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532.Les femmes et le compte du ‘Omer

Question


Les femmes peuvent-elles compter le ‘Omer ?


Réponse:

 

Nous connaissons la Hala’ha selon laquelle, les femmes sont exemptes de toute Miçwa positive liée au temps (c’est à dire, une Miçwa qu’il faut réaliser, mais qui est tributaire d’un temps, comme la Miçwa de çiçit qui n’est relative qu’à la journée, ou la Miçwa de Loulav qui n’est relative qu’à la fête de Soukkot, ou d’autres exemples).

Excepté pour certaines Miçwot auxquelles les femmes sont soumises, pour certaines raisons particulières, comme la Miçwa d’allumer H’anouka, ou la lecture de la Meguila, puisque les femmes ont-elles aussi bénéficiées des miracles commémorés par ces Miçwot.

Mais en général, les femmes sont exemptes des Miçwot positives liées au temps.

C’est donc pour cette raison que les femmes sont exemptes de la Miçwa de compter le ‘Omer, puisqu’il s’agit d’une Miçwa positive liée au temps.

Cependant, il est expliqué dans les Poskim (décisionnaires)qu’il y a des Miçwot pour lesquelles même si les femmes ne sont pas soumises, elles peuvent les réaliser, comme le compte du ‘Omer ou autre. C’est ce que font de nombreuses femmes en accomplissant la Miçwa de Soukka, et d’autres Miçwot liées au temps, et cela, bien qu’elles sont exemptes de cette catégorie de Miçwot.


Mais on peut apparemment émettre une remarque sur un tel usage.

En effet, il est rapporté dans le Yeroushalmi (Shabbat chap.1, Halah’a 2) :

« Toute personne exempte d’une chose, mais qui la réalise malgré tout, est qualifiable de Hediyot (Imbécile ou ignorant). »

Apparemment, il n’est donc pas convenable pour une femme d’accomplir des Miçwot desquelles elle est exempte.


De plus, cette remarque est encore plus difficile vis-à-vis des propos de nos maîtres les Rishonim (décisionnaires de l’époque médiévale. Parmi eux Rabbenou Tam, le RaMBaN , le RAHa, RYTBA , et d’autres), selon lesquels, les femmes peuvent également réaliser des Miçwot desquelles elles sont exemptes, alors que des propos de nos maîtres, il en ressort qu’elles seront qualifiables de Hediyot (Imbécile ou ignorant).


Notre maître le Rav Ovadia YOSSEF shalita rétablie l’opinion des Rishonim, en citant l’explication de notre maître le Meïri, dans ses commentaires sur la Gmara Rosh Hashana (33a), où il écrit que l’on est qualifiable de Hediyot (Imbécile oui ignorant) que lorsqu’on accompli une Miçwa de laquelle tout le monde est exempts (les hommes comme les femmes). Ce qui n’est pas le cas pour une Miçwa positive liée au temps, puisque les hommes y sont soumis. Dans ce cas, il n’est donc pas justifié de dire que la personne qui la réalise est qualifiable de Hediyot (c’est ainsi qu’écrit également le RaMBaN, et d’autres).

Nous comprenons donc pourquoi les femmes peuvent réaliser des Miçwot desquelles elles sont exemptes.


Il en est de même pour la Miçwa de compter le ‘Omer. Les femmes qui le désirent peuvent tout à fait accomplir cette Miçwa, au même titre que toutes les autres Miçwot, mais elles ne peuvent en aucun cas réciter la Bera’ha sur le compte du ‘Omer, car du point de vue de la Hala’ha, nous optons pour l’opinion de MARAN, l’auteur du Shoul’han ‘Arou’h (O.H chap.17 et chap.589) qui interdit aux femmes de réciter la Bera’ha sur une Miçwa de laquelle elles sont exemptes. Toute femme qui récite malgré tout la Bera’ha sur une telle Miçwa, s’introduit elle-même dans une situation de risque de Bera’ha Levatala (Bénédiction prononcée en vain).


Ce qui n’est pas le cas selon l’opinion du RaMA , et selon l’usage de nombreux Ashkenazim, selon qui, les femmes sont autorisées à réciter la Bera’ha d’une Miçwa de laquelle elles sont exemptes.


Hormis tout ceci, il est à noter que selon l’opinion de nos maîtres les Kabbalistes, il est bon que les femmes ne comptent pas du tout le ‘Omer, même sans Bera’ha, pour des raisons Kabbalistiques qu’il serai difficile d’expliquer ici.

C’est pourquoi, selon notre tradition, les femmes ne comptent pas du tout le ‘Omer.

 

 

Conclusion:


 

La Miçwa de compter le ‘Omer fait partie de la catégorie des Miçwot Positives liées au temps (Miçwot ‘Assé SheHazeman Guerama). C'est-à-dire, des Miçwot dont l’accomplissement est soumis à un laps de temps avant lequel et au-delà duquel la Miçwa n’est pas valide (Ex : le çiçit ou les Tefilin que l’on ne peut mettre que lorsqu’il fait jour, ou le Loulav que l’on accomplie qu’à Soukkot …).

Les femmes sont généralement exemptes de toutes les Miçwot ‘Assé SheHazeman Guerama, excepté certaines Miçwot comme la Miçwa d’allumer ‘Hanouka, ou la lecture de la Meguila, puisque les femmes ont-elles aussi bénéficiées des miracles commémorés par ces Miçwot.

Les femmes sont donc exemptes de la Miçwa de compter le ‘Omer.

Si toutefois une femme désire malgré tout compter le ‘Omer, elle est autorisée à le faire, mais elle ne peut en aucun cas le faire avec la Bera’ha, puisqu’elle contient le terme « Weçivanou » (« …qui nous a ordonné… »). Or, fondamentalement, la femme n’est pas ordonnée sur cette Miçwa, puisqu’elle est liée au temps.

Cependant, chez les Ashkenazim, l’usage est de laisser les femmes réciter la Bera’ha, même sur une Miçwa de laquelle elles sont exemptes, conformément à l’opinion du RaMA.

Mais une femme Sefarade doit se comporter selon l’opinion de MARAN, l’auteur du Shoul’han ‘Arou’h, selon qui, les femmes n’ont pas le droit de réciter une Bera’ha sur une Miçwa de laquelle elles sont exemptes. 

Selon nos maîtres les Kabbalistes, il est bon qu’une femme ne compte pas du tout le ‘Omer, même sans Bera’ha.

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