre, il est permis d’allumer une allumette pendant Yom Tov, à partir d’une flamme déjà existante depuis avant la fête, pour les besoins de la nourriture.
C’est pour cette raison qu’il est tout à fait permis de déplacer une boite d’allumettes pendant Yom Tov, sans la moindre crainte de Mouktsé (objets interdits au déplacement pendant Shabbat et Yom Tov), puisqu’il est faisable et même confortable d’utiliser des allumettes pour se procurer du feu à partir d’une flamme déjà existante.
De même, lorsqu’on désire cuisiner sur des brûleurs à gaz pendant Yom Tov, on doit veiller à prévoir depuis la veille de Yom Tov une flamme avec laquelle on pourra allumer le gaz au moyen d’une allumette pour cuisiner.
L’interdiction de créer une flamme pendant Yom Tov inclus même l’allumage de l’électricité, ou l’utilisation du téléphone.
Cependant, on peut demander à un non juif d’allumer la lumière électrique ou d’enclencher un appareil électrique pendant Yom Tov, à la condition que ce soit pour les besoins de Yom Tov.
Ce qui n’est pas le cas pendant Shabbat où il est interdit de demander à un non juif d’allumer la lumière électrique ou d’enclencher un appareil quelconque, même pour les besoins de Shabbat, sauf dans certaines situations précises et sous certaines conditions que nous avons déjà eu l’occasion d’expliquer il y a quelques mois dans la série d’Hala’hot consacrée à « Amira Lé-’Akoum » (demander l’intervention d’un non juif pendant Shabbat).
Il est interdit d’éteindre une flamme pendant Yom Tov.
Cette interdiction est tranchée elle aussi dans le Shoul’han ‘Arou’h (O.H 511-1)
Même le fait d’éteindre partiellement une flamme – en la diminuant – est interdit pendant Yom Tov, comme on l’apprend à partir des propos des Tossafot sur Betsa (22a), et comme le tranchent certains A’haronim comme – entre autres - le Gaon Rav Moshé FEINSTEIN z.ts.l dans son livre Shou’t Iguerot Moshé (sect. O.H chap.93).
Certains autorisent de diminuer l’intensité de la flamme, pour empêcher que le plat ne brûle, et afin qu’il cuise correctement. C’est ainsi que tranchent – entre autres – le Gaon Rav Moshé FEINSTEIN z.ts.l dans son livre Shou’t Iguerot Moshé (sect. O.H chap.115), ainsi que notre maître le Rav Ovadia YOSSEF shalita dans son livre Shou’t Yabiya’ Omer (tome 1 sect. O.H chap.31) et dans son livre ‘Hazon Ovadia – Yom Tov (page 58 parag.19).
Par contre, éteindre totalement la flamme, reste interdit pendant Yom Tov.
Cependant, puisqu’il est interdit d’éteindre un feu pendant Yom Tov, de nombreuses personnes avaient l’usage de laisser les brûleurs à gaz allumés durant tout Yom Tov, jusqu’à ce que l’on consulte notre grand maître le Rav Ovadia YOSSEF Shalita sur la question, et notre maître conclut (dans Shou’t Yabya’ Omer tome 3 section O.H chap.30 et dans les appendices, ainsi que dans ‘Hazon Ovadia – Yom Tov page 58) qu’il est permis d’éteindre la flamme par le procédé de Guérama, c'est-à-dire, de façon indirecte.
Ce procédé consiste à remplir une casserole d’eau, la placer sur le feu jusqu’à ébullition, et laisser l’eau se déverser sur les parois extérieures de la casserole – à cause de l’ébullition - jusqu’à ce qu’elle éteigne la flamme.
On pourra ensuite tourner le bouton du gaz ou fermer le robinet de sécurité pour empêcher une propagation du gaz.
L’eau qui a servie à cette extinction indirecte, sera utilisée pour boire un thé ou un café, afin que la cuisson de cette eau soit destinée à « O’hel Nefesh » (l’alimentation pendant Yom Tov).
Nous pouvons expliquer brièvement la raison à l’autorisation de ce procédé d’extinction indirecte (Guérama), en précisant que l’extinction d’un feu qui ne brûle pas sur une mèche, mais seulement sur un métal – comme une flamme qui brûle sur les brûleurs du gaz - pendant Yom Tov, ne représente qu’un interdit Miderabbanan (instauré par nos ’Ha’hamim). Or, une extinction qui n’est que Miderabbanan est autorisée lorsqu’elle est réalisée selon le procédé de Grama que nous avons expliqué.
Ce procédé est approuvé par d’autres de nos décisionnaires contemporains comme le Gaon auteur du Shou’t Beer Moshé (tome 8 chap.178) ; le Gaon auteur du Shou’t Beit Avi (chap.9 en conclusion de la note 2) ; le Gaon auteur du Shou’t Devar Yehoshoua’ (tome 2 sect. O.H chap.84) ; le Gaon Rav Israël Ya’akov FISHER auteur du livre Even Israël (tome 9 chap.62 page 45).
Nous pouvons constater que pas moins de 4 décisionnaires contemporains partagent l’opinion de notre maître sur ce point, et qu’il n’est donc pas le seul a autoriser ce procédé d’extinction pendant Yom Tov.
Par opposition à ce que certains veulent laisser croire en France !!
Cependant, il est vrai que certains autres Poskim contemporains – comme le Gaon Rabbi Shelomo Zalman OYERBACH z.ts.l - contestent ce procédé (comme c’est rapporté dans le livre Shemirat Shabbat Kehil’heta chap.13 parag.13 note 58), mais notre maître le Rav shalita réfute leurs arguments.
Selon le Gaon auteur du Shou’t Netser Mata’aï (chap.9 note 6), il est également possible d’éteindre le gaz en fermant le robinet général d’arrivée du gaz puisque de cette manière, on n’éteint pas le gaz de façon directe en fermant le bouton du brûleur à gaz lui-même, mais seulement de façon détournée car quelques instants après la fermeture de l’arrivée générale, le gaz s’éteint.
Mais notre maître le Rav Shalita réfute totalement cette opinion du point de vue de la Halah’a car nous pouvons constater qu’immédiatement avec la fermeture du robinet général du gaz, la flamme diminue jusqu’à s’éteindre totalement, et de ce fait, ce geste ne correspond pas à Guérama autorisé par la Torah. Comme nous le voyons au sujet de celui qui prend de l’huile se trouvant dans une veilleuse qui est allumée (en prenant de cette huile, il provoque l’extinction de la veilleuse). Si cela se passe pendant Shabbat, cette personne est condamnable à titre d’extinction comme l’explique la Guemara Betsa (22a).
Nous déduisons donc que les procédés de Guérama ne sont pas tous identiques, et dans tous les cas, si le résultat est visuellement constaté immédiatement après l’action, cela ne correspond pas au procédé de Guérama.
Par conséquent, on ne doit pas autoriser l’extinction par la fermeture du robinet général d’arrivée du gaz, mais uniquement en chauffant de l’eau comme nous l’avons expliqué. Ce procédé correspond sans le moindre doute à Guérama, et il est permis pendant Yom Tov d’utiliser ce procédé pour éteindre le feu d’un brûleur à gaz.
A la demande de nombreuses personnes, il est permis de faire de la glace ou de la gelée pendant Yom Tov afin de la consommer pendant Yom Tov.
Conclusion:
Toute activité interdite un jour de Shabbat, l’est également un jour de Yom Tov, excepté une activité qui permet de se nourrir ce jour-là (comme le fait de cuisiner un plat pendant Yom Tov, pour le repas de Yom Tov, par la cuisson ou la friture ou autre), cette catégorie d’activités qui s’appelle « O’hel Nefesh » est permise pendant Yom Tov.
Les seuls travaux permis un jour de Yom Tov parce qu’ils sont liés à la préparation culinaire ne démarrent qu’à partir de l’étape que l’on appelle Lash (pétrir). Toutes les activités antérieures à celle-ci – comme Borer (trier), To’hen (moudre) ou autre - sont interdites par nos maîtres pendant Yom Tov (Si l'on doit les réaliser pendant Yom Tov, il faudra le faire avec Shinouï / de façon inhabituelle).
Cependant, il faut partager les heures de la journée de la fête, en consacrant la moitié de la journée à la prière et à l’étude de la Torah, et l’autre moitié de la journée à la nourriture, la boisson et la réjouissance de la fête.
Par opposition à Shabbat, il est permis de transporter des objets d’un domaine privé vers un domaine public et inversement pendant Yom Tov (qui ne tombe pas un Shabbat), à la condition d’avoir un réel besoin minimal de cet objet pendant Yom Tov.
Il est une Mitsva d’allumer des Nerot en l’honneur de Yom Tov, comme nous le faisons en l’honneur de Shabbat.
On doit réciter une bénédiction avant cet allumage :
BAROU’H ATA A.D.O.N.A.Ï ELOHENOU MELE’H HA’OLAM ASHER KIDDESHANOU BEMITSVOTAV VETSIVANOU LEHADLIK NER SHEL YOM TOV.
Les Nerot de Yom Tov peuvent être allumées soit juste avant l’entrée de la fête en craquant l’allumette comme on le fait d’habitude pour les Nerot de Shabbat, soit juste avant le Kiddoush mais dans ce cas là en allumant à partir d’une flamme existante depuis avant la fête.
Selon le strict Din, il est permis de cuire toute sorte d’aliments pendant Yom Tov (pour les besoins de Yom Tov), même les aliments que l’on peut cuire depuis la veille de Yom Tov sans qu’ils ne perdent de leur qualité.
C’est ainsi que tranche MARAN dans le Shoul’han ‘Arou’h (O.H chap.495 parag.1)
Les Ashkenazim ont l’usage de différencier entre les aliments, conformément à l’avis du RAMA qui précise que les aliments que l’on peut cuire depuis la veille de Yom Tov, sans qu’ils ne perdent de leur qualité, il est interdit de les cuire pendant Yom Tov, mais ceux qui perdent de leur qualité s’ils sont cuits la veille, il est permis de les cuire pendant Yom Tov.
Sur le plan pratique, il est juste (mais non obligatoire) de s’efforcer de cuire avant Yom Tov, tous les aliments qui ne perdront pas de leur qualité.
Il est interdit de cuisiner (cuire ou préparer) pendant Yom Tov en prévision d’un jour de semaine ou en prévision de la sortie de Yom Tov.
De même – en dehors d’Israël – il est interdit de cuisiner pendant le 1er Yom Tov en prévision du 2ème Yom Tov.
Il en est de même pour les 2 jours de Rosh Ha-Shana.
Même une activité qui ne représente pas réellement une Mela’ha (un interdit) mais seulement une fatigue, est interdite pendant Yom Tov (ou pendant Shabbat) en prévision du 2ème Yom Tov ou d’un jour de semaine. C’est pourquoi il est interdit de laver la vaisselle pendant Yom Tov, en prévision de la sortie de Yom Tov (ou en prévision du 2ème Yom Tov, en dehors d’Israël).
Cependant, si le repas du 2ème soir de Yom Tov a lieu avant le coucher du soleil (Shki’a), il est permis de réaliser tous les préparatifs de ce repas pendant la journée du 1er Yom Tov.
(Il s’agit ici d’un cas où l’on prie ‘Arvit du 2ème soir de Yom Tov dans un Minyan qui prie avant le couché du soleil et suffisamment tôt pour permettre à chacun de rentrer chez lui et prendre son repas du 2ème soir de fête avant le coucher du soleil.)
Il est interdit de créer une flamme pendant Yom Tov, avec des allumettes ou avec un briquet, même pour les besoins de la nourriture.
Par contre, il est permis d’allumer une allumette pendant Yom Tov, à partir d’une flamme déjà existante depuis avant la fête, pour les besoins de la nourriture.
Il est interdit d’éteindre une flamme pendant Yom Tov.
Cependant, il est permis de diminuer l’intensité de la flamme, pour empêcher que le plat ne brûle, et afin qu’il cuise correctement.
Par contre, éteindre totalement la flamme, reste interdit pendant Yom Tov.
Cependant, il est permis d’éteindre la flamme par le procédé de Guérama, c'est-à-dire, de façon indirecte.
Ce procédé consiste à remplir une casserole d’eau, la placer sur le feu jusqu’à ébullition, et laisser l’eau se déverser sur les parois extérieures de la casserole – à cause de l’ébullition - jusqu’à ce qu’elle éteigne la flamme.
On pourra ensuite tourner le bouton du gaz ou fermer le robinet de sécurité pour empêcher une propagation du gaz.
L’eau qui a servie à cette extinction indirecte, sera utilisée pour boire un thé ou un café, afin que la cuisson de cette eau soit destinée à « O’hel Nefesh » (l’alimentation pendant Yom Tov).
Notre maître le Rav Ovadia YOSSEF Shalita n’est pas seul à tranché l’autorisation de ce procédé d’extinction pendant Yom Tov puisque pas moins de 4 décisionnaires contemporains partagent l’opinion de notre maître sur ce point (voir sources et développements).
Ceci, par opposition à ce que certains veulent laisser croire en France !!
Il est interdit d’éteindre le gaz directement en fermant le robinet général d’arrivée du gaz, mais uniquement en chauffant de l’eau comme nous l’avons expliqué.
A la demande de nombreuses personnes, il est permis de faire de la glace ou de la gelée pendant Yom Tov afin de la consommer pendant Yom Tov.