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Parashat Ha-‘Hodesh
Le Shabbat qui précède Rosh ‘Hodesh Nissan est surnommé « Shabbat Ha-‘Hodesh ».
On sort 2 Sifré Torah :
· Dans le deuxième nous lisons le passage de « …Ha-’Hodesh Ha-Zé… » dans la Parasha de Bo, où sont mentionnées les règles du sacrifice de Péssa’h. On lira ensuite la Haftara de Shabbat Ha-‘Hodesh (et non celle de Tazria’)
Femme enceinte et Casherout alimentaire : conséquences sur le bébé (Inédit dans cette rubrique)
Hashem parla à Moshé en ces termes: « Parle ainsi aux Béné Israël: lorsqu'une femme, ayant conçu, enfantera un mâle, elle sera impure …
Puis, trente-trois jours durant, la femme restera dans le sang de purification …
Si c'est une fille qu'elle met au monde, elle sera impure deux semaines, comme lors de son isolement; puis, durant soixante-six jours, elle restera dans le sang de purification (vaykra 12-2, 4 et 5)
A la fin de la Parasha précédente (Shémini), la Torah présente les critères de Casherout concernant les animaux permis et interdits.
Le dernier verset de la précédente Parasha est : « Afin de discerner entre le sacré et le profane, entre l’animal consommable et celui qui ne l’est pas. »
On peut se demander :
Quel lien peut-il y avoir entre la précédente Parasha qui traite des règles relatives à l’impureté et la pureté des aliments, et notre Parasha qui débute par des sujets relatifs à la naissance et à l’impureté et la pureté de la femme ?
Le Gaon Rabbi Avraham PATTAL Ha-Lévy z.ts.l (beau père de notre maitre le Rav Ovadia YOSSEF Shalita) fait mention dans son ouvrage Vayomer Avraham (tome 2 page 309) des propos du Gaon auteur du commentaire Péri ‘Ets Ha-Gan :
« La femme enceinte doit absolument se préserver de consommer pendant sa grossesse des aliments susceptibles de développer des penchants négatifs chez son enfant. Chaque aliment consommé par la femme durant sa grossesse influe considérablement sur l’enfant. Si la femme consomme – ‘Hass Vé-‘Halila (à D. ne plaise) – des aliments impurs à la consommation selon la Torah, ces aliments entraineront une obstruction des capacités spirituelles de l’enfant, et son esprit en subira des séquelles. » Fin de citation du Péri ‘Ets Ha-Gan.
Nous trouvons l’application de ce principe lors du dévoilement de l’ange à la mère de Shimshon durant sa grossesse, comme le texte nous le décrit (livre de Shofetim 13-4 et 5) :
« Et maintenant, préserve toi et ne bois plus ni vin ni bière, et ne consomme plus la moindre impureté … Car tu vas concevoir et enfanter un fils ; le rasoir ne doit pas toucher sa tête, car cet enfant doit être un Nazir consacré à Hashem dès le sein maternel, et c’est lui qui entreprendra de sauver Israël de la main des Philistins. »
Nous pouvons constater que les capacités intellectuelles et spirituelles de l’enfant prennent leurs sources lorsqu’il se trouve encore dans le ventre de sa mère !
Nous retrouvons ce phénomène à travers deux faits relatés dans la Guémara Yoma 82b :
Une femme enceinte respira l’odeur d’un aliment le jour de Yom Kippour (ce qui a pour conséquence de nuire à la santé de la femme si elle n’en consomme pas). On rapporta le fait à Rabbi (Rabbi Yéhouda Ha-Nassi). Il ordonna qu’on chuchote à l’oreille de la femme : « Aujourd’hui c’est Yom Kippour ! » On alla chuchoter à l’oreille de la femme, et celle-ci cessa d’avoir envie de l’aliment dont elle avait respiré l’odeur.
En entendant cela, Rabbi dédia au futur enfant de cette femme le verset adressé au prophète Isha’ya : « Avant même de t’avoir conçut dans le ventre, je te connaissais ! » (Isha’ya 1-5).
La femme accoucha plus tard d’un garçon qui ne fut autre que le célèbre Rabbi Yo’hanan.
Une autre femme respira elle aussi l’odeur d’un aliment le jour de Yom Kippour, mais rien ne lui fit cesser son envie de cet aliment. Rabbi dédia au futur enfant de cette femme le verset du Téhilim : « Les impies se fourvoient dès la matrice … » (Téhilim 58-4).
La femme accoucha plus tard d’un garçon qui ne fut autre que Shabbetaï, celui qui provoquait l’inflation en stockant les fruits.
Rashi explique : Il stockait volontairement la récolte de fruits afin de provoquer l’inflation, ce qui constitue une grave faute, comme l’enseigne la Guémara Bava Batra (91b).
Ce double fait relaté par la Guémara nous montre à quel point les penchants intellectuels et spirituels de l’enfant naissent en lui lorsqu’il est encore dans le ventre de sa mère. C’est pourquoi la Torah nous ordonne de s’écarter des nourritures interdites, et il incombe en priorité à la femme de s’en écarter lorsqu’elle est enceinte, afin de faire acquérir à son enfant une pure et resplendissante.
Shabbat Shalom