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144.Paracha No'ah

Noa’h et ses fils, sa femme et les femmes de ses fils vinrent dans l’arche, à cause des eaux du déluge. (Béréshit 7-7)

 

Rashi : Noa’h était un « petit croyant ». Il n’était pas totalement certain que le déluge allait arriver, jusqu’au moment où les eaux du déluge le forcèrent à pénétrer dans l’arche.

 

Les commentateurs se heurtent à une difficulté de compréhension de ce Rashi :

 

Comment Noa’h peut-il douter de la venue du déluge, alors qu’il a entendu de la bouche d’Hashem l’annonce de son arrivée imminente (« J’enverrais un déluge d’eaux sur la terre… ») ?

De plus, comment Noa’h – sur lequel il est écrit : « Noa’h a accomplit tout ce que lui ordonna Hashem », qui s’occupa de la construction de l’arche durant 120 ans, et à qui Hashem dit : « Tu es le seul juste de cette génération » - comment peut-il malgré tout remettre en question l’arrivée du déluge ?

 

Dans son livre Béer Yossef, le Gaon Rav Y.Ts. SALENTER z.ts.l explique que les hésitations de Noa’h proviennent de sa conviction en la miséricorde et la bonté d’Hashem. Peut-être qu’Hashem n’allait finalement pas détruire le monde.

D’ailleurs, voici le commentaire de la Guémara Sanhédrin (102b) sur un verset de notre Parasha :

« Dans 7 jours, je ferais pleuvoir durant 40 jours et 40 nuits… » (et également le verset : « Au bout de 7 jours, les eaux du déluge arrivèrent sur terre… ») :

A quoi servent ces 7 jours ?

Car Hashem leur a fixé un long moment et un cours moment.

Rashi explique : Sur le délai de 120 ans qu’Hashem leur avait fixé, il leur ajouta encore 7 jours dans l’espoir qu’ils feraient Téshouva et qu’il ne serait plus nécessaire d’emmener le déluge.

 

Nous voyons donc que c’est uniquement par conviction en la miséricorde d’Hashem que Noa’h n’entra pas immédiatement dans l’arche, et ce sont les eaux du déluge qui l’ont forcé à y entrer.

 

Selon cela, on peut encore s’interroger :

Quelle est donc la faute de Noa’h pour être qualifié pour autant de « petit croyant » ?

Toutes ses hésitations sur la réelle réalisation du déluge n’étaient pourtant fondées que sur la croyance en Hashem et en sa miséricorde !!!

 

Mais en réalité, nos maîtres nous dévoilent ici une notion fondamentale dans notre service divin :

 

En entendant les mots : « Viens, toi et tout ton foyer, au sein de l’arche… », Noa’h se devait d’exécuter immédiatement le commandement divin et pénétrer dans l’arche, même s’il était possible qu’Hashem fasse preuve de miséricorde envers ses créatures et attende leur repentir.

 

Il existe parfois des situations où l’on est confronté à l’accomplissement d’une Mitsva, que viennent remettre en question une multitude d’arguments « religieux » ou d’ordre morale, et qui nous font croire que la Mitsva est peut être à repousser, quand elle n’est pas complètement à annuler.

Il n’est pas rare d’assister à de véritables blasphèmes de la Torah, où l’on piétine ouvertement la Hala’ha, mais pourtant, aucune personne présente ne réagit, pas même les personnes censées être touchées par le mépris exprimé envers la Torah.

Cette attitude passive est motivée par des réflexions et des calculs « religieux » qui incitent la personne à croire que dans une telle situation, la Hala’ha – la véritable parole d’Hashem - est peut-être « modifiable » ou « interprétable ».

 

Avoir un tel comportement signifie faire preuve de « petite croyance ».

 

Croire totalement en Hashem, c’est exécuter ses commandements sans la moindre réflexion, si louable ou religieuse soit-elle.    

 

Shabbat Shalom

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