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4 mai 2012 5 04 /05 /mai /2012 07:18

1.La récompense aux Miçwot (A'haré Moth)


"Vous observerez mes lois et mes jugements que l’homme doit accomplir et avec lesquels il doit vivre, je suis Hashem". (Wayikra 18-5)


Rashi : Je suis Hashem. Je suis fidèle à ma parole et j’octroie une récompense.


Question:

Pourquoi est-il nécessaire de préciser une chose aussi évidente que le fait qu’Hashem récompense l’accomplissement des Miçwot ? N’est-il pas évident qu’Hashem ne néglige la récompense de personne ?


Réponse:

Le Gaon Rabbi Avraham Morde’haï PATAL Ha’-Levy z.ts.l explique dans son livre Vayomer Avraham :


Il est rapporté dans le Midrash Rabba sur un verset de Kohelet :

Tout l’effort de l’homme n’est que pour sa bouche. (Kohelet 6-7)

Rabbi Shmouel Bar Ami dit : Tous les efforts que l’homme peut fournir dans ce monde pour amasser des Miçwot et des bonnes actions, ne suffiront même pas pour le souffle qui sort de sa bouche.


Explication

On ne doit pas faire l’erreur de croire qu’une récompense nous revient pour les Miçwot et les bonnes actions que l’on accomplit dans ce monde, car toutes ces Miçwot ne suffisent pas pour mériter la bonté dont Hashem nous gratifie en nous maintenant en vie dans ce monde. Tel est donc le sens du verset de Kohelet :


Tout l’effort de l’homme – Tout l’effort que l’home investit dans l’étude de la Torah et dans l’accomplissement des Miçwot n’est que pour sa bouche – n’est que pour pouvoir mériter le simple souffle qui sort de notre bouche, c'est-à-dire la vie.

La récompense que l’homme reçoit n’est donc qu’une exceptionnelle faveur octroyée par Hashem et non un dû.


Autre explication de notre verset de la Parasha cité plus haut

Il existe des Miçwot que l’homme est naturellement prédisposé à accomplir même s’il n’en avait pas reçu l’ordre, comme l’interdiction de consommer le sang ou les insectes qui représentent de façon naturelle des choses dégoûtantes pour l’être humain. De même pour d’autres Miçwot comme respecter ses parents ou pratiquer le bien, qui sont des Miçwot vers lesquelles l’homme est naturellement attiré et qu’il aurait accomplit même sans en recevoir l’ordre.


Il y avait donc matière à croire que sur de telles Miçwot, Hashem ne donne aucune récompense. C’est pourquoi le verset insiste en disant : « Je suis Hashem » et je rétribuerais même de telles Miçwot.

Il faut donc expliquer le verset de façon différente :


« que l’homme doit accomplir » – qu’il accomplit même sans en recevoir l’ordre.


« et avec lesquels il doit vivre » - qu’il accomplit et en retire un plaisir comme ‘Oneg Shabbat ou Sim’hat Yom Tov.

Sur toutes ces Miçwot, le texte dit :

« Je suis Hashem » et je rétribuerais même de telles Miçwot.

 

 

II] Le Shabbat et le Respect des parents

 

אִישׁ  אִמּוֹ וְאָבִיו  תִּירָאוּ וְאֶת שַׁבְּתֹתַי תִּשְׁמֹרוּ   

« Craignez chacun, votre mère et votre père, et observez Mes Chabbatot … »  (Chap.19 ; verset 3)

 

Rachi : … et observez mes Chabbatot :

La juxtaposition de l'observance du shabbat avec la crainte du père vient nous enseigner que « bien que Je t’aie astreint à craindre ton père, s'il vient de dire de transgresser le shabbat ne l'écoute pas ! Et ainsi pour chaque Mitswa ».


Parabole : à quoi la chose ressemble-t-elle ?

Un jour trois amis décidèrent de voyager chacun dans un centre d'études afin d'y apprendre une science. Il se donnait rendez-vous deux ans plus tard afin de comparer ce qu'ils auraient chacun appris. Le temps passa, et ils se retrouvèrent comme prévus.                                                             

Le premier dit : «  j'ai appris à fabriquer une jumelle qui permet de voir d'un bout à l'autre du monde. » Ses deux amis furent éblouis.                                                                                                   

Le deuxième dit : « moi, j'ai appris à fabriquer une voiture qui peut se déplacer et se rendre dans n'importe quel endroit à une très grande vitesse ! » Ses deux amis furent éblouis.                            

Le troisième dit : « j'ai appris à fabriquer un médicament qui peut guérir tous les maux et tous les maladies. » Les deux autres furent encore une fois éblouis.                                                                 

Le premier sorti sa jumelle église : « venez et regardons ce qui se passe dans le palais du roi. » C'est alors qu'il s'exclama : « Oh ! Malheur ! Je vois que tous les gens du palais sont désespérés, la fille du roi est gravement malade et au seuil de la mort ! » Le deuxième dit : « vite montont ma voiture et rendre rapidement chez le roi. » En quelques instants ils arrivèrent au palais du roi, il se présentèrent et on les laissa pénétrer dans la salle du trône : « monseigneur le roi, j'ai un médicament qui peut sauver votre fille » dit le troisième. Le roi désespéré accepta que cette inconnue providentielle souple de sa vie, et grâce à D., la princesse vieille et se rétablit promptement.                                                                                                                                               

La joie du roi dépassa toute mesure, il appela les trois amis et leur dit : « comment pourrais-je jamais vous exprimer toute ma gratitude et vous récompensez de tous vos bienfaits ? Même si je vous couvrais de toutes les richesses du monde, cela ne suffirait pas ! C'est pour cela j'ai décidé de donner ma vie en mariage à l'un de vos trois et devient des deux autres ministres personnels. Mettez-vous d'accord afin de savoir qu'il a épousé ma fille ! » Les trois amis se concertèrent :                                                                                                                                                                      

Le premier dit : « c'est moi qui dois épouser la princesse, car c'est grâce à moi qu’elle a été sauvée, en effet sans mes jumelles, nous n'aurions pas vu qu'elle était malade, et nous aurions pas pu la sauvé. »                                                                                                                                       

Le deuxième dit : « pas du tout, ça avec moi que doit se marier, car sans la voiture nous ne serions jamais arrivés à temps, la fille du roi serait déjà morte ! »                                                       

Le troisième dit : « c'est moi qui dois épouser la fille du roi, car si je n'avais pas été là, à quoi auriez-vous servi tous les deux ? C'est grâce à mon médicament qu'elle a guéri et se trouve à présent en bonne santé ! » Comme les trois hommes ne parvenaient pas à se mettre d'accord, le roi dit : « eh bien nous allons entendre ce que ma fille a à dire . » La princesse prononça : « Père ! Ils ont tous trois raisons, car afin de retrouver la santé, les trois hommes ont été nécessaires. Néanmoins, si je réfléchis à l'avenir, je n'aurai plus besoin ni des jumelles ni de la voiture ! Par contre du médicament j'en aurai toujours besoin, afin de demeurer en bonne santé. »


‘Hazal nous enseigne s'il y a dans la création d'un être humain trois associés : le père, la mère et Hachem ! Si l'on demande : la part de qui est-elle la plus importante ? On doit conclure que c'est celle d’Hachem, et cela pour deux raisons :- Les parents d'un homme dépendent eux-mêmes complètement de D.                     

 - Il est vrai que les parents s'associent à Hachem pour donner naissance à un enfant, cependant après sa naissance il pourra se passer de parents (que Dieu préserve !), alors que D. est indispensable à chaque instant puisque Lui Seul prodigue la vie, la santé, la subsistance, le bonheur, etc.

 



   

Pirké Avot Chapitre 3

                 

 

Mishna 1

 

‘Akavya Ben Mahalal’el dit : « Si tu regardes 3 choses, tu ne peux pas arriver à la faute : saches d’où tu viens ; où tu vas ; et devant qui es-tu appelé à rendre des comptes. D’où tu viens ? D’une goutte de moisissure. Où tu vas ? Vers un endroit de terre, de moisissure et de vers. Devant qui es-tu appelé à rendre des comptes ? Devant le Roi des Roi, Ha-Kadosh Barou’h Hou. »

 

Plus loin, dans le chapitre 4 (Mishna 21), il est enseigné :

 

Rabbi El’azar Ha-Kapar dit : « La jalousie, la convoitise et la recherche des honneurs, font sortir l’homme de ce monde (le mènent à sa perte). »

 

En fait, les 2 Mishnayot se rejoignent.

 

‘Akavya Ben Mahalal’el vient apporter 3 solutions pour que l’individu se protège des 3 fléaux cités par Rabbi El’azar Ha-Kapar dans la seconde Mishna.

 

En effet, pour lutter contre la l’envie de rechercher les honneurs, il faut prendre conscience de là où on vient : d’une goutte de moisissure. En prenant conscience de cela, on se protège de l’envie de rechercher les honneurs. Car en effet, même les vers de terres sont mieux que l’individu qui recherche les honneurs, puisque les vers ont été crées à partir de l’eau, alors que l’être humain a été crée à partir d’une goutte de moisissure.

 

Pour lutter contre la jalousie, il faut se rappeler du lieu de notre destination finale : un endroit de terre, de moisissure et de vers. Car lorsqu’un individu voit la richesse et les honneurs chez son prochain, il est jaloux de lui, et ne désire qu’acquérir le plus d’or et d’argent possible. Mais lorsqu’il prend conscience qu’il va vers un endroit de terre, de moisissure et de vers, où il n’y a ni or ni argent, et qu’il ne lui restera rien dans les mains, si ce n’est que 4 coudées (env. 2 m) et des linceuls, l’individu cesse  - de lui-même - toute forme de jalousie envers son prochain.

 

Le livre Kol Ya’akov cite une image pour illustrer cette notion :

Un homme rencontre deux nécessiteux non voyants.

Il s’approche de l’un et lui dit :

« J’ai donné une pièce d’or à ton ami, afin que vous la partagez ensemble. »

Puis, il s’approche de l’autre et lui dit exactement la même chose.

Soudain les deux nécessiteux non voyants se réclament mutuellement l’argent. Chacun d’entre eux contredit l’autre en prétendant que c’est lui qui possède l’argent.

Chacun des deux est jaloux de l’autre, alors que ni l’un, ni l’autre ne possède quoi que ce soit.

 

Il en est de même pour celui qui jalouse la richesse de l’autre.

Il doit prendre conscience que même son ami - qui possède tant de richesses - ne possède en réalité rien du tout, puisqu’il est lui aussi appelé à rejoindre l’autre monde, les mains vides.

 

Pour lutter contre la convoitise, il faut prendre conscience que l’on est appelé à rendre des comptes devant le Roi des Rois, Ha-Kadosh Barou’h Hou.

 

En effet, les commentateurs demandent :

Pourquoi la Mishna emploit-elle le terme « Din Ve-’Heshbon » (« Jugement et compte ») pour désigner les comptes que l’on a à rendre ?

La forme la plus juste aurait été « ‘Heshbon Vé-Din », car c’est selon le compte de ses actes que l’on prononcera le jugement de l’individu.

 

Mais en réalité, voici l’explication.

 

Au début, on demande à la Neshama :

« Quel est le Din pour une personne qui a commis telle ‘Avera ? »

La Neshama répond :

« Telle ou telle ‘Avera mérite tel jugement. »

 

Ensuite, on dresse le compte de toutes les ‘Averot de l’individu durant toute sa vie, en appliquant le jugement exact que la Neshama a suggéré pour chaque ‘Avera.

 

C’est donc cela l’explication de « Din Ve-’Heshbon ».

D’abord le Din  - le jugement – que suggère la Neshama sur chaque type de ‘Avera, et ensuite le ‘Heshbon – le compte – que l’on fait « payer » pour ces même ‘Averot commises par l’individu lui-même.

 

En prenant conscience du futur Jugement Céleste, tel que nous venons de le décrire, l’individu ne peut que se protéger dans ce monde, de toute forme de convoitise.

L’individu doit toujours pensé : « Comment aurais-je réagis si c’était moi l’accusé ? »

Grâce à cet état d’esprit, on marche constamment dans la droiture et la justice.

Car s’il se laisse emporter par l’apparence première des choses, l’œil de la convoitise mènera l’individu vers le néant, puisque l’homme ne voit jamais ses propres défauts, et il se trouvera toujours des permissions, au moyen du mensonge.

 

Mais lorsqu’on se souvient de la façon avec laquelle le Jugement Céleste est prononcé, et que c’est l’individu lui-même qui prononce sa propre sentence, on n’éprouve plus le moindre penchant vers la convoitise.

 

Mishna 8

 

Rabbi Eli’ezer de la ville de Bartota dit : Donne-lui ce qui lui appartient, car toi et ce que tu possèdes lui appartiennent, comme le dit le Roi David : « Tout vient de toi, et c’est de Ta main que nous te donnons. »

 

« Donne-lui ce qui lui appartient » signifie que tout ce que l’homme possède provient d’Hashem. C’est pourquoi le Tana dit : Donne à Hashem de ce qui lui appartient, car toi et ce que tu possèdes lui appartiennent, car toute la richesse matérielle qu’Hashem procure aux gens riches, n’est en réalité qu’un « dépôt » et l’homme riche n’est qu’un gérant de ce bien qu’on lui a confié, afin de pouvoir aider les nécessiteux et ceux qui sont dans le besoin. Ce riche mérite donc lui aussi de vivre de cette richesse.

 

On peut expliquer cela par une Hala’ha tranchée dans le Shoulh’an ‘Arouh’ (‘Hoshen Mishpat 246-4) au sujet de celui qui quitte ce monde en laissant un testament dans lequel il lègue la totalité de ses biens à un seul des ses fils. Voici les termes de MARAN dans le Shoulh’an ‘Arouh’ à ce sujet :

« Celui qui rédige un testament dans lequel il lègue tous ses biens à un seul de ses fils, il n’en fait en réalité que le gérant de ses biens, et le fils n’héritera qu’au même titre que tous ses frères. »

C’est-à-dire : Même si le père lègue la totalité de ses biens à un seul de ses fils, nous n’estimons pas que ce fils est le seul héritier, mais nous estimons plutôt que la véritable intention du défunt n’était pas d’évincer tous ses autres enfants de ses biens, mais seulement de désigner celui parmi ses fils qui sera responsable du partage de l’héritage et que tous ses frères honorerons en l’écoutant. Le fils désigné sera effectivement le responsable du partage de l’argent de l’héritage, mais il ne prendra dans l’héritage qu’une part égale à celle de ses frères.

 

Il en est de même avec Hashem. Lorsqu’il octroie la richesse matérielle à l’un de Ses enfants, cet homme n’est pas considéré comme le propriétaire de sa richesse, mais seulement comme le gérant désigné pour distribuer cet argent à ses frères nécessiteux, afin de les soutenir et les nourrir.

En récompense à cela, cet homme riche mérite d’être honoré, comme il est enseigné dans la Guemara ‘Erouvin (86a) : « Rabbi honorait les riches. » De même, Rabbi ‘Akiva honorait lui aussi les riches.

Il est certain qu’il s’agit là de riches qui craignent Hashem et qui prodiguent le bien.

 

Il est rapporté dans le Sefer Ha-‘Hassidim (chap.187) que parfois, un homme n’a pas le mérite de vivre, et malgré tout, Hashem le maintient en vie car d’autres personnes ont besoin de lui, et s’il cessait d’aider et de soutenir les autres, il cesserait immédiatement de vivre.

De même, parfois un homme commet une faute envers Hashem, et il mériterait d’être puni par de graves maladies pour cette faute, malgré tout, Hashem ne le punit pas car d’autres personnes ont besoin de lui et le mérite de la collectivité le protège. Il est aussi possible qu’il fasse Téshouva et répare ce qu’il a fait.

 

Mishna 12

 

Celui dont les actes sont plus nombreux que la sagesse, verra sa sagesse pérenniser. Celui dont la sagesse est plus importante que les actes, sa sagesse ne pérennisera pas.

 

Notre maître le RASBETS commente dans son livre Maguen Avot :

Lorsqu’il est enseigné ici « Celui dont les actes sont plus nombreux que la sagesse, verra sa sagesse pérenniser » il ne s’agit pas d’une plus grande proportion des actes sur la sagesse, car sans une importante dose de sagesse, comment l’individu pourrait-il posséder des actes nombreux, puisque les actes ne sont que le fruit de la sagesse et l’ignorant ne craint pas la faute. De même, la Tora dit : « …vous les étudierez (les Mitsvot) et vous les pratiquerez… » Ce qui signifie que c’est l’étude qui entraîne la pratique des Mitsvot.

Cette Mishna désigne en réalité celui qui s’est engagé à mettre en pratique tout ce qu’il apprend. Lors de l’engagement, l’acte est déjà considéré comme réalisé. Comme il est enseigné dans la Me’hilta (Parasha de Bo et citée par Rashi sur Shemot 12-28) : « Les Béné Israël allèrent et accomplirent… » Ont-ils ce jour là accomplis le sacrifice de Pessa’h ? Pourtant ce jour n’était que Rosh ‘Hodesh Nissan alors qu’ils n’ont accomplis le sacrifice de Pessa’h qu’au 14 NIssan, pourquoi le texte dit-il qu’ « ils allèrent et accomplirent… » ? Seulement pour nous apprendre que la Torah considère le fait de s’être engagés à accomplir comme s’ils avaient déjà accomplis.      

 

Le RASBETS cite encore d’autres références à travers les enseignements de nos maîtres et qui constituent des bases solides à cette explication.

 

« Celui dont la sagesse est plus importante que les actes, sa sagesse ne pérennisera pas. » désigne une personne qui étudie beaucoup sans pour autant mettre en pratique ce qu’elle apprend. Dans cette condition, il aurait été préférable de ne pas étudier. Comme il est enseigné dans les Avot de Rabbi Natan : Ceci est comparable à une personne qui se rend chez un épicier en lui disant : « Donne-moi du vin et de l’huile. » L’épicier lui répond : « Apporte un ustensile. » La personne amène un panier en roseau qui ne peut pas contenir le vin et l’huile. L’épicier lui dit : « Tu ne possède même pas les ustensiles appropriés et tu réclames du vin et de l’huile ?! » De même, Hashem s’adresse aux Resha’im (les impies) en leur disant : « Vous ne possédez pas de bonnes actions et vous réclamez l’étude de la Torah ?! » Comme il est dit dans le livre des Tehilim : « Au Rasha, Hashem dit : Qu’as-tu a raconter mes lois ?! »

 

L’explication de « …sa sagesse ne pérennisera pas »  correspond à ce qui est enseigné dans la Guemara Sanhedrin (106b) au sujet de Doeg Ha-Edomi : Doeg n’est mort que lorsqu’il oublia ses connaissances en Torah, comme il est dit dans Mishlé (5-23) : « Il va mourir sans morale, et il s’égarera par sa folie » Car il étudiait sans mettre en pratique.

 

Cette 2ème partie de la Mishna peut sembler surprenante.

En effet, comment est-il concevable que la connaissance de la Torah puisse adhérer  à des Resha’im ? Doeg était un Rasha’ puisqu’il est le responsable du massacre de toute une ville de Cohanim parce qu’ils avaient donné abri à David lorsqu’il fuyait devant Shaoul, pourtant il n’en était pas moins un très grand sage sans son pareil dans la Torah. Comment peut-on comprendre que la Torah qui n’est que sainteté, qui émane directement d’Hashem depuis le ciel, qui est une Sagesse Divine, et pourtant des Resha’im peuvent montrer de l’assiduité dans son étude et même grandir en elle ! Même Doeg, si ce n’était que le Roi David pria pour qu’il meurt sans sa sagesse et qu’un miracle se produisit et provoqua à Doeg l’oubli de sa Torah comme le rapporte la Guemara Sanhedrin, sans cela il pouvait naturellement quitter ce monde en restant un sage dans la Torah. Comment donc un Rasha’ de cette espèce peut-il de façon naturelle accéder à un niveau si élevé en connaissance de la Torah ?

 

La réponse à cette question est donnée par le Gaon Rabbi Avraham Israël ZEEVI z.ts.l dans son livre Or La-Yesharim (à la fin du livre Orim Guedolim). Il explique que chaque Ben Israël, au moment où son âme s’est tenue sur le Mont Sinaï, a reçu d’Hashem une part exclusive de la connaissance de la Torah, une part que seule la personne qui la reçoit sera plus tard à même de dévoiler dans le monde. La majeure partie de la Torah que chacun apprend ne provient pas de sa part exclusive mais uniquement des parts qui ont été reçues par d’autres qui l’ont précédé et qui ont déjà dévoilé dans le monde ce que leur âme a reçu sur le Mont Sinaï. Ces commentaires et explications de la Torah qui ont été innovés par nos prédécesseurs, « planent » dans l’air et lorsque nous les découvrons à travers l’étude, nous ne faisons en réalité que les « saisir » dans l’air. Il n’est pas donné à tout le monde d’avoir le mérite d’innover et de dévoiler la part exclusive qui lui a été octroyée sur le Mont Sinaï.

 

Il en est de même pour les Resha’im.

Même si la crainte d’Hashem n’est pas présente dans leur esprit, ils peuvent malgré tout « saisir » eux aussi dans l’air ce qui a été déjà innové dans le monde dans le domaine de la connaissance de la Torah. Mais ils ne pourront en aucun cas – même avec la plus extraordinaire sagesse – dévoiler et innover cette part exclusive qui a été donnée à leur âme sur le Mont Sinaï.

 

C’est pour cette raison que le Tana emploi les termes précis « sa sagesse ne pérennisera pas ». Ce qui signifie la part de « sa » propre sagesse ne pérennisera pas s’il n’a pas la crainte d’Hashem à son esprit.

 

Il y a encore un sens profond à cet enseignement.  

En effet, celui qui étudie la Torah mais uniquement en disant, en apprenant et en comprenant les choses expliquées par ceux qui l’ont précédé dans les générations antérieures, cet homme n’étudie pas la Torah de façon directe d’Hashem mais en passant par des intermédiaires qui sont les sages qui ont innové ce qu’il étudie présentement. Mais par contre, celui qui a le mérite d’étudier la Torah en innovant et en dévoilant la part qui lui a été exclusivement donnée sur le Mont Sinaï, cet homme a le mérite d’étudier la Torah de façon directe sans le moindre intermédiaire, réellement d’Hashem lui-même.

 

C’est le sens du verset (dit au sujet du Roi David) : « Hashem est avec lui » car grâce à sa crainte d’Hashem, il avait le mérite d’étudier la Torah directement d’Hashem, et de ce fait, la Hala’ha était systématiquement fixée selon son opinion, car il n’y a que celui qui a la crainte d’Hashem qu a le mérite d’étudier une telle Torah qui représente « sa sagesse » et qui pérennisera.

 

Mishna 21

 

« Rabbi El’azar Ben ‘Azarya dit : Sans Torah, il n’y a pas de Dere’h Erets. Sans Dere’h Erets, il n’y a pas de Torah. »

 

Le terme « Dere’h Erets » s’explique – au sens simple – par le commerce ou autres activités qui font parties de la vie des gens dans le monde.

 

Selon cette explication, il faut interpréter notre Mishna ainsi :

S’il n’étudie pas la Torah, tous les efforts que l’homme fournira dans son commerce pour les besoins de sa subsistance matérielle, ne lui permettront pas de pratiquer un commerce honnête avec les gens, selon les lois de la Torah, comme nos ‘Ha’hamim l’enseignent dans la Guémara Bava Kama (30a) :

Celui qui désire être un ‘Hassid (un homme d’une grande piété), doit étudier les lois des Nezikin, c'est-à-dire, les lois concernant les dommages matériels, contenues dans les traités de l’ordre talmudique Nezikin, afin que son commerce soit honnête.

Or, si l’homme n’étudie pas, comme pourra t-il mettre en application ?

De même, s’il n’y a pas de Dere’h Erets – s’il n’y a pas la pratique d’un métier dans l’honnêteté – il n’y a pas de Torah, car toute étude de la Torah qui n’est pas accompagnée d’un métier, est appelée à disparaître, entraîne la faute, et l’homme en arrivera à oublier ce qu’il étudie.

Tel est l’explication de cette Mishna selon Rabbenou Ovadia Mi-Bartenoura.

 

Cependant, d’autres commentateurs expliquent que le terme « Dere’h Erets » désigne les bonnes qualités humaines, les vertus exceptionnelles et la moralité.

Si l’homme ne possède pas de Dere’h Erets – de bonnes qualités – il n’y a pas de Torah, car sa Torah n’est pas complète puisque les gens ne l’apprécient pas.

De même, s’il n’a pas de Torah, il est impossible – de façon générale – qu’il possède un véritable Dere’h Erets dans toute situation.

 

Il est rapporté dans le Midrash :

Rabbi Shemouel Bar Na’hmani dit : le Dere’h Erets st grand car il a précédé la Torah de 26 générations, comme il est dit : « Afin de préserver le Chemin vers l’arbre de la Vie ». Le chemin, c’est le Dere’h Erets (« Dere’h » signifie « chemin »), et la Vie, c’est la Torah.

 

Il est dit dans Mishlé :

« Le souci abat le cœur de l'homme; mais une bonne parole y ramène la joie. »

Le Gaon de Vilna explique ce verset en disant que la « bonne parole » dont il s’agit ici, c’est la Torah, puisque celui qui accepte sur lui le joug de la Torah, se verra soulagé de toutes sortes de soucis. Comme il est enseigné dans Avot DeRabbi Natan :

Celui qui place les paroles de la Torah en son cœur, se verra épargné des peurs de l’épée, et des peurs de la famine…

 

On rapporte aussi au non de Rabbi Na’houm de Tchernobil :

Tous les soucis sont interdits, excepté le souci d’avoir des soucis…

 

               

Shabbat Shalom 

 

 

 

 

 

 


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