Demander par allusion à un non juif de réaliser pendant Shabbat une activité interdite à un juif
(« Amira Lé-‘Akoum » 2ème partie)
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Demander par allusion à un non juif de réaliser pendant Shabbat une activité interdite à un juif
(« Amira Lé-‘Akoum » 2ème partie)
Question
Est-il permis de demander par allusion à un non juif de réaliser pendant Shabbat une activité interdite à un juif ?
Réponse
Dans la précédente Hala’ha, nous avons établi qu’il est interdit par nos maîtres de demander à un non juif de réaliser pendant Shabbat une activité
interdite à un juif.
Cet interdit se nomme « Amira Lé-‘Akoum » et il fait partie de la catégorie des interdits nommés « Shévout
».
Nous avons également établi que cet interdit est en vigueur même avant Shabbat.
Nous allons à présent traiter de la demande par allusion par allusion.
Le Or Zaroua’ (tome 2 chap.85) écrit que l’interdiction de demander à un non juif de réaliser pendant Shabbat une activité
interdite à un juif est valable aussi bien lorsque la demande est faite par allusion (« Remez »), aussi bien lorsqu’elle est faite de façon explicite.
Le RAMA (sur O.H 307-22) partage l’opinion du Or Zaroua’.
MARAN dans le Shoul’han ‘Arou’h (O.H 307-2) tranche lui aussi qu’il est interdit de demander à un non juif – même
par allusion - de réaliser pendant Shabbat une activité interdite à un juif.
Telle est également l’approbation de la majorité des A’haronim (décisionnaires du 16ème siècle à nos jours).
Cependant, le Shiyaré Kénesset Ha-Guédola (notes sur le TOUR O.H 307, note 2) rapporte que lorsque son maître le
MAHARYMAT (Rabbenou Yossef MI-TERANI) avait besoin de voir de près dans un livre et que la bougie n’éclairait pas assez, il disait à sa domestique non juive : « La bougie
n’éclaire pas correctement ». Et la domestique comprenait d’elle même qu’il fallait retirer le charbon de l’extrémité de la bougie afin qu’elle éclaire mieux.
Ce qui signifie que lorsque l’allusion n’est pas faite sous forme de demande mais seulement en relatant un fait, dans ce cas l’allusion est
autorisée pendant Shabbat.
Plusieurs A’haronim citent les propos du Shiyaré Kénesset Ha-Guédola.
Parmi eux :
Le Baèr Hetev (sur O.H 307 note 23) ; le Maguen Avraham (note 31) ; le ‘Hayé Adam (règle 62 note
2) ; le Péri Mégadim (Eshel Avraham sur O.H 307 note 31) ; le Mishna Béroura (307 note 76) ; le Kaf Ha-’Haïm (sur O.H note 150).
Par contre, avant Shabbat, il est permis de demander par allusion à un non juif de réaliser pendant Shabbat une activité interdite à un juif, même
si l’allusion est claire et que l’on s’adresse directement à lui.
Par exemple : « Pourquoi n’es tu pas venu me faire telle ou telle chose Shabbat dernier ? » Et le non juif comprend de lui-même qu’il faut venir le
Shabbat qui suit pour réaliser la chose demandée.
Telle est l’approbation du SAMAG (Sefer Mitsvot Gadol) et du SAMAK (Sefer Mitsvot Katan) cités dans le Beit Yossef
(O.H 307), et c’est ainsi que tranchent MARAN dans le Shoul’han ‘Arou’h (O.H 307-2) et les décisionnaires commentateurs du Shoul’han ‘Arou’h.
Mais attention !!
Tout ceci n’est valable que lorsque le juif ne tire pas une réelle satisfaction de l’intervention du non juif.
Par exemple, lorsque l’intervention du non juif ne vient qu’améliorer une situation, comme ajouter de la lumière dans une pièce où il y en avait
déjà mais qui n’était pas suffisante pour lire confortablement, ou autre.
Mais lorsque le juif va tirer une réelle satisfaction de l’intervention du non juif, par exemple s’il n’y avait pas du tout de lumière dans la
pièce, il est strictement interdit de lui faire la moindre allusion, même si l’allusion ne fait que lui relater des faits (« La pièce est obscure ») , et même si l’allusion est exprimée avant
Shabbat, car il est interdit de tirer profit de l’intervention d’un non juif pendant Shabbat, même si le non juif intervient de sa propre initiative, comme le stipule le Shoul’han
‘Arou’h (O.H 276-1).
Telle est l’opinion du Gaon auteur du Shou’t Guinat Wéradim (sect. O.H règle 3 chap.21) ; du Gaon auteur du Yad Aharon (sur O.H 307
notes sur le TOUR) ; du Birké Yossef (sur O.H 307 note 6) ; du Touv ‘Aïn (chap.18 note 64) ; du Mishna Béroura (note 11) au nom des
A’haronim.
Par conséquent, si l’on a oublié d’allumer la lumière électrique dans la maison avant m’entrée de Shabbat, mais que des bougies sont allumées et
éclairent de façon minimale, il est permis de dire à un non juif : « La pièce est obscure » ou bien « la lumière des bougies n’est pas suffisante ». Dans ce cas, si le non juif allume la lumière
électrique, il sera permis d’en tirer profit puisqu’il n’a fait qu’améliorer une situation.
Mais si l’on a oublié de brancher « la plaque de Shabbat » à l’électricité avant Shabbat, il est strictement interdit de faire la moindre allusion
au non juif, puisque dans ce cas, son intervention engendrera un changement total de situation, et il sera interdit de tirer profit de son intervention.
DECISION DE LA HALA’HA
Avant Shabbat, il est permis de demander par allusion à un non juif de réaliser pendant Shabbat une activité interdite à un juif,
même si l’allusion est claire et que l’on s’adresse directement à lui.
Par exemple : « Pourquoi n’es tu pas venu me faire telle ou telle chose Shabbat dernier ? » Et le non juif comprend de lui-même qu’il faut venir le
Shabbat qui suit pour réaliser la chose demandée.
Tout ceci avant Shabbat.
Mais pendant Shabbat, il est strictement interdit de faire la moindre allusion au non juif afin qu’il réalise une activité interdite à un juif, même
une allusion voilée à travers laquelle le non juif comprendra de lui-même ce qu’il doit faire. Par exemple : « Nettoie ton nez » Et le non juif comprend qu’il doit aller retirer
le charbon de la bougie afin que la flamme éclaire correctement.
Tout ceci est interdit pendant Shabbat. Par contre, il est permis - même pendant Shabbat - de relater au non juif des faits à travers lesquels il
comprendra ce qu’il doit faire, à la condition de ne pas s’adresser à lui. Par exemple : « La pièce est obscure ». Et le non juif comprend de lui-même qu’il doit aller allumer la
lumière.
Mais attention !!!
Tout ceci n’est valable que lorsque le juif ne tire pas une
réelle satisfaction de l’intervention du non juif. Par exemple, lorsque l’intervention du non juif ne vient qu’améliorer une situation, comme ajouter de la lumière dans une pièce où il y en avait
déjà mais qui n’était pas suffisante pour lire confortablement, ou autre. Mais lorsque le juif va tirer une réelle satisfaction de l’intervention du non juif, par exemple s’il n’y avait pas du
tout de lumière dans la pièce, il est strictement interdit de lui faire la moindre allusion, même si l’allusion ne fait que lui relater des faits (« La pièce est obscure ») , et même si
l’allusion est exprimée avant Shabbat, car il est interdit de tirer profit de l’intervention d’un non juif pendant Shabbat, même si le non juif intervient de sa propre initiative.