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277.Paracha Pékoudé (Chabbat Chékalim)

1) Pékoudé


Notre Parasha revient sur les mesures exactes du Mishkan (Temple mobil dont la construction fut ordonnée par Hashem à Israël)   


« Voici les mesures du Mishkan, Mishkan qui sera une résidence du témoignage (du pardon d’Hashem pour le veau d’or)… » (Shémot 38-21, 1er verset de notre Parasha)


Rashi : La répétition du mot : « Mishkan » fait allusion à sa prise en gage (de la racine « Mashkonn » qui signifie un gage), lors des deux destructions du Beit Ha-Mikdash, à cause des fautes d’Israël.


Dans son livre ‘Alénou Lé-Shabéa’h (Shémot page 550), le Gaon Rabbi Its’hak ZILBESHTEIN Shalita fait mention d’une explication très originale sur le commentaire de Rashi de notre verset :


Dans la Parasha de Mishpatim que nous avons lu il y a quelques semaines, au sujet des lois sur le prêt d’argent, lorsqu’un prêteur a pris en gage le manteau d’un emprunteur, la Torah oblige ce prêteur à restituer ce gage à l’emprunteur, avant le coucher du soleil

.

Si le Beit Ha-Mikdash a un statut de gage, pourquoi Hashem ne nous le restitue pas ?!


En réalité, la réponse se trouve dans la suite des versets de Mishpatim au sujet du prêt d’argent :


En effet, la Torah précise la raison pour laquelle le prêteur se doit de restituer le gage à l’emprunteur avant le coucher du soleil, car s’il ne le fait pas, « s'il m’implore, je l'écouterai, car je suis compatissant. » Il n’est donc pas dans l’intérêt du prêteur de ne pas restituer le gage, puisqu’Hashem écoutera les implorations de l’emprunteur propriétaire du gage, et se vengera du prêteur.


Malheureusement, lorsque le gage confisqué n’est autre que le Beit Ha-Mikdash, personne n’implore ni ne se plaint !! Cela ne dérange personne !!!


Alors pourquoi Hashem devrait-il restituer le gage ???!!


Même si ne serait-ce qu’une seule personne prie et implore Hashem afin qu’il nous rende le Beit Ha-Mikdash, cette personne se verrait bénéficier de toute l’abondance et de la résidence de la Shé’hina (présence divine) dont elle aurait bénéficié dans le Beit Ha-Mikdash, s’il existait.


Terrible et troublant !!!


Grâce à ces explications terrifiantes, nous pouvons également résoudre une difficulté dans le Shoul’han ‘Arou’h (O.H 124-7) dans les règles relatives au comportement de l’assemblée durant la répétition de la ‘Amida par l’officiant.


Voici les propos du Shoul’han ‘Arou’h :

« On ne doit pas bavarder pendant que l’officiant répète la ‘Amida. La personne qui bavarde, commet une faute, sa faute sera trop lourde à porter, et l’on doit le réprimander. »


« Sa faute sera trop lourde à porter » A ce point ??!

Cette expression n’est employée qu’une seule et unique fois dans toute la Torah.


A quelle occasion ?


Lorsque Kaïn a assassiné son frère Avel, il s’exprima ainsi : « Ma faute sera trop lourde à porter ! »


Quel lien peut-il y avoir entre le meurtre et le bavardage dans la synagogue ?!

Comment peut-on comparer ces deux fautes ?!

En fait, si l’on sait que la sainteté du Beit Ha-Mikdash se trouve aujourd’hui dans les synagogues et les maisons d’étude, nous sommes en mesure de comprendre la gravité du fait de bavarder en ces lieux saints !

La personne qui bavarde en de tels lieux, exprime de la façon la plus claire, qu’elle méprise le Beit Ha-Mikdash, qu’Hashem nous en préserve !!


Toute la bénédiction qui résidait jadis dans le Beit Ha-Mikdash est insignifiante aux yeux de cette personne !!


Un juif, pour qui le Beit Ha-Mikdash ne représente rien si ce n’est que mépris et indifférence, ne vaut-il pas moins qu’un meurtrier ?!

A présent, nous comprenons qu’une personne qui sait garder sa bouche et sa langue dans l’enceinte de la synagogue et de la maison d’étude, au moins pendant toute la durée de la prière, a dans les mains la possibilité d’acquérir l’abondance qui se trouvait dans le Beit Ha-Mikdash, car – comme nous l’avons expliqué plus haut – la raison pour laquelle Hashem ne nous a pas restitué le « gage », le Beit Ha-Mikdash, ne réside que dans le fait que nous ne l’implorons pas assez pour cela ! Si même quelques particuliers imploraient Hashem et prouvaient par leur attitude qu’ils désirent le retour de notre glorieux sanctuaire dans son prestige, leur serait déversée toute cette forte abondance qui régnait dans le Beit Ha-Mikdash, et qui épargnait au peuple d’Israël toute la ration de malheurs qui pèse sur nous de nos jours.


Comment pouvons-nous nous définir comme des gens qui « implorent » Hashem, et à qui l’absence du Beit Ha-Mikdash dérange réellement ?

Si nous savons garder nos bouches et nos langues en ne bavardant pas dans les synagogues, nous mériterons l’abondance de la Kétorètt (l’encens brûlée jadis dans le Beit Ha-Mikdash), qui était symbole de vie, et elle nous sauvera nous aussi de toutes les épreuves et maladies.


Au sujet du lien entre le bavardage et la destruction, il est intéressant de lire les propos du Rav Its’hak ZILBERSHTEIN Shalita lui-même, dans un autre de ses ouvrages, Touvé’ha Yabi’ou (tome 2 page 321).


Il cite les propos de l’ancien Admour de GOUR z.ts.l , auteur du Imré Emet, confiés à l’ancien  Rav de la ville de Bné Brak, le Rav Ya’akov LANDAU z.ts.l :

« Si la Shoa a ravagé les juifs Ashkénazes et a épargné les juifs Séfarades, c’est parce que les juifs Séfarades avaient un profond respect de leurs synagogues, et ils étaient réputés pour ne jamais bavarder lorsqu’ils se trouvaient à la synagogue (même si cela a malheureusement quelque peu changé de nos jours !), alors que les juifs Ashkénazes dédaignaient (pour beaucoup) la sainteté de la synagogue et bavardaient durant l’office. » Fin de citation.


On remarquera que les sources de ces propos sont totalement Ashkénazes !!

Une légende célèbre affirme que la cathédrale notre dame de Paris abritait dans le passé une synagogue, et elle fut transformée en lieu d’idolâtrie seulement parce que les fidèles n’y respectaient pas la dignité des lieux, et bavardaient librement durant les offices !!


2)Parashat Shékalim


Le Shabbat qui précède le mois d’Adar est appelé Shabbat Shekalim, car à l’époque du Beit Hamikdash, lorsque débutait le mois d’Adar, le Beit Din diffusait un communiqué selon lequel chaque juif devait s’acquitter de son devoir de donner la pièce du Ma’hatsit Hashekel – le demi-Shekel que l’on offrait au Beit Hamikdash, et qui avait pour vocation de financer les bêtes pour les sacrifices durant toute l’année.


Cette année (5771), ce Shabbat Shekalim tombe ce Shabbat Pékoudé.

A cette occasion, on sortira 2 Sifré Torah :

1.      la Parasha de la semaine (Pékoudé)

2.      la Parasha de Shekalim (début de Ki Tissa)

 

Il est rapporté dans le Midrash :

Lorsque Moshé Rabbenou arriva à la Parasha de Shekalim (début de Ki Tissa), il s’écria :

« Maître du Monde ! Lorsque je ne serai plus de ce monde, je serai oublié d’Israël comme on oublie un mort ! »

Hashem lui répondit :

« Je peux jurer par ta vie que ni ton nom, ni ton souvenir ne seront oubliés d’Israël à tout jamais, comme il est dit (Mal’a’hi chap.3): Souvenez-vous de la Torah de Moshé…. »

 

Une question est posée sur ce Midrash :

  

Pour quelle raison Moshé Rabbenou éprouve-t-il cette crainte de disparaître du souvenir d’Israël, et qui plus est, pourquoi l’éprouve-t-il exclusivement lorsqu’il arrive à la Parasha de Shekalim ?

 

Le Na’halat Ya’akov explique que la Mitsva de donner le demi-Shekel, nous apporte également une allusion à la manière d’étudier la Torah.

En effet, on peut très bien se demander pour quelle raison doit-on donner uniquement un demi-Shekel et non pas un Shekel entier ?

En réalité, cela vient nous rappeler que l’on ne doit jamais étudier la Torah seul, mais uniquement à 2, car celui qui étudie la Torah lorsqu’il est seul oublie ce qu’il étudie et ne peut pas pénétrer profondément le sens de ce qu’il apprend.

La Torah est entière uniquement lorsqu’elle est étudiée par 2 personnes.

Nous retrouvons cette idée dans le demi-Shekel.

Lorsque 2 personnes donnent chacun un demi-Shekel, que ces personnes soient riches ou pauvres, leurs 2 demi-shekels formeront un Shekel entier.

 

Nous avons donc appris que le fait d’étudier la Torah à 2 constitue donc un moyen de se rappeler de ce que l’on apprend.

 

Cependant, il est aussi écrit que le moyen de se souvenir de ce que l’on a appris est de rappeler le nom du maître qui nous a enseigné ce que l’on a appris. En rappelant son nom, on se souviendra forcément de ce qu’il nous a appris.

 

Voilà donc quelle était l’inquiétude de Moshé Rabbenou en arrivant à la Parasha de Shekalim.


En comprenant l’allusion qui réside dans le demi-Shekel - qui nous rappelle qu’il faut étudier la Torah en étant 2 personnes, et que cela constitue aussi un moyen de se souvenir de ce que l’on apprend - Moshé se dit qu’il n’est donc plus nécessaire de mentionner son nom pour se souvenir de ce que l’on apprend. Effectivement, il existe un autre moyen pour préserver la mémoire de ce que l’on apprend, et ce moyen constitue simplement à étudier la Torah en étant 2.


C’est pourquoi Hashem le rassure en lui disant que quel que soit le moyen que les Bné Israël utiliseront pour se rappeler de ce qu’ils apprennent, ils mentionneront toujours son nom, puisque la Torah est appelée sur son nom, comme il est dit (Mal’a’hi chap.3): « Souvenez-vous de la Torah de Moshé…. »

  


Shabbat Shalom 

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