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Parasha Wayéshev - Yossef et 'Hanoucca
Contexte :
Lorsque Yossef arrive près de ses frères, ces derniers le dépouillent de sa tunique et le jettent dans le puits (qui était vide d’eau). Ils voient alors une caravane d’Yshma’élites qui se dirigent vers l’Egypte, Yehouda leur dit alors : « Quel avantage tirerons-nous de tuer notre frère ? Venez, vendons le aux Yshma’élites ! » Les frères acceptent, ils le sortent alors du puits et le vendent aux Yshma’élites pour 20 pièces d’argent. Ceux-ci emmènent Yossef en Egypte. Réouven (qui était parti) revient mais ne voit pas Yossef dans le puits, il déchire ses habits. Les frères prennent la tunique de Yossef et la trempent dans le sang d’un chevreau, puis ils l’envoient à Ya’akov qui la reconnaît et conclut qu’une bête féroce l’a dévoré. Il déchire ses vêtements portes longtemps le deuil de son fils. Tous essaient en vain de le consoler mais il continue à pleurer son fils. Les Midianites vendent Yossef en Egypte à Poutiphar, l’officier du Pharaon, le chef des bouchers.
I] Yossef et ‘Hanoucca
Précision
Les mandragores citées ici désignent Réouven, car il en avait un jour cueilli pour sa mère Léa (voir Parasha de Wayéçé)
Avant de lire le passage suivant, il est impératif de bien lire le « contexte »
: … וַיֹּאמֶר אֲלֵהֶם רְאוּבֵן, אַל-תִּשְׁפְּכוּ-דָם--הַשְׁלִיכוּ אֹתוֹ אֶל-הַבּוֹר הַזֶּה (1)
:… מַה-בֶּצַע, כִּי נַהֲרֹג אֶת-אָחִינוּ, וְכִסִּינוּ, אֶת-דָּמוֹ וַיֹּאמֶר יְהוּדָה, אֶל-אֶחָיו (2)
: …לְכוּ וְנִמְכְּרֶנּוּ לַיִּשְׁמְעֵאלִים (3)
« Réouven leur dit : « Ne versez pas le sang. Jetez-le dans ce puits… » »
« Yehouda dit à ses frères : « Quel avantage si nous tuons notre frère ?... Venez, vendons le aux Yshma’élites ! » » (Ch. 37 ; versets 22,26 et 27)
Dans le Midrash Pliya, il est rapporté ceci sur l’un des verset de Shir Ha-Shirim.
« Les mandragores répandent leur parfum ; à nos portes se montrent les plus beaux fruits… » (Chir Ha-Shirim 7 ;14)
« Les mandragores répandent leur parfum », fait allusion à Réouven
« … à nos portes se montrent les plus beaux fruits… » fait allusion aux lumières de ‘Hanoucca
Mis à part le fait que nous pouvons comprendre le lien être les mandragores de Réouven, l’allusion aux lumieres de ‘Hanoucca demeure extrêmement obscur.
En effet :
Quel lien y a-t-il entre Réouven et les Nerot de ‘Hanoucca ?
Avant de répondre à cette question, le Gaon Rabbi Yehouda TSADKA z.ts.l – dans son livre Kol
Yehouda - nous propose d’abord de comprendre la raison pour laquelle la Torah vante les mérites de Réouven et son intervention en disant « qu’il le sauva de leur main », alors qu’il leur
conseilla de le jeter dans un puits rempli tout de même de serpents et de scorpions. Même si l’on suppose que Réouven ignorait la présence des serpents et des scorpions, pourquoi
la Torah attribue malgré tout le sauvetage de Yossef à Réouven plutôt qu’à Yehouda, car en définitive c’est le conseil de Yehouda qui a maintenu Yossef en vie,
mais au lieu de cela, la Torah ne se contente pas de ne pas attribuer le sauvetage de Yossef à Yehouda, mais elle atteste même que ses frères le destituèrent de ses fonctions et
l’abandonnèrent suite à la vente de Yossef.
Mais en réalité le conseil de Réouven de jeter Yossef au puits, était porteur d’une certitude d’un point de vue spirituel, car aucun danger spirituel n’existait dans le puits.
Même s’il y avait tout de même un danger d’un point de vue physique, ce danger restait incertain.
De plus, ce danger n’était que temporaire puisque Réouven avait envisagé cette solution seulement afin de calmer les esprits et de revenir plus tard au puits pour sauver
définitivement son frère, et le ramener à son père.
Par contre, Yehouda a réellement exposé Yossef à un danger certain d’un point de vue spirituel, car il conseilla de le vendre à des Arabes qui voyageaient en Egypte, qui était le
pays le plus imprégné de débauche.
C’est pour cette raison que la Torah attribue le sauvetage de Yossef à Réouven qui le sauva d’un danger spirituel certain et concret, et non à Yehouda qui le sauva physiquement,
mais qui l’exposa de façon certaine au pire des dangers.
A ‘Hanoucca, Israël s’est battu pour défendre sa spiritualité qui était en danger, et non son identité physique.
Leur identité spirituelle avait beaucoup plus de signification pour eux que leur identité physique, tout comme Réouven.
C’est pourquoi le Midrash met en rapport Réouven - qui sauva Yossef du danger spirituel - avec les Nerot de ‘Hanoucca qui donnent de la valeur à la spiritualité.
Nous pouvons comprendre le lien entre Réouven et ‘Hanoucca
En effet, pourquoi allumons-nous des bougies pendant cette semaine la ? Dans le but de commémorer le miracle spirituel de ‘Hanoucca. Or que s’est-il passé ?
Les grecs n’avaient pas pour objectif de détruire notre corps mais nos âmes. Ils considéraient avoir vaincu lorsqu’un juif adoptait leur doctrine : le culte du corps et de l’intelligence.
Ils s’accordaient à dire que D. avait créé ce monde, mais qu’Il l’avait abandonné à une force nommée « nature ». Ainsi seul celui qui était fort et intelligent pouvait réussir dans la vie
L’évènement de ‘Hanouccacomporte donc deux miracles essentiels : la victoire militaire et le salut spirituel.
Or c’est le dernier qui doit le seul demeurer gravé dans les mémoires : le miracle de la victoire spirituelle, le salut de l’âme !
De la même façon pour l’acte de Réouven et celui de Yehouda, c’est celui de Réouven qui est digne de louanges.
Cela montre le chemin dans lequel nous devons investir le principal de nos forces afin d’assurer la pérennité du peuple juif.
Pour finir, nous rapporterons une petite anecdote que nous laisserons volontairement anonyme, à chaque de bien y réfléchir avant de faire des conclusion hâtives :
Histoire :
Pendant la seconde guerre mondiale, des juifs qui se trouvaient entre l’Allemagne nazie et le Russie communiste demandèrent à l’une des grandes figures de la génération ce qu’il était préférable de choisir ? Les maudits nazis ou les haïssables communistes ? [Afin de mieux comprendre le problème, il nous faut resituer le contexte : L’Allemagne nazie « s’occupait » d’exterminait physiquement le peuple juif. La Russie par contre s’appliquait à détruire le judaïsme. Le choix portait donc sur la vie ou sur la foi] Qu’auriez-vous proposé ?
Le Rav pour sa part, répondit que c’était une question extrêmement difficile à traiter, mais qu’à son avis il était préférable d’aller vers les nazis !
II] Nul n’est censé ignoré la loi !
« Ya’akov demeura dans le pays des pérégrinations de son père, dans le pays de Kanaan. Voici l'histoire de la descendance de Ya’akov. Yossef, âgé de dix-sept ans, menait paître les brebis avec ses frères. Passant son enfance avec les fils de Bilha et ceux de Zilpa, épouses de son père, Yossef débitait sur leur compte des médisances à leur père. » (Béréshit 37-1 et 2. Début de notre Parasha)
Rashi : Yossef rapportait à son père tous les comportements qui lui semblaient reprochables chez les enfants de Léa (Réouven, Shim’on, Lewi, Yehouda, Issa ’har et Zévouloun). Il disait qu’ils consommaient le membre d’un animal encore vivant (אבר מן החי), qu’ils avaient une attitude méprisante envers leurs frères les enfants des servantes Bilha et Zilpa (ils les traitaient de « fils de servantes »), et qu’ils étaient soupçonnables de débauche.
Pour chacune de ces 3 accusations, Yossef fuit punit par Hashem : Lorsque ses frères l’ont vendu, ils ont égorgé un bouc (afin de tremper la tunique de Yossef dans son sang), pour démentir l’accusation de consommation de membre d’un animal vivant ; Yossef fut vendu en tant qu’esclave pour démentir le fait que ses frères traitaient les enfants de Bilha et de Zilpa de « fils de servantes » ; Yossef fut victime de la tentative de séduction de la femme de Potifar, pour démentir le fait que ses frères s’adonnaient à la débauche.
Le Mé’am Lo’ez demande au nom du REEM (Rabbi Eliyahou MIZRA’HI) :
Est-il concevable que les Shévatim – les enfants de Ya’akov Avinou, qui étaient tous des individus d’une très haute stature spirituelle – puissent se comporter de la sorte ?! S’ils ont réellement commis de telles transgressions, pourquoi Yossef fut-il punit par Hashem ? N’a-t-il pas rapporté strictement ce que ses yeux lui ont montré, car il est également impensable que Yossef ait inventé de tels faits ?!
Dans son livre Kessef Niv’har, le Gaon Rabbi Yoshiyahou PINTO z.ts.l (Syrie 18ème siècle) répond à ces interrogations.
Les Shevatim se sont comporter de façon strictement valable aux yeux de la Torah, mais Yossef avait une fausse compréhension de leurs actes.
En effet, les Shevatim effectuaient la Shé’hita (abattage rituel) de l’animal.
Cependant, ils coupaient des morceaux de la bête alors qu’elle remuait encore, mais ils ne les consommaient qu’à la mort définitive de la bête. Ils agissaient ainsi car cette viande consommée dans de telles conditions est très bénéfique pour le corps humain (voir ‘Houlin 33a).
La Guémara ‘Houlin (33a) établit que cette attitude est totalement permise, puisque selon la Hala’ha, il suffit d’abattre la bête par la Shé’hita, et il est ensuite permis de découper un morceau de l’animal, à condition d’attendre la mort certifiée de la bête pour consommer le morceau découpé. Le fait que la bête remue encore après la Shé’hita ne constitue pas une raison interdisant la découpe d’un morceau de l’animal, et ce morceau n’est pas considéré comme « membre d’un animal encore vivant », puisque la bête a été abattue conformément aux exigences de la Torah.
Cette Halakha est tranchée dans le Shoul’han ‘Aroukh (Y.D 27-1).
Cependant, la Guémara (citée plus haut) précise que cette autorisation ne concerne que les Béné Israël et non les Béné Noa’h (les non juifs).
[Selon la Torah, les non juifs n’ont pas le droit eux aussi de consommer le membre d’un animal encore vivant, et cette interdiction fait partie des 7 lois Noa’hides]
La Guémara émet tout de même une remarque :
Y a-t-il une chose permise par la Torah aux Béné Israël et non aux non juifs ?
La Guémara répond :
Puisque les Béné Israël doivent abattre leurs bête par la Shé’hita, si celle-ci a été effectuée selon toutes les exigences de la Hala’ha, un morceau découpé après Shé’hita n’est pas considéré comme « membre d’un animal encore vivant » (mais il n’est permis à la consommation qu’après la mort certifiée de la bête).
Par contre, les non juifs, à qui la Torah n’a pas exigé l’abatage par Shé’hita, ne peuvent découper un morceau de la bête que lorsque celle-ci est définitivement constatée comme morte.
C’est justement à ce niveau que se situait le débat parmi les Shevatim.
Puisqu’ils accomplissaient l’intégralité des lois de la Torah alors qu’elle n’avait pas encore été donnée, les Shevatim considéraient avoir le statut Halakhique de « Béné Israël ».
A ce titre, il leur était suffisant d’abattre leurs bêtes par la Shé’hita, pour être autorisés à découper un morceau de l’animal, même si celui-ci remue encore, à condition de ne consommer ce morceau qu’après la mort certifiée de l’animal.
Mais le point de vue Halakhique de Yossef était tout autre.
En effet, il considérait que leur statut était celui de « Béné Noa’h », même s’ils étaient de la descendance d’Avraham Avinou, étant donné que la Torah n’avait pas encore été donnée. Même s’ils accomplissaient déjà les lois de la Torah par volonté personnelle, ils n’avaient le statut de « Béné Israël » que dans le sens de la rigueur (les interdictions) et non dans celui de la souplesse (les autorisations).
S’ils avaient le statut de « Béné Noa’h » et non celui de « Béné Israël », ils n’étaient donc pas autorisés à découper un morceau de la bête, même après la Shé’hita, tant que l’animal remue encore.
Le fait que Yossef fut punit, nous indique que la Halakha était sur ce point du côté des Shevatim et non du côté de Yossef.
La punition de Yossef lui fut donc infligée pour manque de discernement Hala’hique avec pour conséquence, une accusation erronée à l’égard de ses frères.
De nos jours, des gens totalement ignorants en Halakha se permettent d’émettre de lourds jugements sur le comportement de leurs prochains, sans avoir la moindre connaissance du domaine concerné, et en allant même jusqu’à diffuser très largement leurs conclusions personnelles, qui n’ont pas le moindre poids Hala’hique, sans scrupule ni honte pour l’humiliation et le mauvais renom provoqués à la personne.
Ces personnes médisantes font payer très cher le prix de leur ignorance, à de pauvres gens qui agissent la plupart du temps de façon parfaitement conforme à la Halakha !!
Il n’y a que l’étude régulière et méthodique de la Halakha qui peut sauver la personne de la médisance, et épargner les autres de la honte et de l’humiliation.