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8 février 2013 5 08 /02 /février /2013 07:53

 

          Parasha Mishpatim – Shabbat Shékalim

1.   La réinsertion selon la Torah

 

"Voici les lois que tu placeras devant eux:

Lorsque tu feras l’acquisition d’un serviteur hébreu, il devra te servir durant 6 ans, mais à la 7ème année, tu l’affranchiras gracieusement.

S’il est arrivé seul, il repartira seul, mais s’il est marié, son épouse repartira avec lui." (Shemot 21-1.2.3 Début de notre Parasha)  

 

Rashi

Lorsque tu feras l’acquisition d’un serviteur hébreu

Cette acquisition se fait par l’intermédiaire du Beit Din qui vend cet individu arrêté pour avoir volé, et qui est vendu parce qu’il n’a pas la possibilité de rembourser son vol.

 

Question

 

N’y avaient-ils pas de sujets plus nobles pour débuter notre Parasha – par exemple la Miçwa de prêter de l’argent à un juif אם כסף תלוה את עמי »), ou bien le cas du gardien bénévole (Shomer ‘Hinam) qui offre gracieusement ses services aux gens, qui sont des sujets également contenus dans notre Parasha – pourquoi débuter notre Parasha en nous parlant d’un voleur ?

 

Réponse

 

Le Gaon Rabbi Ya’akov NYEMANN z.ts.l rapporte dans son livre Darké Moussarau nom du Sabba de Kelem z.ts.l :

Si la Torah était l’œuvre d’un être humain, il est certain qu’il aurait décidé de débuter notre Parasha avec un sujet qui met plutôt en relief des individus qui prodiguent du bien à la société, et non en nous parlant d’un individu humiliant comme un voleur.

Mais la Torah est l’œuvre d’Hashem et nous sommes ses enfants !

Lorsqu’un père a un enfant qui est voleur, ce père va se consacrer totalement à chercher les meilleurs moyens pour ramener son fils dans le droit chemin, car vis-à-vis de ses autres enfants, il n’a pas de soucis particuliers à se faire puisqu’ils marchent déjà dans le droit chemin.

C’est pour cela que dès le début de notre Parasha de Mishpatim, Hashem se souci d’abord de son fils voleur, et cherche des moyens pour le ramener dans la droiture et l’honnêteté.

 

C’est pourquoi la Torah demande au Beit Din de vendre cet individu à une personne respectable chez qui ce voleur va séjourner durant 6 ans, en apprenant auprès du chef de maison ainsi qu’auprès des membres du foyer, la politesse, le savoir-vivre, et va acquérir de bonnes qualités humaines. Ce voleur verra aussi qu’on lui montre du respect et qu’on lui donne de l’importance puisque nos maîtres nous enseignent (Kiddoushin 20a et à d’autres endroits) qu’il est interdit au chef de maison de consommer du pain frais alors que son serviteur consomme du pain ranci. Il est aussi enseigné dans le Yéroushalmi que si le chef de maison possède un seul coussin et que le serviteur n’en a pas, le chef de famille est tenu de donner son coussin à son serviteur et de dormir sans coussin.

Devant tant d’égard, le serviteur ne peut que penser :

« Si l’on me témoigne tant de considération, comment puis-je être un voleur ?! »

Tout ceci ne peut que l’influencer positivement et le ramener dans le droit chemin.       

 

Même au-delà des 6 ans, notre sainte Torah se soucie encore de lui afin qu’il ne récidive pas, et elle ordonne au chef de maison de lui fournir des bêtes de son propre troupeau, afin qu’il ait de quoi se nourrir. De même, durant tout le temps où le serviteur sert son maître, celui-ci est tenu de nourrir la femme et les enfants de son serviteur afin qu’ils ne deviennent pas à leur tour des voleurs.

 

Alors que les législations établies par l’être humain sont totalement différentes puisqu’elles imposent au voleur d’être incarcéré dans une prison qui ne va pas l’influencer positivement, où il va côtoyer d’autres voleurs, et où il va se noyer dans l’abîme de ses fautes. À sa sortie de prison, n’ayant pas de moyen de subsistance pour subvenir aux besoins de son foyer, il sera donc forcé de redevenir un voleur. De plus, pendant tout le temps où il va séjourner en prison, sa femme et ses enfants n’auront pas de quoi vivre et deviendront à leur tour des voleurs.

Mais comme nous l’avons dit, notre sainte Torah s’est d’abord souciée du repentir de ce voleur, et c’est pour cette raison qu’elle ordonne de le vendre. C’est donc pour exprimer tout l’amour d’Hashem envers ses enfants que la Parasha de Mishpatim débute par le sujet du serviteur juif.

 

2.   Prêter de l’argent à un juif : ça aussi c’est une Miçwa !!

 

Si tu prêtes de l’argent à quelqu’un de mon peuple, à un nécessiteux qui est avec toi… (Shémot 22-25)

 

Ce verset vient nous apprendre une des 613 Miçwot de la Torah : prêter de l’argent à un juif.

 

Le Ben Ish ‘Haï – dans son livre ‘Od Yossef ‘Haï – explique ce verset par une allusion.

L’argent que tu prêtes à une personne en difficulté, ou bien l’argent que tu offres au nécessiteux, cet argent est considéré comme étant « avec toi », en ta possession, car tu peux être certain que personne ne pourra te le prendre, et il pérennisera à tout jamais. Mais le reste de l’argent que tu possèdes n’est pas considéré comme étant« avec toi », puisque dans ce monde, il n’y a aucune assurance pour la richesse matérielle.

 

Nos meilleurs placements sont les sommes que nous prêtons à ceux qui traversent des situations difficiles et que nous aiderons à s’en sortir en leur proposant notre aide, ainsi que les sommes que nous offrons aux nécessiteux pour leur procurer de quoi vivre dignement.

 

Histoire

 

On raconte sur le ‘Hafeç ‘Haïm qu’une personne vint un jour le trouver pour lui demander un conseil ou une Ségoula (remède spirituel) pour avoir des enfants.

Le ‘Hafeç ‘Haïm lui dit qu’il ne connaissait pas de Ségoulot mais qu’il lui conseillait vivement d’établir dans la ville de Radin (lieu de résidence du ‘Hafeç ‘Haïm) une caisse de « Gma’h » (« Guémilout ‘Hassadim », un organisme de prêt d’argent pour les personnes en difficulté). Le ‘Hafeç ‘Haïm lui expliqua que le fait de pratiquer le bien en aidant des personnes en difficulté à retrouver une vie digne, réveillera certainement la pitié Divine, et Hashem lui accordera lui aussi le bien en lui donnant des enfants.

 

L’homme écouta le conseil du ‘Hafeç ‘Haïm et établit une caisse de Gma’h dans la ville de Radin, en s’investissant lui-même dans la direction de l’organisme et dans le prêt des sommes d’argent aux gens en difficulté. Il tenait à jour un carnet dans lequel il consignait tous les détails de chaque prêt, ainsi que les gages demandés en échange des prêts. Il inscrivit également dans ce carnet une institution du Gma’h selon laquelle les juifs de la ville devaient organiser une fois tous les 3 ans un repas lors du Shabbat Mishpatim (notre Parasha dans laquelle nous lisons la Miçwa de prêter de l’argent) pour se stimuler davantage dans cette Miçwa.

 

Et voici qu’au bout de 3 ans, cet homme eut le mérite et la joie d’avoir un enfant en bonne santé, et sa Bérit Mila eut lieu…. le Shabbat Mishpatim !

Durant toutes les années suivantes, l’homme continua à s’investir dans cette Miçwa de toutes ses forces, et il eut d’autres enfants, garçons et filles, par le mérite de cette Miçwa.

 

Au bout de quelques années, l’homme oublia les bontés d’Hashem et alla trouver le‘Hafeç ‘Haïm en lui expliquant qu’il était à présent trop occupé dans ses affaires personnelles et que la caisse du Gma’h s’était considérablement développée avec le temps. Il ajouta que des gens remettaient en doute son intégrité et que pour toutes ses raisons, il désirait se retirer du Gma’h. Il demandait donc au ‘Hafeç ‘Haïm de nommer un nouveau directeur.

Le ‘Hafeç ‘Haïm refusa dans un premier temps, mais lorsque l’homme insista et revint chaque année avec la même demande, le ‘Hafeç ‘Haïm accepta et demanda aux dirigeants de la communauté d’organiser des élections discrètes afin de nommer un nouveau directeur du Gma’h. Les élections se déroulèrent en début de soirée.

Le lendemain des élections, l’homme se présenta en larmes devant le ‘Hafeç ‘Haïmen lui annonçant que… l’un de ses enfants était mort étouffé au petit matin !(qu’Hashem nous en préserve)

Il dit au Rav qu’il était convaincu que son enfant était mort suite à sa faute d’avoir abandonné cette précieuse Miçwa de pratiquer le bien, et il supplia le ‘Hafeç ‘Haïm de le nommer de nouveau à la direction du Gma’h.

 

Le Hafeç ‘Haïm raconte cette tragique histoire par une allusion dans son livreShem ‘Olam, et il termine en disant :

« Tu peux constater de façon flagrante que c’est par le mérite du Guémilout ‘Hassadim (la pratique du bien) que cet homme a eu des enfants. Mais dès que la bonté s’est retirée, la rigueur se mit à le frapper violemment ! »

 

On ne se rend pas compte de la protection que peut nous apporter la pratique du bien, en prêtant de l’argent ou en apportant notre aide à ceux qui en ont besoin !          

 

3.    Reconnaître son erreur est un signe de grandeur

        

Il est écrit dans notre Parasha :

"D’une parole mensongère, tu t’éloigneras". (Shemot chap.23)

 

Il est enseigné dans la Guémara Shévou’ot (30a) :

Nos maîtres enseignent : D’où sait-on qu’un Dayan (un juge rabbinique) ne doit pas essayer de justifier ses erreurs de jugement ? Parce qu’il est dit : D’une parole mensongère, tu t’éloigneras.

 

Il s’agit ici d’un Dayan qui a fait une erreur dans le DIN, mais qui a honte d’admettre son erreur devant ses collègues ou devant les parties adverses qui sont en jugement devant lui. Il essaie de trouver un moyen afin de maintenir ses propos erronés, sans pour autant avouer qu’il a fait une erreur.

La Torah - à travers ce verset – le met en garde contre une telle attitude, en lui disant : « D’une parole mensongère, tu t’éloigneras ». Il incombe à l’individu de fuir le mensonge, et de ne pas le maintenir.

 

La nature humaine est faite de telle sorte qu’il est très difficile à l’homme d’admettre la vérité. Il essaie constamment de justifier ses propos, par tous les moyens, afin que l’on ne découvre pas sa faiblesse, au point d’avoir besoin que la Torah vienne tout particulièrement le mettre en garde, en lui rappelant : « D’une parole mensongère, tu t’éloigneras ». L’individu doit s’éloigner de façon radicale du mensonge, et ne jamais l’utiliser.

 

Il en est de même pour toute personne au sein de son propre foyer.

On ne doit pas maintenir nos propos lorsqu’on se rend compte que l’on s’est trompé, même au prix d’une discorde avec certains membres du foyer.

 

Tout ceci est valable même dans le domaine de l’étude de la Torah.

Rabbenou Avraham fils du RAMBAM écrit qu’il n’y a aucune honte pour un ‘Ha’ham, de dire qu’il s’est trompé, et qu’il revient sur son erreur. Au contraire, il sera récompensé par Hashem pour cette attitude courageuse. Et comme la Guémara nous le dit dans Kiddoushin (57) Au même titre que l’on est récompensé pour l’analyse de la Hala’ha, on est également récompensé pour le fait d’admettre que l’on s’est trompé dans notre analyse.

 

Telle est l’attitude des sages d’Israël.

Nous trouvons de nombreuses fois dans les livres des Poskim (décisionnaires de la Hala’ha), que certains grands maîtres déclarent avoir commis une erreur dans leurs précédents propos, et après une longue analyse, reviennent sur leur précédent avis.

 

Nous assistons à ce phénomène, même parmi les grands décisionnaires de notre génération. Il est fréquent de constater qu’ils ont émis un avis Hala’hic dans le passé, et après avoir approfondi de nouveau le sujet, ils reviennent sur cet avis et admettent qu’ils se sont trompé. Ceci, malgré la possibilité de maintenir leurs premiers propos, sans que personne ne dévoile leur erreur.

Prenons pour exemple le Gaon Rabbi Shalom MESSAS z.ts.l, qui – tout en étant le plus grand des ‘Ha’hamim du Maroc de notre génération – lorsqu’il émigra en Israël (fin des années 70), et qu’il eut le mérite de faire la connaissance de notre maître le Rav Ovadia YOSSEF shalita, il fit savoir à plusieurs occasions, qu’il avait modifié toute sa façon de trancher la Hala’ha, à la lueur de la Torah de notre maître le Rav shalita.

De même, notre maître le Rav Ovadia YOSSEF shalita fit savoir à de nombreuses reprises qu’il revenait sur certaines de ses décisions Hala’hic, après avoir découvert l’opinion divergente d’autres Poskim sur le même sujet, et après avoir admis la justesse de leurs propos.

 

Au contraire, le simple fait d’admettre la vérité est une véritable louange en faveur des sages d’Israël.

 

Ce qui n’est pas le cas pour les sages des nations.

Il est très improbable qu’ils reviennent sur leurs positions dans les erreurs commises dans le passé.

En effet, combien de fausses théories scientifiques ont été avancées dans le monde, puis totalement réfutées ?!

Ce n’est pas pour autant que les auteurs de ces mêmes théories ont admis leurs idées erronées, car admettre la vérité est une chose tellement difficile, que cela nécessite certaines qualités comme la soumission, l’humilité et l’amour de la vérité.

 

Il est raconté dans le Midrash que Rabbenou Ha-Kadosh (Rabbi Yéhouda Ha-Nassi, le rédacteur des Mishnayot) fit l’éloge de Rabbi ‘Hiya son élève, devant Rabbi Ishma’el, en disant qu’il était un homme grand et saint.

Un jour, lorsque Rabbi Ishma’el était devenu très âgé, il rencontra Rabbi ‘Hiya à l’entrée des bains. Rabbi ‘Hiya était assis et ne se leva pas quand Rabbi Ishma’el passa devant lui, bien qu’il était un grand ‘Ha’ham et un homme âgé.

Rabbi Ishma’el en fut offensé et vient raconter cela à Rabbenou HaKadosh, en lui disant : « Est-ce celui-ci duquel tu as prétendu qu’il était un homme grand et saint ?! Vois comme il se comporte ! Il ne respecte même pas les Talmidé ‘Ha’hamim !! » En entendant cela, Rabbenou HaKadosh se tourna vers Rabbi ‘Hiya son élève et lui demanda : « Pourquoi ne t’es-tu pas levé devant Rabbi Ishma’el ? » Rabbi ‘Hiya jura à son maître que toute la raison pour laquelle il ne s’était pas levé était parce qu’il disait à ce moment précis, des Tehilim.  À cause de cela, Rabbi ‘Hiya ne remarqua même pas l’entrée de Rabbi Ishma’el.

Lorsque Rabbi Ishma’el entendit les explications de Rabbi ‘Hiya, il lui confia immédiatement 2 élèves à lui, chargés de son accompagnement, en signe d’honneur.

 

Nous apprenons de cet enseignement que tant que Rabbi Ishmael n’entendait pas les explications de Rabbi ‘Hiya, la grandeur et la droiture de Rabbi ‘Hiya n’avaient pas de valeur aux yeux de Rabbi Ishma’el, et cela, malgré les éloges de Rabbenou Ha-Kadosh à l’égard de son élève. Tout cela parce que Rabbi ‘Hiya n’a pas exprimé de sentiment de soumission envers Rabbi Ishma’el, lorsqu’il est passé devant lui.

Ce qui nous apprend aussi, que toute personne qui ne possède pas le sentiment de soumission envers les Rabbanim, cet homme n’est pas digne d’être qualifié « Grand Homme », malgré toute la Torah qu’il contient, et la droiture dans laquelle il se comporte.

 

Nous trouvons également dans la Guémara Béra’hot (4a) :

On enseigne : MEFIBOSHET (l’un des maîtres du Roi Dawid) n’est pas son vrai nom. Il s’appelle en réalité ISH BOSHET. On lui donna le surnom deMEFIBOSHET, car il faisait honte à Dawid dans la Hala’ha.

Parfois MEFIBOSHET, le maître du Roi Dawid, constatait que Dawid ne saisissait pas réellement le véritable sens de certaines Hala’hot, et il lui faisait ouvertement réprimande en lui disant : « Tu te trompes ! Ceci est faut ! ». Dawid se faisait petit et examinait l’analyse de son maître MEFIBOSHET, et si elle lui semblait plus juste que la sienne, il admettait la vérité, et reconnaissait son erreur.

En récompense à une telle attitude, Dawid eu le mérite d’avoir un fils du nom deDaniel (à ne pas confondre avec le prophète Daniel) qui était également surnomméKIL’AV, car il était un si grand Talmid ‘Ha’ham qu’il faisait honte à son tour àMEFIBOSHET, le maître de son père Dawid, qui était un père dans la sagesse.

 

La Guémara Sota (10b) fait l’analyse du début d’un psaume des Tehilim, qui commence par les termes « Le-Dawid Mi’htam ».

La Guémara fait remarquer que le mot « Mi’htam » provient de la racine « Ma’h »qui signifie « inférieur ».

Pour nous apprendre que de même que le Roi David fit preuve d’humilité dans sa jeunesse, devant toute personne plus grande que lui dans la sagesse de la Torah, il en fit autant lorsqu’il fut plus âgé, et continua dans cette attitude d’humilité, en se faisant petit devant toute personne plus grande que lui dans la sagesse de la Torah.

 

Il n’en éprouva jamais aucune honte, car ceci représente justement toute la grandeur du plus « grand des géants », notre maître le Roi Dawid !

 

Parashat Shékalim

 

Le Shabbat qui précède le mois d’Adar est appelé Shabbat Shekalim, car à l’époque du Beit Hamikdash, lorsque débutait le mois d’Adar, le Beit Din diffusait un communiqué selon lequel chaque juif devait s’acquitter de son devoir de donner la pièce du Ma’hatsit Hashekel – le demi-Shekel que l’on offrait au Beit Hamikdash, et qui avait pour vocation le financement des bêtes pour les sacrifices de la collectivité durant toute l’année.

Cette année (5773), ce Shabbat Shekalim tombe ce Shabbat Mishpatim.

A cette occasion, on sortira 2 Sifré Torah :

1. la Parasha de la semaine (Mishpatim)

2. la Parasha de Shekalim (début de Ki Tissa)

 

Il est rapporté dans le Midrash :

Lorsque Moshé Rabbenou arriva à la Parasha de Shekalim (début de Ki Tissa), il s’écria :

« Maître du Monde ! Lorsque je ne serai plus de ce monde, je serai oublié d’Israël comme on oublie un mort ! »

Hashem lui répondit :

« Je peux jurer par ta vie que ni ton nom, ni ton souvenir ne seront oubliés d’Israël à tout jamais, comme il est dit (Mal’a’hi chap.3): Souvenez-vous de la Torah de Moshé…. »

 

Une question est posée sur ce Midrash :

Pour quelle raison Moshé Rabbenou éprouve-t-il cette crainte de disparaître du souvenir d’Israël, et qui plus est, pourquoi l’éprouve-t-il exclusivement lorsqu’il arrive à la Parasha de Shekalim ?

Le Na’halat Ya’akov explique que la Miçwa de donner le demi-Shekel, nous apporte également une allusion à la manière d’étudier la Torah.

En effet, on peut très bien se demander pour quelle raison doit-on donner uniquement un demi-Shekel et non pas un Shekel entier ?

En réalité, cela vient nous rappeler que l’on ne doit jamais étudier la Torah seul, mais uniquement à 2, car celui qui étudie la Torah lorsqu’il est seul,oublie ce qu’il étudie et ne peut pas pénétrer profondément le sens de ce qu’il apprend. La Torah est entière uniquement lorsqu’elle est étudiée par 2 personnes.

 

Nous retrouvons cette idée dans le demi-Shekel.

Lorsque 2 personnes donnent chacun un demi-Shekel, que ces personnes soient riches ou pauvres, leurs 2 demi-shekels formeront un Shekel entier.

Nous avons donc appris que le fait d’étudier la Torah à 2 constitue donc un moyen de se rappeler de ce que l’on apprend.

 

Cependant, il est aussi écrit que le moyen de se souvenir de ce que l’on a appris estde rappeler le nom du maître qui nous a enseigné ce que l’on a appris. En rappelant son nom, on se souviendra forcément de ce qu’il nous a appris.

Voilà donc quelle était l’inquiétude de Moshé Rabbenou en arrivant à la Parasha de Shekalim.

En comprenant l’allusion qui réside dans le demi-Shekel - qui nous rappelle qu’il faut étudier la Torah en étant 2 personnes, et que cela constitue aussi un moyen de se souvenir de ce que l’on apprend - Moshé se dit qu’il n’est donc plus nécessaire de mentionner son nom pour se souvenir de ce que l’on apprend. Effectivement, il existe un autre moyen pour préserver la mémoire de ce que l’on apprend, et ce moyen constitue simplement à étudier la Torah en étant 2.

C’est pourquoi Hashem le rassure en lui disant que quel que soit le moyen que les Bné Israël utiliseront pour se rappeler de ce qu’ils apprennent, ils mentionneront toujours son nom, puisque la Torah est appelée sur son nom, comme il est dit (Mal’a’hi chap.3): « Souvenez-vous de la Torah de Moshé…. »

 

(D’après le livre Wayomer Avraham du Gaon et çaddik Rabbi Avraham M. PATTAL Ha-Léwiz.ts.l, beau père de notre maître le Rav Ovadia YOSSEF shalita)

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