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24 août 2012 5 24 /08 /août /2012 17:47

Adapter des réponses d’Hala’ha, c’est commettre l’idolâtrie !! (Inédit dans cette rubrique)

 

"Ne fais pas fléchir le droit, n'aie pas égard à la personne, et n'accepte point de présent corrupteur, car la corruption aveugle les yeux des sages et fausse la parole des justes.

Ne plante chez toi ni bosquet ni arbre quelconque auprès de l'autel que tu devras ériger à l'Éternel, ton D. Et n'érige pas de statue chez toi, chose odieuse à l'Éternel, ton D." (Dévarim 16-19, 21 et 22)

"N'immole à Hashem, ton D., ni grosse ni menue bête qui ait un défaut ou un vice quelconque; c'est un objet d'aversion pour Hashem ton D". (Dévarim 17-1)

 

Notre Parasha nous présente ici 6 commandements :

 

1.    L’interdiction de faire fléchir le droit

2.    L’interdiction d’avoir de l’égard pour qui que ce soit en matière de justice

3.    L’interdiction de se laisser corrompre

4.    L’interdiction de planter toute végétation à proximité de l’autel dans le Temple

[Le Sefer Ha-’Hinou’h explique au nom du RAMBAM que la Torah désire par ce commandement écarter toute comparaison avec les idolâtres, qui ont pour usage de planter des végétations dans leurs lieux de cultes idolâtres.]     

5.    L’interdiction d’ériger de statut chez soi

6.    L’interdiction d’offrir en sacrifice toute animale (même Casher) s’il possède une défaillance physique

 

Dans son livre Tif’eret Torah, le Rav Shimshon David PINKOUSS fait remarquer que ces 6 commandements semblent liés.

En effet, selon le Midrash, ces commandements étaient inscrits sur les 6 marches du trône du roi Salomon.

 

Ce point nécessite justement réflexion :

 

Les 3 premiers de ces commandements concernent le jugement et sont donc lié à la royauté. Mais quel rapport y a-t-il entre les 3 derniers de ces commandements et le domaine du jugement ?

 

La Guémara Sanhedrin (7) enseigne que celui qui fait fléchir le droit est comparable à celui qui enfreint l’interdit de planter un arbre à proximité de l’autel dans le Temple.

 

Cet enseignement nécessite lui aussi réflexion.

 

Pour répondre à ces interrogations, il faut citer un autre enseignement de nos maitres :

 

Il est enseigné dans la Guémara Bava Kama (38a) :

Les autorités romaines envoyèrent deux officiers de l’armée chez les sages d’Israël afin d’apprendre la Torah. Les deux soldats étudièrent avec beaucoup d’assiduité. Lorsqu’ils prirent congé, ils déclarèrent :

« Nous avons approfondie votre Torah et nous pouvons attester qu’elle n’est que vérité. Excepté une loi selon laquelle : Si le taureau d’un juif encorne le taureau d’un non juif, il est exempt de toute punition. Mais si c’est le taureau d’un non juif qui encorne le taureau d’un juif, le propriétaire non juif est tenu de dédommager intégralement le juif, même si le taureau du non juif n’avait pas encore acquit le statut de « Mou’ad » (taureau réputé pour ses multiples actes d’agression). Pourquoi cette différence ?!

La Guémara précise que cette loi n’est pas divulguée aux autorités non juives.

 

Dans son commentaire Yam Shel Shélomo sur Bava Kama (chap.4 note 9), le MAHARSHAL s’étonne que l’on ait enseigné cette Hala’ha à ces deux officiers romains. Le fait de divulguer un tel enseignement comportait de très gros risques de persécutions de la part des non juifs envers Israël !

Mais en réalité – répond le MAHARSHAL – en n’hésitant pas à enseigner une telle Hala’ha qui pouvait les exposer à de très gros dangers, les sages d’Israël ont montré qu’ils étaient prêts à donner leurs vies pour la sanctification du nom d’Hashem, pour que ne soit pas modifiée la moindre loi de la Torah !

 

Il n’y a pas de différence entre le fait de modifier une seule et unique loi de la Torah, et modifier l’intégralité de la Torah. Dans les deux cas, la personne est qualifiable de « Kofer » (renégat), et si l’on doit renier la Torah, il faut sacrifier sa vie !

 

Nous comprenons à présent pourquoi « celui qui fait fléchir le droit est comparable à celui qui enfreint l’interdit de planter un arbre à proximité de l’autel dans le Temple ».

En effet, faire fléchir la loi et modifier la moindre loi de la Torah équivaut à commettre l’idolâtrie et renier la Torah, et dans une telle situation, nous avons le devoir de se laisser mourir et ne pas commettre l’interdit.

Or, l’interdiction de planter un arbre à proximité de l’autel dans le Temple a pour signification de ne pas s’assimiler aux cultes idolâtres, comme expliqué précédemment.

 

Il existe 3 façons de falsifier le droit :

 

1.    Il y a celui qui ment au nom de la Torah en modifiant la parole Divine.

2.    Il y a celui qui s’autorise des changements dans la parole de la Torah, non pas dans le but la falsifier mais seulement par quelconque intérêt personnel.

3.    Il y a aussi celui qui transforme le message de la Torah, uniquement par manque de connaissances suffisantes.

 

A ces 3 catégories correspondent nos 3 premiers interdits cités :

 

Ne fais pas fléchir le droit – dans son sens le plus simple

N'aie pas égard à la personne – Garde toi de faire fléchir le droit, même pour en retirer une quelconque satisfaction personnelle auprès de personnes hautement placées.

N'accepte point de présent corrupteur – Avoue ton manque de connaissance et ne te laisse pas corrompre par le prestige que tu retireras en ayant (mal) tranché la loi.

 

Ces 3 façons d’agir sont toutes qualifiables de falsification de la Torah, ce qui signifie son reniement, car la parole d’Hashem est représentée par la Hala’ha, et en lui apportant des modifications, on ne fait que transformer la parole d’Hashem.

 

Face à ces 3 interdictions qui caractérisent les 3 façons de falsifier la Torah, nous trouvons 3 autres interdictions qui ne sont en fait que les reflets des 3 premières :

 

Ne fais pas fléchir le droit - Ne plante chez toi ni bosquet ni arbre quelconque auprès de l'autel.

Car en falsifiant le droit de la Torah, on remplace la vérité de la parole Divine par le mensonge. Comme celui qui introduit l’idolâtrie en plantant une végétation aux côtés de l’autel dans le Temple.

 

N'aie pas égard à la personne - N'érige pas de statue chez toi

Lorsqu’on exprime des égards envers une personne, et que l’on extrait pour elle certaines valeurs de la Torah de leur contexte d’origine en leur donnant une toute autre explication, dans le seul but d’être agréable à cette personnalité et de ne pas froisser sa susceptibilité, on est comparable à celui qui prend un animal destiné au sacrifice dans le Temple, et l’offre en sacrifice à l’extérieur.

 

N'accepte point de présent corrupteur - N'immole à Hashem, ton D., ni grosse ni menue bête qui ait un défaut ou un vice quelconque

En se laissant corrompre (par soi même ou par autrui), on cause un défaut à la parole d’Hashem qui est la Hala’ha à laquelle on est confronté.

 

Quoi qu’il en soit, les propos du MAHARSHAL précédemment cités touchent particulièrement le domaine de la pratique, car il est catégoriquement interdit de modifier la Hala’ha, de quelque façon possible.

 

Malheureusement, beaucoup se heurtent et trébuchent sur cette interdiction.

Par exemple, lorsqu’un non juif demande s’il est permis de profaner le Shabbat pour sauver la vie d’un non juif (chose autorisée exclusivement lorsque la personne en danger est juive), mentir et lui répondre qu’il est permis de le faire, dans le seul but de ne pas s’attirer l’animosité des non juifs, représente une façon de renier la Torah, et donc pratiquer l’idolâtrie, qui relève de la règle selon laquelle on doit se laisser tuer et ne pas transgresser.

Ou bien lorsqu’on doit rapprocher des gens éloignés de la Torah, et que se présente une question d’Hala’ha dont la réponse pourrait être difficile à accepter par des personnes en phase de Téshouva. Il est préférable de se dérober à la question plutôt que de prendre le risque de falsifier le message de la Torah en donnant une explication contraire à celle donnée par la Torah.

 

Il est impératif de prendre conseil auprès de véritables décisionnaires en Hala’ha pour toute situation de ce type.          

 

Shabbat Shalom

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