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N'attendons pas de voir les gens couler pour leur venir en aide !!
Si ton frère vient à déchoir, si tu vois chanceler sa fortune, soutiens-le, fût-il étranger et nouveau venu, et qu'Il vive avec toi. (Vaykra 25-35)
A travers ce verset, la Torah nous indique qu’il faut prodiguer du bien à son prochain. Lorsqu’il se trouve dans la détresse et qu’il est sur le point de chuter, il faut s’investir pour le remettre sur pied, afin qu’il ne tombe pas complètement, car on est tenu de lui tendre la main et de lui prêter l’argent nécessaire pour qu’il récupère une situation digne et stable.
On ne doit pas attendre de voir tomber son prochain, et se mettre ainsi dans une situation où l’on devra désormais le soutenir par des dons et des gestes de Tsédaka.
Le Gaon Rabbi Moshé AL SHEI’H z.ts.l compare cela à un homme qui marche sur un chemin et qui rencontre un autre homme qui marche en vacillant au point de risquer de tomber à chaque un instant. De loin, les gens interpellent le premier homme en lui criant : « Tends lui donc ta main avant qu’il ne tombe dans la boue !!! »
Mais l’homme leur répond : « Pourquoi lui tendre la main maintenant ?! Si je vois qu’il tombe, je le relèverais ! » Pendant qu’il parlait, l’autre homme tomba dans la boue, et s’y enfonça, au point d’en être totalement recouvert. Il était impossible de le saisir tant il était recouvert de boue. Lorsque l’on désira ensuite le porter jusqu’à chez lui pour le laver et le nettoyer, il fut impossible de lui faire récupérer son état antérieur. Quel mérite a donc cet homme qui le releva après sa chute ?! S’il lui avait tendu la main à temps, il aurait empêché sa chute !!!
C’est donc le sens de notre verset :
Si ton frère vient à déchoir, si tu vois chanceler sa fortune, soutiens-le, fût-il étranger et nouveau venu, et qu'Il vive avec toi.
Cela signifie : Lorsque tu vois ton frère s’affaiblir et qu’il est sur le point de tomber, tend lui la main et saisis le pendant qu’il est encore vivant, n’attend pas qu’il chute complètement pour ensuite lui donner de la Tsédaka.
Le RAMBAM écrit (chap.1 des règles relatives au prêteur et à l’emprunteur, Hal.1) :
« Il est un commandement de la Torah de prêter aux nécessiteux du peuple d’Israël, comme il est dit : Lorsque tu prêteras de l’argent à mon peuple, au nécessiteux qui vit avec toi… … Ce commandement est encore plus grand que celui de donner la Tsédaka au nécessiteux qui réclame, car le nécessiteux est malheureusement habitué à demander, alors que la personne en difficulté matérielle n’a jamais connu cette situation. Or, la Torah est très rigoureuse envers celui qui se soustrait au commandement de prêter à celui qui en a besoin … »
A fortiori, lorsque la personne vient elle-même demander un prêt à celui qui a les moyens de lui prêter, et que celui-ci lui refuse !!!
Le Sefer Ha-‘Hinou’h (sur Mishpatim) nous fait remarquer qu’en recevant un peu de soutient par un prêt qui lui donnerait la possibilité de faire quelques bénéfices, la personne n’aura certainement jamais recourt à la mendicité. Lorsqu’il méritera la miséricorde divine et qu’il retrouvera une situation plus digne, cet homme aura la possibilité de rembourser largement sa dette et de vivre avec le reste.
Lorsqu’on prête de l’argent à une personne qui en a besoin, on doit prendre conscience qu’on lui redonne véritablement vie !
Si l’on possède en nous la qualité du bien et de la pitié, nous serons dignes de la bonté d’Hashem, comme nos maitres l’enseignent dans la Guémara Shabbat 151b :
« Celui qui prend pitié des autres, sera prit en pitié par Hashem. Celui qui ne prend pas les autres en pitié, ne méritera pas la pitié d’hashem. »
Le Sifté Cohen (sur la Torah) nous rappel que la pauvreté est la pire des choses pour l’être humain. Il dit que si l’on place dans le plateau d’une balance toutes les malédictions écrites dans les Parashiyot de Bé’houkotaï et de Ki Tavo, et que l’on place la pauvreté dans l’autre plateau de la balance, celle-ci pencherait du côté du plateau de la pauvreté.
Ne pas donner de la considération aux difficultés matérielles des autres, c’est ne pas savoir saisir la chance inouïe d’avoir été choisi par Hashem pour accomplir cette Mitsva dont la dimension est incommensurable !!!
Pirké Avot Chapitre 3
Mishna 1
‘Akavya Ben Mahalal’el dit : « Si tu regardes 3 choses, tu ne peux pas arriver à la faute : saches d’où tu viens ; où tu vas ; et devant qui es-tu appelé à rendre des comptes. D’où tu viens ? D’une goutte de moisissure. Où tu vas ? Vers un endroit de terre, de moisissure et de vers. Devant qui es-tu appelé à rendre des comptes ? Devant le Roi des Roi, Ha-Kadosh Barou’h Hou. »
Plus loin, dans le chapitre 4 (Mishna 21), il est enseigné :
Rabbi El’azar Ha-Kapar dit : « La jalousie, la convoitise et la recherche des honneurs, font sortir l’homme de ce monde (le mènent à sa perte). »
En fait, les 2 Mishnayot se rejoignent.
‘Akavya Ben Mahalal’el vient apporter 3 solutions pour que l’individu se protège des 3 fléaux cités par Rabbi El’azar Ha-Kapar dans la seconde Mishna.
En effet, pour lutter contre la l’envie de rechercher les honneurs, il faut prendre conscience de là où on vient : d’une goutte de moisissure. En prenant conscience de cela, on se protège de l’envie de rechercher les honneurs. Car en effet, même les vers de terres sont mieux que l’individu qui recherche les honneurs, puisque les vers ont été crées à partir de l’eau, alors que l’être humain a été crée à partir d’une goutte de moisissure.
Pour lutter contre la jalousie, il faut se rappeler du lieu de notre destination finale : un endroit de terre, de moisissure et de vers. Car lorsqu’un individu voit la richesse et les honneurs chez son prochain, il est jaloux de lui, et ne désire qu’acquérir le plus d’or et d’argent possible. Mais lorsqu’il prend conscience qu’il va vers un endroit de terre, de moisissure et de vers, où il n’y a ni or ni argent, et qu’il ne lui restera rien dans les mains, si ce n’est que 4 coudées (env. 2 m) et des linceuls, l’individu cesse - de lui-même - toute forme de jalousie envers son prochain.
Le livre Kol Ya’akov cite une image pour illustrer cette notion :
Un homme rencontre deux nécessiteux non voyants.
Il s’approche de l’un et lui dit :
« J’ai donné une pièce d’or à ton ami, afin que vous la partagez ensemble. »
Puis, il s’approche de l’autre et lui dit exactement la même chose.
Soudain les deux nécessiteux non voyants se réclament mutuellement l’argent. Chacun d’entre eux contredit l’autre en prétendant que c’est lui qui possède l’argent.
Chacun des deux est jaloux de l’autre, alors que ni l’un, ni l’autre ne possède quoi que ce soit.
Il en est de même pour celui qui jalouse la richesse de l’autre.
Il doit prendre conscience que même son ami - qui possède tant de richesses - ne possède en réalité rien du tout, puisqu’il est lui aussi appelé à rejoindre l’autre monde, les mains vides.
Pour lutter contre la convoitise, il faut prendre conscience que l’on est appelé à rendre des comptes devant le Roi des Rois, Ha-Kadosh Barou’h Hou.
En effet, les commentateurs demandent :
Pourquoi la Mishna emploit-elle le terme « Din Ve-’Heshbon » (« Jugement et compte ») pour désigner les comptes que l’on a à rendre ?
La forme la plus juste aurait été « ‘Heshbon Vé-Din », car c’est selon le compte de ses actes que l’on prononcera le jugement de l’individu.
Mais en réalité, voici l’explication.
Au début, on demande à la Neshama :
« Quel est le Din pour une personne qui a commis telle ‘Avera ? »
La Neshama répond :
« Telle ou telle ‘Avera mérite tel jugement. »
Ensuite, on dresse le compte de toutes les ‘Averot de l’individu durant toute sa vie, en appliquant le jugement exact que la Neshama a suggéré pour chaque ‘Avera.
C’est donc cela l’explication de « Din Ve-’Heshbon ».
D’abord le Din - le jugement – que suggère la Neshama sur chaque type de ‘Avera, et ensuite le ‘Heshbon – le compte – que l’on fait « payer » pour ces même ‘Averot commises par l’individu lui-même.
En prenant conscience du futur Jugement Céleste, tel que nous venons de le décrire, l’individu ne peut que se protéger dans ce monde, de toute forme de convoitise.
L’individu doit toujours pensé : « Comment aurais-je réagis si c’était moi l’accusé ? »
Grâce à cet état d’esprit, on marche constamment dans la droiture et la justice.
Car s’il se laisse emporter par l’apparence première des choses, l’œil de la convoitise mènera l’individu vers le néant, puisque l’homme ne voit jamais ses propres défauts, et il se trouvera toujours des permissions, au moyen du mensonge.
Mais lorsqu’on se souvient de la façon avec laquelle le Jugement Céleste est prononcé, et que c’est l’individu lui-même qui prononce sa propre sentence, on n’éprouve plus le moindre penchant vers la convoitise.
Mishna 8
Rabbi Eli’ezer de la ville de Bartota dit : Donne-lui ce qui lui appartient, car toi et ce que tu possèdes lui appartiennent, comme le dit le Roi David : « Tout vient de toi, et c’est de Ta main que nous te donnons. »
« Donne-lui ce qui lui appartient » signifie que tout ce que l’homme possède provient d’Hashem. C’est pourquoi le Tana dit : Donne à Hashem de ce qui lui appartient, car toi et ce que tu possèdes lui appartiennent, car toute la richesse matérielle qu’Hashem procure aux gens riches, n’est en réalité qu’un « dépôt » et l’homme riche n’est qu’un gérant de ce bien qu’on lui a confié, afin de pouvoir aider les nécessiteux et ceux qui sont dans le besoin. Ce riche mérite donc lui aussi de vivre de cette richesse.
On peut expliquer cela par une Hala’ha tranchée dans le Shoulh’an ‘Arouh’ (‘Hoshen Mishpat 246-4) au sujet de celui qui quitte ce monde en laissant un testament dans lequel il lègue la totalité de ses biens à un seul des ses fils. Voici les termes de MARAN dans le Shoulh’an ‘Arouh’ à ce sujet :
« Celui qui rédige un testament dans lequel il lègue tous ses biens à un seul de ses fils, il n’en fait en réalité que le gérant de ses biens, et le fils n’héritera qu’au même titre que tous ses frères. »
C’est-à-dire : Même si le père lègue la totalité de ses biens à un seul de ses fils, nous n’estimons pas que ce fils est le seul héritier, mais nous estimons plutôt que la véritable intention du défunt n’était pas d’évincer tous ses autres enfants de ses biens, mais seulement de désigner celui parmi ses fils qui sera responsable du partage de l’héritage et que tous ses frères honorerons en l’écoutant. Le fils désigné sera effectivement le responsable du partage de l’argent de l’héritage, mais il ne prendra dans l’héritage qu’une part égale à celle de ses frères.
Il en est de même avec Hashem. Lorsqu’il octroie la richesse matérielle à l’un de Ses enfants, cet homme n’est pas considéré comme le propriétaire de sa richesse, mais seulement comme le gérant désigné pour distribuer cet argent à ses frères nécessiteux, afin de les soutenir et les nourrir.
En récompense à cela, cet homme riche mérite d’être honoré, comme il est enseigné dans la Guemara ‘Erouvin (86a) : « Rabbi honorait les riches. » De même, Rabbi ‘Akiva honorait lui aussi les riches.
Il est certain qu’il s’agit là de riches qui craignent Hashem et qui prodiguent le bien.
Il est rapporté dans le Sefer Ha-‘Hassidim (chap.187) que parfois, un homme n’a pas le mérite de vivre, et malgré tout, Hashem le maintient en vie car d’autres personnes ont besoin de lui, et s’il cessait d’aider et de soutenir les autres, il cesserait immédiatement de vivre.
De même, parfois un homme commet une faute envers Hashem, et il mériterait d’être puni par de graves maladies pour cette faute, malgré tout, Hashem ne le punit pas car d’autres personnes ont besoin de lui et le mérite de la collectivité le protège. Il est aussi possible qu’il fasse Téshouva et répare ce qu’il a fait.
Mishna 12
Celui dont les actes sont plus nombreux que la sagesse, verra sa sagesse pérenniser. Celui dont la sagesse est plus importante que les actes, sa sagesse ne pérennisera pas.
Notre maître le RASBETS commente dans son livre Maguen Avot :
Lorsqu’il est enseigné ici « Celui dont les actes sont plus nombreux que la sagesse, verra sa sagesse pérenniser » il ne s’agit pas d’une plus grande proportion des actes sur la sagesse, car sans une importante dose de sagesse, comment l’individu pourrait-il posséder des actes nombreux, puisque les actes ne sont que le fruit de la sagesse et l’ignorant ne craint pas la faute. De même, la Tora dit : « …vous les étudierez (les Mitsvot) et vous les pratiquerez… » Ce qui signifie que c’est l’étude qui entraîne la pratique des Mitsvot.
Cette Mishna désigne en réalité celui qui s’est engagé à mettre en pratique tout ce qu’il apprend. Lors de l’engagement, l’acte est déjà considéré comme réalisé. Comme il est enseigné dans la Me’hilta (Parasha de Bo et citée par Rashi sur Shemot 12-28) : « Les Béné Israël allèrent et accomplirent… » Ont-ils ce jour là accomplis le sacrifice de Pessa’h ? Pourtant ce jour n’était que Rosh ‘Hodesh Nissan alors qu’ils n’ont accomplis le sacrifice de Pessa’h qu’au 14 NIssan, pourquoi le texte dit-il qu’ « ils allèrent et accomplirent… » ? Seulement pour nous apprendre que la Torah considère le fait de s’être engagés à accomplir comme s’ils avaient déjà accomplis.
Le RASBETS cite encore d’autres références à travers les enseignements de nos maîtres et qui constituent des bases solides à cette explication.
« Celui dont la sagesse est plus importante que les actes, sa sagesse ne pérennisera pas. » désigne une personne qui étudie beaucoup sans pour autant mettre en pratique ce qu’elle apprend. Dans cette condition, il aurait été préférable de ne pas étudier. Comme il est enseigné dans les Avot de Rabbi Natan : Ceci est comparable à une personne qui se rend chez un épicier en lui disant : « Donne-moi du vin et de l’huile. » L’épicier lui répond : « Apporte un ustensile. » La personne amène un panier en roseau qui ne peut pas contenir le vin et l’huile. L’épicier lui dit : « Tu ne possède même pas les ustensiles appropriés et tu réclames du vin et de l’huile ?! » De même, Hashem s’adresse aux Resha’im (les impies) en leur disant : « Vous ne possédez pas de bonnes actions et vous réclamez l’étude de la Torah ?! » Comme il est dit dans le livre des Tehilim : « Au Rasha, Hashem dit : Qu’as-tu a raconter mes lois ?! »
L’explication de « …sa sagesse ne pérennisera pas » correspond à ce qui est enseigné dans la Guemara Sanhedrin (106b) au sujet de Doeg Ha-Edomi : Doeg n’est mort que lorsqu’il oublia ses connaissances en Torah, comme il est dit dans Mishlé (5-23) : « Il va mourir sans morale, et il s’égarera par sa folie » Car il étudiait sans mettre en pratique.
Cette 2ème partie de la Mishna peut sembler surprenante.
En effet, comment est-il concevable que la connaissance de la Torah puisse adhérer à des Resha’im ? Doeg était un Rasha’ puisqu’il est le responsable du massacre de toute une ville de Cohanim parce qu’ils avaient donné abri à David lorsqu’il fuyait devant Shaoul, pourtant il n’en était pas moins un très grand sage sans son pareil dans la Torah. Comment peut-on comprendre que la Torah qui n’est que sainteté, qui émane directement d’Hashem depuis le ciel, qui est une Sagesse Divine, et pourtant des Resha’im peuvent montrer de l’assiduité dans son étude et même grandir en elle ! Même Doeg, si ce n’était que le Roi David pria pour qu’il meurt sans sa sagesse et qu’un miracle se produisit et provoqua à Doeg l’oubli de sa Torah comme le rapporte la Guemara Sanhedrin, sans cela il pouvait naturellement quitter ce monde en restant un sage dans la Torah. Comment donc un Rasha’ de cette espèce peut-il de façon naturelle accéder à un niveau si élevé en connaissance de la Torah ?
La réponse à cette question est donnée par le Gaon Rabbi Avraham Israël ZEEVI z.ts.l dans son livre Or La-Yesharim (à la fin du livre Orim Guedolim). Il explique que chaque Ben Israël, au moment où son âme s’est tenue sur le Mont Sinaï, a reçu d’Hashem une part exclusive de la connaissance de la Torah, une part que seule la personne qui la reçoit sera plus tard à même de dévoiler dans le monde. La majeure partie de la Torah que chacun apprend ne provient pas de sa part exclusive mais uniquement des parts qui ont été reçues par d’autres qui l’ont précédé et qui ont déjà dévoilé dans le monde ce que leur âme a reçu sur le Mont Sinaï. Ces commentaires et explications de la Torah qui ont été innovés par nos prédécesseurs, « planent » dans l’air et lorsque nous les découvrons à travers l’étude, nous ne faisons en réalité que les « saisir » dans l’air. Il n’est pas donné à tout le monde d’avoir le mérite d’innover et de dévoiler la part exclusive qui lui a été octroyée sur le Mont Sinaï.
Il en est de même pour les Resha’im.
Même si la crainte d’Hashem n’est pas présente dans leur esprit, ils peuvent malgré tout « saisir » eux aussi dans l’air ce qui a été déjà innové dans le monde dans le domaine de la connaissance de la Torah. Mais ils ne pourront en aucun cas – même avec la plus extraordinaire sagesse – dévoiler et innover cette part exclusive qui a été donnée à leur âme sur le Mont Sinaï.
C’est pour cette raison que le Tana emploi les termes précis « sa sagesse ne pérennisera pas ». Ce qui signifie la part de « sa » propre sagesse ne pérennisera pas s’il n’a pas la crainte d’Hashem à son esprit.
Il y a encore un sens profond à cet enseignement.
En effet, celui qui étudie la Torah mais uniquement en disant, en apprenant et en comprenant les choses expliquées par ceux qui l’ont précédé dans les générations antérieures, cet homme n’étudie pas la Torah de façon directe d’Hashem mais en passant par des intermédiaires qui sont les sages qui ont innové ce qu’il étudie présentement. Mais par contre, celui qui a le mérite d’étudier la Torah en innovant et en dévoilant la part qui lui a été exclusivement donnée sur le Mont Sinaï, cet homme a le mérite d’étudier la Torah de façon directe sans le moindre intermédiaire, réellement d’Hashem lui-même.
C’est le sens du verset (dit au sujet du Roi David) : « Hashem est avec lui » car grâce à sa crainte d’Hashem, il avait le mérite d’étudier la Torah directement d’Hashem, et de ce fait, la Hala’ha était systématiquement fixée selon son opinion, car il n’y a que celui qui a la crainte d’Hashem qu a le mérite d’étudier une telle Torah qui représente « sa sagesse » et qui pérennisera.
Mishna 21
« Rabbi El’azar Ben ‘Azarya dit : Sans Torah, il n’y a pas de Dere’h Erets. Sans Dere’h Erets, il n’y a pas de Torah. »
Le terme « Dere’h Erets » s’explique – au sens simple – par le commerce ou autres activités qui font parties de la vie des gens dans le monde.
Selon cette explication, il faut interpréter notre Mishna ainsi :
S’il n’étudie pas la Torah, tous les efforts que l’homme fournira dans son commerce pour les besoins de sa subsistance matérielle, ne lui permettront pas de pratiquer un commerce honnête avec les gens, selon les lois de la Torah, comme nos ‘Ha’hamim l’enseignent dans la Guémara Bava Kama (30a) :
Celui qui désire être un ‘Hassid (un homme d’une grande piété), doit étudier les lois des Nezikin, c'est-à-dire, les lois concernant les dommages matériels, contenues dans les traités de l’ordre talmudique Nezikin, afin que son commerce soit honnête.
Or, si l’homme n’étudie pas, comme pourra t-il mettre en application ?
De même, s’il n’y a pas de Dere’h Erets – s’il n’y a pas la pratique d’un métier dans l’honnêteté – il n’y a pas de Torah, car toute étude de la Torah qui n’est pas accompagnée d’un métier, est appelée à disparaître, entraîne la faute, et l’homme en arrivera à oublier ce qu’il étudie.
Tel est l’explication de cette Mishna selon Rabbenou Ovadia Mi-Bartenoura.
Cependant, d’autres commentateurs expliquent que le terme « Dere’h Erets » désigne les bonnes qualités humaines, les vertus exceptionnelles et la moralité.
Si l’homme ne possède pas de Dere’h Erets – de bonnes qualités – il n’y a pas de Torah, car sa Torah n’est pas complète puisque les gens ne l’apprécient pas.
De même, s’il n’a pas de Torah, il est impossible – de façon générale – qu’il possède un véritable Dere’h Erets dans toute situation.
Il est rapporté dans le Midrash :
Rabbi Shemouel Bar Na’hmani dit : le Dere’h Erets st grand car il a précédé la Torah de 26 générations, comme il est dit : « Afin de préserver le Chemin vers l’arbre de la Vie ». Le chemin, c’est le Dere’h Erets (« Dere’h » signifie « chemin »), et la Vie, c’est la Torah.
Il est dit dans Mishlé :
« Le souci abat le cœur de l'homme; mais une bonne parole y ramène la joie. »
Le Gaon de Vilna explique ce verset en disant que la « bonne parole » dont il s’agit ici, c’est la Torah, puisque celui qui accepte sur lui le joug de la Torah, se verra soulagé de toutes sortes de soucis. Comme il est enseigné dans Avot DeRabbi Natan :
Celui qui place les paroles de la Torah en son cœur, se verra épargné des peurs de l’épée, et des peurs de la famine…
On rapporte aussi au non de Rabbi Na’houm de Tchernobil :
Tous les soucis sont interdits, excepté le souci d’avoir des soucis…
Shabbat Shalom