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Les Parashiyot de Nitsavim et de Vayele’h contiennent des propos de morale et de remontrance, prononcés par Moshé Rabbenou à l’égard du peuple d’Israël, afin qu’il continu à observer les Mitsvot d’Hashem et sa Torah, et afin d’empêcher que – ‘Hass Veshalom – la Torah soit oubliée d’Israël.
Moshé Rabbenou ne ménage pas Israël, et lui dit : « Depuis le jour où je vis avec vous, vous n’avez été que des rebelles envers Hashem, et vous le serez certainement encore après ma mort ! »
Niçavim
"Vous êtes placés aujourd'hui, vous tous, en présence d’Hashem , votre D. ; vos chefs de tribus, vos anciens, vos préposés, chaque citoyen d'Israël." (Dévarim 29-9)
Rashi :
Le Midrash Aggada demande : Pourquoi cette Parasha fait-elle immédiatement suite à celle des malédictions (Ki Tavo) ? Car lorsqu’Israël a entendu les quatre-vingt dix-huit malédictions (98) de Ki Tavo en plus des quarante-neuf qui se trouvent (49) dans Vayikra (Bé’houkotaï), ils sont devenus verts [de terreur] et ils ont dit : « Qui pourra faire face à celles-là ? » Moshé les tranquillisa : « Vous êtes placés aujourd'hui, vous tous, en présence d’Hashem, vous L’avez souvent irrité sans qu’Il vous ait exterminés, et vous êtes malgré tout encore vivants devant Lui. »
Le Gaon auteur du Lev Eliyahou fait remarquer :
On peut s’interroger sur les paroles apaisantes adressées par Moshé Rabbenou à Israël : « … vous L’avez souvent irrité sans qu’Il vous ait exterminés, et vous êtes malgré tout encore vivants devant Lui. »
Les malédictions ont-elles été dites en vain ?! Nos sages n’enseignent-ils pas dans la Guémara Bava Kama (50a) : Celui qui dit qu’Hashem renonce à châtier, ses intestins renonceront eux aussi à fonctionner (il s’expose à la mort) ! » ?!
La question reste donc dans toute sa force : Qui pourra faire face à ces malédictions ? »
De plus, si les Béné Israël ont tellement irrité Hashem au point de mériter les malédictions écrites dans la Torah, pourquoi sont-ils « malgré tout encore vivants devant Lui. » Hashem ne renonce pourtant jamais à châtier ?!
En réalité, les châtiments que l’homme subit ne viennent jamais en tant que « vengeance », mais seulement en guise de faveur à l’homme.
Le mot « Yissourim » (souffrances, épreuves) vient du mot « Moussar » (morale).
Par le biais des épreuves, l’individu est meurtri, son cœur se brise et il est disposé au repentir.
Le Téhilim dit : « Les sacrifices [agréables] à Hashem, c’est un esprit contrit ; un cœur brisé et abattu, ô Hashem, tu ne le dédaignes point. » (Téhilim 51-19)
Le Gaon de Vilna explique :
On peut comparer cela à un champ.
Si l’on désire l’ensemencer, il est nécessaire de le labourer au préalable, de retourner sa terre pour que l’on puisse y planter des graines.
Sans labourage, la plantation restera impossible.
Il en est de même pour le cœur de l’homme.
Les épreuves et les souffrances ont pour fonction de « labourer » le cœur de l’homme et d’en faire « un cœur brisé et abattu » !
Ce n’est qu’ainsi que l’on pourra « ensemencer » le cœur et y planter la récolte du repentir !
A présent, nous pouvons comprendre.
Lorsqu’Israël entendit les malédictions et qu’il devint vert [de terreur]
au point de dire :
« Qui pourra faire face à ces malédictions ?! », cette terreur causée par l’annonce des malédictions fut pour eux une véritable souffrance et inquiétude, au point de s’interroger : « Qui pourra faire face à ces malédictions ?! ».
En constatant leur inquiétude, Moshé Rabbenou les rassura en leur disant : « Vos peurs et vos inquiétudes sont positives, car les malédictions écrites dans la Torah n’ont pour seul objectif que de briser le cœur et le motiver au repentir. Lorsque votre cœur se brise par la seule annonce des malédictions, c’est le signe qu’il est suffisamment « labouré » et que l’on peut y planter la droiture et l’intégrité !
Vous êtes donc arrivé à l’objectif !
Cette terreur provoquée par la simple annonce des malédictions, équivaut à subir les malédictions elles mêmes !!
Nous pouvons constater à travers cet enseignement à quel point nous sommes malheureusement encore très loin de l’objectif, puisque la lecture des malédictions ou de tout autre texte terrifiant ne nous insuffle pas le moindre sentiment de repentir, et nous restons insensibles à ces paroles pourtant censées nous stimuler à nous remettre en question !!
Wayele’h
Et Moshé leur ordonna ce qui suit : « A la fin de chaque septième année (Shémita), à l'époque de l'année de relâche (pour la terre), lors de la fête de Soukkot. Alors que tout Israël vient comparaître devant Hashem, ton D., dans l'endroit qu'il aura élu, tu feras lecture de cette Torah en présence de tout Israël, qui écoutera attentivement. Convoques-y le peuple entier, hommes, femmes et enfants, ainsi que l'étranger qui est dans tes murs, afin qu'ils entendent et s'instruisent, et révèrent Hashem, votre D., et s'appliquent à pratiquer toutes les paroles de cette Torah". (Dévarim 31-10, 11, 12)
Il est enseigné dans la Guémara ‘Haguiga (3a) :
Rabbi Yo’hanan Ben Bérouka et Rabbi El’azar Ben ‘Hisma allèrent accueillir leur maître Rabbi Yéhoshoua’ dans la ville de Pik’inn.
Rabbi Yéhoshoua’ demanda à ses élèves :
« Quel enseignement original a été donné aujourd’hui à la maison d’étude ? »
Rabbi Yo’hanan Ben Bérouka et Rabbi El’azar Ben ‘Hisma répondirent :
« Nous sommes tes élèves et nous nous abreuvons de ton eau ! »
Rabbi Yéhoshoua’ leur dit :
« Malgré tout ! Une maison d’étude est inconcevable sans enseignement nouveau ! Qui dirigeait la maison d’étude cette semaine ? »
Rabbi Yo’hanan Ben Bérouka et Rabbi El’azar Ben ‘Hisma répondirent :
« Cette semaine était celle de Rabbi El’azar Ben ‘Azarya. »
Rabbi Yéhoshoua’ leur dit :
« Qu’a-t-il enseigné ? »
Ses élèvent lui dirent :
« Il a commenté ce verset : Convoques-y le peuple entier, hommes, femmes et enfants. Il commenta ainsi : Si les hommes viennent pour apprendre, les femmes viennent donc pour écouter. Mais pourquoi les enfants viennent-ils ? Pour donner du mérite à ceux qui les amènent. »
Rabbi Yéhoshoua’ leur dit :
« Vous aviez une pierre précieuse en votre possession et vous vouliez m’en priver ?! »
Le Meshe’h ‘Ho’hma demande :
Pourquoi Rabbi Yéhoshoua’ qualifie-t-il cet enseignement de « pierre précieuse » ?!
On peut expliquer grâce à l’enseignement du Talmud Yéroushalmi sur Yébamot (fin du 1er chap.) où il est raconté que la mère de Rabbi Yéhoshoua’ amenait son berceau à la maison d’étude, afin que les oreilles de son enfant s’attachent aux paroles de la Torah.
C’est donc pour cette raison que Rabbi Yéhoshoua’ fut si impressionné par l’enseignement rapporté par ses élèves, selon lequel les enfants étaient eux aussi convié au Temple « pour donner du mérite à ceux qui les amènent », car cette attitude fut également celle de sa mère qui l’emmenait à la maison d’étude pour que les paroles de la Torah pénètrent ses oreilles.
En éduquant nos enfants dans la voie de la Torah, ce n’est pas seulement à nos enfants que nous donnons, mais aussi à nous même !!
Shabbat Shalom
Hashem joue-t-il à cache-cache ?
« Et je voilerais ma face ce jour-là, à cause de tout le mal qu’il a fait… » (Devarim 31-18)
Question :
Comment est-il possible qu’Hashem puisse voiler Sa face de nous ?
Comment Israël pourra-t-il survivre sans l’éblouissement de la Face d’Hashem sur le monde ?
Réponse :
Le Ba’al Shem Tov explique par une image :
Un jour, un roi voulut se cacher dans son palais, sans que personne ne puise deviner sa présence.
Par de la prestidigitation, il fit apparaître différentes choses à ses enfants tout autour de son palais.
On y aperçut des murs de feu, des fleuves, le tout seulement par de la magie.
Ceux qui étaient intelligents parmi les enfants du roi se dirent :
« Comment mon père qui est si sensible peut-il refuser de se montrer à ses enfants ?! Il est certain que ceci n’est que de l’effet d’optique dans le
seul but de nous tester afin de déterminer notre force et notre volonté à le rejoindre !! »
En effet, les enfants purent se rendre compte qu’il n’y avait aucun obstacle, mais seulement de l’apparence, et lorsqu’ils franchirent le fleuve,
celui-ci disparut, et de même pour tous les autres obstacles.
Il en est de même pour Hashem.
Il se cache afin de voir notre désir de se rapprocher de lui, mais en réalité, il reste totalement proche de nous, et il nous suffit de s’efforcer à
nous rapprocher de lui pour constater que la démarche n’est pas si compliquée !
Un jour, Rabbi Barou’h de Meziboz était dans son bureau en train d’étudier, lorsque son petit fils entra dans la pièce en pleurant.
Son grand-père lui demanda :
« Pourquoi pleures-tu ? »
L’enfant répondit :
« Je jouais à « cache-cache » avec mes camarades, et selon les règles du jeu, je dois me cacher afin que mes camarades me cherchent et me trouvent,
mais voilà des heures que je suis caché et ils m’ont tous abandonné, aucun ne cherche après moi !! »
Lorsque Rabbi Barou’h entendit les paroles de son petit fils, il éclata lui aussi en sanglots :
« Hashem lui aussi pleure dans sa cachette et se lamente : Pourquoi personne ne me cherche-t-il ?! »
Il est effectivement écrit : « Et je voilerais ma face ce jour-là… »
Pourquoi se cache-t-il de nous si ce n’est dans le but que nous cherchions après lui ?! Comme il est écrit : « De là-bas vous chercherez Hashem ton
D. et tu le trouveras, car tu l’as réclamé de tout ton cœur et de toute ton âme. »
Hashem dit :
« Si vous me cherchez, vous me trouverez, mais personne ne me cherche !! »
Shabbat Shalom