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11 mai 2012 5 11 /05 /mai /2012 07:43

 

 

Parasha Emor

 

la Sainteté d’un Cohen

 

 

Le début de notre Parasha traite des règles concernant les Cohanim, comme l’interdiction de l’impureté mortuaire pour un Cohen ; les femmes avec lesquelles un Cohen est autorisé à se marier ; la Sainteté d’un Cohen ; le châtiment prévu par la Torah pour la fille d’un Cohen qui se livre à la débauche….

« Ils seront saints pour leur Dieu, et ne profaneront pas le Nom de leur Dieu, car ce sont eux qui offrent les sacrifices d’Hashem, ainsi que le pain consacré à leur Dieu, et ils seront saints » (Wayikra chap.21 – 6, début de notre Parasha) 

Il y a une Hala’ha tranchée dans le Shoul’han ‘Arou’h par le RaMA (O.’H chap.128 parag.45) :

« Il est interdit de se servir d’un Cohen, même de notre époque, car cela est considéré comme porter atteinte aux choses sacrées du Beit Hamikdash (le Temple de Jérusalem), sauf si le Cohen pardonne le fait que l’on se serve de lui. »

Selon cette Hala’ha, il est interdit de demander un service quelconque à un Cohen, sans obtenir de lui préalable, son pardon sur le fait qu’on lui demande ce service.

L’auteur du Touré Zahav (le TaZ) commente (note 39) :

On raconte qu’un jour, un Cohen versa de l’eau sur les mains de Rabbenou Tam.

Un élève présent, fit la remarque :

« Pourtant il est enseigné dans le Talmud Yeroushalmi qu’il est interdit de se servir d’un Cohen ? »

Rabbenou Tam répondit :

« De notre époque, les Cohanim ne possèdent plus de sainteté, car selon la règle, s’ils portent sur eux les habits sacerdotaux, ils possèdent la sainteté ; s’ils ne portent pas les habits sacerdotaux, ils ne possèdent plus la sainteté. »

L’élève rétorqua :

« Si c’est ainsi, il ne faut plus leur accorder de sainteté dans le moindre domaine (il n’est plus nécessaire que le Cohen soit appelé en premier à la Torah, il est donc autorisé à se rendre impure pour un mort…) ?! »

Rabbenou Tam se tut.

Le TaZ explique que la raison du silence de Rabbenou Tam ne signifie pas qu’il ignorait la réponse, mais seulement qu’il ne voulait pas prendre la réputation d’un Talmid ‘Ha’ham (un érudit dans la Torah) en disant que dans son cas, il était permis de se servir d’un Cohen.

Tout ceci veut dire que lorsque le Cohen ne retire aucune satisfaction du service qu’on lui demande, il est interdit de se servir de lui, même s’il pardonne.

Par déduction, lorsque le Cohen tire satisfaction du service qu’on lui demande, il est permis de se servir de lui, après lui avoir demander pardon.

Grâce à cela, les commentateurs expliquent ce qui est rapporté dans la Gmara Bava Metsi’a (85b) :

Le Prophète Eliyahou avait l’habitude de rendre visite à Rabbenou Ha Kadosh (Rabbi Yehouda Ha Nassi).

Un jour de Rosh ‘Hodesh, le Prophète Eliyahou tarda à venir.

Lorsqu’il arriva, Rabbenou Ha Kadosh lui dit :

« Comment ce fait il que tu as tardé aujourd’hui ? »

Le Prophète Eliyahou lui répondit :

« Car j’ai du aller laver les mains de Avraham Avinou, et il a fallut ensuite que j’attende qu’il finisse sa prière et qu’il aille se recoucher. De même pour Its’hak, de même pour Ya’akov. »

Or, on peut poser la question :

Le Prophète Eliyahou n’était-il pas Cohen (d’après la tradition, Eliyahou Ha Navi et Pin’hass sont la même personne) ?! Comment les Avot (les Patriarches) ont-ils pu se servir de lui ?!

Mais à la lueur de ce que l’on a dit au nom du Touré Zahav, cette question n’a pas lieu d’être.

En effet, il est certain que le Prophète Eliyahou retira une certaine satisfaction du fait de servir les Patriarches du Monde (Avraham, Its’hak et Ya’akov), et c’est pourquoi, les Patriarches étaient autorisés à se servir de lui.

Nous comprenons mieux la répétition qui apparaît dans notre verset :

Ils seront saints pour leur Dieu. Ils servent Hashem. Mais leur sainteté n’est peut être existante que lorsqu’ils portent les habits sacerdotaux ? Le texte répond : et ils seront saints. Ils seront saints de par eux même.

Il est donc interdit de se servir d’un Cohen, sauf lorsqu’il en retire lui aussi une satisfaction, comme dans l’histoire avec Rabbenou Tam, citée plus haut.


Shabbat Shalom

 

 


Pirké Avot Chapitre 4

  

  

Puisque nous sommes dans la période du ‘Omer, pendant laquelle nous avons l’usage de lire les Pirké Avot (chaque Shabbat) en public – comme tel est l’usage de notre maître le Rav Ovadia YOSSEF shalita – nous allons donc à partir de cette semaine - B’’H - développer quelques notions mentionnées dans les Pirké Avot. 

 

Mishna 1

 

Ben Zoma disait : « Quel est l’homme véritablement sage ? C’est celui qui apprend de tout homme, ainsi qu’il est dit (Téhilim 119- 99) : Je me suis instruit de tous ceux qui m’ont enseigné.

Quel est l’homme véritablement fort ? C´est celui qui maîtrise son penchant, ainsi qu´il est dit (Mishlé 16-32) : Celui qui fait preuve de patience est plus fort qu’un héros, et l’homme qui maîtrise son esprit surpasse le conquérant.

Quel est l’homme véritablement riche ? C’est celui qui se réjouit de sa part, ainsi qu’il est dit (Téhilim 118-2) : Si tu te nourris du travail de tes mains, tu seras heureux et content. ‘Heureux’ - dans ce monde ; ‘et content’ - dans l’autre.

Qui est digne de respect ? Celui qui respecte son prochain; il est dit (Samuel I-2-30) : J’honore ceux qui M’honorent, et ceux qui Me méprisent seront méprisés. 

 

  • .Quel est l’homme véritablement sage ? C’est celui qui apprend de tout homme :

 

Cet enseignement vise des personnes desquelles il ne faut surtout pas s’inspirer !

 

En effet, il existe une véritable « plaie » qui s’est propagée au sein de nombreuses communautés. La tendance est à « sélectionner » les personnes pouvant nous apprendre de la Torah.

Un cours de Torah est organisé mais on ne connait pas l’intervenant. On se renseigne d’abord et l’on constate finalement que le Rav qui doit donner le Shiour « n’est autre qu’untel », et l’on décide que l’on n’apprendra pas grand-chose de lui !

 

Quel est le vrai sage ? – nous dit le Pirké Avot - C’est celui qui apprend de tout homme, sans aucun préjugé ni apriori, surtout lorsqu’on est encore bien loin de posséder un niveau significatif en matière de connaissances dans la Torah !!!

 

*

 

Dans son livre Péta’h ‘Enaïm, notre maitre le ‘HYDA propose une approche différente de notre Mishna.

Il cite l’enseignement de nos maitres dans la Guémara ‘Haguiga (15b) :

 

Comment Rabbi Méïr (Ba’al Ha-Ness) a-t-il put apprendre de la Torah de la bouche de A’her (Elisha’ Ben Avouya, qui était à l’origine un grand maitre de la Torah, et qui devint ensuite un renégat) ? Pourtant Rabbi Yo’hanann commente le verset :

« Les lèvres du Cohen préserveront la sagesse, et on réclamera la Torah de sa bouche, car c’est un ange d’Hashem » Lorsque le Rav est comparable à un ange d’Hashem, on réclamera la Torah de sa bouche. Sinon, on ne réclamera pas la Torah de sa bouche.

La Guémara répond en disant que Rabbi Méîr commentait un autre verset :

« Penche ton oreille et écoute les paroles des sages, et dirige ton cœur vers mon esprit. » Rabbi Méîr fait remarquer que le verset ne dit pas « vers leur esprit », mais seulement vers « mon esprit », l’esprit d’Hashem. Ce qui signifie que l’on pourrait apprendre de la Torah de gens qui n’ont pas un comportement digne des connaissances qu’ils dispensent, à la condition de rester fidèle à l’esprit d’Hashem dans la conclusion et dans la pratique.

La Guémara rétorque que les 2 versets sont apparemment contradictoires.

Mais elle répond que le premier verset vient s’adresser à une catégorie de personnes encore faibles dans leur érudition dans la Torah, et cette faiblesse pourrait les exposer à des dangers d’influence s’ils ne se choisissent pas un Rav parfaitement digne d’enseigner la Torah.

Par contre le deuxième verset (celui commenté par Rabbi Méïr) s’adresse à une catégorie de sages déjà très expérimentés en matière de connaissances dans la Torah, ce qui les protège de toute mauvaise influence. De telles élites sont à même de savoir « trier » et prendre l’enseignement du Rav en rejetant de lui tout ce qui pourrait nuire à leur évolution spirituelle. Comme l’a fait Rabbi Méîr lui-même en apprenant de la Torah de la bouche de A’her, puisque la Guémara décrit la démarche de Rabbi Méïr comme celle d’un homme qui a trouvé une grenade, qui en a consommé l’intérieur en jetant l’épluchure.

 

Le ‘HYDA explique donc notre Mishna ainsi :

Quel est l’homme véritablement sage ? Quel est l’homme assez sage, qui n’a pas à redouter les influences néfastes ? C’est celui qui peut apprendre de tout homme, sans danger d’influence, puisqu’il a la capacité de trier les messages qu’il reçoit de son maitre, tout comme Rabbi Méïr.

 

Malgré tout, le Sifté Cohen (sur Shoul’han ‘Arou’h Y.D 246 note 8) considère que de notre temps, nous devons tous nous considérer comme « faibles » et donc exposés à des dangers de mauvaise influence.

De ce fait, comme le tranche MARAN dans le Shoul’han ‘Arou’h, on ne peut pas apprendre de la Torah d’un Rav dont le comportement et les actes ne sont pas acceptables, même s’il s’agit d’un grand Rav très réputé, jusqu’à ce qu’il revient à de meilleurs comportements.



 

  • .Quel est l’homme véritablement riche ? C’est celui qui se réjouit de sa part 

 

Un roi avait construit un magnifique palais au centre de la ville.

Le palais était entouré d’un splendide jardin de fleurs, de roses et d’arbres fruitiers qui dégageaient de très bons parfums.

Le roi plaça un écriteau devant le palais :

« Le palais et le jardin seront offerts en cadeau par le roi à celui qui se réjouit de sa part. »

De nombreuses personnes passaient devant le palais et lisaient l’écriteau en se disant que tout ceci ne pouvait leur être offert car « celui qui possède 100, désire 200 » et ne se réjouit jamais de sa part.

Mais voici qu’un homme très riche et très respecté passa lui aussi devant le palais. Cet homme avait tout ce dont un être humain rêve de posséder sur terre !

Une grande famille, une très grosse richesse matérielle, il vivait dans le luxe et l’opulence et il était heureux dans ses affaires…

Le riche lit l’écriteau et se dit : « Tout ceci ne peut revenir qu’à moi ! »

Il demanda une audience au roi et lui dit :

« Voilà qu’Hashem m’a gratifié et je possède tout. Je me réjouis donc de ma part.

Le roi doit donc accomplir sa parole et m’offrir le palais ainsi que le jardin qui l’entoure. »

Le roi lui répondit :

« Idiot ! Si tu te réjouis réellement de ta part comme tu le prétends, pourquoi as-tu placé tes yeux sur mon palais ?! Ce que tu possède te suffit ! Pourquoi aller convoiter ce qui appartient à autrui ?! »

 

Nous en retirons une grande morale :

L’homme doit se suffire de ce qu’il possède, et remercier Hashem pour tout ce qu’il lui donne, afin qu’il puisse servir Hashem dans la quiétude et la sécurité.

 

Dans son livre Midrash David, Rabbi David Ha-Naguid (le petit fils du RAMBAM) nous relate une histoire :

 

Un homme pauvre travaillait et gagnait difficilement son pain.

Mais il était toujours satisfait et heureux de ce qu’Hashem lui donnait, beaucoup ou peu.

Chaque soir, après avoir pris son repas avec sa femme et ses enfants, ils adressaient des louanges et toute leur reconnaissance à Hashem pour le bien qu’il leur prodigue au quotidien. Le chef de famille s’asseyait avec son épouse, l’un de ses enfants jouait du violon, l’autre chantait et les parents frappaient du tambourin et dansaient en ronde durant une ou deux heures, dans le plaisir et la joie.

Ensuite ils allaient dormir. Ils agissaient ainsi chaque soir.

Une nuit, le roi passa à proximité de cette maison et entendit les chants et les danses de cette famille. Curieux, il revint le lendemain soir ainsi que le surlendemain, et fut émerveillé par cette manifestation de joie.

Le roi demanda à rencontrer le chef de famille et lui dit :

« Que fais-tu dans la vie ? Combien d’argent gagnes-tu ? »

Le pauvre répondit :

« Majesté ! Je ne suis qu’un homme pauvre qui n’a pas d’argent. Mais tout ce que je gagne chaque jour, je le réserve pour la subsistance de ma famille, et je me réjouis de ce qu’Hashem me donne, que ce soit peu ou beaucoup. C’est pour cette raison que je chante et je danse avec ma famille chaque soir. »

Le roi se dit :

« Si dans un tel niveau de pauvreté ces gens adressent toute leur reconnaissance à Hashem, que feraient-ils s’ils gagnaient davantage d’argent ?! Il est certain qu’ils seraient encore plus reconnaissants envers Hashem ! »

Le roi ordonna de remplir les vêtements de l’homme de pièce d’or.

L’homme remercia le roi et rentra chez lui.

Il déposa les pièces d’or dans une boite, mais il ne parvint pas à la remplir complètement. L’homme décida avec sa femme qu’ils travailleraient dur afin de combler le vide de la boite et la remplir complètement.

Dès ce jour, l’homme devint soucieux et triste. Tout ce qu’il gagnait chaque jour, il le plaçait dans la boite, mais celle-ci ne se remplissait pas.

Les chants et les danses réalisés chaque soir, cessèrent dans cette maison.

La joie fit place à la dépression, le souci et course après le défi.

Quelques temps plus tard, le roi passa de nouveau à proximité de cette maison, mais il les trouva tous endormis dans l’obscurité.

Il repassa de nouveau les soirs suivants mais sans plus de chance.

Le roi demanda à voir l’homme et lui demanda :

« Que fais-tu aujourd’hui ? »

L’homme répondit :

« Majesté ! Lorsque je ne possédais aucun argent, je me réjouissais car je ne poursuivais aucune ambition financière ! Aujourd’hui, le souci et la dépression se sont emparés de mon cœur, et je passe mon temps à courir et à me soucier du moment où je pourrais enfin remplir cette boite !! »

A ce moment là, le roi lui reprit l’argent, et le pauvre revint à ses expressions de joie et d’allégresse.

   

                     

Shabbat Shalom 

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