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14 décembre 2012 5 14 /12 /décembre /2012 06:00


   

Parasha Mikkeç  

  +

« Quelques réflexions sur ‘Hanoucca » 

(Le Dvar Torah N°4 est inédit dans cette rubrique) 

 

 

1.       Le remède avant la maladie

 

Le rêve de Pharaon

 

"Au bout de deux années, Pharaon fit un rêve. Il se trouvait sur le fleuve. Mais voici que sept vaches montaient du fleuve, des vaches belles d’aspect et grasses de chair, elles broutaient dans l’herbe. Mais voici que sept autres vaches montèrent après elles du fleuve, des vaches laides d’aspect et maigres, elles se placèrent aux côtés des premières vaches, au bord du fleuve. Les vaches maigres dévorèrent les vaches grasses, et Pharaon se réveilla. Il se rendormit et rêva de nouveau. Voici sept épis de blé qui montaient sur une seule tige, des épis pleins et beaux. Mais voici que sept autres épis, maigres et flétris par le vent d'est, s'élevèrent après eux. Et ces épis maigres engloutirent les sept épis bons et pleins. Pharaon s'éveilla et c'était un rêve". (Bereshit 41-1 à 7, début de notre Parasha)

 

Midrash Rabba

 

« Au bout de deux années, Pharaon fit un rêve. »

C’est ce que veut dire le verset dans Iyov (Job) : « Il a mit un terme aux ténèbres. » Hashem donna à Yossef quelques années à passer dans l’obscurité de la prison, mais lorsqu’arriva le terme, immédiatement, « Pharaon fit un rêve ».

 

On peut expliquer ce Midrash par l’enseignement de la Guemara Rosh Ha-Shana (11a) :

"Yossef sortit de prison le jour de Rosh Ha-Shana."

 

Or, il est aussi enseigné dans la Mishna Rosh Ha-Shana (16b):

L’univers est jugé à 4 occasions dans l’année : A Pessa’h, sur la récolte ; A Shavou’ot, sur les fruits de l’arbre ; A Rosh Ha-Shana, toutes les créatures de l’univers passent devant Hashem comme les bêtes d’un troupeau devant le berger ; A Soukkot, le monde est jugé sur l’eau.

 

Le Midrash se posait donc la difficulté suivante :

Le rêve de Pharaon – qui avait un lien avec la récolte (puisque Yossef l’interprètera plus tard dans ce sens, avec l’annonce des sept années d’abondance et les sept années de famine) - aurait dû se produire à Pessa’h où le monde est jugé sur la récolte, et non à Rosh Ha-Shana.

C’est pourquoi, le Midrash rapporte le verset de Iyov « Il a mit un terme aux ténèbres. » car le moment où Yossef devait sortir de prison arriva à Rosh Ha-Shana, où toutes les créatures de l’univers passent en jugement ce jour là devant Hashem. Et dès qu’arriva le terme, immédiatement, « Pharaon fit un rêve », afin de sortir Yossef de la prison, pour sauver toutes les créatures du monde, par sa sagesse.

 

C’est ainsi que les commentateurs expliquent ce que Yossef a dit à Pharaon après lui avoir interprété les rêves : « Maintenant, Pharaon doit voir un homme sage et intelligent, afin de le placer sur tout le pays d’Egypte. »

On pourrait effectivement s’interroger : Pharaon a-t-il demandé un conseil à Yossef ? Comment se permet-il de donner un conseil sans qu’on le lui demande ?

Mais lorsque Yossef donna l’interprétation des rêves de Pharaon, en lui annonçant les sept années d’abondance qui seront suivies par sept années de famine, il constata l’étonnement de Pharaon : ces rêves auraient dû avoir lieu à Pessa’h où le monde est jugé sur la récolte, et non à Rosh Ha-Shana où toutes les créatures de l’univers passent en jugement ce jour là devant Hashem.

Mais Yossef lui répondit qu’étant donné que toutes les créatures de l’univers passent en jugement ce jour là devant Hashem, et qu’Il décrétera aujourd’hui qui vivra et qui ne vivra pas, qui montera vers la grandeur et qui descendra vers la geôle, c’est justement le moment où Pharaon doit choisir un homme suffisamment intelligent et qu’il soit placé à la tête du pays, afin de le sauver de la famine, comme cela a été décrété aujourd’hui, jour de Rosh Ha-Shana.

 

2.    La confiance totale en Hashem

 

« Au bout de deux années, Pharaon fit un rêve. »

  

Rashi au nom du Midrash :

« Heureux l’homme qui place toute sa confiance en Hashem… » – Il s’agit de Yossef.

« …et qui ne s’est pas tourné vers les êtres fanfarons… » – Il s’agit de Yossef, car le fait d’avoir sollicité l’aide du maître échanson, en lui disant : « Souviens toi de moi.. » et « Tu me mentionneras… », Hashem décréta sur Yossef 2 années d’emprisonnement supplémentaires.

 

Question

 

Apparemment, le Midrash se contredit, car dans un premier temps, il parle de Yossef comme étant celui qui « place toute sa confiance en Hashem », et ensuite, il nous précise qu’il a été punit pour avoir placé sa confiance en le maître échanson.

 

Réponse

 

L’auteur du Beit Ha-Lewy élargit la question en demandant pourquoi reproche-t-on à Yossef d’avoir solliciter l’aide du maître échanson pour obtenir une faveur ?

Ne sommes nous pas tenus de tout mettre en œuvre pour se sortir d’une mauvaise situation (Hishtadloutt) ? En quoi cela peut-il remettre en cause la confiance en Hashem ?

 

Nous sommes donc obligé de dire que Yossef Ha-çaddik s’illustrait tellement dans la qualité de la confiance en Hashem, au point qu’il a toujours refusé la moindre aide provenant de l’être humain, et il n’a placé toute sa confiance qu’en Hashem. C’est pour cela qu’il vit lui-même une faute dans le fait d’avoir sollicité l’aide d’un être humain, et il réclama lui-même la punition.

 

Le fait même que, pour avoir sollicité l’aide du maître échanson, en lui disant : « Souviens-toi de moi.. » et « Tu me mentionneras… », Hashem décréta sur Yossef 2 années d’emprisonnement supplémentaires – une telle sollicitation, qui reste permise à tout homme, mais qui fut considérée comme une faute pour Yossef – prouve de façon irréfutable que Yossef était « l’homme qui place toute sa confiance en Hashem… » car son niveau de confiance en Hashem était tellement élevé, que la moindre sollicitation de l’être humain, était considérée pour lui comme une faute sur laquelle il fut punit.

 

D’où sait-on que Yossef était « l’homme qui place toute sa confiance en Hashem » ?

Parce qu’il fut punit pour s’être « tourné vers les êtres fanfarons ».

 

Histoire

 

On raconte qu’un jour, le Ba’al Shem Tov reçut le message d’Hashem qu’il lui ordonnait de se rendre dans un certain village, afin d’y apprendre la qualité de la confiance en Hashem. Le Ba’al Shem Tov prit ses élèves et se rendit dans ce village où ils furent hébergés chez la personne chargée de récolter l’impôt auprès de la communauté juive et de l’emmener au gouverneur.

 

Cet homme était quelqu’un de très accueillant et il les reçut avec beaucoup de joie.

 

Le lendemain, au moment de la prière du matin, un policier arriva avec un bâton dans les mains. Il frappa 3 coups sur la table, et s’en alla. Le Ba’al Shem Tov et ses élèves – ne comprenant pas le sens de ces 3 coups – se tournèrent vers leur hôte et constatèrent que son visage était toujours aussi souriant et joyeux qu’auparavant.

 

Une demi heure plus tard, après la prière du matin, le policier revint et frappa de nouveau 3 coups sur la table et s’en alla.

 

Le Ba’al Shem Tov demanda à son hôte, que voulaient dire ces coups répétés.

L’homme lui dit : « C’est un avertissement de la part du gouverneur, pour me signifier que je dois lui apporter aujourd’hui même l’impôt de la communauté. Si au bout de 3 avertissements comme ceux là, on ne lui apporte pas l’argent, il prend le percepteur et sa famille en captivité. »

 

Le Ba’al Shem Tov lui dit :

« A te voir aussi paisible, on déduit facilement que tu dois certainement avoir la somme. C’est pour cela que je te propose que tu ailles payer cette dette, et nous t’attendrons ici »

 

L’homme lui répondit :

« Pour l’instant, je n’ai pas le moindre sou. Mais Hashem va probablement me faire parvenir la somme. Par conséquent, allons manger tranquillement, car il me reste encore 3 heures. »

 

A la fin du repas, le policier se présenta pour la 3ème fois et frappa de nouveau 3 coups sur la table. Le maître de maison garda son calme, récita le Birkat Hamazon, et se leva pour revêtir les vêtements de Shabbat en disant : « Maintenant je vais aller payer. »

Le Ba’al Shem Tov lui demanda :

« As-tu déjà toute la somme nécessaire ? »

L’homme répondit :

« Pour l’instant, je n’ai pas le moindre sou. Mais Hashem va certainement me faire parvenir la somme. »

 

L’homme quitta sa maison et se dirigea vers le palais du gouverneur.

Le Ba’al Shem Tov et ses élèves restèrent sur le balcon pour voir ce qui allait se passer. Soudain, ils virent un carrosse venir à la rencontre du percepteur. Lorsqu’ils se rencontrèrent, l’occupant du carrosse échangea quelques mots avec le percepteur, et chacun continua son chemin. Mais quelques instants plus tard, le carrosse s’arrêta de nouveau. Son occupant appela le percepteur et lui tendit une grosse somme d’argent. Lorsque le carrosse reprit sa route et arriva à l’endroit où se tenaient le Ba’al Shem Tov et ses élèves, ils demandèrent à l’occupant du carrosse :

« De quoi as-tu parlé avec le percepteur ? »

L’occupant du carrosse répondit :

« Je lui ai proposé une affaire : je lui ai proposé de lui acheter tout le stock d’eau de vie qu’il fabriquera cet hiver. Au début, je ne me suis pas entendu avec lui sur le prix, mais lorsque j’ai vu qu’il s’entêtait en restant sur son prix, et qu’il préféra continuer son chemin, j’ai été forcé de lui donner le prix qu’il exigeait, sachant qu’il est droit et honnête. J’ai voulu bavarder davantage avec lui mais il m’a dit qu’il était pressé car il se rendait au palais du gouverneur pour lui apporter l’argent de l’impôt de la communauté. »

 

Le Ba’al Shem Tov dit à ses élèves :

« Regardez la force de la confiance en Hashem !! »              

   

3.    La technique du Yeçer Hara’

      

"Mais voici que sept autres vaches montèrent après elles du fleuve, des vaches laides d’aspect et maigres, elles se placèrent aux côtés des premières vaches, au bord du fleuve. Les vaches maigres dévorèrent les vaches grasses…"

  

L’auteur du Sefat Emet fait remarquer qu’un célèbre enseignement de nos maîtres est allusionné ici :

En effet, nos maîtres enseignent qu’au début, le Yeçer Hara’ (le mauvais penchant) se manifeste chez l’individu comme un « simple passant ». Ensuite, il revient comme un « invité », et fini par se comporter comme le « chef de la maison » en déployant son emprise sur l’individu.

 

Les sept vaches maigres symbolisent le mal contenu dans le Yeçer Hara’. Au début, il « monte » progressivement en se dévoilant à des moments éloignés, puis il « se tient aux côtés » de l’individu en se collant à lui comme un invité, et il fini par le dévorer définitivement.

 

Résumé de l’enchaînement des évènements

Pharaon convoque ses ministres et ses devins, mais aucun ne parvient à donner une signification à son rêve.

Le maître échanson se souvient de Yossef qui était avec lui en prison et qui interpréta son rêve ainsi que celui du maître panetier, et le mentionne devant Pharaon qui le fait appeler immédiatement.

  

Yossef interprète le rêve de Pharaon et l’informe que sept années d’abondance – correspondantes aux sept vaches grasses et aux sept beaux épis de blé - vont venir pour l’Egypte. Puis, sept années de famine – correspondantes aux sept vaches maigres et aux sept épis flétris - vont s’abattre sur l’Egypte.

 

Yossef conseille à Pharaon de nommer sur l’Egypte un homme assez intelligent pour mettre en place dans chaque ville une réserve sur l’abondance qui va arriver. Grâce à cela, l’Egypte pourra continuer à vivre durant les sept années de famine qui suivront.

 

Pharaon est ravi de l’interprétation faite par Yossef, ainsi que du conseil qui lui donne, et il décide que ce sera Yossef lui-même qui remplira cette fonction, il le nomme vice-roi d’Egypte.

 

Yossef se mari à Asnat (qui n’est autre que sa nièce, la fille de Dina, qui avait été adoptée en Egypte).

 

4.    Le lien entre la Parasha de Mikkeç et ‘Hanoucca

(Inédit dans cette rubrique) 

 

Généralement, la fête de ‘Hanoucca tombe dans la semaine où on lit la Parasha de Mikkeç.

 

Cette coïncidence peut s’expliquer par les propos de Yossef à Pharaon lorsque celui-ci lui demande de lui expliquer son rêve.

Yossef dit à Pharaon : « Ce n’est pas moi mais Hashem qui va tranquilliser Pharaon. » (Béreshit 41-16)

Rashi commente : La sagesse n’est pas à moi mais elle vient d’Hashem.

 

La réaction de Yossef représente l’antithèse de la conception de la Grèce antique qui désirait implanter au sein d’Israël la sagesse profane, c'est-à-dire, le principe selon lequel l’individu s’attribue la paternité de sa sagesse.

Pour parvenir à cet objectif, les grecs interdirent à Israël l’étude de la Torah et la pratique des Miçwot.

 

Mais Yossef attribue toutes les sagesses au véritable Possesseur de La Sagesse.

Il exprime ouvertement que l’individu ne possède aucune sagesse si ce n’est celle dont Hashem la gratifié. Preuve en est, parmi les 18 bénédictions de la ‘Amida quotidienne composées par les Membres de la Grande Assemblée (Anshé Kénesset Ha-Guédola), nous trouvons la bénédiction de « Ata ‘Honen », où nous exprimons notre demande à Hashem de nous gratifier de sagesse et d’intelligence.

 

En agissant ainsi, Yossef montre qu’il est lié à la sagesse supérieure.

 

Le véritable homme sage, c’est celui qui sait reconnaitre la véritable source de la sagesse !

 

Yossef eut le mérite d’accéder par la suite à la véritable sagesse (en interprétant les rêves de Pharaon et en lui donnant un judicieux conseil), seulement grâce à l’humilité dont il a fait preuve en ayant su reconnaitre que la sagesse n’appartient qu’à Hashem.

 

C’est cette humilité qu’exprime également le roi David à travers le verset des Téhilim (119-105) : « Ta parole est un flambeau qui éclaire mes pas, une lumière qui rayonne sur ma route. » 

L’humilité – représentée ici par les « pas » - est le seul moyen pour parvenir à la véritable sagesse qui représenté la lumière essentielle.

 

Mais lorsque l’individu s’attribue à lui-même l’origine de sa sagesse, il s’éloigne totalement de la sagesse véritable, comme le dit le roi Salomon :

« J’ai dis : Je voudrais me rendre maître de la sagesse ! Mais elle s'est tenue loin de moi. » (Kohelet 7-23).

 

Le Gaon auteur du livre Mégalé ‘Amoukot fait remarquer que la valeur numérique du mot Yossef est identique à celle des mots « Mele’h Yavan » (roi de Grèce) (156)

(יוסף = 156 מלך יון = 156).

Cela signifie que Yossef était véritablement l’inverse du roi de Grèce qui désirait tout inclure dans le naturel et dans les sagesses extérieures.

Mais Yossef déclare : « Ce n’est pas moi » !

Du point de vue naturel, il n’y a pas la moindre sagesse dans l’univers, et tout ne vient que d’Hashem !!

 

C’est ainsi que l’on explique également le fait que nos maîtres ont instaurés l’allumage des Nérot de ‘Hanoucca à la tombée de la nuit, car en journée, le monde s’adonne à des occupations naturelles, puisque chacun cherche la subsidence de sa famille, mais la nuit est plus reposante, et donc plus appropriée à la prise de conscience que tout émane d’Hashem.


5.    Le rêve et la réalité

 

"Les frères de Yossef partirent à dix, pour acheter du grain en Égypte. Or, Yossef était le gouverneur de la contrée; c'était lui qui faisait distribuer le blé à tout le peuple du pays. Les frères de Yossef à leur arrivée, se prosternèrent devant lui la face contre terre. En voyant ses frères, Yossef les reconnut; mais il se dissimula vis-à-vis d'eux, et, leur parlant rudement, leur dit : « D'où venez-vous ?! » Ils répondirent : « Du pays de Kanaan, pour acheter des vivres. » Yossef reconnut bien ses frères, mais eux ne le reconnurent point." (Bereshit 42)

 

Question

 

Pourquoi s’être dissimulé à eux ? Ne sont-ils pas venus se prosterner à lui, conformément à son rêve (voir Parasha de Wayéshev) ? Pourquoi leur avoir parlé durement ?

 

Réponse

 

Le Gaon Rabbi Eliyahou BENSHOUSHAN z.ts.l (qui fut le Rav de la communauté de Sha’aré çedek à Lyon en France) répond dans son livre Marpé Lanefesh (page 168), qu’en réalité Yossef avait l’intention de les accueillirent chaleureusement, et peut être même de se dévoiler à eux, pour ne pas transgresser l’interdiction de se venger, et aussi parce que celui qui avoue et délaisse sa faute, doit être pris en pitié, et le fait qu’ils se sont prosterné à lui, représente un aveu sur l’authenticité de ses propos et de ses rêves antérieurs.

Mais Yossef remarqua qu’ils n’étaient que 10, puisque Binyamin n’était pas avec eux. Il se dit : « Cela suffit pour authentifié mon premier rêve, car le nombre de gerbes n’était pas précisé, mais uniquement qu’elles se prosternaient à ma gerbe. Par contre, dans mon deuxième rêve, le chiffre était précis, 11 étoiles venaient se prosterner à moi, alors qu’aujourd’hui, ils ne sont que 10. »

C’est pour cela qu’il se dissimula à eux, jusqu’à provoquer un enchaînement de choses qui le mena à leur exiger d’aller chercher Binyamin, afin d’authentifier également le deuxième rêve.

 

6.    Surcharge illégale

 

Après avoir vu son frère Binyamin, Yossef – en se dissimulant toujours à ses frères – leur impose encore toutes sortes de désagréments, et ordonne de dissimuler sa coupe d’argent personnelle dans la sacoche de Binyamin, au moment où les frères s’apprêtent à repartir avec les vivres pour leurs familles.

 

A la lueur de l’aube, les hommes partirent, eux ainsi que leurs ânes. (Bereshit 44-3)

 

Question

 

Pourquoi nous préciser aussi que leurs ânes partirent eux aussi ?

 

Réponse

 

On enseigne dans la Guemara Ta’anit (24a) que chaque fois que l’âne de Rabbi Yossé De-Min YOKRAT, était loué à des gens, ceux-ci renvoyaient l’âne à son propriétaire en chargeant l’argent de la location sur le dos de l’âne. Si la somme placée sur le dos de l’âne, était inférieure ou supérieure à la somme convenue, l’âne ne bougeait pas et refusait de s’en aller. Un jour, les locataires de l’âne oublièrent une paire de chaussures sur le dos de l’âne, et celui-ci refusa de partir jusqu’à qu’on retire les chaussures de son dos.

 

De même, Yossef connaissaient les ânes de ses frères, les saints Shevatim, et il savait que si tout ce désagrément n’était pas justifié, l’âne de Binyamin – sur lequel était chargée la coupe d’argent - refuserai de bouger. Il fallait donc un signe pour que Yossef sache que son attitude était approuvée par Hashem. Lorsqu’il vit que « les hommes partirent, eux ainsi que leurs ânes », il comprit qu’il agissait sous inspiration Divine.     

 

 


                                                                                       'Hanoucca

 

Il est enseigné dans la Guémara Shabbat (22a) :
"Rava dit : « Il est une Miçwa de placer les Nerot ‘Hanoucca dans l’espace d’un Tefa’h (8 cm) de la porte de la maison. » La Guémara ajoute également qu’il faut placer les Nerot ‘Hanoucca du côté gauche de celui qui entre dans la maison, afin de trouver la Mezouza sur la droite et les Nerot ‘Hanoucca sur la gauche. "
 
Le livre KOL YEHOUDA du Gaon Rabbi Yehouda SADKA z.ts.l, rapporte la célèbre remarque du Gaon Rabbi David YONGRIZ z.ts.l :
Nous savons que toutes les Miçwot sont toujours accomplies par la droite ou avec la main droite, qui représente les choses auxquelles nous donnons de l’importance et de la priorité.
Pourquoi donc placer les Nerot ‘Hanoucca à gauche, et leur faire perdre d’une certaine façon, leur importance et leur priorité, au profit de la Mezouza qui est à droite ?! Il est tout à fait possible de placer aussi bien la Mezouza que les Nerot ‘Hanoucca du côté droit de celui qui entre dans la maison, et de cette façon, les 2 Miçwot gardent toute leur importance !
 
Le Gaon z.ts.l répond lui-même de la façon suivante :
La fonction essentielle de la Mezouza est de protéger le foyer de tout élément nuisible à une maison juive, et de veiller à ce que n’entrent dans ce foyer uniquement des influences de Torah et des idées authentiquement juives.
La Mezouza joue un rôle de sentinelle qui rappelle à toute personne qui pénètre ce lieu qu’aucune conception contraire à la Torah, n’y est acceptée.
C’est pour cela qu’elle est fixée à droite de celui qui entre.
Les Nerot ‘Hanoucca jouent également un rôle de sentinelle, mais pour tout élément qui va sortir de ce foyer. Elles sont placées à gauche de celui qui entre, mais elles sont aussi à la droite de celui qui sort !
Les Nerot ‘Hanoucca viennent rappeler le message suivant :
Tout ce qui sort d’un foyer juif ne doit être que lumière !
La maison d’un juif doit être la source de la lumière de la Torah, qui va aller éclairer et illuminer le monde extérieur.
 
Nous devons prendre conscience de l’origine de la culture grecque qui régnait dans le monde à l’époque des événements de ‘Hanoucca.
L’ancêtre des Grecs est YEFET, le fils de Noa’h. Hashem le bénit par la beauté et l’esthétique, mais uniquement à la condition « qu’il réside dans les tentes de Shem » (voir Bereshit IX).
Nos maîtres expliquent que cette bénédiction Divine s’est accomplie au temps du roi KORESH (Cyrus), roi des Perses (qui sont également descendants de YEFET).
En effet, KORESH a su exploiter son penchant vers la beauté et l’esthétique, pour reconstruire et embellir le 2ème Beit Hamikdash avec beaucoup de luxe. Les descendants de YEFET (le monde occidental) sont gratifiés de la beauté extérieure, aussi bien pour la beauté physique, que pour leurs aptitudes dans l’élégance et l’apparence, comme l’explique le ABRABANEL.
Mais il est certain que la beauté et l’esthétique restent insignifiantes lorsqu’ils ne mènent à rien de concret !


C’est pourquoi nos maîtres ne font l’éloge des aptitudes de YEFET (à travers le roi KORESH, son descendant) dans le domaine de la beauté et de l’esthétique, uniquement parce qu’il les a mis au profit de l’embellissement du Beit Hamikdash.
Par contre, l’empire grec ne s’illustra que par son attachement à la beauté et à l’esthétique en tant que but, sans aucun autre sens profond.
Au contraire, ils valorisaient et élevaient la beauté à un tel point, qu’ils en vinrent à la considérer comme un objectif à part entière pour lequel l’homme doit investir toutes ses forces.


C’est pour cela que les Grecs développèrent l’apparence physique en construisant des stades et des endroits où l’on cultive le corps.
Non pas dans le but d’entretenir la santé de l’homme, afin de poursuivre des objectifs plus élevés, mais uniquement comme but en soi.
C’est également pour cela que les Grecs ont donné la possibilité à chacun de faire tout ce qui lui vient à l’esprit, pour cultiver son corps, sans en rendre de compte devant qui que ce soit.


C'est pourquoi les Grecs se sont beaucoup investis dans les conceptions hérétiques et dans l’Apikorsout, dans le but de détruire les fondements de la Emouna (la foi en Hashem), qui vient justement limiter l’homme dans son univers, pour ne pas qu’il agisse comme bon lui semble.
 
C’est en agissant ainsi que les Grecs ont fait des ravages au sein du peuple d’Israël, et de nombreux juifs en sont arrivés à rejeter Hashem, en se laissant séduire par les idées du culte de la personne physique, et de la matérialité, que prônaient les Grecs, et qui brillaient dans chaque endroit. En particulier les gens riches, qui étaient proches des autorités grecques, et qui se sont laissés « helléniser ». Ces juifs adoptèrent un comportement « libre », qui ne correspondait plus du tout à celui d’un juif qui observe la Torah et les Miçwot.
 
C’est justement le sens du Midrash sur le verset de Bereshit (chap.1) « …et l’obscurité planait sur la surface de l’abime… ». Le Midrash interprète ce verset en disant qu’il fait allusion au règne de l’empire grec qui a obscurci les yeux d’Israël par ses décrets.
En effet, les Grecs avaient décrété que les juifs doivent écrire « sur la corne du taureau » : « Vous n’avez plus de part dans le Dieu d’Israël ».
La « corne du taureau » signifie un endroit en relief, visible de tous (comme le par brise d’une voiture, de notre époque).
Par le fait qu’Israël exprime ouvertement son assimilation à la culture grecque, les Grecs en retour les élevaient à divers échelons de la société, au point de les convaincre totalement.


Le tout, avec des procédés très agréables, et par un discours de flatterie, et non pas sous une apparence d’antisémitisme classique.
 
Jusqu’au moment où Hashem éveilla l’esprit des ‘Hashmonaïm, afin qu’ils se vengent des Grecs et de leurs maudits décrets.
Ce sont eux, ces hommes de courage, épris d’une fervente et pure volonté, qui ont réussi à chasser les Grecs de façon miraculeuse, et qui ont oppressé les juifs « hellénisants », jusqu’à ce qu’ils restituèrent à la couronne de la Torah, sa juste place, en ramenant de nombreux juifs vers Hashem.
 
Mais les ‘Hashmonaïm avaient conscience que leurs seules actions ne suffiraient pas pour préserver le peuple d’Israël du fléau de la culture grecque et de ses diverses variantes, et que cette plaie pourrait de nouveau se propager sur Israël et les perdre à tout jamais de « la vigne d’Hashem ».
 
C’est pour cela que nos maîtres nous ont institué la Miçwa de l’allumage des Nerot ‘Hanoucca à la gauche de la porte pour celui qui entre, afin que nous soyons « entourés de Miçwot ».                                                                    
La lumière de ‘Hanoucca vient justement nous rappeler, en étant à la gauche de la porte, qu’il faut se préserver et s’éloigner de la culture non juive qui vient exclusivement de l’extérieur de la maison, de peur que l’homme se laisse séduire par les vanités de cette culture.
Après avoir vu de quelle façon Hashem a donné une nation immense dans la main d’une poignée de Cohanim, inexpérimentés à la guerre, et après avoir vu comment un flacon d’huile, dans lequel il n’y avait que la quantité nécessaire pour l’allumage de la Menora durant un seul jour, suffit à l’allumage de 8 jours !
Tout ceci, à l’encontre de toute règle de cette nature qui impressionnait tellement les juifs « hellénisants ».


Par tout cela, Hashem nous append que nous ne devons pas nous tourner vers des formes d’idolâtrie et des sources de mensonge, vers les futilités de ce monde-ci, mais uniquement placer en tête de nos priorités, l’importance de notre progression dans la ‘Avodat Hashem (le service d’Hashem), en ne considérant les choses de ce monde terrestre, uniquement comme des moyens pour arriver vers l’objectif : servir Hashem.
 
Cette « séduction verbale » dont ont fait preuve les Grecs envers les juifs est citée par allusion dans un verset de Mishlé (chap.5) :
« Les lèvres de la femme étrangère sont douces comme le miel, et son palais (sa bouche) est plus lisse que l’huile ».
« Les lèvres de la femme étrangère » fait allusion à l’empire grec et à son discours de séduction envers les juifs.

 


Shabbat Shalom et ‘Hanoucca Saméya’h

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