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1. La liberté de penser
Ordonne à Aharon et à ses fils ce qui suit: Ceci est la règle du sacrifice ‘Ola. C'est le sacrifice qui se consume sur le brasier de l'autel, toute la nuit jusqu'au matin; le feu de l'autel brûlera en lui. (Vaykra 6-2 début de notre Parasha)
La Torah nous parle ici des règles du sacrifice expiatoire que l’on appelle ‘Ola, et qui était offert par toute personne ayant eut des mauvaises pensées. Le sacrifice ‘Ola – par opposition à d’autres sacrifices – était totalement consumé sur l’autel.
Rashi :Tsav (Ordonne) est un terme qui inspire de l’empressement pour le présent ainsi que pour les générations à venir. Rabbi Shim’on dit : Le texte prône l’empressement particulièrement dans une situation qui entraîne un « manque à la poche » (une perte d’argent).
Explication :Le fait que la ‘Ola est totalement consumée entraîne une perte d’argent pour l’auteur du sacrifice, car il ne consomme aucune partie de la bête et n’en tire donc aucun profit.
Le Admour Rabbi Its’hak Meïr de GOUR (l’auteur du ‘Hidoushé Ha-Rim’) fait remarquer que tous les membres du corps humain possèdent une « poche » qui a pour vocation d’empêcher que ne se réalise ce que l’on ne veut pas. Par exemple la bouche dont les lèvres – lorsqu’elles se ferment - empêchent de prononcer des paroles interdites. Ou bien l’oreille qui possède le lobe qui - lorsqu’on le repli - empêche d’écouter des propos interdits. Il y a aussi l’œil qui possède la paupière pour empêcher la vision de choses interdites. De même pour tous les membres qui sert de sens à l’être humain. Par contre, la pensée ne possède aucune poche pour la recouvrir, car la pensée flotte en l’être humain à chaque instant.
Puisque la ‘Ola avait pour propriété d’expier la mauvaise pensée, le texte utilise donc un terme qui inspire l’empressement car il faut particulièrement s’empresser dans une situation qui entraîne un « manque à la poche » c'est-à-dire lorsqu’il s’agit d’une chose comme la faculté de penser qui ne possède pas de poche !
2. Matériel et spirituel
…le feu de l'autel brûlera en lui. (Vaykra 6-2 Début de notre Parasha)
Le Admour Rabbi Its’hak Meïr de GOUR commente encore ce verset.
Il fait remarquer qu’il n’était apparemment pas nécessaire d’ajouter les termes « en lui ». Il était suffisant de dire « le feu de l'autel brûlera »
Il explique qu’il s’agit ici du Cohen que la Torah enjoint d’accomplir son service divin avec engouement, de façon « enflammée ».
Similairement, nous avons apprit dans les Pirké Avot (chap.5 Mishna 5) :
10 miracles étaient accomplis au quotidien dans le Temple de Jérusalem. L’un d’eux : le feu permanent qui brûlait sous l’autel ne fut jamais éteint par les pluies.
Explication : Dans le Temple de Jérusalem, il y a un autel à l’intérieur et un autre dans la cour du Temple. C’est de celui-ci dont on parle.
La pluie se dit « Gueshem » qui vient de la racine Gashmiyout qui signifie « matérialité ». Là aussi on vient mettre en garde le Cohen afin qu’il ne laisse pas son côté matérialiste venir éteindre la flamme qui brûle à l’intérieur de chaque Cohen pendant son service divin. Il est vrai que les Cohanim
consommaient beaucoup de viandes qui provenaient des multiples sacrifices réalisés au quotidien.
Or, le consommateur de viande à – par nature – une attirance vers les choses matérielles. Malgré tout, l’amour d’Hashem « brûlait » en permanence au fond de la personnalité de chaque Cohen.
3.Chabbat Zakhor
Se souvenir de ‘Amalek, sans oublier le reste !!
Dans le 2ème Sefer Torah que nous sortirons ce Shabbat, nous lisons le passage de « Za’hor Et Asher ‘Assa Le’ha ‘Amalek … » dans lequel la Torah nous ordonne de nous souvenir à tout jamais de l’acte de guerre perpétré par ‘Amalek contre Israël à leur sortie d’Egypte. La Torah nous ordonne non seulement de nous en souvenir, mais aussi d’effacer jusqu’au souvenir d’Amalek de la surface de la Terre.
De nombreuses explications ont été données afin de mieux comprendre la sévérité particulière avec laquelle la Torah juge l’acte de ‘Amalek.
Mais il faut aussi essayer de comprendre pourquoi une telle agression fut infligée à Israël.
Pouvons-nous concevoir un seul instant qu’Hashem fait subir quoi que ce soit gratuitement ?!
Pour comprendre le fond de ce problème, il faut consulter le texte de la Parasha de Beshala’h, qui nous relate l’état d’esprit dans lequel se trouvait Israël juste avant que ‘Amalek vienne les attaquer.
En effet, le texte nous raconte que les Bené Israël arrivèrent à un endroit du nom de REFIDIM et ne trouvèrent pas d’eau pour étancher leur soif. Ils vinrent s’en plaindre à Moshé Rabbenou en prononçant des paroles blasphématoires. Moshé se tourna vers Hashem en l’implorant de lui indiquer une solution, avant que les Bené Israël ne le lapident.
Hashem lui indiqua un rocher qu’il fallait frappait pour qu’il donne de l’eau.
C’est ce que Moshé fit et il réussit à étancher la soif des Bené Israël.
Moshé Rabbenou nomma cet endroit « Massa OuMeriva » qui signifie « Défit et Dispute », car les Bené Israël s’y étaient disputés avec Hashem, et l’avaient défié, en lui demandant une preuve qu’Il était bien parmi eux.
Immédiatement après cet épisode, la Torah nous annonce « Et ‘Amalek arriva … »
Le nom d’origine de cet endroit est très lourd de sens, puisque la contraction du mot REFIDIM donne « RAFOU YADAÏM », qui signifie « ils affaiblirent les bras ».
Autrement dit, cette soif que les Bené Israël ressentirent n’est autre qu’une soif de Torah !
Parce qu’ils s’affaiblirent dans l’étude de la Torah, ‘Amalek arriva !!
Nous constatons également les dégâts catastrophiques que peut engendrer une diminution de l’étude de la Torah.
En effet, les mêmes Bené Israël qui viennent de vivre tous les miracles de la sortie d’Egypte, se mettent à douter de tout, même de la présence d’Hashem parmi eux !!
Tout ceci simplement parce qu’ils affaiblirent leurs bras dans l’étude de la Torah.
Nous comprenons de façon indiscutable à quel point l’étude de la Torah peut donner à l’individu toute sa clairvoyance.
Dés qu’il se détache de l’étude de la Torah, l’homme peut aller même jusqu’à nier les croyances les plus solidement enracinées en lui.
On ne peut pas croire, et avoir la foi, sans entretenir toute cette foi par l’étude de la Torah, car il n’y a pas d’avenir à la Emouna sans étudier la Torah !!
Une telle Emouna est beaucoup trop fragilisée sans le solide verrou que représente l’étude de la Torah.
Voilà donc pourquoi les Bné Israël vécurent l’agression de ‘Amalek.
Parce qu’ils firent l’erreur de croire que la Emouna peut se passer de l’étude de la Torah.
Le seul résultat que l’on obtient avec de telles conceptions, c’est la perte de cette Emouna, et l’arrivé de ‘Amalek, c'est-à-dire, la source de tous les problèmes d’un juif !!!!
Le devoir de se souvenir de l’agression de ‘Amalek, n’implique pas seulement de ne pas oublier ce qu’il nous a fait, mais surtout de se rappeler les causes qui ont entraîné son arrivée.
On explique ceci par une image :
Un roi possédait un très beau jardin dans lequel poussaient de magnifiques roses.
Ce roi avait un ami très cher, qui était aussi son confident et son conseiller.
Le roi avait une très grande estime pour son ami, et il lui était très reconnaissant pour les précieux conseils qu’il lui prodiguait.
Le jardin du roi était gardé par un très gros chien effrayant, qui aboyait à la moindre tentative de pénétrer dans le jardin.
Un jour, l’ami du roi se promenait près du jardin royal, en observant les belles roses qui poussaient. Il se demandait si le roi lui permettrait de cueillir quelques roses, et se dit finalement qu’en tant que conseillé et ami intime du roi, il est certain qu’il n’y verra aucun inconvénient.
Convaincu qu’il avait la bénédiction du roi, il s’approchait des roses, quand tout à coup, le chien se jeta sur lui et déchira ses habits. Il eut juste le temps de s’enfuir.
Le roi - qui fut attiré par les aboiements - regarda par la fenêtre et fut très contrarié en constatant le manque de politesse de son ami qui voulut cueillir des roses sans même demander la permission du roi. Mais comme il estimait beaucoup son ami, le roi décida de ne pas lui en faire le reproche.
Le lendemain, l’ami rendit visite au roi, et lui raconta ce qui lui était arrivé la veille avec le chien.
Le roi lui répondit : « Oui, je sais ce que t’a fait ce maudit chien ! »
Mais la véritable intention du roi était de rappeler en même temps à son ami ce qu’il avait fait lui aussi pour en arriver là.
En nous ordonnant de nous souvenir de l’acte d’agression de ‘Amalek, la Torah nous demande également de ne pas oublier notre rejet de l’étude de la Torah, qui est la seule et unique cause de l’arrivée de ‘Amalek, et de tous les soucis qu’un juif peut traverser dans sa vie.
זָכוֹר, אֵת אֲשֶׁר-עָשָׂה לְךָ עֲמָלֵק, בַּדֶּרֶךְ, בְּצֵאתְכֶם מִמִּצְרָיִם. אֲשֶׁר קָרְךָ בַּדֶּרֶךְ, וַיְזַנֵּב בְּךָ כָּל-הַנֶּחֱשָׁלִים אַחֲרֶיךָ וְאַתָּה, עָיֵף וְיָגֵעַ; וְלֹא יָרֵא אֱלֹקִים. וְהָיָה בְּהָנִיחַ ה' אֱלֹקֶיךָ לְךָ מִכָּל אֹיְבֶיךָ מִסָּבִיב, בָּאָרֶץ אֲשֶׁר ה' אֱלֹקֶיךָ נֹתֵן לְךָ נַחֲלָה לְרִשְׁתָּהּ תִּמְחֶה אֶת זֵכֶר עֲמָלֵק, מִתַּחַת הַשָּׁמָיִם; לֹא תִּשְׁכָּח. (פר' כי תצא דברים כה-יז והלאה)
Souviens-toi de ce que t'a fait ‘Amalek, lors de votre voyage, au sortir de l'Egypte; comme il t'a surpris chemin faisant, et s'est jeté sur tous tes traînards par derrière. Tu étais alors fatigué, à bout de forces, et lui ne craignait pas D. Aussi, lorsque Hashem, ton D., t'aura débarrassé de tous tes ennemis d'alentour, dans le pays qu'il te donne en héritage pour le posséder, tu effaceras la mémoire d' ‘Amalek de dessous le ciel, ne l'oublie point. (Parasha de Ki Tétsé Dévarim 25-17 et suivants)
Rashi :
Comme il t'a surpris (Kar’ha) dans le chemin : Par une rencontre fortuite (Mikré). Autre explication : Ce mot contient une connotation de pollution nocturne (Kèri) et d’impureté, car il les a souillés par l’homosexualité. Autre explication : Ce mot contient une connotation de froid (Kor), comme dans : « froidure et chaleur » (Béreshit 8-22). Il t’a refroidi et tiédi alors que tu étais bouillant. Car toutes les nations craignaient de vous combattre, et celui-là est venu et a montré la voie aux autres. Cela ressemble à un bain brûlant dans lequel personne n’aurait pu se plonger. Arrive un voyou qui y saute et y descend. Quand bien même il s’y sera brûlé, il l’aura refroidi pour le compte des autres.
Le Gaon Rabbi ‘Haïm SHMULEWITZ z.ts.l écrit dans son livre Si’hot Moussar (ancienne édition - année 5763 page 103) que tout le mal et la bassesse contenus dans l’individu, sont enfouis et prennent leurs racines dans ‘Amalek. « Comme il t'a surpris (Kar’ha) dans le chemin », ces quelques mots résument le mal et la bassesse humaine, et c’est à cause de cela qu’il a été décrété l’effacement de ‘Amalek du monde. Tant qu’il existera, ni le Nom Divin, ni même le trône céleste ne seront intégraux, et la guerre contre ‘Amalek est déclarée pour chaque génération !
« Comme il t'a surpris (Kar’ha) dans le chemin » Ces mots signifient qu’il t’a refroidit et a refroidit la flamme qui brûlait en toi. Ce « froid » représente tout le mal et toute la bassesse que contient un individu.
La réflexion sur ces notions nous amène à mieux comprendre la grandeur de l’homme. Et de quelle façon ?
Nous devons d’abord nous intéresser à la naissance de ‘Amalek, et définir la cause de sa venue au monde.
Il est enseigné dans la Guémara Sanhédrin (99b) que Timna’ était une princesse qui désirait se convertir au judaïsme. Elle se présenta devant Avraham, Its’hak et Ya’akov qui refusèrent de l’accepter. Elle devint la concubine d’Elifaz fils d’’Essav en disant : « Je préfère rester la servante de cette nation (Israël) que d’être la princesse d’une autre nation ! »
De cette union avec Elifaz, naquit ‘Amalek qui fut le calvaire d’Israël.
La Guémara conclut en disant : « Pour quelle raison ? Parce qu’ils ne devaient pas l’éloigner (en la rejetant) ».
Il n’y a pas le moindre doute que l’analyse faite par les patriarches provient seulement de leur perception par esprit prophétique, selon laquelle Timna’ n’avait pas le droit d’entrer dans la sainte assemblée d’Hashem.
Malgré cela, nos maitres nous dévoilent ici que les patriarches ne devaient l’éloigner, et en conséquence à cela, elle engendra ‘Amalek qui est la représentation du refroidissement et de l’éloignement, comme nous allons l’expliquer.
Pour mieux comprendre la faculté de refroidissement de ‘Amalek, il suffit d’observer les évènements qui ont suivis la sortie d’Egypte.
Toutes les nations étaient terrorisées face aux grands miracles dont Israël bénéficia, comme le texte en atteste : « A cette nouvelle, les peuples s'inquiétèrent, un frisson s'empara des habitants de la Philistée. A leur tour ils tremblèrent, les chefs d'Édom; les vaillants de Moav furent saisis de terreur, consternés, tous les habitants de Canaan. Sur eux pesa l'anxiété, l'épouvante; la majesté de ton bras les rendit immobiles comme la pierre… » (Shémot 15-14 et suivants)
Personne ne resta indifférent à de tels changements surnaturels, excepté ‘Amalek.
Certes, il constata les miracles comme tout le monde, mais il n’y apporta aucune attention.
Le manque d’attention et l’indifférence font barrage à l’émerveillement et à la possibilité de tirer les bonnes conclusions sur des choses capitales !!
‘Amalek ne se contente pas d’un « refroidissement passif », il sort ouvertement en guerre contre le peuple choisit par Hashem parmi toutes les nations.
Ainsi, il rafraichit et refroidit le « bain brûlant » et attenu la peur et l’émerveillement des autres nations.
La racine de cette impureté qu’est l’indifférence et le manque d’attention se trouve en chaque individu. Il s’agit de la bassesse et de l’instinct vers le mal contenus en nous.
A partir de là, nous comprenons mieux la grandeur de l’homme !
La véritable grandeur de l’homme et ce qui fait de lui « l’élite de la création » résident dans sa capacité à changer sa situation d’origine !
Même les anges ne possèdent pas cette capacité ! Elle n’existe que chez l’homme car il a été crée avec UN CŒUR !!!
Grâce à l’attention, l’individu peut progresser et s’élever constamment.
Sur cette performance, Rabbenou Ha-Kadosh dira :
« Un individu peut acquérir son monde futur en un instant ! »
Shabbat Shalom