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Bienvenue sur le site de halakha créé par Rubben Salfati. Vous pouvez consulter des halakhotes et les imprimer gratuitement Un jour une halakha( devise du site). Ce site est mis a jour chaque jour avec une halakha. Vous pouvez me contacter a l'adresse suivant: rubbensalfati@gmail.com

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223.Paracha Chémot

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1.      Midrashim et commentaires sur la naissance de Moshé Rabbenou (recueillis dans le Mé’am Lo’ez du Gaon Rabbi Ya’akov KOULI z.ts.l) – (Inédits dans cette rubrique)


La femme tomba enceinte, elle enfanta un garçon. Elle vit qu’il était bon. Elle le cacha durant 3 mois. (Shémot 2-2).

Yo’heved, l’épouse de ‘Amram, la mère de Aharon et de Myriam, tombe enceinte de Moshé Rabbenou.

On peut s’interroger sur les termes « Elle vit qu’il était bon ».

En effet, toute mère voit chacun de ses enfants « bons », même si parfois ce n’est pas toujours vrai !

Que veut dire « bon » ?

Tossafot Yéshanim, Rashbam et le Sifté Cohen :

Selon l’opinion qui pense que Moshé Rabbenou est un enfant prématuré, puisqu’il serait né à 6 mois de grossesse (voir Rashi et Yonathan Ben ‘Ouziel), Yo’heved n’était pas convaincu que l’enfant serait viable. C’est pour cela qu’elle l’examina et vit qu’il était « bon », qu’il avait tous ses membres et qu’il était en bonne santé.

Guémara Sota (chap.1) et Midrash Rabba sur Shémot :

Myriam était âgée de 6 ans et était déjà prophétesse. Elle avait vu par esprit prophétique que son petit frère serait choisit par Hashem pour être le libérateur d’Israël. Elle voulut donc en faire l’allusion et nomma elle-même son frère « Touvya » qui signifie « celui qui est bon pour Hashem ». D’où le terme « bon » employé le verset (« Elle vit qu’il était bon »).

Eshel Avraham :

Yo’heved avait une grande maîtrise de la sagesse des lignes de la main.

Ces lignes indiquent le passé et l’avenir de l’individu.

C’est ainsi que Yo’heved compris que son enfant deviendrait un grand sage, un homme riche et complet en tout point. Ceci explique les termes « Elle vit qu’il était bon ».

Midrash Rabba sur Shémot, Zohar Ha-Kadosh, et livre ‘Amoudéha Shiv’a (chap.9) :

Le terme « Tov » (bon) s’explique par le fait que Moshé Rabbenou est né circoncis, et également par le fait que depuis le jour de sa naissance, la maison se remplie de lumière.

Midrash Rabba sur Vé-Zott Ha-Béra’ha :

Le jour de sa naissance, Moshé Rabbenou adressa la parole à son père et à sa mère. C’est le sens du mot « Tov ».

Elle ne put le cacher davantage. Elle lui prit un panier en osier qu’elle enduit de bitume et de poix. Elle y plaça l’enfant. Elle plaça le panier parmi les roseaux au bord du fleuve. Sa sœur (Myriam) se plaça de loin, afin de savoir qu’est ce qui allait advenir de lui. (Shémot 2-3 et 4)

Tossafot sur Sota (chap.1) :

Myriam attendit environ ¼ d’heure.

Le RANA’H (Rabbi Eliyahou IBN ‘HAÏM) :

Question : Pourquoi Yo’heved décide-t-elle de placer son enfant sur le bord du fleuve ? Pourquoi ne pas le laisser à la maison, et le confier à la miséricorde divine ?

Réponse : Yo’heved connaissait le conseil donné à Pharaon par ses astrologues, qui lui avaient prédis que le libérateur d’Israël devait périr dans l’eau, ce qui motiva Pharaon à décréter la mort de tous les enfants mâles, par la noyade dans le Nil. C’est pourquoi elle décida d’utiliser ce moyen pour annuler le mauvais décret, en plaçant son fils sur les rives du Nil. Ainsi, les signes annoncés par les astrologues de Pharaon se « réaliseront » d’une certaine manière, puisque Moshé Rabbenou subit de cette façon une situation similaire à celle prédite par les astrologues égyptiens.

Il en est de même dans la vie de tous les jours !

Il suffit parfois de subir une situation proche de celle décrétée par le Mazal, et la relative souffrance endurée peut annuler le décret initial.

La Guémara raconte des anecdotes à ce sujet :

Un jour, Rava rendit un jugement lors d’un litige entre deux parties, et la décision de Rav déplut à l’une des deux parties. L’homme mécontent maudit Rava en lui souhaitant que « que son trône se renverse », ce qui signifie qu’il soit destitué de ses fonctions. Les élèves de Rava prirent immédiatement le fauteuil de leur maitre et le renversèrent. Ainsi, la malédiction « s’accomplit », et leur maitre n’avait plus à la redouter.

Un autre jour, un homme maudit Rava en lui souhaitant que son bateau coule.

Les élèves de Rava prirent immédiatement des vêtements appartenant à leur maitre et les jetèrent dans l’eau, afin que s’accomplisse ainsi la malédiction de l’homme, sans que leur maitre n’ait à la redouter.

Et si l’on se pose la question : Pourquoi attacher de l’importance à la moindre parole proférée par n’importe qui ?

Nos maitres enseignent à différents endroits du Talmud :

« Ne sous estime jamais la malédiction de qui que ce soit, même du plus insignifiant des individus !! »

Il est probable que depuis le ciel, on cherche à montrer à la personne concernée le mauvais décret qui plane sur elle, afin qu’elle réfléchisse à un moyen de réparation de ses fautes.


2.    Le bâton et la Torah


Hashem lui dit : Qui y a-t-il dans ta main ? Il (Moshé) lui répondit : Un bâton.  Il (Hashem) lui dit : jette-le à terre. Il le jeta à terre, et il se transforma en serpent, Moshé se sauva devant lui. Hashem dit à Moshé : envoie ta main et attrape-le par la queue. Il envoya sa main et l’attrapa, et il redevint un bâton dans sa main. (Shemot 4-2.3.4)

 

Rabbenou Ya’akov Abou’hatsira z.ts.l fait remarquer – dans son livre Pitou’hé ‘Hotam - que le bâton fait ici allusion à la Torah.

En effet, nous savons que le monde tient essentiellement sur l’étude de la Torah, et également que la raison essentielle de la destruction du monde est la négligence dans l’étude de la Torah, comme il est dit : « Pourquoi la terre (d’Israël) a-t-elle été détruite, Hashem dit : Parce qu’ils ont abandonné ma Torah. » Il faut donc s’adonner à l’étude de la Torah jour après jour, comme il est écrit : « Si tu m’abandonnes un jour, je t’abandonnerai deux jours ».

 

Nous retrouvons cette idée dans le verset au sujet du bâton.

Qui y a-t-il dans ta main ? Il (Moshé) lui répondit : Un bâton. Le mot « bâton » se dit en hébreu « מטה   » (« Maté ») dont les lettres de base (מט  ) ont pour valeur numérique le nombre de 49 qui correspond aux 49 façons de statuer sur l’impureté d’un élément et aux 49 façons de statuer sur sa pureté. Hashem voulut dire à Moshé Rabbenou que la Torah - représentée ici par le bâton – doit être préservée solidement dans la main de celui qui l’étudie, pour qu’il l’apprenne jour et nuit. Si nos mains s’affaiblissent dans l’étude de la Torah, on attire le serpent (le Satan), comme le dit notre verset : « Jette-le à terre. Il le jeta à terre, et il se transforma en serpent… » Pour nous apprendre que lorsqu’on s’affaiblit dans l’étude de la Torah, celle-ci se transforme en serpent, c'est-à-dire en accusateur, et plaide contre nous.

Hashem dit à Moshé : envoie ta main et attrape-le par la queue.

Lorsqu’un homme a abandonné la Torah et s’est laissé entraîner par son Yetser Hara’ (mauvais penchant), lorsque cet homme désire revenir vers Hashem, il doit agir de façon progressive et commencer par « attraper » un peu de Torah (comme la queue qui ne représente qu’une partie du serpent), car c’est de ce peu qu’il parviendra à accéder réellement à l’intégralité de la Torah.

Il envoya sa main et l’attrapa, et il redevint un bâton dans sa main. Même si une personne a abandonné la Torah, lorsqu’elle désire revenir vers le droit chemin, elle doit revenir à la source de l’étude de la Torah (comme la queue qui représente l’extrémité du serpent), et là, le bâton (le Satan) redeviendra le « Bâton du D. vivant ».

 

 

3.La Torah, oui, mais pas sur le dos des autres !
 
Lorsqu’ Hashem se révèle à Moshé Rabbenou au buisson ardent, et lui ordonne d’aller délivrer les Bné Israël d’Egypte, Moshé tente, dans un premier temps, de se dérober en prétextant différentes excuses.
Parmi les arguments de Moshé Rabbenou, nous trouvons :
Moshé dit à Hashem : « De grâce Hashem ! Je ne suis pas un bon orateur. Depuis hier, depuis avant-hier, depuis le moment même où tu m’as parlé, car j’ai la bouche et la langue lourde. »(Shemot 4)
 
Le Midrash Rabba (Shemot Rabba Parasha 3) nous apprend que le dialogue entre Hashem et Moshé Rabbenou au buisson ardent, a duré 7 jours, pendant lesquels, Hashem a insisté pour que Moshé Rabbenou accepte la mission d’aller délivrer Israël d’Egypte, et Moshé refusait systématiquement.
 
Le RAMBAN explique qu’en réalité Moshé Rabbenou craignait de blesser son frère aîné Aharon, en acceptant ce mérite d’être celui qui libèrera Israël.
Moshé pensait que lorsque tout le monde verra que c’est lui et non Aharon qu’Hashem a désigné pour cette mission, on pensera peut-être qu’Aharon n’est pas apte à cette tâche. Moshé considérait que le fait qu’il y ait, ne serait-ce que le moindre soupçon de faute envers son frère Aharon, invalide totalement sa sainte et Divine mission, de libérer Israël d’Egypte.
Jusqu’à ce qu’Hashem lui affirme qu’Aharon se réjouira de cela. Ce n’est que lorsque Moshé Rabbenou est assuré qu’il n’y aura aucune atteinte au respect de son frère aîné, qu’il accepte la mission d’aller libérer Israël d’Egypte.
 
Nous pouvons tout de même nous demander :
Moshé Rabbenou est investi par Hashem, de la mission d’aller libérer Israël d’Egypte. Pourquoi donc Moshé s’obstine à vérifier si le fait d’accepter cette mission n’entraîne pas le moindre soupçon de faute ? N’est-ce pas Hashem lui-même qui lui ordonne cette mission ?! Comment peut-on mettre face à face, la faute de porter atteinte au respect d’Aharon, et l’exécution d’un ordre d’Hashem ?!
 
En réalité, cette question n’en est pas une.
En effet, nous avons tendance à croire que lorsqu’une personne accomplit, durant toute sa vie, la Torah et les Mitsvot, elle est au dessus de toute faute.
Cependant, les choses ne sont pas ainsi.
L’individu est tenu, durant toute son existence, à évoluer en ayant une profonde réflexion sur le moindre de ses actes.
On doit toujours s’assurer qu’aucun dégât ne résulte de nos actions. On ne doit agir que lorsqu’on est certain que la volonté d’Hashem sera réalisée à travers notre agissement.
Or, il est certain que la volonté d’Hashem exigeait qu’Aharon ne soit pas vexé.
C’est ce dont Moshé Rabbenou voulait s’assurer avant d’accepter la mission qu’il n’y ait dans ses actes pas le moindre manque.
 
C’est ainsi que l’on explique ce qui est rapporté dans la Guemara Yoma (72b) :
Rava dit aux sages :
« De grâce, n’héritez pas de deux Guehinam !! »
Rava s’adresse ici aux érudits dans la Torah, en leur disant que même s’ils consacrent tout leur temps à l’étude de la Torah, malgré tout, s’ils n’analysent pas le moindre détail de leur comportement et de leurs actes, ils hériteront de deux Guehinam :
 

  1. Le fait de s’être adonné constamment à l’étude de la Torah, en se privant de toutes les jouissances de ce monde matériel, constitue déjà une « forme de Guehinam ».
  2. Lorsqu’ils arriveront devant Hashem pour être jugés, les négligences de leur comportement et de leurs actes leur feront hériter du Guehinam, malgré toute la Torah qu’ils auront étudiée !!                    


 
Nous pouvons constater à quel point Moshé Rabbenou nous apprend à vivre !
 
Avant de réaliser la moindre Mitsva, si importante soit-elle, nous devons nous soucier de notre entourage.
 
Personne ne doit « subir » notre accomplissement des Mitsvot !
 
Nous pouvons citer de nombreux exemples.
Parmi eux, un exemple malheureusement fréquent de notre époque :
De nombreux jeunes ont le mérite de faire Teshouva, et de retrouver le chemin de la Torah, en étant très méticuleux dans leur pratique du judaïsme.
Cependant, ils en arrivent parfois, et sans le vouloir, à transgresser la très lourde faute de manquer de respect aux parents, qui constitue l’une des plus graves transgressions de la Torah. C’est une expérience très difficile, car les enfants savent maintenant qu’ils sont spirituellement supérieurs à leur parents, qui eux, n’ont pas encore eu le mérite de percevoir la lumière de la Torah, et consacrent parfois encore leur existence à des futilités, alors que les enfants ont mérité de venir s’abriter à l’ombre d’Hashem, et élèveront leurs propres enfants dans la Torah.
Ces gens sont susceptibles de transgresser facilement cette faute gravissime, en ayant un sentiment de supériorité sur leurs parents.
Il faut une grande sagesse et beaucoup de réflexion pour s’épargner d’une telle situation d’humilier ses parents, qui est une très grave faute.
 
La pratique des devoirs religieux vis-à-vis d’Hashem (Ben Adam Lamakom), ne doit pas se faire sur le dos de nos devoirs envers nos semblables (Ben Adam La’havero).
 
Chabbat Chalom

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