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315.Paracha A'haré Moth + Chabbat Ha-Gadol

1.La récompense aux Mitsvot (A'haré Moth)


Vous observerez mes lois et mes jugements que l’homme doit accomplir et avec lesquels il doit vivre, je suis Hashem. (Vaykra 18-5)


Rashi : Je suis Hashem. Je suis fidèle à ma parole et j’octroie une récompense.


Question:

Pourquoi est-il nécessaire de préciser une chose aussi évidente que le fait qu’Hashem récompense l’accomplissement des Mitsvot ? N’est-il pas évident qu’Hashem ne néglige la récompense de personne ?


Réponse:

Le Gaon Rabbi Avraham Morde’haï PATAL Ha’-Levy z.ts.l explique dans son livre Vayomer Avraham :


Il est rapporté dans le Midrash Rabba sur un verset de Kohelet :

Tout l’effort de l’homme n’est que pour sa bouche. (Kohelet 6-7)

Rabbi Shmouel Bar Ami dit : Tous les efforts que l’homme peut fournir dans ce monde pour amasser des Mitsvot et des bonnes actions, ne suffiront même pas pour le souffle qui sort de sa bouche.


Explication

On ne doit pas faire l’erreur de croire qu’une récompense nous revient pour les Mitsvot et les bonnes actions que l’on accomplit dans ce monde, car toutes ces Mitsvot ne suffisent pas pour mériter la bonté dont Hashem nous gratifie en nous maintenant en vie dans ce monde. Tel est donc le sens du verset de Kohelet :


Tout l’effort de l’homme – Tout l’effort que l’home investit dans l’étude de la Torah et dans l’accomplissement des Mitsvot n’est que pour sa bouche – n’est que pour pouvoir mériter le simple souffle qui sort de notre bouche, c'est-à-dire la vie.

La récompense que l’homme reçoit n’est donc qu’une exceptionnelle faveur octroyée par Hashem et non un dû.


Autre explication de notre verset de la Parasha cité plus haut

Il existe des Mitsvot que l’homme est naturellement prédisposé à accomplir même s’il n’en avait pas reçu l’ordre, comme l’interdiction de consommer le sang ou les insectes qui représentent de façon naturelle des choses dégoûtantes pour l’être humain. De même pour d’autres Mitsvot comme respecter ses parents ou pratiquer le bien, qui sont des Mitsvot vers lesquelles l’homme est naturellement attiré et qu’il aurait accomplit même sans en recevoir l’ordre.


Il y avait donc matière à croire que sur de telles Mitsvot, Hashem ne donne aucune récompense. C’est pourquoi le verset insiste en disant : « Je suis Hashem » et je rétribuerais même de telles Mitsvot.

Il faut donc expliquer le verset de façon différente :


« que l’homme doit accomplir » – qu’il accomplit même sans en recevoir l’ordre.


« et avec lesquels il doit vivre » - qu’il accomplit et en retire un plaisir comme ‘Oneg Shabbat ou Sim’hat Yom Tov.

Sur toutes ces Mitsvot, le texte dit :

« Je suis Hashem » et je rétribuerais même de telles Mitsvot.

 

2.Shabbat Ha-Gadol

 

Il est rapporté dans le TOUR et le Shoul’han ‘Arou’h (O.H 430) au nom du Midrash Sho’har Tov sur Tehilim 136 :


Le Shabbat qui précède Pessa’h est surnommé « Shabbat Ha-Gadol » (le Grand Shabbat) en raison du Miracle qui s’est produit ce jour là.


En effet, la sortie d’Egypte eu lieu un jeudi 15 Nissan. Le Shabbat qui précéda le départ d’Israël du pays d’Egypte – qui était donc le 10 Nissan - Hashem ordonna à Israël de se procurer un agneau par famille pour les besoins du Sacrifice de Pessa’h qui allait être réalisé la veille de leur départ et consommé dans la nuit qui précèdera leur départ. Lorsque les Bné Israël exécutèrent l’ordre d’Hashem, les aînés d’Egypte leur demandèrent pour quelle raison ils se procuraient cet agneau.

 

Les Bné Israël répondirent qu’il allait servir au sacrifice de la nuit de Pessa’h pendant laquelle Hashem va frappé tous les aînés d’Egypte, et c’est pour cette raison qu’il nous demande de réaliser ce sacrifice et d’utiliser le sang de cet agneau en l’appliquant sur le fronton et les linteaux des portes de nos maison pour que l’Ange de la Mort distingue entre es maisons juives et celles des Egyptiens.

 

En entendant ces explications, les aînés d’Egypte allèrent trouver leurs parents ainsi que Pharaon en leur demandant de laisser partir Israël afin d’échapper à une mort certaine, mais ils se heurtèrent à un refus catégorique. Une terrible bataille éclata à ce moment là entre les aînés d’Egypte et leurs parents, et de nombreuses victimes tombèrent ce jour là, comme il est dit dans le Tehilim : « Il frappe l’Egypte avec ses aînés ». C'est-à-dire : l’Egypte fut frappée par ses propres aînés.

 

En voyant cela, les égyptiens voulurent se venger d’Israël et chacun brandit son épée pour exterminer le peuple d’Israël, mais Hashem les protégea dans sa grande miséricorde et infligea ce jour là de terribles maladies aux égyptiens qui leur provoqurent des souffrances atroces au point de leur faire tomber les dents et de leur provoquer des déchirures dans les intestins. Les égyptiens durent se replier et abandonner leur projet d’extermination.


C’est pour toutes ces raisons que l’on appelle ce Shabbat « Shabbat Ha-Gadol » car c’est un grand jour pour Israël qui fut épargné de l’extermination.

 

Question :

 

MARAN émet une remarque dans le Beit Yossef (O.H 430) :

Puisque l’on fait référence au miracle qui s’est produit à la date du 10 Nissan qui tomba cette année là un Shabbat, pourquoi nommer le Shabbat précédent Péssa’h « Shabbat Ha-Gadol » ? Le 10 Nissan ne tombera pas forcément tous les ans un jour de Shabbat ! (Pour exemple, cette année 5771, Shabbat Ha-Gadol tombe le 12 Nissan). Il aurait été plus juste d’attribuer le terme « Ha-Gadol » au 10 Nissan (« 10 Nissan Ha-Gadol ») où se produisit le miracle ! Ou bien attribuer ce qualificatif tous les ans au jour de semaine où tombe le 10 Nissan (Yom Rishon Ha-Gadol ; Yom Shéni Ha-Gadol etc …).

 

Une première réponse est proposée par le Gaon MAHARYMAT (Rabbi Yossef Mi-TERANI) :

Il est écrit dans les deuxièmes Tables de la Loi (Vaet’hanan) :

« Tu te souviendras que tu as été esclave en Egypte, et qu’Hashem ton D. t’en a fait sortir avec une main forte, avec un bras étendu. C’est pour cela qu’Hashem ton D. t’ordonne d’observer le jour du Shabbat. » (Dévarim 5-15)

 

On pourrait se demander pourquoi le texte fait dépendre l’observance du Shabbat de la sortie d’Egypte, alors que le Shabbat ne fut donné que parce qu’Hashem a créé le monde en 6 jours et qu’il cessa toute activité le 7ème jour ?

 

Mais les propos du RAMBAN nous apportent la lumière nécessaire pour répondre à cette question :

Nous sommes effectivement tenus d’observer le Shabbat en souvenir du fait qu’Hashem créa l’univers à partir du néant et qu’il cessa toute activité le 7ème jour, mais il existe des hérétique et des renégats qui nient la création du monde par Hashem et prétendent que l’univers n’a pas de dirigeant.

C’est justement grâce aux miracles et aux merveilles réalisées lors de la sortie d’Egypte que l’on peut contrer la futilité de leurs arguments.

De tels phénomènes surnaturels ne peuvent que prouver que l’univers est dirigé.

Cela prouve réellement que le monde a été créé par Hashem puisqu’il a la capacité et la puissance pour réaliser de tels miracles.

Tout ceci ne peut qu’aboutir à l’observance du Shabbat, afin d’exprimer notre croyance que le monde possède un maitre.

C’est donc le lien avec la sortie d’Egypte puisqu’Hashem ne réalisa tous ces miracles que pour faire admettre aux créatures que c’est LUI qui a créé l’univers en 6 jours et qu’il cessa toute activité le 7ème jour.

C’est pour cette raison que nos maitres nommèrent le Shabbat précédent Péssa’h « Shabbat Ha-Gadol ».

 

Il a effectivement une importance supérieure à celle des autres Shabbatot de l’année puisque c’est ce Shabbat qui fit prendre conscience - au monde de façon générale et aux hérétiques et renégats en particulier - que le monde a été créé par Hashem.

Ce Shabbat qui tomba un 10 Nissan, tout le monde prit conscience de la vérité !

Il fut certain pour chacun que CELUI qui sortit les Béné Israël d’Egypte et qui réalisa tous ces miracles, est également CELUI qui a créé le monde en 6 jours et qui cessa toute activité le 7ème jour.

C’est donc pour cela que l’on confère son importance à ce jour non pas à sa date dans le calendrier (10 Nissan) mais au Shabbat ou tomba cette date.

 

Une autre réponse est proposée par le Ba’h (Baït ‘Hadash), le TAZ (Touré Zahav) et le Péri ‘Hadash :

Lorsque les Béné Israël traversèrent le Jourdain pour pénétrer en Erets Israël sous la conduite de Yéhoshoua’ Bin Noun, un miracle similaire à celui du partage de la Mer Rouge se produisit, et le Jourdain se partagea lui aussi.

La date à laquelle se produisit ce miracle était un 10 Nissan, comme en atteste le livre de Yéhoshoua’.

Si l’on attribuait le qualificatif « Ha-Gadol » au 10 Nissan, il pourrait y avoir confusion avec le miracle du Jourdain. Si une personne demanderait : « Pourquoi le 10 Nissan est il surnommé Ha-Gadol ? » On pourrait lui répondre par erreur : « En raison du miracle du Jourdain. »

C’est pourquoi, nous attribuons le qualificatif « Ha-Gadol » au Shabbat, afin de faire allusion au miracle qui se produisit le Shabbat qui précéda la sortie d’Egypte, et non au miracle du Jourdain qui se produisit lui aussi un 10 Nissan, mais pas un jour de Shabbat.

 

Le Gaon Rabbi Ya’akov KOULI z.ts.l fait remarquer dans son livre Mé’am Lo’ez que les événements de la sortie d’Egypte se sont produits en 2448 de notre calendrier.

Les 2 mots « Shabbat » « Ha-Gadol » (en hébreu) indiquent (en valeur numérique) l’année où se sont produits ces miracles :

 

שבת הגדול

ש = שבת

ב = 2

ת = 400

הגדול = 48

 

Shin = Shabbat

Beit = 2

Tav = 400

Ha-Gadol = 448

  

Ainsi, nous savons à la fois l’année de la sortie d’Egypte et de la réalisation de tous ces miracles.


Shabbat Ha-Gadol Shalom

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