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Pirké Avot (chap.2 Mishna 16) :
Rabbi Yehoshoua’dit ; le mauvais œil, le Yester Hara’ (le mauvais penchant), et la haine d’autrui, détruisent l’individu.
Il est écrit dans la Torah (Devarim 7) :
« Si vous écoutez ces jugements, que vous les observez et que vous les pratiquez, alors Hashem ton D. préservera pour toi l’alliance et la bonté qu’il a juré à tes ancêtres … Et Hashem retirera de toi toute maladie, et toutes les mauvaises souffrances de l’Egypte que tu as connu, Il ne les placera pas en toi, mais les donnera à tes ennemis. »
Nos ‘Ha’hamim apprennent dans la Guemara Bava Metsi’a (107b) :
« Et Hashem retirera de toi toute maladie … » Rav dit : « C’est le Aïn Hara’. »
Rashi commente : La chose de laquelle dépendent toutes les maladies du monde, c’est le ‘Aïn Hara’.
Chaque maladie qui existe dans le monde, contient en elle une part de ‘Aïn Hara’.
Il est rapporté dans la Guemara que Rav savait personnellement que le Aïn Hara’ est lié à toutes les maladies, parce qu’un jour il s’est rendu dans un cimetière, et vérifia par Roua’h Hakodesh (esprit prophétique) la cause de décès de chaque mort, s’il était mort de mort naturelle, ou par Aïn Hara’. Lorsqu’il finit sa visite au cimetière, Rav déclara que 99 % d’entre eux étaient mort par Aïn Hara’, et que seulement 1 % était mort de mort naturelle.
Il en ressort de cette Guemara que le Aïn Hara est une réalité.
Nous allons à présent expliquer la définition du ‘Aïn Hara’.
Pour cela, nous allons essayer d’en comprendre la source.
Le ‘Ain Hara’ est-il exclusivement le produit de la haine et de la convoitise qu’un homme peut éprouver envers son prochain, ou bien peut-il être également provoqué par le fait d’être impressionné de n’importe quelle chose ?
Notre maître le Rav Ovadia YOSSEF Shalita écrit dans son livre ‘Anaf ‘Ets Avot (page 137), que le ‘Aïn Hara’ ne vient pas seulement d’ennemis qui possèdent un regard mauvais sur les choses, mais il peut provenir également d’amis, ou même de Talmidé ‘Ha’hamim (érudits dans la Torah), comme nous pouvons le constater à partir de ce qui est enseigné dans la Guemara Bera’hot (58b) : Rav Papa et Rav Houna fils de Rabbi Yehoshoua’ marchaient en chemin. Ils rencontrèrent Rav H’anina Bar Rav Eika.
Ils lui dirent : « En te voyant, nous devons réciter 2 bénédictions : la Bera’ha de Shehe’heyanou et celle de She’halak Mi’ho’hmato Lireav » (Ils étaient tellement heureux de le voir qu’ils récitèrent la Bera’ha de Shehe’heyanou, que l’on récite lors d’un événement joyeux. Et par égard à son niveau très élevé dans la Torah puisqu’il faisait partie des grands de la génération, il récitèrent également la Bera’ha de She’halak Mi’ho’hmato Lireav que l’on récite à la vue d’un grand sage d’Israël).
Il leur répondit : « Moi aussi je dois réciter ces 2 Bera’hot en vous voyant, et je dois même en ajouter une 3ème, celle de Barou’h ‘Ha’ham Harazim, car vous êtes aussi important pour moi que 600 000 Béné Israël » (la Bera’ha de ‘Ha’ham Harazim était récitée par celui qui voyait plus de 600 000 Béné Israël en une seule fois).
Ils lui dirent : « Tu es tellement sage et intelligent ! »
Leurs propos lui provoquèrent le ‘Aïn Hara’ et il décéda.
Il est évident que des grands d’Israël comme Rav Papa et Rav Houna fils de Rabbi Yehoshoua’ n’éprouvaient pas la moindre convoitise envers Rav ‘Hanina Bar Rav Eika, mais la forte impression qu’ils éprouvaient envers lui, du fait de sa grandeur dans la Torah et de sa sagesse, même s’il est certain qu’ils se réjouissaient de sa grandeur, avec la générosité qu’ils possédaient, malgré tout, ils lui ont provoqué la mort.
Nous pouvons constater que le ‘Aïn Hara’ peut provenir simplement de l’impression que des gens éprouvent lorsqu’ils voient une chose qui les surprend, à ce moment là, ils peuvent provoquer le ‘Aïn Hara’ et réaliser des dégâts.
De même, nos maîtres enseignent dans la Guemara Bava Batra (14a) :
On ne doit pas réaliser Leh’ateh’ila (à priori) un Sefer Torah dont la longueur serai plus importante que sa circonférence (c'est-à-dire, lorsqu’on écrit un Sefer Torah, il faut veiller à économiser les parchemins, de sorte que lorsqu’on aura terminer l’écriture du Sefer Torah, sa circonférence - lorsqu’il est roulé - sera égale à sa hauteur). C’est une chose vraiment difficile à réaliser. Rav Houna rédigea 70 Sifré Torah, et pas même un seul d’entre eux n’avait sa circonférence égale à sa hauteur. Rav A’ha Bar Ya’akov rédigea un Sefer Torah sur la peau d’un veau, et réussi à faire en sorte que la hauteur soit égale à la circonférence. Les ‘Ha’hamim furent impressionnés par cela et il mourut par Aïn Hara’.
Nous voyons encore à partir de cet enseignement que toute chose surprenante peut provoquer une emprise du ‘Aïn Hara’ sur la chose.
De même, il est enseigné dans la Guemara Bava Metsi’a (102a) :
Il est interdit de se tenir au bord du champ de quelqu’un, lorsque le champ est rempli de ses plantations (lorsque le champ est arrivé au maximum de sa capacité à faire pousser), afin de ne pas infliger le ‘Aïn Hara’ au propriétaire.
De même, Rav Yehouda dit à Ravin : « Ravin mon frère ! N’achète pas un champ qui se trouve proche de la ville, car tous les habitants de la ville vont le regarder et infligeront le ‘Aïn Hara’ à sa récolte. »
(Certains expliquent que le fait que des gens soient impressionnés par des avantages dont d’autres personnes bénéficient dans ce monde, provoque d’une certaine manière, un éveil de la rigueur Divine dans le ciel, et l’on vérifie à ce moment là si la personne bénéficiaire de l’avantage en question, est réellement méritante. Comme personne n’est irréprochable, la personne peut subir des dégâts matériels qui viennent « rééquilibrer la balance ». Mais d’autres réfutent cette explication.)
Notre maître le Rav Ovadia YOSSEF shalita écrit dans son livre ‘Anaf ‘Ets Avot (page 138) que même un orateur, gratifié par Hashem de grandes capacités d’élocution, et qui est doté d’une véritable « force de la parole », doit se protéger et être très vigilant, pour ne pas subir le ‘Ain Hara’.
Il peut utiliser le remède indiqué par nos ‘Ha’hamim dans la Guemara Bra’hot (52b) :
Celui qui pénètre dans une ville où l’on ne le connaît pas, et qui craint que l’on soit impressionné par sa grande sagesse, par sa belle voix, ou par d’autres capacités qu’il possède, et que de ce fait, il subisse le ‘Ain Hara’, il devra placer son pouce droit à l’intérieur de sa main gauche, et son pouce gauche à l’intérieur de sa main droite, et il devra dire :
Moi, untel fils d’untelle (son prénom et le prénom de sa mère), je suis de la descendance de Yossef Ha-Tsaddik, sur laquelle, le ‘Ain Hara’ n’a aucune emprise, comme il est dit : « Yossef est un rameau fertile, un rameau fertile au dessus d'une fontaine… » (le mot fontaine se dit en hébreux « ‘Ain », qui signifie également « l’œil »), les descendants de Yossef sont « au dessus de l’œil » (ce sont eux qui ont de l’emprise sur l’œil, et non le contraire).
Autre preuve (selon laquelle, la descendance de Yossef est protégée du ‘Ain Hara’):
« …Puisse-t-il multiplier (comme les poissons) à l'infini au milieu de la terre… » (ce verset est écrit au sujet des enfants de Yossef).
Les poissons de la mer sont recouverts par l’eau, et le ‘Ain Hara’ n’a donc pas d’emprise sur eux, de la même façon, le ‘Ain Hara’ n’a pas d’emprise sur la descendance de Yossef.
Le fait de déclarer « je suis de la descendance de Yossef Ha-Tsaddik… », alors que l’on est peut être d’une autre tribu – car la grande majorité d’entre nous ne provient pas de la tribu de Yossef Ha-Tsaddik - ne constitue pas un mensonge, puisque tous les Bné Israël sont appelés « enfants de Yossef », ainsi qu’il est dit dans le Tehilim 77-16) « Tu as délivrer avec le bras, ton peuple, les enfants de Yaakov et de Yossef… », et le Midrash Yalkout Shim’oni (sur Shmouel 1) demande sur ce verset : Est-ce Yossef qui a enfanté tous les Bné Israël ? N’est ce pas plutôt Yaakov ? Et l’on répond : C’est Yaakov qui a enfanté les Tribus d’Israël, mais c’est Yossef qui a nourrit ses frères et toute la maison de son père (en Egypte, pendant la famine), et c’est pour cela qu’ils sont appelés « ses enfants ».
Il est rapporté dans la Guémara Sanhedrin 92a) :
Rabbi El’azar dit : « Réside toujours dans l’ombre et tu vivras ! »
L’ombre signifie ici la discrétion grâce à laquelle on peut se protéger du ‘Ain Hara’.
Cependant, notre maître le Rav shalita, écrit que celui qui est gratifié par Hashem de capacités d’élocution, et qui possède de l’influence par sa parole pour ramener les gens vers la Torah, avec beaucoup de sagesse et d’intelligence, ne doit pas se priver de prendre la parole par crainte du ‘Ain Hara’, comme l’écrit le Gaon auteur du célèbre Pélé Yo’ets (section « ‘Aïn ») :
On ne doit pas se priver d’accomplir une Mitsva par crainte de ‘Aïn Hara’ – par exemple, prendre la parole en public pour dire des Divré Torah - car celui qui est en train d’accomplir une Mitsva, ne peut pas subir le mal, car la Mitsva protège et sauve.
Et d’ailleurs, celui qui n’accorde pas spécialement d’importance au ‘Ain Hara’ (mais qui ne nie pas son existence), le ‘Ain Hara’ n’aura pas véritablement d’emprise sur lui, comme la Guémara nous l’apprend : « Celui qui n’attache pas d’importance à une chose, celle-ci n’en possède plus ».
Mais par mesure de précaution, il est préférable d’utiliser le remède cité plus haut, car le ‘Ain Hara’ est une chose véridique.
Le livre Pa’had Its’hak (section « Tseda ») rappelle que nombreux scientifiques de l’histoire du monde, ont voulus remettre en question la réalité de la notion du ‘Ain Hara’, mais il fait aussi remarquer que le RAMBAN a réfuté leurs arguments à partir des enseignements du Talmud, et a établie que le ‘Ain Hara’ est une indéniable réalité.
Cependant, ceux qui s’intéressent au ‘Aïn Hara’ plus qu’il ne faut, non seulement ces gens s’occupent du secondaire en délaissant le principal - puisque le fait d‘occuper leur esprit sur la notion du ‘Aïn Hara’, les empêche de se pencher sur leurs actions - mais de plus, ils s’exposent eux même à un grand danger, car celui qui s’occupe de ces choses là de façon très détaillée, est prédisposé – plus que d’autres personnes – à subir les dégâts du ‘Aïn Hara’.
C’est pourquoi, l’essentiel est d’opter pour le juste milieu, en ne craignant pas de façon exagérée le ‘Aïn Hara’, mais cependant, lorsque c’est possible et qu’il y a une nécessité, on peut utiliser les remèdes mentionnés plus haut pour se protéger du ‘Aïn Hara’
Notre maître le ‘HYDA écrit dans son livre KIKAR LAADEN (page 285a) :
« Je voudrais confier à toutes les générations à venir que la plante que l’on appelle « RODA » (c’est la plante que l’on appelle en français la « RUE »), est efficace contre le ‘Ain Hara’, et contre toute sorte de sortilège. J’ai même entendu de la bouche des Rabbanim de la sainte ville de Jérusalem une terrible anecdote sur cela. Il existe aussi un nom sacré qui se nomme « ROTA », la personne qui porte cette herbe devra penser à ce nom sacré, et il ne lui arrivera que du bien.
Dans le langage de la Mishna, cette herbe est appelée par le nom de « HAPIGEM » (הפגם), qui est constitué des mêmes lettres hébreux que le mot « MAGUEFA » (מגפה) qui signifie « épidémie », car cette herbe est également efficace contre l’épidémie. »
Je me permets d’ajouter personnellement pour conclure, ce que j’ai personnellement lu dans un livre du nom de Hali’hot Moussar (tome 1 page 698) – du Rav Shim’on RAZ Shalita – au sujet de la Rabbanit Margalit YOSSEF z’’l, la digne et vertueuse épouse de notre maître – qu’il soit distingué pour une longue vie – le Rav Ovadia YOSSEF Shalita.
Il est rapporté dans cet ouvrage que la Rabbanit veillait particulièrement à mettre cette plante du nom de Rota ou Roda (Rue en français) dans les poches de ses enfants – les Guéonim que sont aujourd’hui les enfants de notre maître – lorsqu’ils se rendaient à un mariage ou dans des grands endroits publics, conformément aux propos de notre maître le ‘HYDA mentionnés plus haut et selon lesquels, cette plante possède des propriétés protectrice contre le ‘Aïn Hara’. Elle veillait également à en donner à notre maître le Rav Shalita à chaque fois qu’il devait lui aussi se rendre à un grand rassemblement ou qu’il allait donner ses cours réputés pour être fréquentés par un large public.
Voyons à présent l’importante crédibilité que la Hala’ha accorde au ‘Aïn Hara’.
Faire monter à la Torah un père et un fils (ou l’inverse), ou 2 frères, l’un derrière l’autre.
La tradition veut que l’on ne fasse pas monter à la Torah 2 frères, ou un père et un fils, l’un après l’autre, par crainte du Aïn Hara’.
Cette tradition est rapportée dans le Shoul’han ‘Arou’h (O.H 141-6)
Le Maté Yehouda (note 7) ainsi que le Ma’hzik Bera’ha (note 4) écrivent que si les 2 frères ou le père et le fils veulent monter tous les deux, il faut faire monter une autre personne entre les deux.
Selon l’ensemble des Poskim, même s’ils prétendent qu’ils ne craignent pas le Aïn Hara’, il ne faut pas les faire monter l’un après l’autre.
Cependant, il est évident que si la personne est déjà monter et s’apprête à réciter les Berah’ot de la montée à la Torah, alors que son frère, son père ou son fils est monté à la montée précédente, il ne faut pas la faire descendre, et cela même si elle n’a pas encore entamé les Bera’hot, et à fortiori si elle les a entamé, puisque cela engendre une situation de récitation d’une Bera’ha en vain, ce qui est plus grave que de risquer de s’exposer au ‘Aïn Hara’.
Un grand père et son petit fils (ou l’inverse)
Selon le Shiyaré Kenesset Ha-Guedola (notes sur le Beit Yossef, note 8), ainsi que selon le Maté Yehouda (note 7) et d’autres Poskim, on ne doit pas faire monter un grand père et son petit fils, l’un derrière l’autre, mais le Peri ‘Hadash (note 6) et d’autres Poskim, réfutent cette opinion et autorisent qu’un grand père et son petit fils (ou l’inverse) montent l’un derrière l’autre à la Torah.
Le Kaf ‘Ha’haïm (note 27) écrit que dans un endroit où l’usage n’est pas définit sur ce point, il est préférable de s’en abstenir.
Le Mishna Beroura (note 19) cite certains Poskim selon lesquels, en cas de nécessité, on peut autoriser.
LE Gaon Rabbi ‘Haïm PALLAG’I écrit dans on livre Roua’h ‘Haïm (note 1) que si le grand père et le petit fils porte le même prénom (comme c’est l’usage chez les Sefaradim qui nomment le petit fils sur le nom du grand père, même lorsque celui-ci est encore en vie), il ne faut pas autoriser que l’un monte derrière l’autre. Le Peri ‘Hadash lui-même serai d’accord avec cette décision.
Demi-frères
Selon l’ensemble des Poskim, même lorsqu’il s’agit de demis frères, aussi bien du côté du père, aussi bien du côté de la mère, on de doit pas les faire monter à la Torah l’un derrière l’autre.
Le Sha’aré Efraïm (note Sha’ar 1 note 31) autorise en cas de nécessité, lorsqu’il s’agit de demis frères du côté de la mère.
La 7ème montée (Shevi’i) et le Maftir (celui qui lit la Haftara)
Le RAMA ajoute que lorsqu’on appelle les gens à la Torah en les nommant par leur nom (comme l’usage des Ashkenazim, et de quelques communautés Sefarades), si le père est monté à Shevi’i (7ème montée), on ne doit pas faire monter le fils à la montée de Maftir, ou inversement. Il en est de même pour 2 frères.
Par contre, nous apprenons par déduction des propos du RAMA que lorsqu’on ne nomme pas les gens par leur nom pour les faire monter à la Torah, mais que le responsable des montées les désigne simplement en disant par exemple « Que le 7ème appelé monte respectueusement » (comme l’usage de l’ensemble des communautés Sefarades en Erets Israël), il est permis dans ce cas de faire monter un père et son fils aux montées de Shevi’i (7ème montée) et de Maftir ou inversement. Il en de même pour 2 frères.
Lorsqu’on sort 2 Sifré Torah
Selon l’ensemble des Poskim, si nous sommes un jour où l’on sort 2 ou 3 Sifré Torah, comme Shabbat Rosh ‘Hodesh, Shabbat ‘Hanouka, ou l’un des 4 Shabbatot du mois d’Adar, ou un jour de Yom Tov, puisque le Maftir ne sera pas lu dans le même Sefer que celui où est monté le dernier appelé, il est permis de faire monter un père à la dernière montée, et le fils à la montée du Maftir, ou inversement. Il en est de même pour 2 frères.
Certains poskim - comme le Maté Yehouda (note 7) - imposent la ‘Houmra même dans ce cas.
Le Gaon auteur des notes Taharat Ha-Shoul’han (sur le chap.141) pose le cas où l’on a qu’un seul Sefer Torah et que l’on se trouve un jour où l’on doit en sortir 2 (un jour où le Maftir est lu dans le 2ème Sefer), et que l’on doit donc rouler le Sefer Torah jusqu’à l’endroit où l’on doit lire le Maftir. Est-ce que dans ce cas aussi un père et un fils ou 2 frères peuvent monter l’un derrière l’autre, l’u n à la dernière montée et l’autre à celle du Maftir ?
Notre maître le Rav Ovadia YOSSEF Shalita tranche dans son livre Shou’t Ye’havé Da’at (tome 3 chap.50) qu’il est également permis de faire monter un père et un fils ou 2 frères, l’un derrière l’autre, le jour de Sim’hat Torah, lorsque l’un monte à ‘Hatan Torah (celui qui conclut la lecture de la Parasha de Vezot Habera’ha, et par cela, le cycle annuel de la lecture de la Torah) et l’autre monte à ‘Hatan Bereshit (celui qui entame de nouveau le cycle annuel de la lecture de la Torah par le Parasha de Bereshit) puisque les 2 montées se déroulent dans 2 Sifré Torah différends.
Selon le ‘Arou’h Ha-Shoul’han (parag.8), il en est de même pour les jours de ‘Hol Hamo’ed Pessa’h où l’on sort 2 Sifré Torah et où l’on appelle 4 personnes. Un père peut monter à la 3ème montée et le fils à la 4ème (ou inversement) puisque les 2 montées se déroulent dans 2 Sifré Torah différends. Il en est de même pour 2 frères.
Le Sha’aré Efraïm (Sha’ar 1 note 32) conteste cette autorisation.
Selon l’ensemble des Poskim, il est permis de faire monter un enfant qui n’est pas Bar Mitsva à la montée du Maftir, lorsque son père est monté à la 7ème montée (Shevi’i), même dans le même Sefer Torah.
Un gendre et son beau père
Selon le Peta’h Hadevir (note 7), il est permis de faire monter à la Torah un gendre et son beau père (ou l’inverse) l’un derrière l’autre.
Le Gaon Rabbi ‘Haïm PALLAG’I – dan son livre Sefer ‘Haïm (chap.11 note 11) - rapporte des opinions opposées à cette autorisation.
Le Gaon auteur du ‘Havot Yaïr – dans son livre Mekor ‘Haïm (fin de la note 6) – autorise de faire monter 2 beaux pères (le fils de l’un est marié à la fille de l’autre ou le contraire), puisqu’ils peuvent témoigner ensemble selon la Hala’ha. Cela nous indique qu’un gendre et un beau père – qui ne peuvent pas témoigner ensemble selon la Hala’ha – ne pourraient pas monter l’un derrière l’autre à la Torah.
Le Gaon Rabbi David YOSSEF Shalita rapporte dans son livre Hala’ha Beroura (tome 7 chap.141 Sha’ar Ha-Tsiyoun note 57) qu’il a vu personnellement son vénéré père notre maître la Rav Ovadia YOSSEF Shalita agir lui-même ainsi en faisant monter un gendre et un beau père l’un derrière l’autre dans un cas de nécessité.
Un oncle et son neveu, ou 2 cousins
Le Maté Yehouda (note 7) écrit qu’il est permis de faire monter un oncle et son neveu ou le contraire, ou bien 2 cousins, l’un derrière l’autre, bien qu’ils ne peuvent pas témoigner ensemble selon la Hala’ha.