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124.Modifications dans la ‘Amida des 10 jours de Teshouva

Question

 

Quelles sont les règles concernant les modifications dans la ‘Amida durant les 10 jours de Téshouva ?

 

Décision de la Hala’ha

 

Durant toute l’année, nous terminons la 3ème Bera’ha de la ‘Amida quotidienne, par les termes « Hael Hakadosh » (« le D. Saint »), ainsi que la 11ème Bera’ha de la ‘Amida des jours de semaine par les termes, « Mele’h Ohev Tsedaka Oumishpat » (« le Roi qui aime la justice et le jugement »).

Mais durant les 10 jours, depuis Rosh Ha-Shana jusqu’à Yom Kippour, nous modifions ces 2 terminaisons par les termes « Hamele’h Hakadosh » (« le Roi Saint »), et « Hamele’h Hamishpat » (« le Roi du jugement »).

 

Si l’on a dit par erreur « Hael Hakadosh », au lieu de « Hamele’h Hakadosh », on doit recommencer depuis le début de la ‘Amida.

Mais cependant, si l’on a immédiatement corrigé en disant  « Hamele’h Hakadosh », c'est-à-dire, avant que ne s’écoule le laps de temps que l’on appelle « TO’H KEDE DIBOUR » qui représente le temps qu’il faut pour dire « SHALOM ‘ALE’HA RABBI », environ 2 secondes, on est quitte et on doit poursuivre la ‘Amida sans recommencer depuis le début.

 

De même pour la Bera’ha de « Hashiva Shofetenou », si l’on a dit par erreur « Mele’h Ohev Tsedaka Oumishpat » au lieu de « Hamele’h Hamishpat », on doit reprendre depuis le début de la Bera’ha de « Hashivenou ».

Si une personne a dit par erreur « Mele’h Hoev Tsedaka Oumishpat », et qu’elle s’est corrigée immédiatement en disant « Hamele’h Hamishpat », c'est-à-dire avant que ne s’écoule le laps de temps que l’on appelle « TO’H KEDE DIBOUR » (Voir plus haut), cette personne est quitte, et ne doit pas reprendre, mais simplement poursuivre jusqu’à la fin.

Il ne faut pas se fier à certains Siddourim dans lesquels il est écrit que si l’on a dit par erreur « Mele’h Ohev Tsedaka Oumishpat » au lieu de « Hamele’h Hamishpat », il ne faut pas reprendre.

Ceci est faut selon la Hala’ha, car selon l’opinion de MARAN et de la quasi-totalité des Poskim, il faut reprendre même en cas d’erreur dans « Hamele’h Hamishpat ».

Nous ajoutons également des phrases à divers endroits de la ‘Amida :

« Zo’hrenou Le’haïm… » avant de conclure la 1ère Bera’ha de la ‘Amida (avant Mel’eh ‘Ozer…) ; « Mi’Hamo’ha… » avant de conclure la 2ème Bera’ha de la ‘Amida (avant Veneeman Ata Leha’hayot Metim…) ; « Ou’htov Le’haïm Tovim… » avant de conclure l’avant dernière Bera’ha de la ‘Amida (avant Vihalelou Vivare’hou…) ; « Ouvsefer ‘Haïm Bera’ha VeShalom… » avant de conclure la dernière Bera’ha de la ‘Amida (juste après Sim Shalom)

Si l’on a oublié l’une de ces phrases, on ne reprend pas la ‘Amida.

 

Sources et développements

 

Il est enseigné dans la Guemara Bera’hot (12b) :

Rabba Bar ‘Hinana dit au nom de Rav :

Durant toute l’année, nous disons dans la prière « Hael Hakadosh », et « Mele’h Ohev Tsedaka Oumishpat », mais durant les 10 jours, depuis  Rosh Ha-Shana jusqu’à Yom Kippour, nous disons « Hamele’h hakadosh », et « Hamele’h Hamishpat ».

Explication : Durant toute l’année, nous terminons la 3ème Bera’ha de la ‘Amida quotidienne, par les termes « Hael Hakadosh » (« le D. Saint »), ainsi que la 11ème Bera’ha de la ‘Amida des jours de semaine par les termes, « Mele’h Ohev Tsedaka Oumishpat » (« le Roi qui aime la justice et le jugement »).

Mais durant les 10 jours, depuis Rosh Ha-Shana jusqu’à Yom Kippour, nous modifions ces 2 terminaisons par les termes « Hamele’h hakadosh » (« le Roi Saint »), et « Hamele’h Hamishpat » (« le Roi du jugement »).

Rashi explique que durant cette période, Hashem montre sa royauté en jugeant le monde.

 

Il est tranché dans le Shoul’han ‘Arou’h (O.H chap.582 parag.1) et les Poskim (décisionnaires) que :

Si l’on a dit par erreur « Hael Hakadosh », au lieu de « Hamele’h Hakadosh », on doit recommencer depuis le début de la ‘Amida.

Mais cependant, si l’on a immédiatement corrigé en disant  « Hamele’h Hakadosh », c'est-à-dire, avant que ne s’écoule le laps de temps que l’on appelle « TO’H KEDE DIBOUR » qui représente le temps qu’il faut pour dire « SHALOM ‘ALE’HA RABBI », environ 2 secondes, on est quitte et on doit poursuivre la ‘Amida sans recommencer depuis le début.

 

De même pour la Bera’ha de « Hashiva Shofetenou », si l’on a dit par erreur « Mele’h Ohev Tsedaka Oumishpat » au lieu de « Hamele’h Hamishpat », selon l’opinion de MARAN dans le Shoul’han ‘Arou’h (O.H chap.582 parag.1) - qui tranche selon la grande majorité des Rishonim (décisionnaires de l’époque médiévale), et parmi eux, les RIF, Le RAMBAM, le ROSH, Rav Sa’adya GAON, Rabbi Its’hak IBN GIAT, le Meiri, et de nombreux autres - on doit reprendre depuis le début de la Bera’ha de « Hashivenou ».

Il est vrai qu’une partie des Rishonim – comme les élèves de Rabbenou Yona, suivis par le RAMA et de nombreux Rabbanim Ashkenazim – tranchent que lorsqu’on a dit par erreur « Mele’h Ohev Tsedaka Oumishpat » au lieu de « Hamele’h Hamishpat », on est quitte et on doit poursuivre ‘Amida, malgré tout, la majorité des A’haronim Sefaradim – comme le Peri ‘Hadash, le Maté Yehouda, le Birké Yossef, le Maamar Morde’haï, le Nahar Shalom, le Peri Haadama, Le Shalmé Tsibbour, le ‘Hessed Lealafim, le Peta’h HaDevir, le Gaon Rabbi ‘Haïm FALLA’GI dans son livre Mo’ed Le’hol ‘Haï, et de nombreux autres – tranchent selon l’opinion de MARAN et de la majorité des Rishonim selon qui, il faut reprendre lorsqu’on a dit « Mele’h Ohev Tsedaka Oumishpat au lieu de « Hamele’h Hamishpat ».       

 

Bien qu’il faudrait appliquer ici le principe de « SAFEK BERA’HOT LEHAKEL » (« Lorsqu’on a un doute sur la récitation d’une Bera’ha, on va à la souplesse et on ne l’a récite pas »), et qu’il ne faudrait – apparemment – pas reprendre en cas d’erreur dans « Hamele’h Hamishpat », surtout que nous appliquons ce principe même à l’encontre de l’opinion de MARAN, malgré tout, nous maintenons ici l’opinion de MARAN et de la majorité des Poskim selon lesquels, il faut reprendre même en cas d’erreur sur « Hamele’h Hamishpat » car le principe de « SAFEK BERA’HOT LEHAKEL » ne s’applique pas dans un doute sur les Bera’hot de la ‘Amida.

 

Si une personne a dit par erreur « Mele’h Hoev Tsedaka Oumishpat », et qu’elle s’est corrigée immédiatement en disant « Hamele’h Hamishpat », c'est-à-dire avant que ne s’écoule le laps de temps que l’on appelle « TO’H KEDE DIBOUR » (Voir plus haut), cette personne est quitte, et ne doit pas reprendre, mais simplement poursuivre jusqu’à la fin.

 

A la lueur de ce que l’on a expliqué, il ne faut pas se fier à certains Siddourim dans lesquels il est écrit que si l’on a dit par erreur « Mele’h Ohev Tsedaka Oumishpat » au lieu de « Hamele’h Hamishpat », il ne faut pas reprendre.

Ceci est faut selon la Hala’ha, car selon l’opinion de MARAN et de la quasi-totalité des Poskim, il faut reprendre même en cas d’erreur dans « Hamele’h Hamishpat ».              

 

Si une personne prie la ‘Amida durant les 10 jours de Teshouva, et qu’au milieu de sa prière, ou même si elle a terminé la ‘Amida, cette personne a le doute si elle a dit « Hael Hakadosh » ou « Hamele’h Hakadosh », dans ce cas là, l’opinion de notre maître le Rav Ovadia YOSSEF shalita est qu’il faut recommencer la ‘Amida depuis le début, puisqu’il est plus que probable que cette personne a dit « Hael Hakadosh », selon son habitude de toute l’année, et dans ce cas, la Hala’ha considère que cette personne n’a pas prié la ‘Amida, puisqu’elle a omis de citer les termes exacts de la prière.

 

Si cette personne a le doute si elle a dit « Mele’h Ohev Tsedaka Oumishpat » ou « Hamele’h Hamishpat » :

§  si elle se trouve au milieu de la ‘Amida, elle ne reprend qu’à partir de la Bera’ha de « Hashiva Shofetenou » et continue jusqu’à la fin

§  si elle a terminé la ‘Amida - c'est-à-dire après avoir dit le dernier IHYOU LERATSON IMRE FI, même si elle n’a pas encore reculée - cette personne doit reprendre sa ‘Amida depuis le début.

 

Les Ashkenazim, conformément à l’opinion du RaMA dans le Shoul’han Arou’h (O.H 118), n’ont pas la tradition de reprendre la ‘Amida en cas d’erreur sur Hamele’h Hamishpat, aussi bien quand on s’en rend compte au milieu de la ‘Amida, aussi bien quand on s’en rend compte après avoir terminé la ‘Amida.

La raison réside dans le fait que même si on a dit la formule habituelle « Mele’h Ohev Tsedaka Oumishpat », nous avons mentionné la Royauté (Mele’h) et le jugement (Mishpat).

 

Même pour un Juif Sefarade, qui doit reprendre la ‘Amida même dans le cas d’une erreur sur « Hamele’h Hamishpat » comme nous l’avons expliqué plus haut, il est bon qu’avant de reprendre sa ‘Amida du début, il émette la condition suivante :

« Si je suis réellement tenu de reprendre la ‘Amida, je prie en tant qu’obligation, mais si je ne suis pas tenu de reprendre la ‘Amida, qu’elle soit considérée comme NEDAVA (une prière offerte à Hashem) ».

 

La différence entre « Mele’h Ohev Tsedaka Oumishpat » (« le Roi qui aime la justice et le jugement »), et « Hamele’h Hamishpat » (« le Roi du jugement »), est que « Mele’h Ohev Tsedaka Oumishpat » veut dire qu’Hashem aime le fait que nous nous comportons dans le chemin de la justice et du jugement, alors que « Hamele’h Hamishpat » veut dire qu’Hashem lui-même rend le jugement dans le monde.

 

Les Gueonim (époque post-Talmudique) ont également instaurés certaines phrases supplémentaires dans la ‘Amida quotidienne durant les 10 jours de Teshouva :

 

  1. « Zo’hrenou Le’haïm… » avant de conclure la 1ère Bera’ha de la ‘Amida (avant Mel’eh ‘Ozer…)
  2. « Mi ’Hamo’ha… » avant de conclure la 2ème Bera’ha de la ‘Amida (avant Veneeman Ata Leha’hayot Metim…)
  3. « Ou’htov Le’haïm Tovim… » avant de conclure l’avant dernière Bera’ha de la ‘Amida (avant Vihalelou Vivare’hou…)
  4. « Ouvsefer ‘Haïm Bera’ha VeShalom… » avant de conclure la dernière Bera’ha de la ‘Amida (juste après Sim Shalom)

 

Puisque ces mentions n’apparaissent pas dans les enseignements du Talmud, et sont uniquement instaurées par les Gueonim, si l’on a oublié l’une de ces phrases, on ne reprend pas la ‘Amida.

Cependant, si l’on se rend compte de l’oubli avant de mentionner le Nom d’Hashem de la Bera’ha concernée (EX : on a oublié de dire « Zo’hrenou Le’haïm… » et on s’en rend compte en ayant dit seulement Barou’h Ata sans le Nom d’Hashem de la Bera’ha de Maguen Avraham), on revient en arrière pour dire correctement la phrase oubliée.

Mais si l’on a déjà mentionné le Nom d’Hashem de la Bera’ha concernée, on ne revient pas et on poursuit normalement.

 

En cas d’oubli, ces phrases peuvent être dites en terminant la ‘Amida, avant de dire ‘Ossé Shalom.

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