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31 mai 2012 4 31 /05 /mai /2012 06:54

Mon secrétaire, le Docteur Nissan Mindel, a attiré mon attention sur votre lettre datée du 23 octobre, et je suis heureux de voir que vous avez pris le temps d’examiner ma lettre du 18 Tévet 5722, et de noter par écrit les observations qui s’y rapportent. Je vous en remercie.

Pour vous répondre, je peux soit suivre l’ordre de ma lettre à la lumière de vos remarques, soit reprendre vos remarques telles qu’elles apparaissent dans votre lettre. Je choisirai cette dernière méthode. En tout cas, j’ai espoir que nos points de vue s’accordent, puisque vous l’indiquez dans le paragraphe introductif de votre lettre, vous êtes en pleine sympathie avec le but de ma lettre, à savoir, celui de dissiper tout doute selon lequel la science présente un défi aux commandements de la Torah.

Je dois commencer par deux remarques préliminaires :


a) Il devrait être évident en soi que ma lettre ne donnait pas à entendre une négation ou un rejet de la science, ni même de la méthode scientifique. En fait, c’est ce que j’ai explicitement exprimé vers la fin de ma lettre. J’espère ne pas être soupçonné d’essayer de déprécier les réalisations de la science, d’autant plus que, dans certains domaines, la Torah accorde à la science bien plus de mérite que la science elle-même n’en revendique. Ainsi plusieurs lois sont directement liées à des conclusions scientifiques (par exemple, en médecine), ce qui leur confère la validité d’une réalité objective.


b) On vous attribue une observation selon laquelle, tout comme les problèmes rabbiniques devraient être abordés par un spécialiste en études rabbiniques, de même les problèmes scientifiques devraient être réservés à ceux qui étudient la science. Je ne sais dans quelle mesure cette rumeur est fondée, mais je crois malgré tout devoir en tenir compte, puisque je suis en plein accord avec ce principe. J’ai poursuivi des études scientifiques à l’université de 1928 à 1932 à Berlin, et de 1934 à 1938 à Paris, et je me suis efforcé depuis de suivre le développement scientifique en un certain nombre de domaines.


J’en reviens maintenant à votre lettre.

1) Je suis bien sûr tout à fait d’accord que, dans le contexte ci-dessus mentionné, les théories scientifiques doivent être jugées selon des normes et des critères élaborés par la méthode scientifique elle-même. C’est précisément le principe adopté dans ma lettre. C’est pourquoi j’ai volontairement omis de ma discussion toute référence aux Écritures ou au Talmud, etc.

 


2) Vous écrivez que vous vous réjouissez sincèrement de me voir insister sur le fait que les théories scientifiques n’ont jamais prétendu avancer des vérités ultimes. Mais je suis allé plus loin. Le problème n’est pas que la science soit (maintenant) dans l’impossibilité de présenter des vérités ultimes, mais que la science moderne elle-même pose ses propres limites.

En déclarant que ses prédictions sont, seront toujours, et, en tout cas, seulement les « plus probables », mais non certaines, elle ne parle qu’en termes de théories. C’est en cela, comme vous le savez probablement mieux que moi, que repose la différence essentielle de conception entre la science d’aujourd’hui et la science du 19ème siècle. Là où, dans le passé, les conclusions scientifiques étaient considérées comme des lois naturelles, au sens précis du mot, c’est-à-dire déterminées et certaines, la science moderne ne s’attache plus à cette conception.

Reconnaître les limites de la science, posées par la science elle-même, suffit à dissiper tout doute selon lequel la science pourrait présenter un défi à la Torah. Le reste de ma discussion dans ma lettre avait surtout pour but d’insister davantage sur ce fait, et aussi d’ajouter que, comme je l’ai mentionné, selon la Torah (c’est-à-dire dans le domaine de la foi et non de la

science) on permet aux conclusions scientifiques d’avoir la validité d’une « loi naturelle ».


3) Ensuite, vous déplorez ce que vous considérez comme « une attaque gratuite » contre les mobiles personnels des scientifiques. Mais pareille attaque ne peut être trouvée dans ma lettre. Je me suis spécifiquement référé à un certain groupe d’hommes de science dans un certain domaine de la recherche sur ce qui s’est réellement produit il y a des milliers et des milliers d’années, comme la théorie évolutionniste du monde, fondée sur des hypothèses qui ne contiennent aucune signification réelle pour la recherche contemporaine (voyez dans ma lettre le paragraphe qui suit immédiatement le paragraphe que vous citez). Autant d’hypothèses qui sont non seulement hautement spéculatives, mais qui ne sont pas strictement scientifiques, et qui sont en fait pleines de faiblesses internes.

Cependant, manquant d’une base solide, ces scientifiques rejettent néanmoins absolument toute autre explication (y compris le récit de la Torah). Ce sont ces mobiles que je me suis efforcé d’analyser, puisque leur attitude ne peut être soutenue par le désir de promouvoir la vérité, ou de promouvoir le progrès technologique, la recherche scientifique, etc. Je ne voulais pas les accuser, en tout cas pas tous, de parti pris anti-religieux, d’autant plus que certains d’entre eux, y compris certains promoteurs de cette théorie, sont religieux. J’ai donc essayé d’expliquer leur attitude par un trait humain commun, la recherche de la performance et de la distinction. Par ailleurs, ce trait de caractère naturel a ses aspects positifs, et il est aussi fondamental dans notre religion, puisque sans l’aiguillon de la performance, rien ne serait accompli.


4) Votre remarque concernant l’emploi abusif des termes « fission » et « fusion » concernant les réactions chimiques est, bien sûr, fondée et irréfutable. Je pense cependant que le sens n’en fut pas indûment affecté par là même, car il fut à deux reprises indiqué dans ce paragraphe que le sujet concernait des réactions chimiques. Sans doute aurais-je dû employer les termes « combinaison » et « décomposition ». En fait, je crois que l’usage différent de ces termes pour les réactions nucléaires et chimiques est plus conventionnel qu’essentiel. Néanmoins, j’aurais dû être attentif à la terminologie classique.

Ici, un mot d’explication concernant la terminologie de ma lettre. Si les termes ou expressions utilisés ne sont pas toujours classiques, cela est dû au fait que, généralement, je ne dicte pas mes lettres en anglais, et bien qu’ensuite j’en vérifie la traduction, la lecture peut ne pas empêcher une omission, comme le présent exemple le prouve et le fait d’avoir reçu mon enseignement scientifique en allemand, en français et, précédemment, en russe, peut justifier certaines variations.


5) Vous mentionnez mon affirmation selon laquelle les scientifiques savent bien peu de choses des interactions d’atomes isolés et de particules subatomiques, et vous mettez également en doute son rapport avec les théories concernant l’âge du monde. La théorie évolutionniste telle qu’elle s’applique à l’origine de notre système solaire et de la planète Terre, grâce à laquelle on en déduit l’âge, laisse à croire (tout au moins dans le cas de la plupart des hypothèses) qu’au commencement existaient des atomes et des particules subatomiques dans un état premier, qui ensuite se sont condensés, puis combinés, etc. J’ai conscience du fait que la majeure partie de la recherche physique en ce siècle a été concernée par les interactions d’unités individuelles s’étalant depuis les atomes jusqu’aux plus élémentaires particules connues. Mais, jusqu’en 1931, de ces particules subatomiques, seules étaient connus et « explorés » les protons et les électrons. Les chambres à bulles ne furent construites qu’en 1952, et un microscope à champ ionisé (par le Docteur Muller de l’université de Pennsylvanie) pénétrant dans le royaume de l’atome et de particules subatomiques seulement en 1962. Nous avons de bonnes raisons de croire, je pense, que tout comme la connaissance scientifique fut enrichie par l’introduction du premier microscope, nous pouvons espérer de même semblable progrès grâce au plus récent de ces microscopes (bien qu’il ait été précédé par le microscope électronique). Par conséquent, il est juste d’affirmer que tout ce que nous avons appris dans le domaine des nucléoniques pendant ces dernières décennies est bien peu de choses en comparaison de ce que nous pouvons en toute confiance espérer apprendre pendant les prochaines décennies.


6) Vous vous élevez contre mon affirmation selon laquelle les conditions de pression, de température, de radioactivité, etc. ont dû être « complètement différentes », lors des premières étapes imaginées par certains évolutionnistes, de celles existant aujourd’hui et vous affirmez que ces conditions du milieu ont pour la plupart été soit reproduites en laboratoire soit observées dans des phénomènes naturels. Ici, avec tout le respect qui vous est dû, permettez-moi de dire mon désaccord, et je crois que l’étude des sources confirmera mon affirmation.


7) Vous affirmez qu’il n’existe aucune preuve selon laquelle un élément radioactif produit des transformations cataclysmiques, et vous poursuivez en notant qu’il y a un manque de distinction claire entre la cosmogonie et la géochronologie. La raison de l’absence d’une telle distinction dans ma lettre réside dans le fait qu’elle est étrangère à notre discussion.

Le sujet de ma lettre concerne la théorie de l’évolution dans la mesure où elle contredit le récit de la Création dans la Torah. Selon la Torah, la création de l’Univers entier fut faite ex nihilo, y compris la Terre, le soleil, etc. La théorie de l’évolution présente, au lieu de cela, une explication différente de l’apparition de l’univers, du système solaire, et de notre planète. Or, en évaluant cette théorie, j’ai conscience que la force d’une chaîne se mesure à son lien le plus faible et, dans ma lettre, je me suis efforcé de faire allusion à certains des liens les plus faibles dans ces deux domaines : la cosmologie et la géochronologie. En ce qui concerne la géologie, les transformations et les bouleversements qui peuvent avoir eu lieu à un moment où l’on suppose que l’univers était dans un état de violente instabilité atomique, avec des mondes en collision, etc., des processus nucléaires auraient dû engendrer des transformations qui rendraient nuls tous les calculs évolutionnistes. Pareillement, dans l’évolution de la vie végétale, animale et humaine sur la terre, un processus radioactif d’une telle ampleur aurait dû produire des changements et des transmutations soudaines qui prendraient normalement de longues périodes de temps.


8) Vous affirmez, enfin, que le point crucial à considérer quant à la géochronologie est l’existence d’objets et de formations géologiques dans la croûte terrestre et à sa surface qui servent comme autant d’horloges physiques qu’il est possible d’observer, etc. Mais j’ai déjà fait remarquer dans ma lettre que de tels critères ne sont acceptables que pour les temps présents et à venir, mais qu’ils ne peuvent être appliqués scientifiquement ou logiquement à un état originel. À titre d’exemple : bien que vous n’identifiez aucun des objets auxquels vous vous référez, examinons la possibilité de datage par le radiocarbone, puisque la plupart des lettres que je reçois et des questions qui me sont posées concernent ce point. Cette méthode tient comme établi que l’intensité moyenne d’un rayon cosmique est restée constante pendant toute la période de datation, et que le mélange atmosphérique est rapide, comparé à la vie du carbone quatorze.

Or, pour ne mentionner qu’une seule imperfection dans ce critère, il implique que la puissance protectrice (la densité, etc.) de l’atmosphère reste constante. Mais la théorie de l’évolution est bâtie sur la présupposition selon laquelle il y a eu des transformations des plus radicales.

La même situation conflictuelle existe quant à d’autres méthodes de datation. À ce propos, ces dernières années en Afrique du Sud, des géologues ont découvert dans cette partie du monde un désordre dans les transformations géologiques, qui contredisait les théories acceptées de la géologie. La découverte fut publiée à l’époque, mais je ne puis disposer du texte, et je le mentionne en passant. Je vous suggère une nouvelle incursion dans ma lettre, à la cinquième page, la partie commençant par « la théorie de l’évolution ».


Si vous souhaitez poursuivre la discussion, je vous prie de ne pas hésiter à m’écrire.


Avec toute ma considération et ma bénédiction.

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