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Dans notre précédent exposé, nous avons expliqué
l’importance et les
conséquences du Kaddish que l’on récite de nombreuses fois par jour dans nos prières quotidiennes.
Nous avons constaté qu’il y a différents Kaddish :
Le « demi-Kaddish » ; le Kaddish « Titkabal »; le Kaddish « Yéhé Shéléma » ; le Kaddish « ‘Al Israël ».
Il est enseigné dans le traité Kala (Rabbati) (chap.2) :
Un jour Rabbi ‘Akiva aperçut un homme nu et noir comme du charbon. Cet homme portait des buches de bois sur ses épaules. Il
courrait comme un cheval. Rabbi ‘Akiva lui ordonna de s’arrêter et lui demanda :
« Pourquoi fais-tu un travail aussi dur ? »
L’homme répondit :
« En réalité je suis mort, et on m’ordonne chaque jour d’aller couper du bois pour qu’il serve à me brûler. Tout ceci parce
que j’ai transgressé toutes les lois de la Torah. »
Rabbi ‘Akiva lui demanda :
« Mon fils, quel était ton métier dans le monde où tu as vécut ? »
L’homme répondit :
« J’étais percepteur d’impôts. J’avantageais les riches et je persécutais les
nécessiteux. »
Rabbi ‘Akiva lui dit :
« As-tu entendu de ceux qui sont préposés à ton supplice s’il existe une solution pour toi ? »
L’homme répondit :
« J’ai entendu une solution impossible. Ils ont dit que si j’avais un fils qui se tiendrait au sein de l’assemblée et dirait
Baré’hou Ete Hashem Ha-Mévora’h et que l’assemblée lui réponde Barou’h Hashem Ha-Mévora’h Lé’Olam Va’Ed, ou le Kaddish
et qu’on lui réponde Yéhé Shémé Rabba Mévara’h, on m’acquitterait immédiatement du châtiment. »
Mais lorsque cette homme quitta ce monde, sa femme était enceinte, sans savoir si elle avait accouché d’un garçon ou d’une
fille.
Rabbi ‘Akiva lui demanda le nom de sa ville, puis alla se renseigner dans cette ville au sujet de cet homme. Dès que Rabbi
‘Akiva mentionnait son nom, les gens le maudissait. Ils en faisaient de même lorsqu’il demandait des renseignements sur sa femme. Rabbi ‘Akiva demanda s’il avait un garçon, et on lui répondit que l’enfant était incirconcis. Rabbi ‘Akiva alla trouver l’enfant, le circoncis et commença à lui enseigner la Torah,
mais l’enfant ne captait pas l’enseignement. Rabbi ‘Akiva observa 40 jours de jeûne, lorsqu’une voix céleste retentit et lui
dit : « Rabbi ‘Akiva, va lui enseigner ! »
Et Rabbi ‘Akiva lui enseigna le Shéma’, la ‘Amida et le Birkat Ha-Mazon. Il le plaça devant l’assemblée et il dit : « Baré’hou
Eté Hashem Ha-Mévora’h ». L’assemblée répondit « Barou’h Hashem Ha-Mévora’h ». Il dit aussi le Kaddish et « Yéhé Shémé
Rabba ». A cet instant, on libéra son défunt père de ses souffrances. Il vint immédiatement en rêve chez Rabbi ‘Akiva et lui dit : « Qu’il en soit la
volonté d’Hashem ! Que ton esprit soit apaisé dans le Monde Futur, car tu m’as épargné du châtiment du Guéhinam.
»
Dans son livre Sha’ar Ha-Kavanott (commentaire du Kaddish page 15b), Rabbenou ‘Haïm
VITTAL explique au nom de son maître le ARI zal que le Kaddish n’a pas pour seule vocation d’épargner l’âme du défunt du châtiment du Guéhinam,
comme le pensent les gens ignorants, mais aussi et surtout de l’introduire dans le Gan ‘Eden, et de l’élever de niveau en niveau. C’est pourquoi, il faut
dire le Kaddish même les jours de Shabbat, ou les Résha’im (les impies) trouvent le repos et ne subissent pas le
Guéhinam ce jour là, comme on l’apprend dans le Zohar Ha-
Kaddosh (Térouma).
Rabbenou ‘Haïm VITTAL termine en disant que son maître le ARI zal disait le
Kaddish 3 fois par jour, à la date anniversaire de la disparition des ses parents.
De même, le fils doit dire le Kaddish durant les 12 mois à partir du décès de ses parents, comme le rapportent les
Rishonim (décisionnaires médiévaux).
Cependant, le RAMA écrit dans l’une de ses notes sur le Shoul’han ‘Arou’h (Y.D fin du
chap.376) que selon leur usage (Ashkénaze), l’endeuillé interrompt la récitation du Kaddish à la fin des 11 mois, afin de ne pas considérer le père (ou
la mère) comme Rasha’ (impie).
Mais le Kénéssett Ha-Guédola (sur Y.D 403) précise que pour cela il est suffisant d’interrompre la récitation du Kaddish
durant la dernière semaine du 12ème mois.
Notre maître le ‘HYDA cite les propos du Kénéssett Ha-Guédola dans son livre Birké Yossef (Shyouré Béra’ha
sur Y.D note 8).
Selon l’usage Séfarade rependu, on interrompt la récitation du Kaddish durant la première semaine du 12ème mois. Puis,
l’endeuillé reprend la récitation du Kaddish durant 3 semaines, jusqu’à la fin des 12 mois.
Dans son livre Shou’t Rav Pé’alim (tome 3 sect. Y.D chap.32), et dans son livre Ben Ish ‘Haï (Vay’hi note 14), Rabbenou Yossef ‘HAÏM de Bagdad précise que l’interruption provisoire du
Kaddish durant une semaine ne concerne que le Kaddish « Yatom » (‘Al Israël) récité avant ‘Alénou Léshabéa’h de la prière du matin et de celle du soir. Par contre, après une étude de Torah ou après une lecture de
lecture de Téhilim, l’endeuillé dit le Kaddish même durant la semaine d’interruption.
De même, si l’endeuillé dirige l’office en tant que ‘Hazzan (officiant) durant la
semaine d’interruption du Kaddish, il doit malgré tout réciter les Kaddish de l’office. (Un exposé Hala’hique sera consacré –
avec l’aide d’Hashem – à l’usage de diriger
l’office en tant qu’endeuillé durant l’année de deuil ou au jour anniversaire du décès).
Kaddish récité par un enfant en dessous de l’âge de la Bar Mitsva
Le Or Zaroua’ (tome 2 chap.50) rapporte au nom de Rabbenou Eli’ezer de
Garmiza que lorsqu’un orphelin qui n’a pas encore atteint l’âge de la Bar Mitsva, dit le Kaddish, il sauve son père du
châtiment.
Le Gaon auteur du Shou’t Dévar Shémouel (chap.301) ainsi que le Péri ‘Hadash (début du chap.69) protestent
contre le fait qu’un enfant qui n’est pas encore Bar Mitsva dise le Kaddish. Telle est également l’opinion du Mishna Béroura (chap.55 note 4).
Mais le Gaon auteur du Shou’t ’Hikré Lev (sect. O.H chap.45 page 78d) autorise lorsque l’officiant dit le
Kaddish avec l’enfant.
Telle est également l’opinion du Kaf Ha-‘Haïm (sur O.H 55 note 19).
Par conséquent, même si l’orphelin est un enfant qui n’a pas encore atteint l’âge de la Bar Mitsva, il doit malgré tout dire
le Kaddish pour l’élévation de l’âme de ses parents. Cependant, il est juste dans ce cas qu’un adulte ou l’officiant dise le Kaddish avec lui.
Nous avons mentionné plus haut que notre maître le ARI zal avait l’usage de dire le Kaddish uniquement à la date anniversaire
de la disparition de ses parents.
Cependant, selon la tradition répandue, on commence à dire le Kaddish dès le vendredi soir (‘Arvit) qui précède le jour
anniversaire du décès.
Dans tous les cas, le fils doit dire le Kaddish à la date (hébraïque) précise à laquelle ses parents sont décédés.
Dans notre prochain exposé, nous développerons – avec l’aide d’Hashem -
différents points techniques sur la récitation du Kaddish.