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193.Spécial Hanouka : A quel moment précis doit-on allumer les Nerot de ‘Hanouka ?

Question

 

Quel est le moment précis où nous devons allumer les Nerot de ‘Hanouka ?

 

Décision de la Hala’ha

 

Le’hate’hila (à priori), il faut allumer les Nerot de ‘Hanouka immédiatement après la sortie des étoiles (la tombée de la nuit). Certains Ashkenazim allument dès le coucher du soleil (la Shki’a).

Il ne faut pas allumer les Nerot de ‘Hanouka avant l’heure précise de la sortie des étoiles (la tombée de la nuit), excepté la veille de Shabbat où nous allumons avant le coucher du soleil, en raison de l’entrée de Shabbat.

 

Si quelqu’un est dans l’obligation de partir en voyage avant l’heure de la sortie des étoiles (et qu’il ne laisse personne à son domicile pour allumer à l’heure), il pourra allumer dès l’heure du Plag Ha-Min’ha (l’heure à laquelle on allume ‘Hanouka le vendredi), mais sans réciter les Bera’hot.

Mais il est conseillé à cette personne qui doit partir en voyage avant l’heure de l’allumage, de nommer quelqu’un comme son Shalia’h (son délégué), et de lui confier les clefs de son domicile afin que ce délégué allume les Nerot de ‘Hanouka à sa place, en récitant les Bera’hot et à l’heure de la sortie des étoiles.

 

Si un mari sait qu’il va rentrer chez lui le soir, mais à une heure tardive, il est préférable, dans ce cas également, qu’il délègue sa femme, afin qu’elle allume au moment instauré par nos maitres pour l’allumage des Nerot de ‘Hanouka, c'est-à-dire, à l’heure précise de la sortie des étoiles.

 

Il est interdit d’entamer la consommation d’une quantité de pain ou de pâtisserie supérieure à Kabetsa (supérieure à 54 g) ½ heure avant l’heure de la sortie des étoiles. Les autres aliments ou boissons sont permis de façon illimitée.

Il en est de même en ce qui concerne entamer un travail manuel, il faut s’en abstenir ½ l’heure avant l’heure de la sortie des étoiles.

Il est même interdit de commencer à étudier la Torah à partir de l’heure de la sortie des étoiles jusqu’à l’allumage des Nerot de ‘Hanouka.

 

Si l’on n’a pas allumé à l’heure de la sortie des étoiles, on peut encore le faire durant la 1ère demi heure qui suit l’heure de la sortie des étoiles.

Si l’on n’a toujours pas allumé durant la 1ère demi heure qui suit la sortie des étoiles, on peut encore le faire tant qu’il fait nuit (jusqu’à l’heure de ‘Amoud Ha-Sha’har – l’aube).

 

Si l’on rentre à la maison à une heure tardive, et que l’on n’a pas encore allumé les Nerot de ‘Hanouka, il est bon – dans la mesure du possible - de réveiller 1 ou 2 membres du foyer afin « d’allumer en montrant le Ness (le Miracle) ». Si toutefois, on ne peut pas les réveiller, selon notre maître le Rav Ovadia YOSSEF shalita, on allume malgré tout en récitant les Bera’hot.

Il en est de même pour une personne qui vit seule et qui rentre chez elle à une heure tardive sans avoir allumé les Nerot de ‘Hanouka, cette personne doit allumer malgré tout, en récitant les Bera’hot.

 

Sources et développement

 

Il est enseigné dans une Baraïta rapportée dans la Guemara Shabbat (21b) :

 

La Mitsva de l’allumage de ‘Hanouka commence dès que se couche le soleil et termine lorsque les passants désertent la rue.

 

Or, les Poskim (décisionnaires) discutent afin de déterminer s’il s’agit du début du coucher du soleil ou de la fin du coucher du soleil, qui correspond à la sortie des étoiles.

 

Selon de nombreux Rishonim (décisionnaires médiévaux), il s’agit de la fin du coucher du soleil (sortie des étoiles), comme nous l’apprenons dans la Guemara Ta’anit (12a) : « Un jeûne qui n’a pas atteint le coucher du soleil, n’est pas un jeûne. » Le ROSH explique sur place qu’il s’agit en réalité de la sortie des étoiles, et donc de la fin du coucher du soleil.

De même, les Tossafot expliquent également ainsi au nom de Rabbenou Tam, sur la Guemara Mena’hot (20b), en précisant que chaque fois qu’il est question d’une chose qui débute « dès que le soleil se couche » il s’agit toujours de la fin du coucher du soleil, et donc de la sortie des étoiles.

Rabbenou Tam cite comme exemple notre référence à l’allumage de ‘Hanouka citée dans la Guemara Shabbat où il est dit : « dès que le soleil se couche ». Il fait remarquer que s’il s’agissait du début du coucher du soleil, il ferait encore jour et les lumières de ‘Hanouka n’aurait aucune efficacité.

Tel est également l’avis du Sefer Ha-Manhig (Hal. ’Hanouka chap.147).

 

De nombreux A’haronim tranchent également ainsi :

Le Ba’H (Baït ‘Hadash) ; le Shiyaré Kenesset Ha-Guedola ; le Maamar Morde’haï, le ‘Hayé Adam et le Ben Ish ‘Haï.

Mais certains A’haronim – comme le Peri ‘Hadash ou le Gaon de Vilna – tranchent qu’il s’agit plutôt du début du coucher du soleil, et le Gaon ajoute même que des Rishonim comme le RASHBA et le RAN sont de cet avis.

 

Mais malgré tout cela, sur le plan pratique, nous les Sefaradim, ne prenons en considération que seulement l’opinion de MARAN, qui tranche dans le Shoul’han ‘Arou’h (O.H 672-1) selon le grand nombre de Rishonim cités précédemment, et il faut donc allumer à partir de la fin du coucher du soleil, ce qui correspond à la sortie des étoiles.

 

Le’hate’hila (à priori), il faut donc allumer les Nerot de ‘Hanouka immédiatement après la sortie des étoiles (la tombée de la nuit).

Certains Ashkenazim allument dès le coucher du soleil (la Shki’a), conformément à l’opinion du Gaon de Vilna z.ts.l, et des autres Poskim qui partagent son avis.

 

Il ne faut pas allumer les Nerot de ‘Hanouka avant l’heure précise de la sortie des étoiles (la tombée de la nuit), excepté la veille de Shabbat où nous allumons avant le coucher du soleil, en raison de l’entrée de Shabbat.

Même une personne prise par ses occupations personnelles au moment de la sortie des étoiles, n’est pas autorisée à allumer avant, car selon l’avis de nombreux Rishonim, ainsi que selon l’opinion de MARAN dans le Shoul’han ‘Arou’h, on n’est pas quitte de la Mitsva, même Bedi’avad (à posteriori) lorsqu’on allume avant la sortie des étoiles (les jours de semaine).

 

En effet, MARAN – dans le paragraphe 1 du chapitre 672 – cite 2 opinions sur le fait d’allumer avant la sortie des étoiles :

  • Une première opinion selon laquelle on ne peut pas allumer avant la sortie des étoiles, cette opinion s’appelle l’opinion du « Stam », c'est-à-dire, l’opinion que MARAN rapporte de façon anonyme, sans être précédée de la forme « Certains disent » ou bien de la forme « Selon un décisionnaire ».

 

  • Une deuxième opinion selon laquelle, une personne prise par ses occupations personnelles au moment de la sortie des étoiles, est autorisée à allumer à partir du Plag Hamin’ha (environ 1 heure et ½ avant la sortie des étoiles). Cette opinion est précédée de la forme « Selon un décisionnaire ».

 

Or, selon la règle, chaque fois que MARAN apporte 2 opinions contradictoires, l’une sous forme anonyme (Stam), et l’autre précédée de la forme « Certains disent » ou bien de la forme « Selon un décisionnaire » (Yesh), MARAN partage le 1er avis, présenté sous forme anonyme, c'est-à-dire le Stam.

Cette règle se nomme la règle de « Stam Veyesh ».

 

Nous en déduisons donc que selon MARAN, il est interdit d’allumer les Nerot de ‘Hanouka avant la sortie des étoiles.  

 

Toutefois, si quelqu’un est dans l’obligation de partir en voyage avant l’heure de la sortie des étoiles (et qu’il ne laisse personne à son domicile pour allumer à l’heure), il pourra allumer dès l’heure du Plag Ha-Min’ha (l’heure à laquelle on allume ‘Hanouka le vendredi), mais sans réciter les Bera’hot.

En effet, cela fait l’objet d’une Ma’hloket (une divergence d’opinion Hala’hic), et nous appliquons ici le principe de « SAFEK BERA’HOT LEHAKEL » (« lors d’un doute ou une discussion sur la récitation d’une Bera’ha, nous allons à la souplesse, et nous ne la récitons pas »).

Mais il est conseillé à cette personne qui doit partir en voyage avant l’heure de l’allumage, de nommer quelqu’un comme son Shalia’h (son délégué), et de lui confier les clefs de son domicile afin que ce délégué allume les Nerot de ‘Hanouka à sa place, en récitant les Bera’hot et à l’heure de la sortie des étoiles.

 

Notre maître le Rav Ovadia YOSSEF shalita écrit dans son livre Shou’t Ye’havé Da’at (tome 3 chap.51) que même dans le cas où le mari sait qu’il va rentrer chez lui le soir, mais à une heure tardive, il est préférable, dans ce cas également, qu’il délègue sa femme, afin qu’elle allume au moment instauré par nos maitres pour l’allumage des Nerot de ‘Hanouka, c'est-à-dire, à l’heure précise de la sortie des étoiles.

 

Cette attitude est beaucoup plus correcte selon la Hala’ha, que d’attendre que le mari rentre plus tard dans la soirée, et allume les Nerot de ‘Hanouka à une heure qui certes, est encore valable, mais qui fait malgré tout l’objet d’une Ma’hloket (divergence d’opinion Halah’ic) parmi les Poskim (décisionnaires), et qui ne correspond pas au moment précis que nos maitres ont instauré pour l’accomplissement de cette Mitsva.

 

Bien qu’en général, nous appliquons le principe selon lequel « une Mitsva a plus de valeur lorsqu’elle est faite par la personne concernée, que lorsqu’elle est faite par son délégué »Mitsva bo, Yoter Mibishlou’ho »), ce principe n’est valable que seulement lorsque la personne et le délégué se trouvent tous les 2 dans le même lieu, mais dans notre cas, où le mari ne sera pas encore rentré à l’heure de l’allumage, il est préférable qu’il délègue sa femme, car grâce à cela, la Mitsva est accomplie au moment précis où l’ont instaurée nos maitres, c'est-à-dire, pendant la 1ère ½ heure qui suit la sortie des étoiles.

 

Qui plus est, nous avons aussi un autre principe selon lequel « l’épouse est considérée comme le propre corps du mari »Ishto Kegoufo »). Selon ce principe, lorsque la femme allume les Nerot à la place de son mari, c’est comme ci le mari allume lui-même.

 

Comme c’est souvent le cas avant d’accomplir certaines Mitsvot, il existe certaines activités que l’on n’a pas le droit d’entreprendre dès qu’arrive le moment auquel nous devons allumer les Nerot de ‘Hanouka (sortie des étoiles), et ceci, par crainte d’oublier d’accomplir la Mitsva.

 

Le RASHAL écrit dans une Tshouva (début du chap.85) qu’il est donc interdit d’entamer un repas consistant dès qu’arrive l’heure de la sortie des étoiles, jusqu’à l’allumage des Nerot ‘Hanouka.

La définition d’un repas consistant correspond à la consommation d’une quantité de pain ou de pâtisserie supérieure à Kabetsa (supérieure à 54 g).

Mais s’il s’agit d’une quantité de pain ou de pâtisserie inférieure à cela, ou bien s’il s’agit de fruits ou de boissons (même en quantité illimitée), il n’y a aucun interdit, même si l’heure de la sortie des étoiles est arrivée.

 

Selon le Ma’hatsit Ha-Shekel et le Mishna Beroura dans Sha’ar Ha-Tsioun (sur chap.672 note 14), il faut s’imposer cette restriction ½ heure avant l’heure de la sortie des étoiles.

 

Il en est de même en ce qui concerne entamer un travail manuel, il faut s’en abstenir ½ l’heure avant l’heure de la sortie des étoiles.

 

Il est même interdit de commencer à étudier la Torah à partir de l’heure de la sortie des étoiles jusqu’à l’allumage des Nerot de ‘Hanouka. Cependant, pour l’étude de la Torah, les A’haronim (sur O.H chap.431) stipulent qu’on ne s’en abstient seulement à partir de l’heure précise de la sortie des étoiles et non ½ heure avant, comme pour manger ou réaliser un travail manuel.

 

Il semble que si l’on a entamé toutes ces activités avant que n’arrive leur moment de restriction (½ heure avant la sortie des étoiles pour manger ou réaliser un travail, et l’heure de la sortie des étoiles pour étudier), il n’est pas nécessaire de s’interrompre lorsqu’arrive l’heure de l’allumage des Nerot de ‘Hanouka, à condition de respecter malgré tout la Mitsva d’allumer dans la 1ère demi heure qui suit la sortie des étoiles.

 

Si un Shiour (un cours) de Torah est donné de façon fixe et régulière le soir à l’heure de la sortie des étoiles, et que l’on craint que les participants ne reviennent pas assister au Shiour si on les laisse rentrer chez eux à l’heure de l’allumage, il faut maintenir le Shiour et les participants allumeront les Nerot de ‘Hanouka en revenant du Shiour.

En effet, le fait d’assister à un Shiour de Torah donné en public, est plus important que la Mitsva d’allumer dans la 1ère demi heure de la nuit, puisque selon de nombreux Rishonim et MARAN dans le Shoul’han ‘Arou’h, on peut encore allumer les Nerot de ‘Hanouka même au-delà de la 1ère demi heure de la nuit, et du fait que le Shiour se passe en public, il n’y a pas à craindre que l’on arrive à oublier d’allumer, car chacun rappelle à l’autre à la fin du Shiour que c’est ‘Hanouka et qu’il faut allumer.        

 

Le’hate’hila (à priori), il ne faut pas retarder l’allumage des Nerot de ‘Hanouka, mais il faut les allumer immédiatement à la sortie des étoiles.

Si on ne les a pas allumé à ce moment là, on peut encore le faire durant la 1ère demi heure qui suit l’heure de la sortie des étoiles.

Si l’on n’a toujours pas allumé durant la 1ère demi heure qui suit la sortie des étoiles, on peut encore le faire tant qu’il fait nuit (jusqu’à l’heure de ‘Amoud Hasha’har – l’aube).

Mais cependant, si l’on rentre à la maison à une heure tardive, et que l’on n’a pas encore allumé les Nerot de ‘Hanouka, il faut réveiller 1 ou 2 membres du foyer afin « d’allumer en montrant le Ness (le Miracle) ». Si toutefois, on ne peut pas les réveiller, selon notre maître le Rav Ovadia YOSSEF shalita dans son livre ‘Hazon Ovadia – ‘Hanouka (page 64), on allume malgré tout en récitant les Bera’hot.

 

Il en est de même pour une personne qui vit seule et qui rentre chez elle à une heure tardive sans avoir allumer les Nerot de ‘Hanouka, cette personne doit allumer malgré tout en récitant les Bera’hot.

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