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1. L’importance du Kaddish
Il est enseigné dans la Guémara Chabbat (3a) :
"Lorsqu’Israël se réuni dans les synagogues et les maisons d’étude et répond : « Yéhé Shémé Rabba Mévara’h … », Hashem agite la tête (si l’on peut s’exprimer ainsi) et dit : « Heureux le roi
glorifié ainsi dans sa maison !
Pourquoi ce père a-t-ilexilé ses enfants ?! Malheur aux enfants exilés de la table
de leur père ! »"
Nos maîtres enseignent encore dans la Guémara Shabbat (119b) :
Toute personne qui répond « Amen, Yéhé Shémé Rabba Mévara’h… » de toutes ses
forces, Hashem lui annule la sentence (négative) de son jugement.
Et dans la Guémara Sotta (49a) :
Rava dit : Chaque jour est frappé d’une malédiction plus importante que le jour
précédente, et le monde ne doit sa survie qu’à la Kédousha Dé-Sidra (la Kédousha de
« Ouva Lé-çion ») ainsi qu’à « Yéhé Shémé Rabba Mévara’h » d’un passage de
Agada (que l’on répond dans le Kaddish après une étude de Torah).
Nous constatons de toutes ces citations l’importance du Kaddish, et du devoir de
répondre Amen lors de sa récitation.
2. Le nombre de Kaddish au quotidien
Selon nos maîtres les Rishonim cités par MARAN dans le Beit Yossef (O.H 55), il faut dire (ou
entendre) 7 Kaddish par jour, en référence au verset du Téhilim (119- 164) : « Sept fois par jour je te glorifie… »
Mais selon l’opinion Kabbalistique de notre maître le ARI Zal (citée par le Kaf Ha- ‘Haïm O.H 55 note 1), il faut
dire (ou entendre) pas moins de 12 Kaddish par jour, répartis de cette façon :
• 6 Kaddish dans la prière de Sha’harit (office du matin) :
Avant Hodou (Kaddish ‘Al Israël) ; entre Ishtaba’h et le Yoçer (demi-
Kaddish
de l’officiant) ; après la ‘Amida (demi-Kaddish de l’officiant avant Ashré) ;
après Ashré et Ouva Lé-çion (Titkabbal) ; après le Shir quotidien (Kaddish Yéhé Shélama
après le psaume quotidien) ; avant ‘Alénou Lé-Shabéa’h (Kaddish ‘Al Israël avant Baré’hou).
• 2 Kaddish dans la prière de Min’ha (office de l’après-midi) :
Avant la ‘Amida (demi-Kaddish de l’officiant) ; après la ‘Amida (Titkabbal).
• 4 Kaddish dans la prière de ‘Arvit (office du soir) :
Avant les bénédictions du Shéma’ (demi-Kaddish de l’officiant avant « …Asher
Bidvaro… ») ; avant la ‘Amida (demi-Kaddish de l’officiant) ; après la Amida (Titkabbal)
; avant ‘Alénou Lé-Shabéa’h (Kaddish Yéhé Shélama avant Baré’hou).
Nous avons l’usage d’ajouter un Kaddish supplémentaire avant ‘Alénou Lé-Shabéa’h de Min’ha.
Les Ashkénazim ont l’usage d’ajouter un Kaddish après ‘Alénou Léshabéa’h de chaque office, conformément à l’opinion du
Touré Zahav (TAZ) (sur O.H 55 note 1), puisque nous disons des versets extraits du TANA’H dans ‘Alénou Léshabéa’h. Certaines communautés
Séfarades (celles d’Afrique du nord) ont également cet usage.
3. Kaddish après avoir dit des versets du TANA’H, et après une
étude de Torah
Hormis les Kaddish fixés dans les offices quotidiens, nous avons l’usage de dire le Kaddish « Yéhé Shéléma… » après avoir dit des
psaumes de Téhilim ou des versets de la Torah.
De même, nous disons le Kaddish « ‘Al Israël… » après une étude de Torah orale (Mishna, Guémara, Hala’ha, …). Cependant, avant de
dire ce Kaddish, nous disons la citation « Rabbi ‘Hananya Ben ‘Akashya Omer… » puisque cette citation est une Agada (un passage homilétique), et que selon la
Guémara Sotta (49a) citée plus haut, le monde doit sa survie à la Kédousha Dé-Sidra (la Kédousha de « Ouva Lé-Tsion »)
ainsi qu’à « Yéhé Shémé Rabba Mévara’h » d’un passage de Agada.
Selon le Touré Zahav (TAZ) (sur O.H 55 note 3), même s’il n’y a pas Minyan lors de la récitation des versets de
Téhilim, ou lors de l’étude de Torah, et que le Minyan est réuni ensuite, on peut dire le Kaddish.
Par opposition à l’opinion du Lévoush (parag.3).
Il semble que d’autres A’haronim (décisionnaires récents ou contemporains) -
comme le Shou’t Sha’ar Efraïm (chap.17), le Eliya Rabba (note 3) ou le ‘Hayé Adam (règle 30 note 7) et d’autres -
soutiennent l’opinion du TAZ sur ce point.
Cependant, le Eliya Rabba préconise d’ajouter quelques versets de Téhilim avant de dire le Kaddish Yéhé Shélama.
Par conséquent, si l’on a lut des Téhilim sans la présence du Minyan, mais que le Minyan arrive à la fin des
Téhilim, il est juste de s’imposer la ‘Houmra (rigueur) de lire encore quelques versets avant de dire le Kaddish « Yéhé Shéléma ».
De même, si l’on a procédé à une étude de Torah sans la présence du Minyan, mais que le Minyan arrive à la fin de
l’étude, on doit dire la citation « Rabbi ‘Hananya Ben ‘Akashya Omer… » avant de dire le Kaddish « ‘Al Israël ».
Il en est de même pour l’office de Sha’harit, s’il n’y a pas encore Minyan à la
synagogue lorsqu’on arrive au Kaddish avant Hodou, on poursuit jusqu’à Barou’h Shéamar, et avant de dire Barou’h Shéamar, si le
Minyan est réuni on dit la citation « Rabbi ‘Hananya Ben ‘Akashya Omer… » et le Kaddish « ‘Al Israël ».
4. Ne pas multiplier les Kaddish
Les A’haronim écrivent qu’il est juste d’éviter de provoquer volontairement les occasions de réciter le Kaddish et de ne le dire
qu’aux moments où il est
réellement nécessaire de le dire.
Les gens qui prononcent volontairement des versets ou des paroles de Torah, puis disent le Kaddish, et recommence ainsi plusieurs fois de suite,
n’agissent pas conformément au Din.
De même, si l’on procède à une étude de Torah avant l’office de ‘Arvit, et que l’on dit le Kaddish « ‘Al Israël »,
il ne faut pas dire de nouveau le Kaddish lorsqu’on entame l’office de ‘Arvit. Il faut dire directement « Wéhou Ra’houm » et « Baré’hou ».
Dans la prochaine Hala’ha, nous développerons – avec l’aide d’Hashem – les
règles du Kaddish pour les orphelins.