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Question
Est-il permis de parler lorsqu’on se trouve aux toilettes (pour y faire ce que l’on y fait habituellement) ?
Réponse
Il est enseigné dans la Guémara Béra’hot (62a) :
La tradition aux toilettes, c’est la pudeur et le silence.
Nos maîtres nous ont transmis la tradition de se comporter avec pudeur et d’observer le silence lorsqu’on se trouve aux toilettes.
Nos maîtres poursuivent en disant que la personne qui se comporte avec pudeur et discrétion lorsqu’elle se trouve aux toilettes, sera épargnée de 3
choses :
Des serpents ; des scorpions et des Mazikin (êtres maléfiques, créés au 6ème jour de la création, après le couché du soleil). Certains ajoutent :
des mauvais rêves.
C’est ainsi que tranche le RAMA dans ses notes sur le Shoul’han ‘Arou’h (O.H 3-2).
Il écrit qu’il ne faut pas parler lorsqu’on se trouve aux toilettes, et il faut s’y comporter avec pudeur et discrétion.
Ceci inclus le fait de fermer systématiquement la porte des toilettes, même lorsqu’on est seul dans la maison.
Notre maître le RAMBAM écrit (chap.5 des règles relatives aux tempéraments Hal.6) qu’il ne faut pas parler lorsqu’on va à la selle, même si l’on
parle pour une grande nécessité, et ceci, à titre de pudeur (Tseni’out).
Le Gaon auteur du ‘Havot Yaïr écrit – dans son Kitsour Ha-Hala’hot – qu’il faut interdire même la moindre parole.
Le Gaon auteur du Sha’aré Tshouva (sur O.H 2 note 2) précise que si la personne n’a pas encore entamer ce que l’on vient généralement faire aux
toilettes, il lui est permis de parler. Le Mishna Béroura – dans le Biour Hala’ha (note 4) – cite les propos du Sha’aré Tshouva.
Mais notre maître le Rav Ovadia YOSSEF shalita – dans son livre Shou’t Yabiya’ Omer (tome 8 sect. O.H chap.1) réfute leurs propos à partir de la
Guémara Béra’hot (62b) où il apparaît clairement que l’interdit entre en vigueur dès que l’on se trouve dans les toilettes (lorsqu’on y est pour y faire ce que l’on vient généralement faire aux
toilettes).
Selon le Sefer Ha-‘Harédim (Mitsvot négatives liées à la parole chap.4 prag.7), hormis la notion de pudeur, le fait de parler lorsqu’on se trouve
aux toilettes, peut entraîner un danger.
En effet, les Mazikin se trouvent, entre autres, dans les toilettes, et peuvent nuire à la personne qui parle dans cet endroit.
Selon cette explication, il serai catégoriquement interdit de parler lorsqu’on est aux toilettes, et cela, même si l’on parle pour une grande
nécessité, puisqu’il y a un risque de danger.
Cependant, notre maître le Rav Ovadia YOSSEF shalita écrit (même référence que plus haut) que même s’il est évident qu’il est interdit de parler
lorsqu’on se trouve aux toilettes, particulièrement lorsque le contenu des propos n’a aucun caractère urgent ou indispensable, et ceci à titre de Tseni’out (pudeur et discrétion), malgré tout,
lorsqu’il s’agit d’une grande nécessité, on peut permettre de parler.
En effet, le Gaon YA’BETS écrit dans son livre MOR OUKTSI’A (sur O.H 3 page 4b) que de notre époque (il vivait au 18ème siècle), les Mazikin ne se
trouvent plus dans les toilettes, car aujourd’hui, les toilettes se trouvent à l’intérieur des zones d’habitation, et les Mazikin ne sont pas autorisés à résider là où résident des êtres humains.
Ce qui n’était pas le cas du temps de nos maîtres, les Sages du Talmud, les toilettes se trouvaient à l’extérieur des zones d’habitation, dans les champs, on s’exposait donc beaucoup plus au
danger des Mazikin.
Selon cette explication, il serait possible de parler aux toilettes de notre époque, au moins en cas de grande nécessité ou de perte
d’argent.
Qui plus est, au sujet de l’esprit d’impureté qui réside sur les mains le matin avant la Netilat Yadaïm, le MAHARSHAL écrit – dans son commentaire
Yam Shel Shlomo (sur ‘Houlin chap.31 du commentaire) - que de nos jours, cet esprit d’impureté est considérablement atténué.
Effectivement, du temps de nos maîtres, les Sages du Talmud, si une personne portait la main aux yeux, le matin avant de faire Netilat Yadaïm, cette
personne pouvait perdre la vue à cause de l’esprit d’impureté qu’il y a sur ses mains (voir Guémara Shabbat 108b, ainsi que dans les Masse’htot Ketanot, Kala chap.1, Hala’ha 19). Alors que nous
constatons que cette réalité n’existe plus de notre époque.
De nombreux autres décisionnaires partagent cet avis.
Il faut associer à cela l’opinion du Ben Ish ‘Haï (Toledot note 16) selon laquelle le niveau d’impureté des toilettes est inférieur à celui de
l’impureté qui réside sur les mains le matin au réveil, avant la Nétilat Yadaïm.
Selon cela, il serait à fortiori permis de parler aux toilettes, au moins en cas de grande nécessité ou de perte d’argent.
Nous ne devons donc pas craindre le danger cité par les Kabbalistes, mais uniquement prendre en considération, la Tseni’out (pudeur et discrétion)
de la personne, lorsqu’elle se trouve aux toilettes.
Conclusion
On doit se comporter avec pudeur et discrétion lorsqu’on se trouve aux toilettes
Ceci inclus le fait de fermer systématiquement la porte des toilettes, même lorsqu’on est seul dans la maison, et également de ne pas
parler.
Il est interdit de parler lorsqu’on se trouve aux toilettes (lorsqu’on s’y trouve pour y faire ce qu’on y fait habituellement).
On peut autoriser dans certaines situations :
Si l’on doit absolument répondre à un appel téléphonique de grande importance, qui pourrait nous occasionner une perte d’argent si l’on ne répond
pas.
Ou bien un père ou une mère qui se trouvent aux toilettes, et doivent dire quelque chose à leurs enfants qui sont seuls dans la maison, afin de leur
éviter de toucher ou de faire quelque chose de dangereux.
Dans ces cas là, il est permis de parler aux toilettes, mais en faisant en sorte d’abréger les paroles le plus possible.