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La veillée de Shavou’ot


 

Question:

Que représente la veillée de Shavou’ot?

 

 Réponse:

 

La tradition est répandue au sein de toutes les communautés d’Israël de rester éveillés durant la nuit de Shavou’ot et d’étudier la Torah jusqu’à l’aube, comme il est écrit dans le Zohar Ha-Kadosh (Parasha de Emor page 98a) :


Les premiers ‘Hassidim (hommes d’une grande piété) ne dormaient pas durant cette nuit, et étudiaient la Torah en disant : « Allons prendre possession du Saint Héritage, pour nous et nos enfants, dans les 2 mondes. »


Il écrit aussi dans le Zohar Ha-Kadosh (introduction du Zohar tome page 8a) :

Tous ceux qui procèdent à la réparation (Tkoun) durant cette nuit et s’en réjouissent, seront tous inscrits et écrits dans le Livre des Souvenirs, et Hashem les bénit de 70 Bénédictions et couronnes du Monde Supérieur.

Il est rapporté dans Pirké Derabbi Eli’ezer (chap.40) :


Rabbi Pin’hass dit : la veille de Shabbat, le peuple d’Israël se tenait au pied de la montagne du Sinaï, disposés de façon séparée, les hommes d’un côté et les femmes de l’autre. Hashem dit à Moshé : « Vas demander aux femmes si elles désirent recevoir la Torah, car la nature des hommes est d’aller selon l’opinion des femmes », comme il est dit (Shemot 19): Ainsi tu diras à la Maison de Ya’akov – ce sont les femmes - et tu parleras à la Maison d’Israël – ce sont les hommes. Ils répondirent tous d’une seule bouche : « Tout ce qu’Hashem a dit, nous l’accomplirons et nous l’écouterons (Na’assé Venishma’).


Ce jour-là, le peuple d’Israël dormit jusqu’à la 2ème heure du jour (jusqu’à environ 7h du matin), et Moshé sortit vers le campement d’Israël afin de les réveiller de leur sommeil en leur disant : « Levez-vous de votre sommeil ! Le fiancé est déjà arrivé et désire la fiancée ! Il l’attend afin de lui donner la Torah ! »

Le Maguen Avraham – sur O.H 494 – en déduit que puisque lors du Don de la Torah, le peuple d’Israël dormit toute la nuit, et qu’Hashem dut les réveiller en faisant retentir le tonnerre et les éclaires, nous devons réparer la chose en résistant au sommeil cette nuit-là, et en étudiant la Torah.


Ceci révèle la grandeur des femmes de la génération du désert et leur grande influence sur le monde, car c’est par leur mérite que la Torah fut donnée à Israël.

D’autres femmes doivent en tirer leçon et encourager leurs maris et leurs enfants à étudier la Torah et marcher dans de bonnes voies, car c’est l’opinion des femmes qui tranche les décisions que les hommes prennent, comme nos maîtres nous l’ont dévoilé. 

Le Gaon Rabbenou Yossef ‘HAÏM de Bavel (Bagdad, l’auteur du Ben Ish ‘Haï) z.ts.l – dans son livre Shou’t Rav Pe’alim (tome 1 section sur la Kabbala « Sod Yesharim » chap.9) – fut consulté sur la question suivante :


Est-il convenable aux femmes d’étudier le Seder (le programme) d’étude spécifique à la nuit de Shavou’ot, ainsi que celui propre à la nuit d’Hosha’ana Rabba ?

Il répondit que dans son foyer, les femmes ne réalisent pas le Seder d’étude de la nuit de Shavou’ot, et vont dormir. Bien qu’il s’agisse de femmes très érudites, qui ont l’usage de lire des Tehilim chaque jour, et qui ont aussi un programme d’étude quotidien, malgré tout, il n’est pas bon selon la Kabbala, que les femmes restent éveillées durant la nuit de Shavou’ot. Le Gaon amène un fondement à cela, à partir du Zohar Ha Kadosh.


C’est ainsi qu’écrit également notre maître le Rav Ovadia YOSSEF shalita, dans son livre ‘Hazon ‘Ovadia – Yom Tov (page 310).

Mais la nuit d’Hosha’ana Rabba n’est pas incluse dans cela, et il est bon même pour les femmes de rester éveillées durant cette nuit, tout comme les hommes, mais pas durant la nuit de Shavou’ot.

Il est juste d’étudier avec l’assemblée durant cette nuit là, le « Tikoun » imprimé dans le livre « KERIE MO’ED - Tikoun

 

 

Conclusion:


 

Le matin du 6 Sivan, lorsqu’ Hashem descendit sur la montagne du Sinaï pour donner la Torah à Israël, il trouva le peuple endormi. Pour les réveiller, il fit retentir le tonnerre et les éclaires.

Bien que les Bné Israël comptaient chaque jour avec hâte depuis leur sortie d’Egypte, lorsqu’ils étaient enfin sur le point de recevoir la Torah, l’oeuvre du Satan réussi à les plonger dans un profond sommeil.


Pour « réparer » cette chose, nous avons la tradition depuis des siècles de rester éveillé cette nuit-là, afin d’étudier la Torah jusqu’à l’aube.

Selon la Kabbala, il est déconseillé aux femmes de rester éveillées lors de la nuit de Shavou’ot, par opposition à la nuit d’Hosha’ana Rabba où il est bon qu’elles effectuent elles aussi le Seder (programme) d’étude propre à cette nuit.


Il est juste d’étudier avec l’assemblée durant cette nuit là, le « Tikoun » imprimé dans le livre « KERIE MO’ED - Tikoun de Shavou’ot » qui a été composé et instauré selon les recommandations des Kabbalistes.

Cependant, celui qui éprouve le désir d’étudier la Guemara et les décisionnaires a sur quoi se fonder. Mais si la majorité de l’assemblée lit le Tikoun, il n’est pas du tout convenable de s’en écarter d’eux.


 

Il faut veiller à consacrer cette nuit de Shavou’ot à l’étude de sujets utiles et justes qui soient conformes aux fondements de la religion et de la tradition.

Nous voyons la nécessité d’attirer l’attention sur cela, car ces dernières années, on a organisé à différents endroits une « étude collective » pour la nuit de Shavou’ot en invitant des intervenants qui n’ont pas la crainte d’Hashem, et il est certain qu’il n’est pas juste de gaspiller un temps aussi précieux que celui de la nuit de Shavou’ot à écouter les méditations de gens qui ne sont pas des Talmidé ‘Ha’hamim connaissant véritablement la Torah.

De telles conférences ne correspondent absolument pas au devoir d’étudier la Torah.


Il arrive parfois que ces conférenciers prônent même - sous couvert d’étude de la Torah - des opinions contredisant la Torah. (Une synagogue a même été jusqu’à convier à prendre la parole en public un homme reconnu pour ses mauvaises actions).

Il en ressort donc que même si les administrateurs qui organisent ces conférences ont une intention acceptable, malgré tout leurs actes ne sont pas acceptables.

 

Par conséquent, chacun a le devoir de se trouver un bon endroit pour aller étudier le soir de Shavou’ot, un endroit de Torah et de crainte d’Hashem, comme l’ont fais nos parents depuis toujours.


De même, les organisateurs doivent aussi veiller à inviter des orateurs qui ont la crainte d’Hashem et qui diffuseront de véritables enseignements de Torah aux oreilles du public, ou alors que le public lit le Tikoun édité dans le livre Kérié Mo’ed.

 

 


 

 

Traditions de la fête de Shavou’ot


 


 

 

 

 

 

Question:


Quelles sont les traditions spécifiques à la fête de Shavou’ot ?


Réponse:

 

 

 Il est rapporté dans la Guemara Beitsa (15b) :

Rabbi Yehoshoua’ dit : la Mitswa de la journée du Yom Tov se partage en 2 moitiés :


Une moitié consacrée pour Hashem, et l’autre moitié consacrée pour vous.

C'est-à-dire, qu’il faut partager le temps du Yom Tov en 2 parties : une partie consacrée à la nourriture et autres, qui font parties de la Sim’ha (la joie de Yom Tov) de Yom Tov, et l’autre partie consacrée à l’étude de la Torah et à la prière.


C’est ainsi que tranche le RAMBAM (chap.6 des Hala’hot Yom Tov Hal.19).

Le RAMA écrit dans une note sur le Shoul’han ‘Arou’h (O.H chap.494 parag.3) :

Nous avons la tradition de disposer des herbes dans la synagogue et dans les maisons, en souvenir de la joie du Don de la Torah.


De nombreux de nos maîtres les A’haronim apportent des fondements à cette tradition, qui rappelle également ce qui est enseigné dans la Guemara Shabbat (88b) :

A chaque parole qui sortait de la bouche d’Hashem (lors du Don de la Torah), le monde se remplissait d’un parfum de plantes, comme il est dit : « …Ses lèvres sont comme des roses desquelles se dégagent une myrrhe passante »

De même, nous avons la tradition de disposer des branches d’arbres dans la synagogue et dans les maisons, en allusion à l’enseignement de nos maîtres dans la Guemara Rosh Hashana (16a) : A Shavou’ot, nous sommes jugés sur les fruits de l’arbre.

Cependant, l’auteur du ‘Hayé Adam rapporte que le Gaon Rabbi Eliyahou de Vilna (le Gaon de Vilna) fit annuler cette tradition de décorer les synagogues et les maisons d’herbes et de branchages, car aujourd’hui les Goïm – eux aussi – ont la tradition de disposer des branches d’arbres lors de leurs fêtes.


Mais notre maître le Rav Ovadia YOSSEF shalita écrit – dans son livre ‘Hazon Ovadia – Yom Tov (page 317 note 28) - que le Gaon de Vilna fit annuler cette tradition car selon son opinion Hala’hic, l’interdiction de la Torah de Ouv’houkotehem Lo Tele’hou (vous ne marcherez pas selon leurs usages…) est en vigueur de façon systématique sur tout usage non juif.

Mais selon l’opinion Hala’hic du MaHaRY KOLON (Morenou Harav Rabbi Yossef KOLON) cite par Maran dans le Beit Yossef (Y.D 178), ainsi que de nombreux autres Poskim, cette interdiction n’est en vigueur que lorsqu’il s’agit d’un usage que les non juifs adoptent comme un ‘Hok – une loi irrationnelle, sans raison (dans ce cas, il est à craindre la transgression de Darké Ha Emori, ainsi que la transgression d’une forme d’idolâtrie), ou bien lorsqu’il s’agit d’un usage de débauche, adopté par les non juifs.

 


Mais lorsqu’il s’agit d’un usage qui possède une raison différente, comme la tenue vestimentaire que portent les médecins non juifs, afin que l’on puisse comprendre qu’ils sont médecins, il n’y a aucun interdit à adopter ce genre d’usage.

Telle est l’opinion du RAMA dans l’une de ses notes sur le Shoul’han ‘Arou’h (Y.D 178-1).

Il faut donc expliquer que le Gaon de Vilna réfute apparemment cette définition.

 

C’est pourquoi, il faut maintenir cette tradition, car la tradition du peuple d’Israël a force de loi (lorsque cette tradition est fondée), comme l’exprime le Gaon Rabbi Yossef Shaoul NATANZON dans son livre Yossef Da’at (Y.D chap.348).

En particulier, lorsqu’on prend en considération le fait que cette tradition est très ancienne, puisqu’elle est déjà mentionnée dans les enseignements de nos maîtres du Talmud.


Le RAMA écrit dans cette même note que nous avons la tradition – dans de nombreuses contrées – de consommer des plats lactés le jour de la fête de Shavou’ot.

Les A’haronim ajoutent que certains ont la tradition de consommer également du miel et du lait, par allusion au Don de notre Torah qui est comparée au miel et au lait.

C’est pourquoi les juifs originaires de Alep en Syrie ainsi que d’autres pays du moyen orient, ont l’usage de consommer le jour de Shavou’ot du riz au lait (en arabe « Arz BeH’lib ») dans lequel on met également du sucre, puisque le sucre est lui aussi qualifié de « miel », comme le verset le dit (Shmouel I chap.14) : « Il la trempa dans un rayon de miel… » Rashi commente : il s’agit de roseaux qui poussent à proximité des étangs et que l’on appelle en arabe « Soukra ».


Le Mishna Beroura (sur O.H 494 note 12) rapporte une raison différente à la tradition de consommer des plats lactés lors de la fête d Shavou’ot.

En effet, à travers les 10 Commandements, ont été dévoilées à nos ancêtres toutes les parties de la Torah et de ses Mitsvot, comme l’écrit Rav Sa’adya GAON, que les 10 Commandements contiennent en eux toutes les Mitsvot de la Torah.

Or, lorsqu’ils sont descendus de la montagne pour retourner chez eux après le Don de la Torah, ils n’ont rien trouvé à manger, excepté des aliments lactés.


En effet, la viande nécessite une longue préparation, car il faut procéder à la She’hita (l’abattage rituel) avec un couteau qui possède une lame sans le moindre défaut, tel que l’ordonne Hashem, ainsi que la dénervation du nerf sciatique (Gid Hanashé) et le retranchement des graisses interdites (‘Helev), ainsi que le salage et le rinçage de la viande, et de nombreuses autres détails liés à la Casheroute des aliments.

C’est pourquoi, ils eurent recours aux plats lactés, et c’est à cela que nous faisons allusion.


D’autres explications ont été dites au sujet de cette tradition.

Puisque selon la Hala’ha il est interdit de consommer des plats lactés après avoir consommer de la viande, sans avoir attendu au préalable 6 heures de temps, c’est pourquoi, notre tradition est de consommer d’abord les plats lactés, et après s’être nettoyer et rincer la bouche (en mangeant un morceau de pain ou autre, et en buvant une boisson), on mange les plats de viande.


Il y a une Mitsva de consommer de la viande de bétail le jour de Yom Tov, afin d’accomplir la Mitsva de Sim’hat Ha’hag (se réjouir lors de la fête), comme l’enseigne la Guemara ‘Haguiga (8b) : il n’y a de joie que lorsqu’on consomme de la viande de bétail.


Le Maguen Avraham (sur O.H 696 note 15)rapporte que l’obligation de manger de la viande à Yom Tov n’est en vigueur que du temps où le Beit Ha-Mikdash existe. Il tranche sur ce point selon l’opinion des Tossafot sur Moed Katan (14b).

Cependant, le RAMBAM écrit explicitement (chap.6 des Hal.Yom Tov Hal.18) que même de notre époque où le Beit Ha-Mikdash n’existe plus - par nos nombreuses fautes – il est encore une Mitsva de se réjouir pendant Yom Tov en consommant de la viande et du vin.


Une personne qui ne peut pas accomplir la joie de la fête avec de la viande de bétail – pour des raisons de santé ou de Casherout – accomplira la Mitsva avec de la viande de volaille.

Maran tranche dans le Shoul’han ‘Arou’h (O.H 529-2) que lorsque nous disons qu’il n’y a de joie que lorsqu’on consomme de la viande et du vin, cela ne concerne que les hommes, car il faut aussi réjouir les femmes en leur achetant de beaux vêtements ou de beaux bijoux ou autre.

Il faut réjouir les enfants avec des friandises diverses.

De même, il faut également boire du vin en l’honneur de la joie de la fête, mais il faut se préserver de toute forme de plaisanterie et de légèreté, car la plaisanterie et la légèreté ne sont pas de la joie mais de la débauche, et nous n’avons été ordonné que sur la joie qui mène vers le Service du Créateur.

Nous devons seulement nous réjouir le jour de Yom Tov par des moyens permis, comme chanter uniquement au moyen de la bouche, des louanges à Hashem.

De même, il faut s’efforcer de s’adonner à l’étude de la Torah, le jour de Shavou’ot.


Remarque importante


Nous pouvons constater que l’obligation de consommer de la viande de bétail le jour de Yom Tov (selon certains Rishonim comme le RAMBAN entre autres, cette obligation représente une Mitsva positive de la Torah elle-même), ne fait pas de distinction entre Shavou’ot et les autres jours de Yom Tov.

Un simple Minhag de consommer des plats lactés ce jour là, ne peut en aucun cas avoir une priorité sur une totale obligation de consommer de la viande un jour de Yom Tov.

Nous voulons simplement rappeler à certaines personnes qui – sous couvert de Minhag – s’autorisent à ne cuisiner pour Shavou’ot uniquement des plats lactés (et ceci à tous les repas !), en occultant totalement l’obligation de consommer de la viande ce jour là. Une telle attitude est totalement proscrite selon la Hala’ha, et reflète d’une totale ignorance.

De plus, ce Minhag ne s’est – à l’origine - pas répandu dans toutes les communautés puisque beaucoup de Sefaradim n’avaient pas ce Minhag et ne l’ont adopté que récemment.


Certains Poskim (décisionnaires) - comme le Gaon Rabbi Avraham HOROWITZ (Ha-Levy) (qui était le père du célèbre Shla Ha-Kaddosh) dans son livre ‘Emek Bera’ha (page 69 colonne 3), ou bien l’auteur du Mass’at Binyamin (dans les

‘Hidoushé Dinim à la fin du livre, section O.H chap.4), rapporté également par le Maguen Avraham sur O.H 494 note 1, ainsi que par le Peri ‘Hadash et les autres A’haronim) - écrivent que puisque la Torah stipule que la fête de Shavou’ot arrive après « 7 semaines pleines » (Temimot), et puisque la notion de Temimot (pleines) implique des jours entiers, on ne peut donc réciter le Kiddoush du soir de Shavou’ot que lorsque s’achève le 49ème jour du ‘Omer. C’est pourquoi – selon cet avis – on ne peut réciter le Kiddoush le soir de Shavou’ot uniquement à partir de la tombée de la nuit.


C’est également l’opinion du Gaon auteur du Shou’t Shevout Ya’akov (tome 3 chap.52).

Le TAZ (Touré Zahav) (sur O.H chap.494, note 1) ajoute qu’il faut aussi attendre la nuit pour prier ‘Arvit. (Le Touré Zahav a été écrit par le Gaon Rabbi David Ben Rabbi Shemouel Ha-Levi, qui fut Av Beit Din en Autriche, il y a environs 300 ans. Rabbi Yossef Shaoul NATANZON – l’auteur du Shou’t Shoel Oumeshiv – a raconté qu’un jour, il arriva un fait qui entraîna l’exhumation de l’auteur du TaZ, et lorsqu’on ouvrit la tombe, on trouva son corps en parfait état. Il ressemblait à un Ange d’Hashem.) 

Le Gaon auteur du Eliyah Rabba (note 3) écrit que les propos du TAZ sur ce point nécessitent réflexion.


Mais d’autres Poskim contestent cette opinion, et pensent qu’il est permis de réciter Kiddoush dés le couché du soleil (la Shki’a).

Parmi ces poskim :

Le Gaon Rabbi Yossef YOZFA dans son livre Yossef Omets (chap.850, page 187), où il argumente en disant qu’il serait très difficile d’attendre la nuit pour réciter le Kiddoush (en particulier en Europe où il résidait), et ensuite de se consacrer au programme d’étude qui se déroule durant toute la nuit de Shavou’ot.

Ou encore le Gaon Rabbi Efraïm LANYADO dans son livre Shou’t Deguel Ma’hané Efraïm (section O.H chap.3), où il réfute les propos du Mass’at Binyamin grâce aux arguments des Tossafot et du ROSH sur la Guemara Pessa’him (99b) qui prouvent qu’il n’y a que pour Pessa’h qu’il est impératif d’attendre la nuit pour réciter le Kiddoush.


Il y a aussi le Gaon Ya’bets (Rabbi Ya’akov Ben Tsevi) dans son Siddour Beit Ya’akov – cité par le Melamed Leho’il (section O.’H chap.108) – qui atteste que cette ‘Houmra d’attendre la nuit pour réciter le Kiddoush de Shavou’ot, est superflue, et qu’il est suffisant d’attendre le couché du Soleil. Tout ceci uniquement en ce qui concerne le kiddoush, car pour ce qui est de la Tefila de ‘Arvit, il est évident qu’il n’y a au aucune nécessité d’attendre.


Sur le plan pratique, notre maître le Rav Ovadia YOSSEF shalita tranche – dans son livre Shou’t Ye’havé Da’at (tome 6 chap.30) ainsi que dans son livre ‘Hazon Ovadia – Yom Tov (page 305) – que pour les habitants d’Erets Israël où la sortie des étoiles arrive assez rapidement même à cette période de l’année, il est souhaitable de prendre en considération l’opinion des A’haronim qui exigent d’attendre la nuit pour réciter le Kiddoush du soir de Shavou’ot.


Mais pour les habitants des pays d’Europe où le soleil tarde à se coucher à cette période de l’année et que le fait d’attendre la sortie de étoiles pour réciter le Kiddoush risquerai d’incommoder les membres du foyer et également de provoquer certains désagréments pour l’étude organisée toute le nuit de Shavou’ot, on peut autoriser de réciter le Kiddoush et de prendre le repas de la fête même lorsqu’il fait encore jour. Dans ce cas, il est bon – dans la mesure du possible - d’attendre au moins la Shki’a (coucher du soleil) pour réciter le Kiddoush, et si l’on peut on consommera de nouveau un Kazaït (27g) de pain lorsqu’ arrivera la sortie des étoiles.

Notre maître le Rav Shalita ajoute que même ceux qui veulent s’imposer la ‘Houmra (la rigueur), d’attendre la nuit, ceci ne concerne que le Kidoush, mais par contre, il n’est pas nécessaire de s’imposer cette ‘Houmra pour la prière de ‘Arvit, et l’on peut tout à fait prier ‘Arvit avant le couché du soleil.

Notre maître le Rav Ovadia YOSSEF shalita écrit aussi qu’il est juste d’étudier le Sefer Ha-Mitsvot du RAMBAM, le jour de Shavou’ot, et il est bon de lire le Tehilim ce jour là, car le décès de notre maître le roi David, eu lieu le jour de la fête de Shavou’ot.

Il est dit dans la Torah (Devarim 16)


« Tu te réjouiras, lors de Ta fête. Toi, ainsi que ton fils, ta fille, ainsi que le Levi et l’étranger, l’orphelin et la veuve qui seront au sein de toi… »

C’est pourquoi, nous avons le devoir de réjouir pendant la fête, les pauvres, les veuves ainsi que les orphelins, et ceci représente une sainte obligation.

 

 

Conclusion:

 

Nous avons la tradition de disposer des herbes et des fleurs dans la synagogue et dans les maisons, en souvenir de la joie du Don de la Torah.

Nous avons aussi la tradition de consommer des plats lactés le jour de la fête de Shavou’ot, pour diverses raisons (voir les « sources et développement »).

Puisque selon la Hala’ha il est interdit de consommer des plats lactés après avoir consommer de la viande, sans avoir attendu au préalable 6 heures de temps, c’est pourquoi, notre tradition est de consommer d’abord les plats lactés, et après s’être nettoyer et rincer la bouche (en mangeant un morceau de pain ou autre, et en buvant une boisson), on mange les plats de viande.

Il y a une Mitsva de consommer de la viande de bétail le jour de Yom Tov, afin d’accomplir la Mitsva de Sim’hat Ha-’hag (se réjouir lors de la fête). De même, il faut également boire du vin en l’honneur de la joie de la fête.


Remarque importante


Nous pouvons constater que l’obligation de consommer de la viande de bétail le jour de Yom Tov (selon certains Rishonim comme le RAMBN entre autres, cette obligation représente une Mitsva positive de la Torah elle-même), ne fait pas de distinction entre Shavou’ot et les autres jours de Yom Tov. Un simple Minhag de consommer des plats lactés ce jour là, ne peut en aucun cas avoir une priorité sur une totale obligation de consommer de la viande un jour de Yom Tov.

Ceci afin vient simplement rappeler à certaines personnes qui – sous couvert de Minhag – s’autorisent à ne cuisiner pour Shavou’ot uniquement des plats lactés (et ceci à tous les repas !!), en occultant totalement l’obligation de consommer de la viande ce jour là. Une telle attitude est totalement proscrite selon la Hala’ha, et reflète d’une totale ignorance. 

Selon certains Poskim (décisionnaires), il faut attendre la tombée de la nuit, pour réciter le Kiddoush du soir de Shavou’ot, mais selon d’autres, il n’est pas nécessaire d’attendre, et l’on peut tout à fait réciter le Kiddoush du soir de Shavou’ot même avant la nuit.

Dans les pays où – même à cette époque de l’année – la nuit ne tombe pas trop tard (comme en Israël), il est convenable de prendre en considération l’opinion des Poskim selon lesquels, il faut attendre la tombée de la nuit pour réciter le Kiddoush du soir de Shavou’ot.

Mais par contre, les pays où - à cette époque de l’année – la nuit tombe tardivement (comme les pays d’Europe), il n’est pas nécessaire d’attendre la nuit pour réciter le Kiddoush de Shavou’ot. Dans la mesure du possible, il sera suffisant d’attendre la Shki’a (le couché du soleil). Dans ce cas, il est bon de consommer de nouveau un Kazaït de pain (27 g) à la nuit tombée.

Cette ‘Houmra (rigueur) de ne réciter le Kiddoush du soir de Shavou’ot que lorsque la nuit est tombée, ne concerne que le Kiddoush et non la prière de ‘Arvit. Il est donc tout à fait permis de prier ‘Arvit du soir de Shavou’ot, même lorsqu’il fait encore jour. 

Il faut aussi réjouir les femmes en leur achetant de beaux vêtements ou de beaux bijoux ou autre. Il faut réjouir les enfants avec des friandises diverses.

 

 


 

 

Spécial Chavou’ot : Lois et Coutumes (Yalkout Yossef) 

 

    1) 1) La fête de Chavou’ot  est célébrée le six Siwan, à la fin des quarante-neuf jours (sept semaines) de la Sérifat Ha’Omer. C’est pour cela que cette fête s’appelle Chavou’ot, fête des semaines, comme il est dit (Devarim/ deutéronome 16,9-10) : « tu compteras sept semaines… et tu célébreras la fête de Chavou’ot en l’homme de l’Eternel, ton Dieu ». Mais pourquoi le texte fait-il dépendre de la fête de Chavou’ot d’un compte, ce qui n’est pas le cas pour aucune des autres fêtes ? C’est parce que lorsqu’ils sortirent d’Egypte, les enfants d’Israël se virent annoncer qu’ils recevraient la Torah cinquante jours plus tard, comme il est dit (Chémot / Exode 3,12) : « lorsque tu feras sortir le peuple d’Egypte, vous servirez Dieu sur cette montagne ». Or « vous servirez », ta’avdoun, est écrit avec un « noun » supplémentaire, d’une valeur numérique de 50, en allusion aux 50 jours à la fin desquels ils allaient recevoir la Thora. Les enfants d’Israël, animés d’un grand amour pour la Torah, commencèrent à compter, dès la sortie d’Egypte « Un jour à passé», « deux jours », et ainsi de suite, car dans leur impatience, ce temps leur semblait long et ils anticipaient avec joie le moment où ils recevraient la Torah. C’est pourquoi ce compte fut fixé pour les générations suivantes également.

 

2.       2) D’après certains décisionnaires, le soir de Chavou’ot il faut attendre qu’il fasse vraiment nuit avant de faire le Kiddouch (Vingt minutes environ après le coucher du soleil).   En effet, si on faisait le Kiddouch avant la tombée de la nuit, ce serait comme si on enlevait une partie du quarante neuvième jour du compte du ‘Omer, alors qu’il est écrit (Wayikra/ Lévitique 23,15) : « Ce seront sept semaines entières ». Mais d’autres sont d’avis qu’on n’a pas à faire attention à cela, l’habitude étant de dire le Kiddouch avant la tombée de la nuit. A priori, il est donc préférable d’attendre vingt minutes au moins après le coucher du soleil pour faire le Kiddouch, en particulier dans nos régions où il n’est pas bien difficile de se conformer à cette opinion et d’attendre la nuit. En cas de besoin, on peut faire le Kiddouch avant la tombée de la nuit.

 

 

3.       3)Le soir de Chavou’ot, on peut faire la prière de ‘arvith avant la tombée de la nuit, comme on le fait les autres soirs, et il n’est pas nécessaire d’attendre qu’il fasse vraiment nuit, même si on se montre plus strict en ce qui concerne le Kiddouch.

 

4.       4)Il est évident que si on oublie de réciter la bénédiction de Chéhé’héyanou, on ne peut plus la faire après la fête, même pas au cours des sept jours suivants.

 

 

5.       5)Le soir de Chavou’ot, de même que le soir de Roch Hachana, on n’a pas besoin de manger le pain (sur lequel on a fait Hamotsi) avec un aliment doux. On peut donc le manger avec des salades ou des condiments.

 

6.       6)Dans toutes les communautés, on a adopté la coutume de rester éveillé toute la nuit de Chavou’ot et étudier la Torah jusqu’à l’aube, comme l’indique le Zohar : « les premiers ‘Hassidim ne dormaient pas toute cette nuit-là et étudiaient la Torah » « Allons, disaient-ils, prendre possession de notre saint héritage, pour nous et pour nos enfants, dans les deux « mondes ». « Tous ceux qui font le Tikoun cette nuit-là et qui s’y réjouissent, dit encore le Zohar, seront inscrits dans le Livre de Souvenirs, et le Saint Bénit Soit-Il leur accorde les 70 bénédictions et couronnes du monde supérieurs ». D’autres part, les A’haronim donnent une raison à cette coutume de rester éveiller la nuit de Chavou’ot : lors du Don de la Torah, les enfants d’Israël dormirent toute la nuit, et Dieu fut obligé de les réveiller par le tonnerre et les éclairs qui précédèrent le Ma’amad har Sinaï. Nous devons donc réparer cette négligence en restant nous-mêmes vigilants toute la nuit à étudier la Torah. Cet usage ne concerne que les hommes, et pas les femmes.

 

 

7.     7) Si on veut agir au mieux, il est préférable de tenir l’opinion des Kabalistes et, la nuit de Chavou’ot, étudier en groupe le Tikoun imprimé dans le Séfer Qeriyei Mo’ed plutôt que d’étudier la Guemara.          Mais si les étudiants des Yéchivoth sentent qu’ils gagneront à étudier la Guemara avec zèle et assiduité, il n’y pas à les empêcher, et cela se justifie. Certains ont l’habitude d’étudier le Sefer Hamitswoth du Rambam. Mais lorsque la plus grande partie de la communauté lit le Tikoun, un particulier ne doit pas s’en séparer pour étudier la Guemara ou Rambam.

 

8.       8) Il faut éviter toute conversation inutile ou qui ne porte pas sur des sujets de Torah pendant le nuit de Chavou’ot et ne pas gaspiller ces heures précieuses à des futilités. Rester assis sans rien faire équipant à dormir. D’après la Kabala, on n’étudie pas de Michna cette nuit-là. On récitera le Chema avant ‘hatsoth, surtout si on l’a dit avant la tombée de la nuit. S’il y a un Talmid ‘hakham dans l’assistance, il serait bon qu’il explique les passages de la Guemara, du Midrach et des 613 Mitswoth bien clairement, à l’aide de Aggadoth intéressantes, afin que le public ne s’endorme pas ; les mérites de toute la communauté lui reviendront.

 

 

9.       9) On ne récite pas les bénédictions de la Torah qu’après le lever du jour. Les horaires du lever du jour indiqués dans le calendrier ne suivent pas  l’opinion du Maran ni des décisionnaires dont nous suivons les enseignements.

 

10.   10) Ceux qui sont restés éveillés toute la nuit de Chavou’ot ont également l’obligation de réciter les bénédictions de la Torah ; c’est l’usage le plus courant, et la règle qu’on ne récite pas de Bénédiction en cas de doute ne s’applique pas lorsqu’un usage fermement établi existe. Certains poussent la piété jusqu’à s’efforcer d’écouter ces bénédictions lorsque quelqu’un qui a dormi pendant la nuit les dit, mais tel n’est pas l’usage.



    11) Nous avons l’habitude de réciter toutes les bénédictions du matin à l’exception de celle de ‘Al Nétilat Yadayim et de acher yatsar, à moins qu’on ne soit allé au toilettes et qu’on doive alors de toute façon réciter cette bénédiction ; mais on ne dit pas ‘Al Nétilat Yadayim (dans ce cas non plus).

 

   12) On s’efforcera d’être aussi fort qu’on lion pour la prière du matin et de ne pas se laisser gagner par le sommeil, pour ne pas perdre le salaire de sa miswa si on en venait à somnoler pendant le Chéma’ ou la ‘amida. On aura soin de  ne pas somnoler pendant la lecture de la Torah non plus, puisqu’on fait la lecture des dix commandements et que nos Sages Zal nous disent : « Mes enfants, déclare Hachem, faites chaque année (à Chavou’ot) la lecture des dix commandements. Je vous compterai comme si vous vous teniez devant moi au mont Sinaï et que vous recevriez la Torah ! »

 

    13) Certains ont l’habitude de se lever pour écouter cette lecture, mais c’est un usage incorrect, cela laissant supposer que ce passage seul est d’origine Divine, et que le reste ne l’est pas – ‘Hasse Wéchalom (Que nous D. nous en préserve) – On encourage donc l’erreur en se levant, et il faut empêcher ceux qui le font, surtout dans les communautés où les Talmidei ‘Hakhamim restent eux-mêmes assis : se lever est alors un principe de fatuité. Quelqu’un dont le père ou le Rav sont appelés à la Torah, se lèvera des que celui-ci monte sur le Bima, ce qui ne soulevé aucune objection. Le gabaï, lorsqu’il vend les Miswot, ne doit pas non plus annoncer qu’il s’agit d’une paracha « importante », ni faire une autre déclaration de ce genre. Il est d’ailleurs interdit  de lire chaque jour le passage des dix commandements en public, mais celui qui le lit à titre individuel a une certaine justification à cela.

 

   14) Quelqu’un qui se trouve dans une communautés où les fidèles ont l’habitude de se lever pour les dix commandements, et qui n’a pas la possibilité de leur faire abandonner cette habitude, se lèvera depuis le début de la paracha ou, au moins, à partir du moment où l’on a appelé la personne pour la ‘aliya au cours de laquelle on fait la lecture des dix commandements, de façon à ne pas rester seul assis parmi ceux qui se lèvent, comme si on méprisait la sainteté des dix commandements.

 

   15) On a l’habitude de garnir la maison et la synagogue de plantes odoriférantes et de roses, etc…, en l’honneur de la fête de Chavou’ot, en souvenir de ce que disent nos Sages Zal (Chabbat 88b) : « A chacune des paroles prononcés par D., le monde tout entier fut rempli de parfums », car il est dit (Chir Hacirim/ Cantiques des Cantiques 5,13) : « ses lèvres sont des roses qui distillent la myrrhe ». On décore de même la maison et la synagogue avec des branchages, en allusion au verset à ce  que disent nos sages (Roch Hachana 16a) :« A ‘Atséreth (Chavou’ot), nous sommes jugés en ce qui concerne les fruits des arbres ». Certains contestent cet usage. On permet néanmoins de l’observer parce que pour nous la coutume à force de loi, en particulier lorsqu’il s’agit d’une coutume ancienne rapportée par nos Sages Zal.

 

   16) On l’habitude de consommer des aliments lactés à Chavou’ot, et certains ont également l’habitude de consommer du lait et du miel, en allusion à la Torah qui est comparée au lait et au miel, comme il est dit (Chir Hachirim/ Cantiques des Cantiques 4,11) : « Sous ta langue, le lait et le miel ». D’autres expliquent l’usage de manger des aliments lactés de la manière suivante : nos ancêtres, en même temps que les dix commandements, reçurent au Sinaï toutes les lois de la Torah (c’est aussi ce que dit le Rav Sa’adia Gaon, qui explique que toutes les lois de la Torah sont incluses dans les dix commandements). Or, lorsqu’ils revinrent du don de la  Torah, ils ne trouvèrent rien d’autre à manger que des aliments lactés, la viande demandant une grande préparation : abattage rituel, vérifications du couteau qui doit être absolument conforme à toutes les exigences halakhiques, extractions de toutes les parties graisseuses interdites et du nerf sciatique, salage, rinçage, cuisson dans des ustensiles de cuisine neufs, les ustensiles ayant servi moins de 24 heures auparavant étant interdits puisque les aliments qu’on y avait fait cuire avant le Don de la Torah n’étaient pas Kacher après. Ils durent donc se contenter d’aliments lactés, et c’est en souvenir de cela que nous en mangeons aussi.

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