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477.Règles relatives aux bénédictions de la Torah – N°3 (Types d’étude et situations diverses nécessitant au préalable la récitation des bénédictions de la Torah)

 

Règles relatives aux bénédictions de la Torah – N°3 

(Selon le Hala’ha Béroura sur Shoul’han ‘Arou’h O.H 47)

Types d’étude et situations diverses nécessitant au préalable la récitation

 des bénédictions de la Torah  

 

Types d’étude et situations diverses nécessitant au préalable

la récitation des bénédictions de la Torah 

 

Développement:


 

Consulter un livre de Torah sans prononcer le contenu 

 

Concernant le fait de consulter un livre de Torah sans en prononcer le contenu, il est vrai que la question fait l’objet d’une divergence d’opinion parmi les décisionnaires :

 

Selon le Gaon Ya’beç dans son commentaire Mor OuKçi’a (sur O.H 47), le fait de consulter un livre entraîne inévitablement la prononciation de son contenu.

De ce fait, il faut impérativement réciter les bénédictions de la Torah au préalable.

D’autres décisionnaires partagent cette opinion : Min’hat Aharon (règle 5 chap.34) ; Péta’h Ha-Dévir (sur O.H 47 note 2) au nom du Beit ‘Oved (dans ses commentaires manuscrits sur O.H).

 

Cependant, le RAMA – dans l’une de ses notes sur le Shoul’han ‘Arou’h (O.H 68) – écrit qu’il est permis d’étudier par la réflexion (sans prononcer) dans un livre de Torah, pendant la lecture du Shéma’, car la réflexion n’est pas comme la parole.

 

A partir de cette opinion du RAMA, nous pouvons établir que la seule consultation d’un livre de Torah sans prononciation, équivaut à l’étude par la seule réflexion, qui ne nécessite pas les bénédictions de la Torah, comme le tranche explicitement MARAN dans le Shoul’han ‘Arou’h (O.H 47-4).

 

Le Gaon auteur du Shou’t ‘Hikré Lev (sect. O.H chap.12, page 12a) tranche explicitement que la seule consultation d’un livre de Torah sans prononciation ne nécessite pas les bénédictions de la Torah.

 


 

Entendre des paroles de Torah de la bouche d’une autre personne (présente)


 

Selon le Gaon auteur du Shou’t Hala’hot Kétanot (tome 2 chap.159), même lorsqu’on désire seulement entendre des paroles de Torah de la bouche d’une autre personne en notre présence, il faut impérativement réciter les bénédictions de la Torah au préalable.

Il compare cela au fait de se rendre quitte de la lecture de la Méguila ou de la sonnerie du Shofar en l’écoutant d’une autre personne.

Ce procédé se nomme « Shoméya’ Ké-‘Oné » (« l’auditeur est comme le récitant »).

Il en est de même lorsqu’on entend des paroles de Torah de la bouche d’une autre personne en notre présence.


 

En réalité, cette opinion est fondée par les propos des Tossafot sur Béra’hot (20b), selon lesquels le principe de « Shoméya’ Ké-‘Oné » (« l’auditeur est comme le récitant ») s’applique également aux paroles de la Torah.

 

Nous pouvons aussi soutenir cette opinion à partir d’un fait relaté dans la Guémara ‘Haguiga 3a :

Deux muets habitaient le voisinage de Rabbi (Rabbenou Ha-Kadosh – Rabbi Yéhouda Ha-Nassi). Ils étaient les petits fils de Rabbi Yo’hanan Ben Godguéda, ou selon certains, les neveux de Rabbi Yo’hanan. Chaque fois que Rabbi pénétrait le Beit Ha-Midrash (la maison d’étude), ils entraient eux aussi et s’asseyaient devant lui. Ils balançaient leurs têtes et bougeaient leurs lèvres.

Rabbi pria pour eux et ils guérirent. On constata qu’ils maîtrisaient les Hala’hot, le Sifra, le Sifré (enseignements Midrashiques), ainsi que l’ensemble du Talmud !

 

Mais on peut contrer cette preuve, car dans cette histoire, les deux muets bougeaient au moins leurs lèvres, et c’est probablement pour cela que leur étude « par écoute » était qualifiable de telle.

 

Mais le Gaon Rabbi Shélomo KELUGER dans son livre Shou’t Ha-Elef Lé’ha Shélomo (sect. O.H chap.35) écrit que l’application du principe de « Shoméya’ Ké-‘Oné » (« l’auditeur est comme le récitant ») aux paroles de Torah dépend d’une divergence d’opinion entre Rashi et Rabbenou TAM dans le traité Soukka (38b), au sujet du fait d’entendre le Kaddish ou la Kédousha lorsqu’on prie la ‘Amida.

Selon Rashi, on ne doit pas s’interrompre mais seulement s’arrêter et écouter.

Mais selon Rabbenou TAM, le fait de s’arrêter et d’écouter représente forcément une interruption, puisque « Shoméya’ Ké-‘Oné » (« l’auditeur est comme le récitant ») !

 

Selon cela, Rashi ne compare pas totalement le fait d’écouter au fait de prononcer, puisqu’il ne considère pas comme interruption le fait de s’arrêter pendant la ‘Amida pour écouter le Kaddish et la Kédousha.


Par contre, pour Rabbenou TAM, l’écoute et la prononciation sont égales.

C’est pour cette raison qu’il considère comme interruption le fait de s’arrêter pendant la ‘Amida pour écouter le Kaddish et la Kédousha.

 

Nous pouvons donc attribuer à Rashi l’opinion selon laquelle le principe de « Shoméya’ Ké-‘Oné » (« l’auditeur est comme le récitant ») ne s’applique pas aux paroles de la Torah, et de ce fait, on ne doit pas réciter les bénédictions de la Torah lorsqu’on désire seulement entendre des paroles de Torah (sans les prononcer) de la bouche d’une autre personne en notre présence.

Rabbenou TAM considèrerait donc pour sa part que le principe de « Shoméya’ Ké-‘Oné » (« l’auditeur est comme le récitant ») s’applique également aux paroles de la Torah, et de ce fait, on doit réciter les bénédictions de la Torah même lorsqu’on désire seulement entendre des paroles de Torah de la bouche d’une autre personne en notre présence.

Or, sur ce point (s’arrêter durant la ‘Amida pour entendre le Kaddish ou la Kédousha), la Hala’ha a été tranchée selon l’opinion de Rashi, comme stipulé dans le Shoul’han ‘Arou’h (O.H 104).

Par conséquent, le Gaon Rabbi Shélomo KELUGER en arrive donc à la conclusion que l’on ne doit pas réciter les bénédictions de la Torah lorsqu’on désire seulement entendre des paroles de Torah de la bouche d’une autre personne en notre présence, sans les prononcer. 

 

Cependant, la preuve du Gaon Rabbi Shélomo KELUGER est réfutable sur ce point.

En effet, on peut aussi admettre que même selon Rashi, l’écoute et la prononciation sont égales, et malgré tout, le fait de s’arrêter durant la ‘Amida afin d’écouter le Kaddish ou la Kédousha ne représente pas une interruption.


Ceci, en se basant sur l’enseignement de nos maîtres selon lequel, Hashem assimile une bonne pensée à un acte, alors qu’une mauvaise pensée, Hashem ne l’assimile pas à un acte.

Selon cela, lorsqu’on s’arrête durant la ‘Amida pour écouter le Kaddish ou la Kédousha, la « bonne pensée » de s’acquitter est considérée comme un acte, mais la « mauvaise pensée » de s’interrompre n’est pas considérée comme un acte !

 

De plus, d’autres décisionnaires tranchent qu’il faut réciter les bénédictions de la Torah même lorsqu’on désire seulement entendre des paroles de Torah de la bouche d’une autre personne en notre présence.


Parmi ces décisionnaires : le Gaon auteur du ‘Ere’h Ha-Shoul’han (sur O.H note 2) ; le Sha’aré Téshouva (Ibid. note 2), et d’autres ...

 

Le Ben Ish ‘Haï (Wayéshev note 2) écrit lui aussi qu’il faut s’imposer la rigueur de ne pas écouter des paroles de Torah avant d’avoir récité au préalable les bénédictions de la Torah (mais il n’écrit pas qu’il faut les réciter pour entendre des paroles de Torah, car il prend malgré tout en considération l’opinion selon laquelle ce n’est pas nécessaire).

 

C’est également ainsi que tranche notre maître le Rav Ovadia YOSSEF Shalita dans son livre Shou’t Yabiya’ Omer (tome 4 sect. O.H chap.4). Mais il précise malgré tout qu’il faut veiller à prononcer soi même des versets de la Torah comme les versets de Birkat Cohanim, immédiatement après avoir réciter les bénédictions de la Torah, afin de prendre quand même en considération l’opinion selon laquelle il n’est pas nécessaire de réciter les bénédictions de la Torah lorsqu’on désire seulement entendre des paroles de Torah de la bouche d’une autre personne en notre présence, sans les prononcer. 

 

Conclusion:


 

Petit rappel :

 

Les bénédictions de la Torah sont les 2 bénédictions qui suivent les bénédictions du matin (« … Asher Kiddéshanou Bé-Miçwotaw Wé-çivanou ‘Al Divré Torah » et « …Asher Ba’har Banou Mi-Kol Ha-‘Amim Wé-Natan Lanou Eté Torato … »).

Elles ont pour fonction d’autoriser la personne à étudier la Torah depuis son réveil le matin, jusqu’au moment où elle va se coucher le soir.

 

Il est strictement interdit d’étudier la Torah sans avoir au préalable récité les bénédictions de la Torah le matin.


 

Types d’étude

 

Les bénédictions de la Torah doivent être récitées aussi bien pour une étude de la Torah Ecrite (le Tana’h - la Bible), aussi bien pour une étude de la Torah Orale (le Talmud – Mishna, Guémara), aussi bien pour une étude de la Hala’ha.


 

Ecrire des paroles de Torah

 

Si l’on désire rédiger des paroles de Torah lorsqu’on se réveil le matin, même si l’on ne prononce pas ces paroles, il faut impérativement réciter les bénédictions de la Torah au préalable. 


 

Réfléchir à des paroles de Torah sans les prononcer

 

Par contre, si l’on désire seulement réfléchir à des paroles de Torah lorsqu’on se réveil le matin, il n’est pas nécessaire de réciter les bénédictions de la Torah.


 

Consulter un livre de Torah sans prononcer le contenu

 

Même si l’on désire seulement consulter un livre de Torah sans prononcer le contenu lorsqu’on se réveil le matin, il est préférable de réciter les bénédictions de la Torah.


 

Rédiger une lettre comportant des versets de Torah

 

Si l’on rédige une lettre dans laquelle on insère quelques versets de Torah pour en enrichir le langage, il n’est pas nécessaire de réciter les bénédictions de la Torah.


 

Entendre des paroles de Torah de la bouche d’une autre personne (présente)

 

Même lorsqu’on désire seulement entendre des paroles de Torah de la bouche d’une autre personne (présente), il faut impérativement réciter les bénédictions de la Torah au préalable.


 

Situations diverses

 

Il est souhaitable de ne pas répondre à une question d’Hala’ha le matin sans avoir au préalable récité les bénédictions de la Torah.

 

Même lorsqu’on étudie sans comprendre, il faut impérativement réciter les bénédictions de la Torah au préalable.

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