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22 juin 2012 5 22 /06 /juin /2012 07:28

Contexte
Kora’h fils de Içhar, de la tribu de Lewi, est le cousin de Moshé Rabbenou et d’Aharon Ha-Cohen. Il fomente une rébellion contre Moshé et Aharon, en prétendant que le peuple n’a pas besoin de dirigeants puisqu’il n’est constitué que d’hommes saints. Kora’h arrive à convaincre 250 chefs de Sanhedrin (Tribunaux rabbiniques), ainsi que Datan et Aviram, les contestataires par vocation, et Onn fils de Pelet, issus de la tribu de Réouven. Kora’h et ses compagnons revendiquent le pouvoir et la Kehouna Guedola (la Grande Prêtrise), qui selon eux, reviennent autan à Moshé et à Aharon qu’à n’importe qui d’autre. Ils vont même jusqu’à semer le doute à travers le peuple sur la légitimité, et la foi qu’il faut accorder à la prophétie de Moshé Rabbenou, et qu’il aurait inventé totalement tout les paroles et enseignements qu’il leur aurait transmis au nom d’Hashem. Moshé demande à Hashem de rendre son jugement, la terre s’ouvre et engloutie Kora’h, ses 250 compagnons, leur familles, ainsi que tous ce qu’ils possèdent.
 

 

I] Le sens caché de la Torah

 

D'après le Talmud (Sanhédrine 110a; Nombres 26:11): "Les enfants de Kora'h n'ont pas péri parce que lors de la controverse de leur père avec Moché et Aharon, ils ont pensé à se repentir" (voir l'interprétation du Ora'h Ha'Hayim qui explique la raison pour laquelle ce verset ne figure pas dans la section hebdomadaire Kora'h, mais dans celle de Pin'has).

 

D'autres commentateurs expliquent qu'au moment du péché, ils ne se trouvaient pas avec leur père parce qu'ils faisaient partie des porteurs de l'Arche Sainte: le Midrach les compare à des roses qui ont été cueillies, séparées des épines (Midrach Cho'her Tov 45:1).


One, fils de Pélet, en revanche, n'a pas pensé à se repentir. Comme nous le savons, il voulait se hâter de rejoindre les rangs de Kora'h, n'était-ce la sagesse de sa femme qui l'en a sauvé en se tressant les cheveux à l'entrée de la tente où il dormait et en dissuadant ainsi les partisans de Kora'h de l'amener avec eux (car ils furent repoussés par le fait qu'elle s'était découverte les cheveux) se révolter contre Moché. C'est elle aussi qui l'a informé de la mort de Kora'h et de son assemblée ce qui laisse présumer qu'il était toujours resté sur ses positions... Pourquoi alors est-il resté en vie?


C'est que même le plus grand Sage de la Torah peut arriver à commettre une erreur, s'il ne s'y attache pas et ne s'efforce pas d'en pénétrer les profondeurs. "Pour lui, la Torah ressemble à un objet caché dans une boîte" (cf. Méguilah 7b), et il est susceptible à tout instant de chuter. "Il convient de savoir que la Torah élève l'homme" (Pirké Avoth 6:1) à condition toutefois que, comme le dit le Psalmiste, cette Torah pénètre jusqu'au fond de ses entrailles (Psaumes 40:9). Mais si on ne se sert de la Torah que comme une pelle pour creuser, si on ne vise que son propre intérêt et qu'on s'enorgueillit, cela signifie qu'elle ne fait pas intégralement partie de soi.

Kora'h faisait certes partie des porteurs de l'Arche Sainte, comme nous l'avons vu, mais comme la Torah qu'elle contenait ne pénétrait pas son cœur, elle ne l'a pas protégé du péché (cf. Sotah 21a). En revanche, si on s'imprègne de la Torah contenue dans l'Arche, on accède au niveau de l'Arche qui porte ceux qui la portent (Zohar II, 242a; Sotah 35b).


Comme l'enseigne la Michnah, il n'est de félicité que la Torah (Pirké Avoth 6:3; Bérakhoth 5a), et qui dit félicité dit Tsadik (Yoma 35a; Zohar III, 110b). Comme Kora'h n'a perçu que le c“té extérieur, superficiel, de la Torah et du Tsadik, il devint jaloux du statut de Moché et ne se soumis pas à lui, il a péché et été puni avec toute son assemblée.


Aux premiers stades de la controverse contre Moché et Aharon, les enfants de Kora'h ont considéré que leur père avait raison: ne faisaient-ils pas en effet partie des porteurs de l'Arche Sainte?

 

Mais quand ils se rendirent compte que ce qui importe c'est ce qu'il y a à l'intérieur de l'Arche, le sens interne de la Torah, ils ont alors changé d'avis. S'étant conformés à la volonté de Moché, ils ont été épargnés. Ils ont compris que quelqu'un qui vise sincèrement à être un dirigeant ne peut pas se permettre de tourner en dérision deux dirigeants de la génération et se révolter contre Dieu. Si on pénètre le sens profond de la Torah, on peut partager les charges de son prochain (Avoth 6:6; Kalah 8a). Quelques instants avant que la terre ouvrît son sein, les enfants de Kora'h se sont donc détournés de la voie de leur père et ont suivi la voie tracée par le maître, Moché, se conformant ainsi à l'enseignement de nos Sages (Bava Métsia' chap. 2:11) selon lequel il convient de donner priorité au maître et d'écouter sa voix qui conduit au Monde Futur, plut“t que celle du père...


Il convient par conséquent d'agir comme les enfants de Kora'h qui ont compris que l'essentiel, c'est le sens interne et profond de la Torah, de bien réfléchir avant d'agir, de veiller que ce qu'on fait soit désirable aux yeux du Saint, béni soit-Il, d'honorer son maître et de chercher à sonder son essence: on peut ainsi être sauvé, même au dernier moment.


Kora'h n'a vu que l'azur des tsitsith sans se demander ce qu'ils représentent intérieurement: comme nous l'avons vu, l'azur rappelle la mer, la mer ressemble au ciel, le ciel au saphir, et le saphir au Trone Céleste ('Houlin 89a). Ce n'est qu'en s'engageant assidûment dans l'étude de la Torah qu'on peut en sonder le caractère profond. Même le plus grand Sage qui ne s'y engage pas est susceptible de s'enfoncer au plus profond du Chéol. Contrairement à ses enfants qui se sont soumis à Moché et dont la descente visait l'ascension (Makoth 7b), Kora'h visait le talith tout en azur, dépourvu de franges, c'est-à-dire ne recherchait que le c“té externe, superficiel des choses, faisait preuve d'orgueil et ne visait ni l'honneur de son maître, ni la gloire de la Providence Divine. Contrairement à ses fils qui accédèrent à la reconnaissance de la Divinité, s'annulèrent devant Moché et restèrent en vie, Kora'h connut une fin tragique, comme nous le savons.


La femme de One, fils de Pélet, a compris que son époux se trompait, qu'il ne percevait que le c“té superficiel de Moché... Aussi l'a-t-elle introduit dans la tente, celui de la Torah, comme il est écrit: Voici la Torah, (lorsqu'il se trouve) un homme qui meurt dans une tente les paroles de Torah ne subsistent que chez celui qui se tue [dans l'étude] dans la tente (Bérakhot 63b; Chabath 83b). One, fils de Pélet, qui a pénétré le sens profond de la Torah, a compris la faute de Kora'h et que sa femme avait raison. Il n'a donc pas rejoint les rangs et fut sauvé grâce au stratagème de sa femme. En revanche, chez Kora'h, tout revêtait un aspect superficiel. Notons à cet effet la similitude des valeurs numériques de WaYiKa'H KoRa'H, LaKa'H MéKa'H RA' Lé'ASMO (il a pris Kora'h, il a fait une mauvaise prise) et 'HiTSONYOuTh LéLO PeNIMYOuTh (aspect extérieur et non interne).


Le Talmud (Bérakhoth 7a) enseigne que Bil'am savait le moment exact où Dieu se mettait en colère et pouvait maudire celui qu'il voulait, comme il est écrit: ... et connaît le secret du Très-Haut (Nombres 24:16). Ce mécréant, qui était le plus grand prophète des nations, a vu Israël, dont les tribus se déployaient du c“té du désert (ibid. 5) et l'a loué: Qu'elles sont belles tes tentes, O Jacob! Tes demeures, O Israël! (ibid. 5). Il ne s'est toutefois pas repenti et rattaché à l'Eternel, car il ne voyait que le coté superficiel des choses, et tout ce qu'il pouvait voir n'a laissé aucune impression sur lui. Il est resté envieux, orgueilleux et ambitieux (cf. Pirké Avoth 5:22; Zohar III, 4a), car il n'a pas discerné le coté profond d'Israël et de la Torah... sa fin a donc été des plus amères.


Puissé-je mourir comme meurent ces justes (Nombres 23:10) souhaitait-il. En dépit de ses nombreux péchés, il voulait mourir comme Juif, ce qui est inconcevable car on ne peut pas avoir le mérite d'accéder à la vie du monde futur si on ne s'y prépare pas dans ce monde... Par conséquent, tout celui qui se prétend juste et érudit en Torah, et dont toutes les actions trouvent grâce aux yeux de Dieu, fait preuve d'orgueil. Il faut œuvrer toute sa vie pour se conformer à la volonté divine et être digne de porter le titre de serviteur de Dieu. On peut alors mettre en application le verset: Son cœur grandit dans les voies de l'Eternel(Chroniques II, 17:6).


Si les enfants d'Israël sont arrivés à ce stade, c'est parce qu'ils joignaient le sens caché de la Torah à l'accomplissement des mitsvoth. Bil'am était incapable de comprendre ce phénomène. Lui, qui ne voyait que le coté superficiel des choses, en est donc arrivé à  inciter les enfants d'Israël à la débauche, tant exécrée par l'Eternel (cf. Sanhédrine 106a). Résultat: Israël s'établit à Chitim. Là le peuple se livra à la débauche avec les filles de Moav (Nombres 25:1). Comment cette génération de la Connaissance en est-elle arrivée à cet état?


Les enfants d'Israël s'engageaient certes dans l'étude de la Torah, mais ne s'attelaient pas à en rechercher le sens profond. Le mauvais penchant s'introduisit alors en eux. La recherche des honneurs, les mauvais désirs et la jalousie, qui correspondent respectivement à l'adoration des idoles, l'immoralité et le meurtre, peuvent être aisément éliminés par l'étude intensive du sens profond de la Torah. C'est grâce à elle que Pin'has se leva du milieu de la communauté (Nombres 25:7).

 

Cette vue lui a rappelé la loi que celui qui a des relations avec une non-juive est passible de mort (Sanhédrine 82a; Bamidbar Rabah 20, 26). Il a alors réussi à tuer Zimri, fils de Salou, ainsi que Kozbi, fille de Sour. Grâce à la Torah dont il a cherché à percer le sens profond, Pin'has a accompli le précepte de sanctifier le nom de Dieu. Contrairement au reste du peuple, il n'a pas pleuré, parce qu'il savait que cette audace lui permettrait de franchir tous les obstacles.


Nous voyons ici les dangers encourus par celui qui se contente d'étudier le sens superficiel de la Torah. Grâce à l'étude du sens profond de la Torah, on s'attache au juste de la génération et on se soumet à lui. On se lie au Saint, béni soit-Il, et on jouit alors de toute l'abondance céleste.


II] La société peut elle être gérée par des orthodoxes ?


Dvar Tora

"Est-ce donc peu, pour vous, que le Dieu d'Israël vous ait distingués de la communauté d'Israël, en vous admettant auprès de lui pour faire le service du Mishkan (le Temple provisoire du désert) d’Hashem, et en vous plaçant en présence de la communauté pour la servir?

Il t'a donc approché de lui, toi et tous tes frères, les enfants de Léwi, et vous réclamez encore la Kehouna (la prêtrise) !" (Bamidbar chap.16 verset 9 et 10)


A travers ces versets, nous voyons de quelle façon Moshé Rabbenou réprimande Kora’h et ses compagnons.

Cependant, une question est posée par le Gaon Rav Yehouda Sadka z.ts.l, (Rosh Yeshiva de Porat Yossef à Jérusalem, décédé en 1991) dans son livre Kol Yehouda :

N’est il pas naturel que celui qui possède 100, désire 200 ?!

Moshé Rabbenou est en train de reprocher à Kora’h et à son assemblé, d’avoir l’un des réflexes qui caractérisent le plus l’être humain : l’ambition.

Si Kora’h n’était jusqu’à présent qu’un Levi qui travail dans le Mishkan, comme tous les membres da sa tribu, qu’y a-t-il d’illégitime à désirer d’avantage ?

Le Ktav Sofer (Rabbi Avraham Shmouel Binyamin SOFER, fils du ‘Hatam Sofer Tchecoslovaquie 19ème siècle) répond à cette question en disant que tout d’abord, il est nécessaire de comprendre leurs réclamations contre Moshé Rabbenou. Puisqu’ils réclament la Kehouna, et cela malgré qu’ils prétendent aussi que toute l’assemblée est sainte, c’est qu’ils reconnaissent qu’il faut un dirigeant ?! Qu’est ce que cela peut il changer que ce soit Moshé ou un autre ?!


En vérité, leur véritable reproche envers Moshé Rabbenou est le suivant :

« Comment pouvez vous diriger le peuple, toi Moshé, ainsi que ton frère Aharon, alors que vous n’avez pas servis sous l’esclavage en Egypte ?!!!!

Vous n’etes donc pas aptes à diriger un peuple qui a tellement souffert, vous qui n’avez connus aucunes souffrances !!! Un vrai dirigeant, c’est quelqu’un qui a traversé les souffrances du peuple qu’il dirige !!»


Et à cela Moshé Rabbenou répond le contenu de nos deux versets du début :

Est-ce donc peu, pour vous, que le Dieu d'Israël vous ait distingués de la communauté d'Israël, en vous admettant auprès de lui pour faire le service du Mishkan d’Hashem, et en vous plaçant en présence de la communauté pour la servir?

Il t'a donc approché de lui, toi et tous tes frères, les enfants de Lévi, et vous réclamez encore la Kehouna !

En clair :

Toi aussi Kora’h, tu es de la tribu de Levi, qui, comme nous le savons, n’a pas du tout pris part à l’esclavage d’Egypte (grâce au fait qu’ils ne sont pas tombé dans le piège de Par’o), et pourtant, il vous a admis dans son Mishkan, et vous trouvez encore juste de réclamer la Kehouna !


Nous sommes ici face à un débat encore d’actualité.

Qui est apte à gérer le peuple ?

Est-ce uniquement celui qui a connu les souffrances que le peuple a subit, ou bien ce n’est pas un critère qui détermine forcément l’aptitude à diriger ?

Nous constatons que les personnes qui pensent comme Kora’h (et il y en a encore beaucoup de notre époque !!), considèrent qu’un juif orthodoxe, érudit dans la Torah, ne peut pas être un dirigeant de notre société, et non pas pour des raisons de pratiques religieuses, mais tous simplement parce que ce type d’individu n’a pas le même parcoure, ni le même vécu, que les gens du peuple.

Mais nous pouvons également voir que la vision qu’Hashem a de la chose est complètement différente. Le fait que Moshé et Aharon n’aient pas subi l’esclavage d’Egypte, n’en fait pas pour autant des personnes inaptes à diriger un peuple qui, lui, à souffert de cet esclavage.

Il y a les critères de jugement qui sont ceux de gens comme Kora’h et son espèce, mais il y a aussi les critères de jugement qui sont ceux d’Hashem et de la Torah !!

Un verset de Tehilim fait allusion à cette révolte de Kora’h :

« Ils ont jalousé Moshé dans le camp, ainsi qu’Aharon, le saint d’Hashem » (Tehilim 106)


On peut interpréter ce verset ainsi :

Moshé et Aharon sont, dans ce verset, des personnages représentant le juif pratiquant, sous deux aspects de la vie :

Moshé Rabbenou qui étudiait la Torah en permanence sous sa tante qui se trouvait à l’extérieur du camp – on lui reproche de ne pas être assez mailé à la vie active au sein


du camp. On a toujours reproché aux juifs orthodoxes de trop vivre dans leur propre monde, sans se soucier de la société.

Puis, c’est à Aharon, le « saint » d’Hashem, qui l’on reproche des choses. Lui qui a passer toutes sa vie mêlé à la société, à toujours essayer de rétablir des relations entre gens fâchés, ou entre mari et femme … A lui, on lui reproche de trop s’occupé de société, et on lui conseille de retourner à sa place, au milieu de ses livres « saints » !!

Quelque soient les choix d’un juif pratiquant, qu’il essaye d’oeuvrer pour la société, ou qu’il ne se soucie que de son élévation spirituelle, il trouvera toujours des Kora’h, des Datan ou des Aviram, pour le montrer du doigt !!!

 

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