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Contexte:
Moshé Rabbenou réuni les chefs de tribus (Rashé Ha-Matot) et leur enseigne les Hala’hot des
Nedarim (les voeux) et des Shévouot (les serments).
Hashem ordonne à Moshé Rabbenou de lever une armée contre Midian, afin de venger les 24
000 Béné Israël morts par la colère d’Hashem, provoquée par l’incitation à la débauche des filles de Midian. 1 000 personnes par tribu sont désignées
pour livrer batail contre Midian, soit 12 000 soldats au total.
Au retour de la guerre contre Midian, les Béné Israël rapportent un important butin constitué de vaisselles d’or
et d’argent et d’autres métaux. Moshé Rabbenou enseigne aux Bené Israël les règles de Cashérisation d’ustensiles ayant cuits des aliments interdits.
Moshé Rabbenou autorise les tribus de Réouven, de Gad, ainsi que la moitié de la tribu de
Menashé, à s’installer sur l’autre rive du Jourdain, mais uniquement à la condition qu’ils participent à la conquête d’Erets Kenaan, aux côtés
de leurs frères.
1. La Parnassa ou les enfants ?
Les enfants de Réouven et ceux de Gad possédaient de nombreux troupeaux, très considérables. Lorsqu'ils virent le
pays de Y’azer et celui de GuiI’ad, ils trouvèrent cette contrée avantageuse pour le bétail. Les enfants de Gad et ceux de
Réouven vinrent donc et parlèrent à Moshé, à El’azar Ha-Cohen et aux anciens de la communauté, en ces termes:
« Atarot, Dibon, Y’azer, Nimra, Heshbon et El’alé; Sebam, Névo et Be’on, ce pays, qu’Hashem a fait succomber devant les Béné Israël, est un pays propice au bétail; or, tes serviteurs ont du bétail. » Ils dirent encore : « Si nous avons trouvé faveur à tes yeux, que ce pays soit donné en propriété à tes serviteurs; ne nous fais point passer le Jourdain. » Moshé répondit aux enfants de Gad et à ceux de Réouven : « Quoi ! Vos frères iraient au combat, et vous demeureriez ici ?! Pourquoi voulez-vous décourager les Béné Israël de marcher vers le pays que leur a donné Hashem ?
Alors ils s'approchèrent de Moshé et dirent: « Nous voulons construire ici des parcs à brebis pour notre bétail, et des villes
pour nos familles. Mais nous, nous irons en armes, résolument, à la tête des Béné Israël, jusqu'à ce que nous les ayons amenés à leur destination, tandis que nos familles
demeureront dans les villes fortes, à cause des habitants du pays. Nous ne rentrerons pas dans nos foyers, tant que les Béné Israël n'aient pris possession chacun de son
héritage. Nous ne prétendons point posséder avec eux de l'autre côté du Jourdain, puisque c'est en deçà du Jourdain, à l'orient, que notre possession nous sera échue
».
Moshé leur répondit : « Si vous tenez cette conduite, si vous marchez devant Hashem, équipés pour la guerre;
si tous vos guerriers passent le Jourdain pour combattre devant Hashem, jusqu'à ce qu'il ait dépossédé ses ennemis, et si, le pays une fois subjugué devant
Hashem, alors seulement vous vous retirez, vous serez quittés envers Hashem et envers Israël, et cette contrée vous sera légitimement acquise devant Hashem. Mais
si vous agissez autrement, vous êtes coupables envers Hashem, et sachez que votre faute ne serait pas impunie ! Construisez donc des villes pour vos familles et des parcs pour vos brebis, et
soyez fidèles à votre parole. » (Bamidbar 32)
2. Les vœux : Qui est autorisé à en faire ?
« Si un homme formule un voeu envers Hashem, ou prête serment afin de s’interdire une chose, il ne devra pas enfreindre sa parole, il devra
accomplir tout ce qui sortira de sa bouche ». (Bamidbar 30 – 3 début de notre Parasha)
Midrash (Bamidbar Rabba 22,1)
Hakadosh Barou’h Hou dit : « Ne croyez pas qu’il vous soit permis de formuler des serments ou des voeux, même en
Mon Nom ! Même au nom de la vérité, il ne t’est pas permis de formuler des serments ou des voeux en Mon Nom. Pour pouvoir le faire, il faut
que tu possèdes les qualités suivantes : Tu devras craindre Hashem ton D., tu devras Le servir, tu t’attacheras à Lui, et tu jureras par Son Nom ».
Question
Pourquoi il n’est permis de formuler des serments et des voeux qu’à celui qui possède toutes ces qualités : craindre Hashem, servir Hashem, et être
attacher à Lui ?
Réponse
Rabbi Yaakov KRANTZ (ou « le Maguid de DOUVNO » Russie 18ème siècle) explique cela comme à son habitude, par une
image.
Il y avait 2 pauvres qui étaient voisins.
L’un était bûcheron, l’autre était voleur.
Ils avaient tous les deux des filles.
Lorsque le bûcheron voyait que l’une de ses filles arrivait en âge de se marier, il célébrait le mariage et fournissait à sa fille une très bonne
dote.
Tandis que le voleur voyait ses filles prendre de l’âge sans pour autant se marier puisqu’il n’avait pas le moindre sou.
Un jour, le voleur vint trouver son voisin le bûcheron et lui dit :
« Explique moi de quelle façon réussis-tu à marier tes filles et à leur fournir une dote, n’es tu pas aussi pauvre que moi ?! »
Le bûcheron lui répondit :
« Voici mon habitude : lorsqu’un de mes enfants vient au monde, je fabrique une petite boite fermée avec un verrou, dans laquelle je mets
quotidiennement une pièce. Lorsqu’ arrive le moment de marier mon enfant, je trouve dans cette boite tout ce dont j’ai besoin pour célébrer le mariage. Toi aussi, suis mon conseil et fabrique toi
une boite verrouillée, que tu remplieras chaque jour. »
Lorsque le voleur entendit cela, il éclata de rire et dit :
« Ce conseil n’est valable que pour quelqu’un comme toi, car lorsque tu places une pièce de monnaie dans cette boite, elle restera fermée
jusqu’au jour du mariage, quoi qu’il puisse arriver, et cela, même si tu traverses des périodes difficiles. Mais moi qui suis habitué à forcer des portes que d’autres personnes ont verrouillé, en
situation difficile, ne serai-je pas en mesure de forcer un verrou que j’aurai moi-même placé ?!! »
Quelqu’un qui observe la Torah et les Miçwot, et devant qui, tous les « verrous » que la Torah a placé, restent fermés, il est
certain qu’une telle personne est à même de formuler un serment ou un voeu et qu’elle le respectera.
Ce qui n’est pas le cas d’un Rasha’ (un impie). Que l’importe un voeu ou un serment ?! S’il n’a déjà aucune difficulté à forcer les
« gros verrous » que la Torah a elle-même posé, aura-t-il la moindre difficulté à forcer un voeu ou un serment qu’il s’est lui-même imposer ?!!!
La Torah n’a jamais demandé à l’individu de faire des Nedarim(voeux) , mais elle exige de les honorer !!!
3. La vengeance contre Midian et la reconnaissance
« Réalise la vengeance des Bené Israël contre Midian, ensuite tu rejoindras tes pères. » (Bamidbar 32-2)
Sifré
Cela indique que la mort de Moshé est retardée par la guerre contre Midian, et malgré cela, Moshé va et agit avec joie.
Quelle pureté de cœur de la part de Moshé Rabbenou !!
Hashem vient de informer Moshé Rabbenou que sa mort « dépend » de la réalisation de son ultime mission : mener une
guerre punitive contre Midian, et en d’autres termes, tant qu’il n’aura pas rempli cette mission, il ne meurt pas. C’est d’ailleurs pour cela que le texte affirme que le peuple a fourni à contre
cœur les soldats pour mener cette bataille, sachant pertinemment que la mort de leur maître – Moshé Rabbenou – dépendait de la réalisation de cette tâche.
Mais Moshé Rabbenou quand à lui, ne tient compte d’aucun paramètre et se hâte de faire partir le peuple à la bataille ordonnée par
Hashem.
Qu’est ce qui motive Moshé Rabbenou à agir de la sorte ?
La réponse à cette question se trouve dans le verset suivant :
« Moshé parla au peuple en ces termes : fournissez des hommes pour l’armée, afin qu’ils partent en campagne contre Midian, afin de réaliser la
vengeance d’Hashem contre Midian. » (Bamidbar 32-3)
Le Midrash souligne la modification que l’on trouve dans les propos de Moshé Rabbenou : « la vengeance d’Hashem
» alors que dans le verset précédent, nous constatons qu’Hashem lui ordonne de réaliser « la vengeance des Bené Israël ».
Moshé Rabbenou vit dans l’ordre de mener une guerre punitive contre Midian, un moyen de venger la honte et le
blasphème du Nom d’Hashem que Midian a causer en incitant les Bené Israël à la débauche, beaucoup plus que les dramatiques conséquences sur le peuple, à savoir la mort de 24 000
personnes du fait de la colère d’Hashem.
Vue d’une telle façon, il n’était donc pas question pour Moshé Rabbenou de retarder la réalisation de cet ordre, même si cela doit
activer le moment de sa mort. Il s’est donc empresser d’accomplir – dans la joie – la volonté de son Créateur.
Ces propos nous amènent à un étonnement supplémentaire :
Si la réalisation de cet ordre était si importante aux yeux de Moshé Rabbenou, comment se fait-il qu’il délègue Pin’hass et
El’azar pour diriger la bataille, alors que l’ordre d’Hashem était explicite : « Réalise la vengeance des Bené Israël contre Midian… » ce qui signifie « Réalise par toi-même ».
?
Cette question a déjà été abordée par les Sages du Midrash Rabba et Tan’houma.
En effet, sur le verset « Moshé les envoya… » nos Sages demandent :
Hashem demande à Moshé de réaliser la vengeance par lui-même, et il délègue d’autres personnes pour le faire ?!
En réalité, Moshé Rabbenou a grandit à Midian.
Il se dit : Il n’est pas « légal » que je frappe moi-même celui qui m’a prodigué du bien.
Le proverbe dit : « Ne jette pas la pierre dans le puit duquel tu as bu. »
Nous pouvons apprendre d’ici combien est précieuse la qualité de la reconnaissance.
Comment Moshé Rabbenou peut à la fois exprimer autant d’empressement à accomplir un ordre Divin, même si l’accomplissement de cet
ordre signifie pour lui la fin de sa mission sur terre, et simultanément, il se retient d’accomplir cet ordre par lui-même – bien que l’ordre était explicite « Réalise la vengeance des Bené
Israël contre Midian… ». Tout ceci pourquoi ? Par reconnaissance.
De plus, qu’est ce que peuvent représenter les habitants de Midian, et quel est le sens du bien qu’ils ont prodigué à Moshé
Rabbenou, face au fait qu’ils ont incité Israël à la débauche et provoqué la mort de 24 000 Bené Israël par la colère d’Hashem ? Ce crime n’est-il pas dramatique face à
la « bonté » qu’ils ont prodiguée à Moshé Rabbenou ?!
Malgré tout, le sentiment de « ne pas jeter la pierre dans le puit duquel il a bu » prend le dessus sur tous les calculs et ne laisse pas
Moshé Rabbenou sortir lui-même en guerre contre ses bienfaiteurs.
L’empressement à accomplir les Miçwot d’Hashem ne doit pas faire d’ombre au règles du savoir vivre !!