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.Dans les communautés d'Afrique du nord, principalement en Algérie et en Tunisie, nous avons le minhag d'organiser un repas le jeudi soir de la parachat Yitro, soit cette année demain soir, jeudi 9 février.
Cette séouda trouve plusieurs sources :
On ne récite pas de supplications le jeudi ni lors de la prière de min'ha la veille.
La Sé'oudat Yitro (hébreu : סעודת יתרו « Repas de Yitro », judéo-tunisien : Shʿoudat Ytrou), aussi connue comme la « fête des garçons », est une fête familiale célébrée une fois par an par les Juifs originaires de Tunisie.
La fête a lieu le jeudi précédant la lecture de la parasha de Yitro (entre le 15 et le 24 Shevat), au cours de laquelle les Hébreux reçoivent les dix commandements. Ce jour de la semaine, connu comme le « cinquième jour », est jugé bénéfique pour protéger le garçon contre le mauvais œil. De nos jours, la tradition est surtout fêtée en France et en Israël où vit la diaspora tunisienne.
Une fête équivalente est célébrée par certains Juifs d'Algérie. Une fête similaire pour les filles est également inscrite au calendrier des Juifs tunisiens.
Diverses explications existent autour de l'origine de cette fête qui marque un événement important par un repas :
D'abord limitée aux seuls garçons de cinq ans, le grand rabbin Baba Sidi (Ribbi Avraham Taïeb), disciple de Rabbi Séma'h Sarfati Z.ts.l, auteur de 'hiddouchim, décédé en 1741) conseille aux parents de l'étendre pour y faire participer tous les jeunes garçons. Plus tard, certains autres rabbins ont déploré le caractère profane pris par la célébration.
Le repas est servi ce jour là dans de petits couverts en verre ou en argile utilisés à cette occasion. On y cuisine notamment un pigeon par garçon et des pâtisseries dont des makrouds et des yoyos. La table est décorée de petites bougies de différentes couleurs.
À cette occasion, les jeunes garçons récitent pour la première fois les commandements de cette parasha et des bénédictions. Des chansons et des poèmes liturgiques complètent la fête.
Selon le Midrach, Yitro s’est essayé à toutes les formes de «Avoda Zara». Il fut un conseiller de Pharaon. Ses conseils plus cléments à l’égard des Hébreux lui ont valu la disgrâce et il s’est enfui en Midian. Là il n’a pas bien été reçu et aucun berger ne voulait garder son troupeau. C’est ce qui l’a conduit à confier cette tâche à ses filles. L’histoire rocambolesque de Moshé qui vient justement au même puits et défend les filles de Yitro des bergers de Midian, l’amène à la table de Yitro, et ensuite à épouser Sipora.
Moshé quitte Yitro pour accomplir sa mission en Egypte. Son beau-père le rejoint dans le Sinaï après le passage de la Mer Rouge et lui amène çipora et ses deux fils. Yitro, ayant appris le passage de la mer et la guerre contre Amalek, reconnaît la puissance d’Hachem.
La Séoudat Yitro occupe dans le judaïsme tunisien une place particulièrement importante.
Une des particularités de cette séouda consiste à utiliser des gâteaux et des ustensiles miniatures. Evidemment cela convient tout à fait quand on admet que c’est une fête des enfants. Mais peut-être y a-t-il une autre explication.
Nos ‘Hakhamim ont appelé les six premières parachiot du livre de Chemot «Shovavim» d’après la première lettre de chaque Parasha. Ce mot signifie Rebelles ou Polissons et on le retrouve dans le célèbre verset de Jérémie (3,14): «Revenez vers moi, fils rebelles». Effectivement cette période qui précède la lecture des dix Commandements est ponctuée de jeûnes et de prières. Le point culminant de cette période est la lecture du Décalogue. Pour intéresser les enfants, les intriguer et réaliser la parole du prophète Jérémie, tout est miniaturisé.
Mais ce n’est pas seulement la communauté tunisienne qui honore Yitro. Les Juifs algériens célèbrent eux aussi la Séoudat Yitro, appelée couramment Sioum (mot formé des initiales de Séoudat Yitro ou Moshé). En revanche, elle est fêtée le mercredi soir. Dans le très répandu et populaire petit calendrier édité en Algérie par la célèbre Anisette Phénix, pour le mercredi précédent le Shabbat Yitro, on pouvait lire «ce soir Sioum».
Je reconnais de bon cœur que les Tunisiens sont bien les champions toutes catégories de la fidélité à cette tradition. Kol Hakavod!!!