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375.Paracha Balak (Balak et Bil'am)

1. Moshé Rabbenou et Bil’am, c’était pourtant la même recette ?!

Contexte:
Israël se trouve maintenant devant le pays de Moav.


Balak, le roi de Moav redoute qu’Israël ne remporte une fois de plus la victoire, comme il l’a remporté devant les autres pays qui ont cherché à lui faire du mal. C’est pour cela qu’il décide, sur le conseil des princes de Midian, le pays voisin, de ne pas leur faire la guerre, mais d’employer plutôt un autre moyen pour les exterminer.


Il mande l’assistance de Bil’am, prophète non-juif, doté par Hashem de très grandes capacités prophétiques. Cependant, Bil’am est aussi un individu immoral et abject, aux moeurs dépravées (il pratiquait l’intimité conjugale avec son ânesse), et d’une très grande cupidité.
Balak lui demande de venir dans son pays, Moav, et d’attirer sur eux la malédiction d’Hashem. Après avoir consulté Hashem, Bil’am rejoint Balak avec l’avertissement d’Hashem qu’il n’y aura que seules les paroles qu’Il lui mettra lui-même dans la bouche se réaliseront.


Bil’am tente plusieurs fois de prononcer des malédictions à l’égard d’Israël, en voulant chaque fois faire mention de leurs fautes, afin d’attirer sur eux la colère d’Hashem, mais à chaque fois qu’il ouvre la bouche, ce ne sont que des Bra’hot (des bénédictions) qui en sortent.


Après plusieurs tentatives sans succès, il décide de partir, mais avant, il donne un conseil au roi Balak : inciter Israël à la débauche, puisque c’est la pire des Averot (transgressions) aux yeux d’Hashem. Et c’est effectivement ce que Balak fait. Il envoie des filles de Midian, ainsi que sa propre fille, s’installer près du camp d’Israël, qui se laisse séduire, et la colère d’Hashem s’abat sur eux en provoquant la mort de 24 000 personnes.

Rashi écrit dans son commentaire sur notre parasha :
« Comment Hashem laisse sa Shé’hina (présence divine) reposer sur un non-juif Rasha (impie) ?
Afin que les nations n’aient pas la possibilité de venir argumenter auprès d’hashem : « Si tu nous avais donné à nous aussi un prophète, comme tu l’as fait avec Israël, nous serions revenus sur le droit chemin ! » Hashem leur a donné Bil’am, ce qui ne les a pas empêchés de mal se comporter ».


Question:
Le prophète qui fut donné à Israël (Moshé Rabbenou) était à même de guider Israël vers le droit chemin, du fait de sa personnalité, de sa grandeur, et de sa droiture. Israël pouvait s’inspirer de lui. Mais que pouvait inspirer Bil’am aux nations si ce n’est des moeurs dépravées, de la perversion, de la convoitise, de la méchanceté, etc … Les 2 « cadeaux » ne sont, à priori, pas équitables ?!

On rapporte au nom du Gaon et Tsaddik Rabbi Its’hak ‘Haïm ‘HAÏKIN z.ts.l, Rosh Yéshiva de ‘Ha’hmé Tsarfat Aix les Bains – France, l’explication suivante :

Il est écrit : « La crainte d’Hashem est sa grange ». (Isha’ya 33)
La Guémara Shabbat (30a) commente ce verset en disant que c’est selon la capacité que l’on donnera à la grange, que l’on pourra engranger la récolte de la Torah.
C’est comme cela que l’on explique une autre parole de nos ‘Ha’hamim : « Hashem ne donne la sagesse qu’à celui qui possède en lui de la sagesse ».
Hashem ne donne de la sagesse qu’à celui qui se dispose à la recevoir.

Ceci est comparable à une femme qui, après avoir goûté un plat chez sa voisine, lui demande la recette. La voisine lui indique avec précision, touts les ingrédients nécessaires, ainsi que les temps de cuisson. La femme après avoir raté son plat, revient en colère en accusant sa voisine de lui avoir caché un ingrédient. Celle-ci, intriguée, lui assure de lui avoir tout indiqué, mais lui demande : « Avant d’avoir commencé à cuisiner, as-tu lavé les différents ustensiles ? » L’autre lui répond : « Non, effectivement je ne les ai pas lavés, mais j’ai suivi scrupuleusement toutes tes instructions. » La voisine lui répond : « C’est justement ça le problème ! Tes ustensiles sales ont gardé un mauvais goût qu’ils ont transmis à la nourriture que tu as cuisinée en eux ! »

De même, Bil’am a reçu les mêmes capacités que Moshé Rabbenou.
Seulement Moshé Rabenou a d’abord apprêté sa personnalité à recevoir toute la Kédousha (sainteté) qui lui était donnée. Il a effectué un véritable travail de « nettoyage » de tous les traits de caractère pouvant faire obstacle à la Torah.
Ce qui n’est pas le cas de Bil’am, qui a gardé ses 3 défauts principaux :
Un œil mauvais ; un esprit vaniteux ; une âme cupide

Pas étonnant que son plat est raté !!!

Avant de pénétrer véritablement la Torah, il est impératif de nettoyer toute sa personnalité de tout défaut et imperfection, pouvant faire parasite et obstacle au message de la Torah.

2. Balak est-il vraiment roi ?

« Balak fils de Tsipor vit… » (Bamdibar 22, 2)

Pourquoi le titre de Balak – « roi de Moav » – n’apparaît-il pas ici, alors qu’il sera mentionné dans le verset suivant : « et Balak, fils de Tsipor, était roi de Moav en ce temps-là » ?
Le Texte, explique Rabbeinou Ba‘hyé (Espagne 12ème siècle), nous révèle ici à quel point Balaq était terrifié. Sachant qu’Israël avait littéralement anéanti deux puissantes nations et leurs souverains, Si‘hon et ‘Og – comme il est écrit : « Balak fils de Tsipor vit tout ce qu’Israël avait fait aux Emori… » – il éprouva une telle peur qu’il cessa de se considérer lui-même comme un roi.
Voilà pourquoi ce premier verset de la Paracha ne fait pas mention de son titre.

Au sujet de l’étude de la Torah, le Pirké Avot (chap.6 Mishna 1) nous apprend que l’une des conséquences positives pour celui qui étudie la Torah de façon sincère et désintéressée est que la Torah l’ « habillera » d’humilité.

Notre Maître le Rav Ovadia YOSSEF shalita écrit dans son livre Anaf Ets Avot sur les Pirké Avot, que lorsque l’on étudie la Torah, et que nous faisons connaissance avec l’incommensurable stature de nos maîtres, les Tanaïm (sages de la Mishna), les Emoraim (sages de la Guémara), ou bien les décisionnaires de la Hala’ha, nous prenons alors conscience de notre insignifiance et de notre niveau si bas. Nous constatons que dans leur grande sagesse, nos maîtres ont tout envisagé, et que nous ne sommes là que pour intégrer toute cette immense sagesse !

De là nous pouvons apprendre, à l’instar du roi Balak vis-à-vis de la puissance qu’Hashem accorde à Israël, que nous aussi, devant la grandeur et l’immense sagesse des maîtres de notre génération, nous devons cesser de nous considérer comme des « rois » !


3. « Effrayé par le soleil !! »

« Balak fils de Tsipor vit… » (Bamidbar 22, 2)

Suivant l’explication du Ba‘al ha-Tourim, « il vit que le soleil avait interrompu sa course en faveur de Moché ».

Question:
Pourquoi Balak a-t-il été terrifié par ce miracle – rapporté dans la Guemara Ta‘anith (20a) – plus que par tous les prodiges réalisés par Hashem en faveur des enfants d’Israël lorsqu’ils sont sortis d’Egypte ?

Le Admor de Satmar répond à cette question en citant l’enseignement de la Guémara Bra’hot (7a) selon lequel Hashem Se met en colère chaque jour, pendant un très court instant que seul Bil‘am était en mesure de déterminer. Il est écrit en effet (dans notre Parasha 24, 16) : « [Bil‘am] qui connaît le savoir du Très-Haut » – signifiant qu’il était capable de délimiter ce moment précis de la journée. Où cet instant se situe-t-il ? - poursuivent les Sages de la Guémara ?. Ils répondent : « Lorsque le soleil est à son zénith, et que tous les rois – d’Orient et d’Occident – se prosternent devant lui. Aussitôt, Hashem se met en colère. »

Ainsi, la force de Bil‘am se situait dans cette aptitude à déterminer le moment exact où le soleil est à son zénith – et où Hashem se met en colère. Mais quand Balak a vu que Moshé était capable, quant à lui, d’arrêter le soleil dans sa course, il a craint que celui-ci réitère ce prodige et que Bil‘am ne puisse plus employer ce moment pour maudire les Bné Israël.

(A partir d’un Dvar Torah du Rav Dov Lumbroso-Roth shalita)

Shabbat Shalom

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