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9 juillet 2012 1 09 /07 /juillet /2012 04:00

 Question:

Y a-t-il un fondement aux usages de vigilance et de précautions particulières pendant la période des 3 semaines entre le 17 Tamouz et le 9 Av, ou bien s’agit-il seulement d’usages superstitieux ?


Réponse:

Il est enseigné dans le Midrash Sho’har Tov sur Tehilim (91-6), sur le verset :
« (N’ais peur) ni de la peste qui chemine dans l’ombre, ni de l’épidémie qui exerce ses ravages en plein midi… »
Nos maîtres expliquent ce verset ainsi : il s’agit d’un démon (un Shed, qui fait partie des êtres crées le premier vendredi lors de la création du monde. Ils ont une apparence qui n’est ni spirituelle comme celle des anges, ni physique comme celle des êtres humains).


Rav Houna dit au nom de Rabbi Yossé : Ketev Meriri (c’est le nom de ce démon) est fait de sortes d’écorces multiples, ainsi que de multiples poils et de multiples yeux, mais c‘est avec un œil unique qu’il voit, et cet œil se trouve dans son cœur. Ce démon n’a d’emprise ni dans les endroits totalement exposés à l’ombre, ni dans les endroits totalement exposés au soleil, mais seulement dans les endroits exposés entre l’ombre et le soleil. Son emprise s’étend de la 4ème heure à la 9ème heure du jour, et il règne depuis le 17 Tamouz jusqu’au 9 Av. Toute personne qui le voit tombe et meurt immédiatement.

Il est également rapporté dans le Midrash Rabba sur un verset du Rouleau d’E’ha :
« Tous ses poursuivants l’ont atteinte (Jérusalem) entre les malheurs… », il s’agit de la période de malheurs qui va du 17 Tamouz jusqu’au 9 Av où règne le démon Ketev Mériri.

Il est rapporté dans ce même Midrash Rabba :
Rabbi Yo’hanan ordonnait aux enseignants des écoles de ne pas frapper les élèves (pour la discipline) même avec une légère lanière, entre le 17 Tamouz et le 9 Av.
Le Midrash poursuit en citant un fait qui s’est produit avec Rabbi Ab’hou qui enseignait la Torah à des enfants dans la synagogue de Kessarine (Kessarya ou Césarée). Il aperçut un homme sur le point de frapper son fils pour le corriger. Il vit que derrière lui se trouvait un Shed (un démon) avec un bâton de fer qui s’apprêtait lui aussi à frapper l’enfant en même temps que le père. Rabbi Ab’hou se précipita et arrêta le père en lui disant : « Veux-tu tuer ton enfant ?! » Le père étonné lui dit : « Peut-on tuer avec un simple bâton de bois ?! » Rabbi Ab’hou lui répondit : « Derrière toi se trouve un Shed et si tu avais frappé avec ton bâton de bois, il aurait frappé en même temps avec son bâton de fer, et ton enfant serai mort ! ».

Ce Midrash est rapporté par les Rishonim puisqu’il est cité par le Rokea’h (chap.309) ; le Hagahot Maïmoni (les nouvelles, à la fin des Hala’hot relatives aux jeûnes, dans les traditions de Tish’a Be-Av), ainsi que par MARAN dans le Beit Yossef (O.H 551).

MARAN rapporte cet enseignement même dans le Shoul’han ‘Arou’h (O.H 551-18) en ces termes :
Il faut avoir la prudence - depuis le 17 Tamouz jusqu’au 9 Av - de ne pas marcher seul entre la 4ème heure et la 9ème heure du jour, car Ketev Meriri règne durant ces heures pendant cette période. De même, il ne faut pas frapper les élèves durant ce moment.

Selon la Guemara Pessa’him (111b), l’emprise de Ketev Meriri débute dès le 1er Tamouz.

C’est pourquoi, le Gaon auteur du Mishna Beroura (sur O.H 551) - dans le Biour Hala’ha - suggère d’avoir cette prudence dès le 1er Tamouz.

Nous pouvons donc constater que l’usage qu’avaient nos parents - de faire preuve d’une extrême prudence et de ne pas provoquer le danger – comme ne pas aller à la mer ou à la piscine (même dans des conditions autorisées par la Hala’ha) ou bien ne pas faire des sports dangereux ou ne pas faire des promenades dans des endroits isolés durant les 3 semaines entre le 17 Tamouz et le 9 Av - est fondé et justifié par les enseignements de nos maîtres qui maîtrisaient chaque secret de la Torah et qui démontrent que pendant cette période de « Ben Ha-Meçarim » (du 17 Tamouz au 9 Av), est présent un être nuisible qui se nomme « Ketev Meriri », et sa présence influe sur le comportement que nous devons adopter pendant cette période.
Il n’est donc pas question ici de superstition ou autre tradition à prendre à la légère – comme certains le pensent à tort et le transmettent sans même prendre la peine de vérifier que toutes ces craintes sont avérées dans les livres de nos Poskim – mais d’une véritable vigilance dont il faut faire preuve tel que nous l’ont appris nos maîtres.

Les heures dont nous parlons ici ne sont pas des heures ordinaires de 60 minutes, mais des heures que l’on appelle « Sha’ot Zmaniyot » (heures saisonnières), comme dans tous les enseignements de nos maîtres.
Nous avons déjà eu l’occasion de parler du mode de calcul de ces heures, mais nous allons malgré tout le rappeler :
Il faut prendre l’heure de l’aube (‘Alot Ha-Sha’har) et l’heure de le sortie des étoiles (Tset Ha-Ko’havim). Il faut ensuite diviser le nombre d’heures de différence par 12 (une journée moyenne fait 12 heures) et on obtient le temps d’une « Sha’a Zmanit » (une heure saisonnière).
En ce moment en France, la durée d’une heure saisonnière est d’environ 1h15.
Puisqu’il faut être vigilent depuis le début de la 4ème heure jusqu’à la fin de la 9ème heure, cela correspond donc à environ 7 heures ordinaires.


En effet, l’aube est à peu près vers 4h30, et si l’on ajoute à cela 3 fois 1h15 (le temps d’une heure saisonnière), cela nous donne le début de la 4ème heure à environ 8h20.
Reste à ajouter 6 fois 1h17 (du début de la « 4ème heure » à la fin de la « 9ème heure » saisonnières, il y a 6 heures saisonnières) « à 8h20, cela nous donne la fin de la 9ème heure à environ 15h20.
Il faut donc être vigilent depuis environ 8h20 du matin jusqu’à un peu plus de 15h20 environ.

Selon le Gaon auteur du Shou’t Hit’orerout Teshouva (récemment réédité chap.340), la mise en garde de nos maîtres de ne pas marcher seul pendant cette période est valable même à l’intérieur de la ville où se trouvent des gens

Mais selon le Gaon auteur du ‘Arou’h Ha-Shoulh’an (sur O.H fin du chap.551) l’interdit n’existe que lorsque l’on marche seul dans un endroit isolé où il n’y a personne, comme lorsqu’on se promène en forêt ou autre, mais à l’intérieur de la ville où se trouvent des gens, il est permis de marcher seul. (Il semble que l’usage soit conforme à ce dernier avis).

Il est vrai que les décisionnaires nous ont mis en garde de ne pas dévoiler ce genre d’explications de la Torah devant des personnes ignorantes, car même en ce qui concerne les raisons aux décrets de nos maîtres du Talmud, nous n’avons pas été autorisés à les dévoiler devant les ignorants, car ils se moquent de ces choses qui ne semblent pas justes à leurs yeux, du fait de la pauvreté de leurs esprits.
Malgré tout, nous avons pris l’initiative d’expliquer la notion de « Ketev Meriri », car il s’agit d’une chose extrêmement dangereuse, et il est souhaitable de se montrer vigilant devant cela.

« Les voies d’Hashem sont droites ! Les çaddikim les empruntent et les impies s’y heurtent. »


Conclusion:


(Afin de mieux comprendre de quoi il s’agit, nous suggérons à nos chers lecteurs et chères lectrices de lire aussi la partie « Sources et développement »)

Voici les propres termes du Shoul’han ‘Arou’h (O.H 551-18) (le Shoul’han ‘Arou’h est l’ouvrage de référence de la Hala’ha pour tout le peuple d’Israël et n’a pas pour habitude de citer des usages superstitieux) :

Il faut avoir la prudence - depuis le 17 Tamouz jusqu’au 9 Av - de ne pas marcher seul entre la 4ème heure et la 9ème heure du jour (actuellement en France entre environ 8h20 et 15h20), car Ketev Meriri (un démon) règne durant ces heures pendant cette période. De même, il ne faut pas frapper les élèves (ou les enfants en général) durant ce moment.

Certains ont l’usage de faire preuve de cette vigilance dès le 1er Tamouz (Mishna Beroura).

L’interdit de ne pas marcher seul pendant ces heures durant cette période n’existe que lorsque l’on marche seul dans un endroit isolé où il n’y a personne, comme lorsqu’on se promène en forêt ou autre, mais à l’intérieur de la ville où se trouvent des gens, il est permis de marcher seul.

Les Midrashim s’étendent longuement sur cette notion de KETEV MERIRI, comme vous pourrez le constater en consultant nos sources et développements.

Quoi qu’il en soit, nous pouvons donc constater que l’usage qu’avaient nos parents - de faire preuve d’une extrême prudence et de ne pas provoquer le danger – comme ne pas aller à la mer ou à la piscine (même dans des conditions autorisées par la Hala’ha), ou bien ne pas faire des sports dangereux ou ne pas faire des promenades dans des endroits isolés durant les 3 semaines entre le 17 Tamouz et le 9 Av - est fondé et justifié par les enseignements de nos maîtres qui maîtrisaient chaque secret de la Torah et qui démontrent que pendant cette période de « Ben Ha-Meçarim » (du 17 Tamouz au 9 Av), est présent un être nuisible qui se nomme « Ketev Meriri », et sa présence influe sur le comportement que nous devons adopter pendant cette période.
Il n’est donc pas question ici de superstition ou autre tradition à prendre à la légère – comme certains le pensent à tort et le transmettent sans même prendre la peine de vérifier que toutes ces craintes sont avérées dans les livres de nos Poskim – mais d’une véritable vigilance dont il faut faire preuve tel que nous l’ont appris nos maîtres.

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