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320. Spécial 'Omer : La Mitsva de compter le ‘Omer

Question:

 

Quelles sont les principales règles de la Mitsva de compter le ‘Omer ?


Réponse:

 

Il est écrit dans la Torah (Vaykra 21 – 15) :

« Vous compterez pour vous, dès le lendemain du Shabbat, depuis le jour où vous apporterez le ‘Omer du balancement, 7 semaines pleines. »

 

Selon l’explication transmise à nos maîtres (et citée dans la Guemara Mena’hot 65b), le sens des termes « dès le lendemain du Shabbat » employés dans ce verset, indique en réalité le lendemain du 1er Yom Tov de Pessa’h, qui est un jour de cessation d’activité (« Shabbaton », de la racine « Shabbat »). (« Dès le lendemain du Shabbat », le lendemain du 1er jour de Pessa’h, qui est un jour comme Shabbat. C’est pourquoi, dès la sortie du 1er Yom Tov de Pessa’h – après la prière de ‘Arvit - on commence à compter le ‘Omer.)

 

Le compte du ‘Omer depuis le soir du 16 Nissan, jusqu’à la fin des 7 semaines - qui font 49 jours - est à l’origine, une Mitsva positive ordonnée par la Torah.

 

Cependant, il est écrit (Devarim 16 – 9) :

« Tu compteras pour toi 7 semaines, depuis le moment où la faucille est dans le blé, c’est là que tu commenceras à compter. », c'est-à-dire, depuis le moment où l’on va moissonner le blé pour l’offrande du ‘Omer. Or, de notre époque, où le Beit Hamikdash est détruit, nous n’avons plus la Mitsva de moissonner le blé du ‘Omer, ni la Mitsva de l’offrande du ‘Omer, et c’est pourquoi, de notre époque, la Mitsva de compter le ‘Omer n’est plus que par institution de nos maîtres, en souvenir du Beit Ha-Mikdash.

 

Par conséquent, dans la formule du « Leshem I’houd » que l’on a l’usage de dire avant de compter le ‘Omer, il est juste ne pas prononcer la phrase « Kemo Shékatouv Batorah, Ousfartem La’hem … » (« comme il est écrit dans la Torah : « Vous compterez pour vous… »), car la Mitsva de compter le ‘Omer n’est plus ordonnée par la Torah (mais elle reste une totale obligation par ordonnance de nos maîtres).

 

Il est vrai que selon la RAMBAM (chap.7 des Hal. relatives aux sacrifices « Tamid » et « Moussaf », Hal.24) et le RAVEYA (chap.526 page 175), il n’y a aucun lien entre la Mitsva de moissonner le blé du ‘Omer et la Mitsva de compter le ‘Omer, et selon leur opinion, la Mitsva de compter le ‘Omer reste ordonnée par la Torah, même de notre époque.

Malgré tout, selon la majorité des Rishonim, le compte du ‘Omer est aujourd’hui une Mitsva ordonnée par nos maîtres, puisque telle est l’opinion de Rav Haï Gaon (cité par le ‘Itour, voir plus loin), des Tossafot (sur Mena’hot 66a), du ROSH (fin de Pessa’him), de l’auteur du ‘Itour (fin des Hal. Matsa et Maror, page 137 colonne 1), du RASHBA (dans une Tshouva chap.126), du RAN (fin de Pessa’him), et de nombreux autres…

C’est selon cette opinion majoritaire que tranche MARAN, l’auteur du Shoul’han ‘Arou’h, dont nous avons accepté les décisions Hala’hics (Beit Yossef O.H 489 et Shoul’han ‘Arou’h O.H 489-6)

 

On peut compter le ‘Omer dans toutes les langues.

Si l’on compte en hébreu et que l’on ne comprend pas ce que l’on dit, on n’est pas quitte et l’on doit de nouveau compter mais dans la langue que l’on comprend.

Telle est l’opinion du Maguen Avraham (O.H 489 note 2) ; du Gaon Rabbi Yehouda ‘AYASH dans son livre Shevet Yehouda (dans ses remarques sur le livre Shou’t Ne’hpa Ba-Kessef chap.8 page 41 fin de la colonne 2) ; et du Mishna Beroura (O.H 489 note 5)  

 

Selon le strict Din, on peut compter le ‘Omer après la Shki’a (coucher du soleil), puisque c’est un moment où l’on a un doute si l’on est encore le jour ou si l’on est déjà la nuit (Ben Ha-Shémashot). Or, pour une Mitsva instaurée par nos maîtres comme le compte du ‘Omer de notre époque, on peut adopter la souplesse lors d’un doute.

Mais MARAN rapporte dans le Shoul’han ‘Arou’h (O.H 489-2) que les personnes pointilleuses et scrupuleuses d’accomplir les Mitsvot selon toutes les exigences de la Hala’ha attendent la nuit pour compter le ‘Omer. (Shoul’han ‘Arou’h O.H 489-2)

 

MARAN tranche dans le Shoul’han ‘Arou’h (O.H 489-4):

Si l’on nous demande entre le coucher du soleil et la sortie des étoiles : « Combien doit-on compter ce soir dans le ‘Omer ? »

Nous devons répondre : « Hier, nous avons compté tant. »

Mais si l’on nous pose cette question avant le coucher du soleil, nous pouvons tout à fait répondre le compte exact que nous compterons ce soir là.

En effet, puisque nous avons établi que la Mitsva de compter le ‘Omer de notre époque n’est plus une Mitsva ordonnée par la Torah mais uniquement par institution de nos maîtres, le fait de prononcer le compte exact pendent le moment de Ben Ha-Shemashot (entre le coucher du soleil et la sortie des étoiles) peut valider la Mitsva puisque ce moment est un doute si l’on est encore la journée ou si l’on est déjà la nuit. Or, vis-à-vis d’une Mitsva Miderabbanan comme le compte du ‘Omer de notre époque, nous allons à la souplesse (Sefeka Derabbanan Lakoula) et nous pouvons considérer que l’on a peut être ainsi accomplit la Mitsva de compter.   

 

La Mitsva de compter le ‘Omer se fait en étant debout.

Si par oubli ou par ignorance, on a compté assis ou bien s’il s’agit d’une personne âgée ou malade, on est quitte de la Mitsva. 

 

Chaque soir du ‘Omer compte comme une Mitsva indépendante.

Toutefois, l’auteur du Hala’hot Guedolot (cité par les Tossafot sur Meguila 20b et Mena’hot 65a) tranche que si l’on a oublié de compter un soir, on ne peut plus poursuivre le compte, puisque l’on ne peut effectuer un compte en sautant des chiffres (car si l’on compte : « 1, 2, 4,.. » on ne compte pas de façon correcte. De même, si l’on oublie un jour du compte du ‘Omer, il n’y a plus de solution, et le compte n’est plus qualifiable de tel). Selon lui, la Mitsva de compter le ‘Omer est une Mitsva globale, et le fait de n’avoir pas compté un soir, diminue une partie de la Mitsva. 

Telle est l’opinion d’autres Rishonim.

 

Mais du point de vue de la Hala’ha, MARAN tranche dans le Shoul’han ‘Arou’h (O.H 489-7) que si l’on a oublié de compter durant la nuit, on peut encore rattraper le compte durant la journée qui suit, mais sans Bera’ha, et la nuit suivante, on poursuivra chaque soir avec Bera’ha.

En effet, de nombreux autres Rishonim réfutent l’opinion de l’auteur du Hala’hot Guedolot sur ce point, et considèrent que le compte de chaque soir est une Mitsva indépendante. Le fait d’avoir omis un soir n’empêche donc pas de poursuivre le compte les autres soirs.

 

Par contre, si l’on n’a pas rattrapé le compte sans Bera’ha durant la journée - bien que selon la majorité des Rishonim, le compte du ‘Omer est une Mitsva sur chaque soir de façon indépendante - on prend malgré tout en considération le principe de SAFEK BERA’HOT, LEHAKEL (Lors d’un doute sur la récitation d’une Bera’ha, nous allons à la souplesse, et nous ne la récitons pas). Or, il y a ici une divergence d’opinion Hala’hic entre l’auteur du Hala’hot Guedolot et les autres Poskim sur le fait de définir si le compte du ‘Omer est une Mitsva sur chaque soir, ou bien un compte global.

Par conséquent, si l’on a oublié de compter durant la nuit, et que l’on n’a pas rattraper le compte sans Bera’ha durant la journée, on ne peut plus continuer à compter avec Bera’ha la soir. Il faudra désormais compter chaque soir sans Bera’ha, où écouter la Bera’ha d’une autre personne, en pensant à s’acquitter par sa Bera’ha, et en lui demandant au préalable de penser à nous acquitter.

 

Lorsqu’on a un doute si l’on a compté la veille ou non, on poursuit le compte avec Bera’ha.

En effet, il y a ici ce que l’on appelle un « Safek Sefeka » (un double doute), et selon la règle, SAFEK SEFEKA, LAKOULA (lorsqu’il y a un double doute, nous allons à la souplesse)

1er doute : Peut être a-t-il compté, peut être pas.

2ème doute : Même dans l’hypothèse où il n’a pas compté, peut que la Hala’ha est (dans l’absolu) comme les Poskim qui pensent que même si l’on a oublié une nuit et une journée, on peut encore compter avec Bera’ha le soir suivant, puisque - selon eux - chaque soir compte comme une Mitsva indépendante.

   

 

Conclusion:


A l’origine, la Mitsva de compter le ‘Omer consiste à compter les 7 semaines ou 49 jours qui séparent la fête de Pessa’h de la fête de Shavou’ot.

 

Selon la Torah, lorsque le Beit Ha-Mikdash existait, cette Mitsva s’accompagnait d’une offrande de blé et d’un sacrifice que l’on offrait le 2ème jour de Pessa’h, mais de notre époque où le Beit Ha-Mikdash est détruit, la Mitsva de compter le ‘Omer persiste mais n’est plus qu’une institution de nos maîtres, en souvenir du Beit Ha-Mikdash. Ceci est l’opinion de la majorité des Rishonim, ainsi que de MARAN, l’auteur du Shoul’han ‘Arou’h. Cependant, cette Mitsva n’en reste pas moins une totale obligation.

 

On peut compter le ‘Omer dans toutes les langues. Si l’on compte en hébreu et que l’on ne comprend pas ce que l’on dit, on n’est pas quitte et l’on doit de nouveau compter mais dans la langue que l’on comprend (sans réciter de nouveau la Bera’ha).

 

Selon le strict Din, on peut compter le ‘Omer après la Shki’a (coucher du soleil), mais les personnes pointilleuses et scrupuleuses d’accomplir les Mitsvot selon toutes les exigences de la Hala’ha attendent la nuit pour compter le ‘Omer.

 

Si l’on nous demande entre le coucher du soleil et la sortie des étoiles : « Combien doit-on compter ce soir dans le ‘Omer ? » Nous devons répondre : « Hier, nous avons compté tant. »

Mais si l’on nous pose cette question avant le coucher du soleil, nous pouvons tout à fait répondre le compte exact que nous compterons ce soir là.

 

La Mitsva de compter le ‘Omer se fait en étant debout.

Si par oubli ou par ignorance, on a compté assis ou bien s’il s’agit d’une personne âgée ou malade, on est quitte de la Mitsva.

 

Si l’on a oublié de compter le ‘Omer durant la nuit, on peut se rattraper pendant la journée, mais sans Bera’ha, et on reprendra le compte le soir suivant, avec Bera’ha.

Par contre, si l’on n’a pas rattrapé le compte sans Bera’ha durant la journée, on ne peut plus continuer à compter avec Bera’ha le soir. Il faudrait poursuivre le compte sans Bera’ha.

 

Lorsqu’on a un doute si l’on a compté la veille ou non, on poursuit le compte avec Bera’ha.

 

Un enfant qui devient Bar Mitsva pendent la période du ‘Omer, doit continuer à compter, mais sans Bera’ha, même s’il a compté depuis le début avec Bera’ha sans rater le moindre jour.

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