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24 septembre 2012 1 24 /09 /septembre /2012 07:00

 

 

Règles de Yom Kippour

 

 
 

Questions

 

Quels sont les usages relatifs à la veille de Yom Kippour ?

Quelles sont les principales règles de Yom Kippour ? 

 

Décisions de la Hala’ha

   

 

I] La Miçwa de manger et boire abondement la veille de Yom Kippour


  Il est écrit dans la Torah (Vaykra 23) :

« …Vous jeûnerez le 9 du mois, au soir… »

Ce qui veut dire que, dès le soir qui précède le 10 Tishré, entre en vigueur l’obligation de jeûner à Yom Kippour.

Nos maîtres font remarquer, dans la Guémara Béra’hot (8a), que les termes du verset sont ambigus, car il aurait été plus juste d’écrire « le 10 du mois », et implicitement, nous aurions su que le jeûne débute depuis la veille au soir, puisque dans toutes les lois de la Torah, une date débute toujours la veille au soir, comme le Shabbat par exemple, qui entre dès le coucher du soleil du vendredi, et non pas samedi matin.

 

Nos maîtres répondent à leur propre question en disant que les termes employés par le verset - « Vous jeûnerez le 9 du mois, au soir… » indiquent en réalité un enseignement supplémentaire, qui est le suivant :

Toute personne qui mange et boit la veille de Yom Kippour, sera considérée comme quelqu’un qui a jeûné le 9 et le 10 Tishré.

 

MARAN tranche ce Din dans le Shoul’han ‘Arou’h (O.H 604-1)

 

Il est convenable de diminuer le travail la veille de Yom Kippour, afin de pouvoir accomplir cette Mitsva de manger et de boire.

Toute personne qui travail la veille de Yom Kippour, ne verra jamais de Bera’ha (de bénédiction, de réussite) du fruit de ce travail.

(Il s’agit ici de travail manuel et non pas de commerce ou de tâches administratives.)

 

Plusieurs raisons ont été données à cette Mitsva de manger et de boire la veille de Yom Kippour :

Le ROSH écrit que puisqu’ Hashem, dans Son amour pour nous, nous a ordonné de jeûner le jour de Yom Kippour, afin de prendre conscience de nos fautes et de demander leur expiation, il nous a donc également ordonné de nous fortifier physiquement en mangeant et en buvant avant Yom Kippour, afin que nous puissions jeûner le lendemain.

Le Shibolé Haleket écrit qu’au contraire, le fait de manger et de boire la veille de Yom Kippour, provoque de plus grandes difficultés à jeûner le lendemain, et par cela, nous accomplissons les termes du verset « Vous jeûnerez le 9 du mois, au soir… ».

Le livre Sefat Emet ajoute une explication supplémentaire à la Mitsva de manger et de boire la veille de Yom Kippour :

Lorsque l’on mange et que l’on boit, nous sommes, de façon naturelle, rempli d’une certaine forme de joie et de bonne humeur, et donc plus enclin à aller demander pardon aux personnes que l’on a offensé, ou plus enclin à accorder le pardon aux personnes qui nous ont offensé.      

 

Notre maître le Rav Ovadia YOSSEF shalita écrit que les femmes sont également soumises à l’obligation de manger et de boire la veille de Yom Kippour, bien que c’est une Mitsvat ‘Assé Shehazéman Guérama (une obligation positive dépendante d’un moment précis), et que selon la règle, les femmes sont exemptes de toute Mitsvat ‘Assé Shehazéman Guérama, mais cependant, puisque selon l’explication du ROSH citée plus haut, la raison à cette Mitsva réside dans le fait de se fortifier physiquement afin de pouvoir jeûner, or, les femmes sont soumises à l’obligation de jeûner le jour de Yom Kippour, elles sont donc également concernées par la Mitsva de manger et de boire la veille de Yom Kippour.

 


 

  •      II] Médicaments facilitant le jeûne (suppositoires et autres…)

 

Il est expliqué dans la Guémara Yoma (74b) que la mortification principale ordonnée par la Torah le jour de Yom Kippour est le jeûne, qui impose à l’individu de rester toute une journée sans boire ni manger.

Nous avons expliqué plus haut que toute personne qui mange abondement le 9 Tishré, c'est-à-dire la veille de Yom Kippour, la Torah considère que cette personne a jeûné le 9 et le 10. Nous avons aussi cité l’explication du Rosh selon laquelle la Torah ordonne de manger le 9 afin de pouvoir jeûner le 10. Tel est éagelemnt l’avis de Rashi. Notre maître le Roch écrit que c’est un signe d’amour qu’Hachem exprime envers Israël pour leur signifier de se préparer au jeûne dès la veille, en se renforçant par une bonne alimentation.

 

Nous en déduisons que la Torah n’ordonne pas à l’individu de s’imposer des souffrances de façon active, mais seulement de façon passive, en se privant de nourriture le jour de Yom Kippour. Mais nous ne sommes absolument pas tenus de provoquer la difficulté du jeûne. Comme la Guémara l’explique en disant qu’il ne faut pas s’imposer d’aller s’exposer au soleil le jour de Yom Kippour sous prétexte que le soleil provoquera une souffrance, car ce n’est pas cette souffrance que la Torah ordonne ce jour là.

 

Nous comprenons donc qu’il est permis d’utiliser des moyens divers pour faire en sorte que le jeûne passe plus facilement.

Tel est le Din au sujet de la prise d’un comprimé qui allège le jeûne, ou bien en réalisant toutes sortes de Ségoulot (remèdes) qui allègent le jeûne, car il n’y a là aucun interdit.

En particulier pour une personne qui souffre considérablement de maux de tête en conséquence du jeûne.

C’est ainsi que tranche notre grand maître le Rav Ovadia YOSSEF Shalita dans son livre Shou’t Yabiya’ Omer (tome 9), qu’une personne qui souffre considérablement du jeûne de Yom Kippour est autorisée à prendre un comprimé qui allège le jeûne, afin de ne pas ressentir la souffrance du jeûne.

 

Cependant, notre maître le Rav Shalita écrit aussi dans son livre ‘Hazon Ovadia-Yamim Noraïm que même s’il est effectivement permis à une personne qui souffre des conséquences du jeûne, de prendre avant le jeûne différents moyens pour alléger le jeûne, malgré tout, on ne peut permettre de prendre pendant le jeûne lui-même un suppositoire qui allège le jeûne.

Notre maître le Rav Shalita cite aussi les propos de son ami le Gaon Rabbi Shélomo Zalman OYERBA’H z.ts.l à ce sujet, qui qualifie un tel geste de « faire preuve de tricherie dans le domaine de la Torah », car même s’il est permis de le faire, malgré tout, le fait de prendre un moyen médical le jour du jeûne de Yom Kippour pour ne pas ressentir la faim, un tel geste n’en reste pas moins détestable.

 

Seules les personnes qui ne pourront absolument pas poursuivre le jeûne sans prendre ces suppositoires, pourront les prendre même le jour de Yom Kippour.

 

  • III]Office de Min’ha et « Sé’ouda Ha-Mafseket » (dernier repas de clôture avant le jeûne)

 

La veille de Yom Kippour, nous avons la tradition de prier l’office de Min’ha très tôt, en début d’après midi.

A la fin de la ‘Amida de Min’ha la veille de Yom Kippour, après avoir dit le 1er Yhyou Leraçon, nous disons le Vidouï ainsi que le ‘Al ‘Het (voir rituel de Yom Kippour).

Ensuite, nous allons prendre la Séouda Hamafseket (le dernier repas avant le jeûne).

 

C’est justement la raison pour laquelle nous prions Min’ha plus tôt que les autres veilles de fêtes, car nous craignons qu’une personne s’étouffe (‘Hass Weshalom !) pendant la Séouda Hamafseket, et ne meurt sans avoir eu le temps de dire le Widouï (l’aveu de ses fautes).

 

  • IV]Les interdits en vigueur à Yom Kippour 

 

Yom Kippour possède très exactement les mêmes règles que Shabbat.

L’interdit de ‘Hotsaa (déplacer un objet d’un domaine privé vers un domaine public ou inversement) est en vigueur ce jour là, comme pour Shabbat.

 

5 interdits supplémentaires sont également en vigueur ce jour là :

§   Manger et boire

§   Se laver

§   S’enduire (huile, crème, pommade…)

§   Porter des chaussures en cuir

§   Pratiquer l’intimité conjugale

 

Tous ces interdits entrent en vigueur dès l’entrée de la fête. (19h11)

 


 

  • V]L’allumage des Nérot

 

A Yom Kippour, la Miçwa de Tossefet (avancer l’heure d’entrée de la fête) est ordonnée par la Torah.

C’est pour cela qu’il faut cesser toute activité interdite à Yom Kippour, un peu avant l’heure réelle de la Shki’a (le coucher du soleil).

Il est bon d’augmenter d’environ ¼ d’heure.

 

Il est une Miçwa d’allumer des Nerot la veille de Yom Kippour, comme nous le faisons la veille de Shabbat.

Avant d’allumer les Nerot, Il faut réciter la bénédiction suivante :

Baroukh ata A.D.O.N.A.Ï Elohé-nou Melekh Ha'olam Asher KKidéchanou Bémiçwotaw Wéçiwanou  Léhadlik Ner Shel Shabbat WéYom Ha-Kippourim  

 

Une femme qui ne se rend pas à la synagogue le soir de Yom Kippour, et qui n’entendra pas la bénédiction de Shehe’heyanou de la bouche du ‘Hazzan (l’officiant), doit réciter 2 bénédictions lors de l’allumage :

1.     Lehadlik Ner Shel (Shabbat We- Shel) Yom HaKippourim

2.     Shéhé'héyanou

 

Mais attention !!!

Avant de réciter la bénédiction de Shehe’heyanou, elle doit veiller à retirer ses chaussures en cuir, car dès l’instant où elle va dire Shehe’heyanou, elle reçoit la Kedousha de Yom Kippour, et doit se soumettre à tous les interdits de Yom Kippour.

 

Nous avons la tradition de prier les 5 Tefilot de Yom Kippour enveloppés du Talit.

C’est pourquoi nous avons la tradition de s’envelopper du Talit avant l’heure de la Shki’a (avant le coucher du soleil), afin de pouvoir encore réciter la bénédiction sur le Talit.

 

Voici quelques extraits du Shoul’han ‘Arou’h dans les principales Hala’hot relatives à Yom Kippour.

 

 


6.    Femmes enceintes et femmes qui allaitent


 

Shoul’han ‘Arou’h O.H chap.617 parag.1

 

Tout le monde a le devoir de jeûner pour Yom Kippour, y compris les femmes enceintes ou celles qui allaitent.

 

Toute femme qui craint que le jeûne risque de porter atteinte à sa santé, doit consulter une autorité Hala’hic compétente dans ce type de questions, qui lui indiquera si elle doit jeûner ou pas.


 

7.    Les enfants (interdits spécifiques à Yom Kippour et jeûne)

 


 

Shoul’han ‘Arou’h O.H chap.616 parag.1

 

Les enfants en bas âge ne sont concernés par aucun des interdits spécifiques à Yom Kippour (Manger et boire ; Se laver ; S’enduire.)

 

Selon le Zera’ Emet (tome 3 page 92b), on peut autoriser les enfants de notre époque, à porter des chaussures en cuir à Yom Kippour, mais chaque parent estimera de lui-même la réceptivité de l’enfant au message éducatif.

 

Shoul’han ‘Arou’h O.H chap.616 parag.2

   

Les garçons en dessous de l’âge de Bar Miçwa (en dessous de 13 ans) et les filles en dessous de l’âge de Bat Miçwa (en dessous de 12 ans) :

§   De 0 à 6 ans, ils ne doivent pas jeûner du tout.

§   De 6 ans à 11 ans, il faut reculer leurs repas d’1 heure (ex : si l’enfant à l’habitude de manger à 10h, il faut lui décaler son repas à 11h)

§   A partir de 11 ans et selon les capacités physiques de l’enfant, il faut essayer de l’habituer à jeûner la journée entière, mais sans imprudence !!!!!!



 

8.    Se laver


 


 

Shoul’han ‘Arou’h O.H chap.613 parag.1

 

L’interdit de se laver pour Yom Kippour, inclut même passer son doigt sous l’eau.

Cependant, si une personne a de la saleté sur son corps, elle est autorisée à retirer cette saleté avec de l’eau puisque tout l’interdit ne concerne qu’un lavage de plaisir.

 


Netilat Yadaïm du matin et sortir des toilettes

 

Shoul’han ‘Arou’h O.H chap.613 parag.2 et 3

 

Pour la Netilat Yadaïm du matin, ainsi que lorsqu’on sort des toilettes pendant Yom Kippour, il faudra laver les mains seulement jusqu’aux bout des phalanges (celles qui marquent la jonction avec la paume de la main).

 

Se laver le visage

 

Shoul’han ‘Arou’h O.H chap.613 parag.4 et la note du RaMA

 

On ne doit pas se laver le visage à l’eau le matin de Yom Kippour.

Si le visage est sale, par exemple lorsqu’on a des secrétions aux coins des yeux, il est permis de laver l’endroit précis où se trouve la saleté.

Une personne trop délicate (« Isténiss »), qui ressent une véritable gêne lorsqu’elle ne se lave pas le visage le matin, est autorisée à se laver le visage le matin de Yom Kippour.

Les Ashkenazim - conformément à l’opinion du RAMA - s’imposent la rigueur sur ce point, et ne se lavent pas le visage le matin de Yom Kippour, même lorsqu’il s’agit d’une personne très délicate, excepté pour retirer les saletés autour des yeux, ou autre.

 

 


9.    Fin de Yom Kippour


 

Shoul’han ‘Arou’h O.H chap.624 parag.2

 

Il faut retarder la fin de la fête à la sortie de Yom Kippour, en augmentant le temps Kodesh.

Par conséquent, il est interdit de manger ou d’effectuer un travail immédiatement à la sortie des étoiles à la sortie de Yom Kippour, il faut attendre un peu.

 

Il est souhaitable que chaque personne s’impose la ‘Houmra (rigueur) de ne manger ou de n’effectuer un travail à la sortie de Yom Kippour, que seulement lorsque s’est écoulé le temps de 72mn depuis le coucher du soleil, conformément à l’opinion de Rabbenou Tam, et de la majorité de nos maîtres les Rishonim.

 

Cependant, une personne malade ou bien des femmes enceintes ou qui allaitent, qui souffrent considérablement du jeûne, sont autorisés à manger quelques temps après la sortie des étoiles.


 

10.             Havdala


 

Shoul’han ‘Arou’h O.H chap.624 parag.3 et 4

 

Il faut procéder à la Havdala sur un verre de vin à la sortie de Yom Kippour, sans réciter de Bera’ha sur les parfums.

Il faut réciter la bénédiction de Boré Méoré Ha-Esh exclusivement sur une flamme qui a été allumée depuis la veille de Yom Kippour, ou sur une flamme allumée elle-même à partir d’une flamme allumée depuis la veille de Yom Kippour.

Si l’on ne possède pas de telles flammes, on ne récite pas du tout la bénédiction de Boré Méoré Ha-Esh sur une flamme allumée seulement à la sortie de Yom Kippour.

 


 

11.             Construction de la Soukka


 

Note du RAMA sur Shoul’han ‘Arou’h O.H fin du chap.624, au non du MAHARYL 

 

Les gens méticuleux dans les Miçwot entament la construction de la Soukka immédiatement à la sortie de Yom Kippour, afin de sortir d’une Miçwa vers une autre Miçwaa, et sur un tel comportement, il a été dit : « Ils iront de niveau en niveau… ».

 

Il est une Miçwa de manger et de boire dans la joie à la sortie de Yom Kippour.

Il est enseigné dans le Midrash qu’à la sortie de Yom Kippour, une voix céleste retentie et dit : « Va manger ton pain dans la joie et va boire ton vin dans la bonne humeur, car Hashem a déjà accepté tes actes. » (Kohelet 9)

 

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