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279.Pourim + Le mois d’Adar : Israël et la destiné ; Le 7 Adar – Jour de la disparition de Moshé Rabbénou

Question:


Le peuple d’Israël est-il soumis à la destinée définie par les astres (le Mazal) ?

Quelle est la signification du 7 Adar ?

 

Réponse :

 

1) Israël et la destinée


 Il est enseigné dans la Guémara Ta’anit (29a) :

Rabbi Yehouda fils de Rav Shemouel Bar Shilat dit au nom de Rav :

De même que lorsque débute le mois de Av, on diminue la joie, ainsi lorsque débute le mois d’Adar, on augmente la joie. Rav Papa dit : c’est pourquoi, si un juif est en litige avec un non juif, il doit s’efforcer de ne pas faire juger son litige au mois de Av, car à ce moment là, le Mazal (la destiné) n’est pas favorable à Israël. Il devra tout mettre en oeuvre afin de faire juger son affaire au mois d’Adar, où la destinée est très favorable à Israël.

 

Nous retrouvons cette notion à travers un verset de la Méguila d’Esther () :

« Le mois qui se transforma pour eux de la tristesse à la joie, du deuil à la fête… »

 

Dans ses commentaires sur la Guémara Ta’anit, Le RYTBA fait la remarque suivante :

Comment la Guémara peut-elle dire qu’au mois d’Adar, la destinée est très favorable à Israël, alors qu’il est enseigné dans la Guémara Shabbat (156a) qu’Israël n’a pas de destinée (אין מזל לישראל  ), c'est-à-dire, qu’Israël n’est pas soumis à l’influence des astres, par opposition aux non juifs.

Les 2 enseignements se contredisent-ils ?

Plusieurs explications ont été données pour répondre à cette remarque.

 

Le RYTBA lui même répond en disant que même si effectivement Israël n’est pas soumis à la destiné des astres, durant ces 2 mois de l’année – Av et Adar – la destinée d’Israël reste soumise aux astres. Hashem a décrété qu’Israël doit être soumis à la destinée définie par les astres, durant ces 2 mois de l’année.

Le RYTBA ajoute qu’il est aussi possible de maintenir l’idée selon laquelle, Israël n’est pas du tout soumis à la destinée définie par les astres – y compris durant ces 2 mois de l’année – et que le fait d’enseigner que la destinée est très favorable à Israël durant le mois d’Adar, signifie simplement que de très bonnes choses sont décrétées durant ce mois. (Or, les décrets n’émanent que d’Hashem et non pas des astres, qui n’ont aucune influence sur Israël.)

 

Selon le MAHARSHA (Morenou Harav Rabbi SHemouel Eli’ezer EIDLESS), le fait d’enseigner qu’Israël n’est pas soumis à la destiné définie par les astres, signifie que tout ce qui est décrété par Hashem sur la collectivité d’Israël, se réalisera, sans aucune distinction entre les bonnes et les mauvaises choses, et cela, sans aucun lien avec les astres.

Mais si un mauvais décrété doit s’abattre sur un individu (qu’Hashem nous en préserve), ce décret a plus de probabilités de se réaliser à une période où la destiné de cet individu ne lui est pas très favorable. C’est pour cela que de nombreux mauvais décrets se sont abattus sur le peuple d’Israël durant le mois de Av de façon générale, et à la date du 9 Av en particulier.

Mais ceci est aussi valable dans l’autre sens.

S’il a été décrété dans le Ciel qu’un individu doit bénéficier de bonnes choses, ces choses positives ont plus de probabilité de se réaliser sur cet individu à une période où la destinée lui st favorable, et au mois d’Adar, c’est justement le moment où la destinée est très favorable pour Israël.

Cette explication du MAHARSHA correspond d’une certaine manière à la deuxième réponse proposée par le RYTBA.

 

Notre maitre le Rav Ovadia YOSSEF Shalita, dans la brochure Kol Sinaï (Av 5724) propose une autre façon de résoudre cette difficulté.

En effet, les Tossafot posent une question sur la Guémara Shabbat mentionnée plus haut :

Comment pouvons-nous dire qu’Israël n’est pas soumis à la destiné définie par les astres, alors qu’il est enseigné par ailleurs (Mo’ed Katan 28a) : « Les enfants, la vie, et la subsistance matérielle ne dépendent pas du mérite personnel mais du Mazal (destiné). »

Tossafot répondent qu’avec un grand mérite, le Mazal peut se modifier.

 

Explication : Lorsque nous affirmons qu’Israël n’est pas soumis à la destiné définie par les astres, il s’agit d’une situation dans laquelle le juif possède un mérite assez grand pour avoir la capacité de modifier le Mazal établie. Mais avec un mérite « ordinaire », tout dépend du Mazal.

Or, le mois de Av étant voué aux malheurs pour Israël, il est probable que les mérites ne soient pas assez efficaces pour protéger la personne du Mazal qu’on lui a établit.

Par contre, le mois de Adar étant propice aux bonnes choses, les mérites d’Israël sont probablement très nombreux, compte tenu des nombreuses Mitsvot et faits favorables à Israël que ce mois contient.

 

2) Le 7 Adar – Jour de la disparition de Moshé Rabbenou

 

Nos maitres les Tanaïm (maitres de la Mishna) débattent dans le Yalkout Shim’oni (Yéhoshoua’ chap.5) afin de définir la date de la disparition de Moshé Rabbenou.

3 opinions sont citées :

Selon Rabbi Eli’ezer Ha-Moda’é, Moshé Rabenou aurait quitté ce monde

le 7 Adar 1 (l’année de sa disparition serait une année embolismique)

Selon Rabbi Eli’ezer, Moshé Rabenou aurait quitté ce monde le 7 Shévat

Selon Rabbi Yéhoshoua’, Moshé Rabenou aurait quitté ce monde le 7 Adar (l’année de sa disparition serait une année ordinaire)

 

Notre Talmud (Kiddoushin 38a) conclut que Moshé Rabbenou a quitté ce monde le 7 Adar précédant le mois de Nissan. Ceci correspond à l’opinion de Rabbi Yéhoshoua’.

En effet, même si l’on considère que l’année de la disparition de Moshé Rabbenou était une année embolismique, malgré tout, Moshé Rabbenou a quitté ce monde durant le mois d’Adar précédant le mois de Nissan.

 

Il existe une tradition très juste d’observer un jeûne à la date du 7 Adar, jour de la disparition de Moshé Rabbenou. Cette tradition possède des fondements sacrés puisque le TOUR en fait mention, ainsi que MARAN dans le Shoul’han ‘Arou’h (O.H 580), ainsi que d’autres décisionnaires.

 

Ce jeûne n’en reste pas moins un jeûne volontaire de particulier, et il n’est pas une obligation mais seulement une bonne tradition, comme l’indiquent ses termes : « Il est bon de jeûner… »

 

Comme tout jeûne volontaire d’un particulier, si l’on désire l’observer il faut s’y engager verbalement dès la veille, lors de l’office de Min’ha (voir Siddourim à la page du jeûne volontaire).

 

3) Lors d’une année embolismique

 

Concernant le 7 Adar :

 

MARAN écrit dans le Shoul’han ‘Arou’h (O.H 568-7) au sujet de la date de commémoration de la disparition d’un père ou d’une mère :

 

Lorsque le décès d’un père ou d’une mère s’est produit durant le mois d’Adar, les années embolismiques il faudra jeûner (comme le font certains à la date de disparition de leurs parents) durant le 2ème mois d’Adar.

Note du RAMA : Certains disent qu’il faut jeûner durant le 1er mois d’Adar, sauf si l’année du décès était aussi une année embolismique et que le défunt est décédé durant le 2ème mois d’Adar, dans ce cas il faudra jeûner durant le 2ème mois d’Adar. Tel est l’usage de jeûner durant le 1er mois d’Adar. Certains s’imposent la rigueur de jeûner dans ce cas durant les 2 mois d’Adar. 

 

A partir de là, lors d’une année embolismique (comme cette année 5771), nous pouvons déduire que selon la tradition des Séfaradim qui suivent aveuglément les décisions Hala’hiques de MARAN Rabbenou Yossef KARO z.ts.l l’auteur du Shoul’han ‘Arou’h, il faut jeûner et organiser l’étude en commémoration de la disparition de Moshé Rabbenou à la date du 7 Adar 2. Mais selon la tradition des Ashkénazim qui suivent les décisions Hala’hiques du RAMA, il faut observer ce jeûne et cette étude à la date du 7 Adar 1, comme le confirment le Mishna Béroura (580-note 15) et le ‘Arou’h Ha-Shoul’han (580 parag.3).

 

Concernant les Mitsvot de Pourim :

 

Il est expliqué dans la Guémara Méguila (6b) que toutes les Mitsvot de Pourim sont en vigueur lors du 2ème mois d’Adar.

Cette Hala’ha est tranchée par le TOUR et le Shoul’han ‘Arou’h (O.H 697-1).

Selon la raison donnée par la Guémara, c’est pour enchainer la délivrance de Pourim avec celle de Péssa’h.

 

 

Conclusion:


Le peuple d’Israël n’est pas soumis à la destinée définie par les astres.

Quelle que soit la période de l’année, ce qu’Hashem a décrété arrivera.

Cependant, certaines périodes de l’année sont plus ou moins propices à la réalisation de certains décrets Divins au niveau individuel.

Le mois de Av est propices aux mauvaises choses (qu’Hashem préserve le peuple d’Israël), alors que le mois d’Adar est beaucoup plus favorable à la réalisation de bons décrets Divins, décrétés sur l’individu.

 

Le 7 Adar représente la date de la disparition de Moshé Rabbenou. Certains ont l’usage de jeûner et d’organiser une étude à cette occasion. Ce jeûne reste une tradition et non une obligation. Comme tout jeûne volontaire, si l’on désire l’observer, il faut s’y engager verbalement dès la veille lors de l’office de Min’ha (Voir Siddourim à la page du jeûne volontaire).

 

Lors d’une année embolismique (comme cette année 5771), selon la tradition Séfarade on observe le jeûne du 7 Adar durant le 2ème mois d’Adar. Selon la tradition Ashkénaze, on l’observe durant le 1er mois d’Adar.

 

Il en est de même pour la fête de Pourim et ses Mitsvot, on les célèbre durant le 2ème mois d’Adar.  

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