Overblog Tous les blogs
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Bienvenue sur le site de halakha créé par Rubben Salfati. Vous pouvez consulter des halakhotes et les imprimer gratuitement Un jour une halakha( devise du site). Ce site est mis a jour chaque jour avec une halakha. Vous pouvez me contacter a l'adresse suivant: rubbensalfati@gmail.com

Publicité

331. "Sache d’où tu viens, où tu vas et devant qui tu devras rendre jugement et compte"

                                                          Pirké Avot
                                                           Chapitre 3

 

Michna 1 :


Akavia ben Mahalalel dit : « Contemple trois choses et tu n’en viendras pas à fauter : sache d’où tu viens, où tu vas et devant qui tu devras rendre jugement et compte. D’où tu viens – d’une goutte malodorante. Où tu vas -  vers un lieu de poussière, d’asticots et de vers. Devant qui tu devras rendre compte – devant le Roi des rois, le Saint, Source de Bénédiction »


Explication :


Akavia ben Mahalalel nous révèle une leçon importante pour éviter la faute. Il conseille de se garder de trois mauvais traits qui, même si l’occasion de fauter se présente à nous, nous aideront à nous en abstenir. Ces trois mauvais traits sont : La jalousie, l’envie et [la recherche des] honneurs.                           

Il est enseigne plus loin : «  La jalousie, l’envie et la recherche des honneurs excluent l’homme du monde » (Chapitre 4, Michna 28). 

                                                                                      

Le premier de ces traits est la jalousie. Etre jaloux de la richesse et des biens de son prochain implique que l’on désire  acquérir les mêmes choses. Cette jalousie peut conduire l’homme à voler, à prendre ce qui ne lui appartient pas, à faire de faux serments, à dérober les possessions d’autrui et, finalement, à obtenir illégalement les biens des autres. Tout cela découle uniquement de la jalousie.  

     

Le deuxième trait est l’envie, la tentation qui pousse l’homme à vouloir  faire l’expérience des plaisirs de ce monde : manger de bons plats et satisfaire ses appétits sexuels. Mais s’il y consacre sa vie, il finira par consommer des aliments interdit et à se rendre coupable de relations prohibées, tout cela est par envie de satisfaire ses tentations.                                                                                                                          

 

Le troisième trait est la recherche des honneurs, la poursuite de la renommée et de l’estime d’autrui. L’homme devient orgueilleux, se sent supérieur à son prochain, le déshonore et le tyrannise.                                                                                              

 

Akavia ben Mahalalel donne un « remède » avant les « maladies », car « la jalousie, l’envie et la recherche des honneurs » survient qu’au prochain chapitre des Pirké avot (chapitre 4).                     

Il donne un conseil pour dominer ces trois traits de caractère et, de cette façon, échapper à a la faute : Lui qui fut créé à partir d’une goutte de sperme malodorante, comment peut-il courir après les honneurs et rechercher l’estime d’autrui ? Comment peut-il éprouver de la fierté et un sentiment de supériorité en connaissant son origine abjecte ?   

                                                                                                        

De plus, il finira dans la tombe, un lieu de poussière et de vers où il sera finalement dévoré par les vers ; puis ses os retourneront à la poussière. En considérant cela, comment l’homme peut-il vouer les quelques années de sa vie aux passions de ce monde et se laisser aller à la faute ?                        

 

En outre, chacun devra comparaître en jugement devant Dieu et Lui rendre des comptes au grand Jour du Jugement. Il se tiendra devant le Roi des roi, le Saint, Source de Bénédiction, devant Lequel rien n’est caché, et qui connaît tous ses actes depuis le jour de sa naissance jusqu’au moment de sa mort.                                                                                                                                                                                 

Il n’est pas sage ni de commettre la moindre faute ni d’envier les biens d’autrui et de tenter de les acquérir de façon illégale. Si l’on s’empare de ce qui ne nous appartient pas ou que l’on escroque son prochain, on devra en rendre compte, même s’il s’agit de quelque chose de minime.   

Le sage parle de « rendre jugement et compte. Nous nous serions attendus à ce qu’il dise : « Compte et jugement ». En effet, on doit d’abord rendre des comptes avant d’être jugé.                             

 

Mais lorsque l’homme se présente dans l’autre monde afin d’être jugé pour les actes qu’il a commis pendant sa vie, on lui fait d’abord connaître le « jugement » relatif à toutes les lois de la Torah. Ensuite, on lui fait connaitre la punition prescrite pour chaque faute. Ainsi, par exemple, si un homme s’est rendu coupable d’adultère avec une femme mariée, on lui demande d’énoncer la punition prescrite dans ce cas. S’il profanait le Chabat, on lui demande la peine encourue et il répond que c’est la mort par lapidation. Après avoir annoncée le « jugement » s’appliquant à chaque faute, il est accusé pour chacune ;  tel est le « compte » qu’il doit rendre.                                                        

Lorsque Akavia ben Mahalalel parle de rendre «jugement et compte », il veut dire que l’homme comment par donner le jugement pour chaque faute qu’il a commise, après quoi il est interrogé et, à ce moment-là, il rend compte de ce qu’il a fait. Ensuite, il subit la peine qu’il a lui-même annoncée.                                                                                                                                                              

Selon d’autres commentaires, le maitre emploie cette expression  parce que Dieu commence par réprimander l’homme pour ses péchés et procède à son jugement. Lorsque l’homme admet sa culpabilité, on lui montre un compte rendu de tout ce qu’il a fait. L’homme est jugé avant de recevoir le compte de toutes ses fautes                                                                                                                                                    

En réfléchissant à tout cela, le cœur en sera bouleversé et l’homme se gardera du péché.                                                            

 

Il est écrit, à ce sujet : « Souviens-toi de ton Créateur ( Bor’ékha ) dans ta jeunesse, avant que ne viennent les jours de malheur » (Ecclésiaste 12,1). Le mot « Bor’ékha » à trois sens possibles.                       

 

La première signification est « Ton Créateur » [d’après le mot « Boré » : Créateur]. Le verset nous dit : « Souviens-toi de ton Créateur » devant lequel tu devras rendre des comptes. Souviens-toi de Lui dans ta Jeunesse, lorsque le mauvais penchant est puissant. C’est surtout, à ce moment-là que tu dois éviter le péché.                                                                                                                                                              

Le terme « Bor’ékha » peut également être lu : « be-erkha » [d’après le mot « beér qui signifie « un puits »]. Selon cette deuxième interprétation, le verset dit : « Souviens-toi de ta Source ». Considère ton origine : que tu proviens d’une goutte nauséabonde. Si tu t’en souviens, tu n’éprouveras pas d’orgueil et tu ne fauteras pas.   

                                                                                                 

La troisième façon d’interpréter ce mot  est : « bor-kha » [d’après le mot « bor » : la « citerne » ou « la tombe »]. Souviens-toi de ta tombe. Rappelle-toi que tu finiras dans la tombe, rongé par les vers. En réfléchissant à cela, tu ne te poursuivras certainement pas les vices de ce monde et tu te garderas ainsi du péché.


On peut s’étonner de la redondance des termes de cette Michna. Akvia ben Mahalalel  aurait pu formuler sa leçon d’une façon bien plus concise :

« Contemple trois choses  et tu n’en viendras sa pas à la faute : sache d’où tu viens, d’une goutte malodorante ; où tu vas, vers un lieu de poussière, de vers et de magots ;  et devant qui tu devras rendre jugement et compte, devant le Roi des rois, le Saint, Source de bénédiction ».


Pourquoi le Sage commence-t-il par dire :


"Sache d’où tu viens, où tu vas et devant qui tu devras rendre jugement et compte..."

 

 

pour reprendre la question à nouveau avant d'y répondre :


"D’où tu viens, d’une goutte malodorante…"


Akavia ben Mahalalel aurait pu donner les réponses depuis le début de la michna et éviter une répétition. En fait, il veut nous enseigner ici qu’indépendamment des trois idées qu’il indique explicitement, il y a d’autres choses à considérer si l’on veut  éviter le péché. Les trois premières idées, exposées allusivement, sont évoquées justement par la redondance de termes.            

                                  

Les trois premières idées soulignent la grandeur de l’amé humaine semblable à une pierre précieuse dissimulée dans le corps humain. Les trois idées suivantes, clairement exprimées dans la Michna, font référence à la bassesse  du corps. Si un homme réfléchit à tout cela, il ne fautera certainement jamais.       

                                                       

Les trois premières idées que le maitre exprime par allusion sont les suivantes :                              Tout d’abord : « Sache d’où tu viens ». Médite sur le fait que ton âme provient d’un lieu particulièrement saint. C’est un esprit saint émanant du Trône de Gloire. L’âme est un diamant si précieux qu’il faut veiller à ne pas la souiller.  

                                                                                                                    

Le roi David dit : « Ma part est Dieu ;  j’ai dit que j’observerai Tes paroles » (Psaumes 119 ,57) ce qui veut dire : « Je regarde mon âme qui est une «  partie du Divin d’en haut ». Sa sainteté est si grande que je dois veiller à observer Tes commandements et ne pas transgresser Tes ordres pour ne pas souiller mon âme ».                                                                                                                              

 

La deuxième idée à laquelle Akavia ben Mahalalel fait allusion est : « Où tu vas ». Tu dois réfléchir au lieu où ton amé finira par aller : au lieu saint d’où elle provient. L’amé vint en ce monde de sous le Trône de Gloire pour observer les commandements. Ceci étant, tu dois être très vigilant de ne pas fauter afin que ton âme puisse retourner à son saint lieu d’origine. Sois très prudent de ne pas pervertir ton âme tes mauvaises actions.                                                                                                                        

 

La troisième idée sous-entendue figure dans : « devant qui tu devras rendre jugement et compte ». Toi, exactement tel que tu es à présent, tu devras, avec ton corps et ton amé, comparaitre devant le Roi de rois. Tu penses peut être invoqué l’excuse que seul ton corps ayant fauté, lui seul doit aubier la punition. Mais corps et amé sont jugés ensemble ; tous deux doivent se tenir en jugement et rendre des comptes dans le monde futur. Ainsi, lorsqu’un homme réfléchit à la grandeur de son amé et à la bassesse de son corps, il se gardera de la faute.  

                                                                          

Ceci explique aussi le sens d’un terme apparemment superflu : « sache ». La michna ayant déjà dit : « Considère trois choses », pour répéter « sache » ?                                                                                   

En fait, lorsque le sage dit « contemple » trois choses, il parle des trois idées mentionnées explicitement dans la michna. Il nous dit de « contempler » ces trois choses qui sont visibles de tous. On peut voir la goutte de laquelle provient le corps humain ainsi que le lieu de « poussière, vers et magots » où l’on aboutira. 

                                                                                                                                                            Cependant, Akavia Ben Mahalalel nous dit de « savoir » également trois choses : ce sont  les idées qui concernent l’âme. Ces concepts, invisibles, ne sont perceptibles que par l’esprit.

 

 Dvar Thora rédigé par Rubben Salfati

Publicité
Retour à l'accueil
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article