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27 avril 2012 5 27 /04 /avril /2012 07:28

I] Tazri'ah

 

Femme enceinte et Casherout alimentaire : conséquences sur le bébé (Inédit dans cette rubrique)

 

"Hashem parla à Moshé en ces termes: « Parle ainsi aux Béné Israël: lorsqu'une femme, ayant conçu, enfantera un mâle, elle sera impure …

Puis, trente-trois jours durant, la femme restera dans le sang de purification …

Si c'est une fille qu'elle met au monde, elle sera impure deux semaines, comme lors de son isolement; puis, durant soixante-six jours, elle restera dans le sang de purification" (vaykra 12-2, 4 et 5)

 

A la fin de la Parasha précédente (Shémini), la Torah présente les critères de Casherout concernant les animaux permis et interdits.

Le dernier verset de la précédente Parasha est : « Afin de discerner entre le sacré et le profane, entre l’animal consommable et celui qui ne l’est pas. »

 

On peut se demander :

Quel lien peut-il y avoir entre la précédente Parasha qui traite des règles relatives à l’impureté et la pureté des aliments, et notre Parasha qui débute par des sujets relatifs à la naissance et à l’impureté et la pureté de la femme ?

 

Le Gaon Rabbi Avraham PATTAL Ha-Léwy z.ts.l (beau père de notre maitre le Rav Ovadia YOSSEF Shalita) fait mention dans son ouvrage Vayomer Avraham (tome 2 page 309) des propos du Gaon auteur du commentaire Péri ‘Eç Ha-Gan :

 

« La femme enceinte doit absolument se préserver de consommer pendant sa grossesse des aliments susceptibles de développer des penchants négatifs chez son enfant. Chaque aliment consommé par la femme durant sa grossesse influe considérablement sur l’enfant. Si la femme consomme – ‘Hass Vé-‘Halila (à D. ne plaise) – des aliments impurs à la consommation selon la Torah, ces aliments entraineront une obstruction des capacités spirituelles de l’enfant, et son esprit en subira des séquelles. » Fin de citation du Péri ‘Eç Ha-Gan.

 

Nous trouvons l’application de ce principe lors du dévoilement de l’ange à la mère de Shimshon durant sa grossesse, comme le texte nous le décrit (livre de Shofetim 13-4 et 5) :

« Et maintenant, préserve toi et ne bois plus ni vin ni bière, et ne consomme plus la moindre impureté … Car tu vas concevoir et enfanter un fils ; le rasoir ne doit pas toucher sa tête, car cet enfant doit être un Nazir consacré à Hashem dès le sein maternel, et c’est lui qui entreprendra de sauver Israël de la main des Philistins. »

 

Nous pouvons constater que les capacités intellectuelles et spirituelles de l’enfant prennent leurs sources lorsqu’il se trouve encore dans le ventre de sa mère !

 

Nous retrouvons ce phénomène à travers deux faits relatés dans la Guémara Yoma 82b :

Une femme enceinte respira l’odeur d’un aliment le jour de Yom Kippour (ce qui a pour conséquence de nuire à la santé de la femme si elle n’en consomme pas). On rapporta le fait à Rabbi (Rabbi Yéhouda Ha-Nassi). Il ordonna qu’on chuchote à l’oreille de la femme : « Aujourd’hui c’est Yom Kippour ! » On alla chuchoter à l’oreille de la femme, et celle-ci cessa d’avoir envie de l’aliment dont elle avait respiré l’odeur.

En entendant cela, Rabbi dédia au futur enfant de cette femme le verset adressé au prophète Isha’ya : « Avant même de t’avoir conçut dans le ventre, je te connaissais ! » (Isha’ya 1-5).

La femme accoucha plus tard d’un garçon qui ne fut autre que le célèbre Rabbi Yo’hanan.

 

Une autre femme respira elle aussi l’odeur d’un aliment le jour de Yom Kippour, mais rien ne lui fit cesser son envie de cet aliment. Rabbi dédia au futur enfant de cette femme le verset du Téhilim : « Les impies se fourvoient dès la matrice … » (Téhilim 58-4).

La femme accoucha plus tard d’un garçon qui ne fut autre que Shabbetaï, celui qui provoquait l’inflation en stockant les fruits.

Rashi explique : Il stockait volontairement la récolte de fruits afin de provoquer l’inflation, ce qui constitue une grave faute, comme l’enseigne la Guémara Bava Batra (91b).

 

Ce double fait relaté par la Guémara nous montre à quel point les penchants intellectuels et spirituels de l’enfant naissent en lui lorsqu’il est encore dans le ventre de sa mère. C’est pourquoi la Torah nous ordonne de s’écarter des nourritures interdites, et il incombe en priorité à la femme de s’en écarter lorsqu’elle est enceinte, afin de faire acquérir à son enfant une pure et resplendissante.

 

II] Méçora'h


Un moment pour se taire et un moment pour parler


Hashem parla à Moshé en ces termes: « Voici quelle sera la règle imposée au lépreux lorsqu'il redeviendra pur: il sera présenté au Cohen. Le Cohen se transportera hors du camp, et constatera que la plaie de lèpre a quitté le lépreux. Sur l'ordre du Cohen, on apportera, pour l'homme à purifier, deux oiseaux vivants, purs; du bois de cèdre, de l'écarlate et de l'hysope. Le pontife ordonnera qu'on égorge l'un des oiseaux, au-dessus d'un ustensile d'argile, sur de l'eau vive. Pour l'oiseau vivant, il le prendra ainsi que le bois de cèdre, l'écarlate et l'hysope; il plongera ces objets, avec l'oiseau vivant, dans le sang de l'oiseau égorgé, qui s'est mêlé à l'eau vive; en fera sept aspersions sur celui qui se purifie de la lèpre, et, l'ayant purifié, lâchera l'oiseau vivant vers le champ. (Waykra 14-1 à 7. Début de notre Parasha)

 

Rashi :

Étant donné que les plaies (de la lèpre) sont engendrées par la médisance (Lashon Ha-Ra’), qui constitue la conséquence du bavardage, le texte a imposé pour la purification du lépreux, des oiseaux qui passent leur temps à caqueter en babillant (‘Ara’hin 16b).

 

Questions :

1.    Pourquoi 2 oiseaux ? Un seul n’aurait-il pas suffit ?

2.    Pourquoi en égorger un et laisser l’autre en vie ?

3.    Pourquoi lâcher l’oiseau vivant vers le champ, et non vers la mer, le désert ou la ville ?

 

Dans son livre Apiryonn, le Gaon Rabbi Shélomo GUENZFRIED z.ts.l répond à ces questions en citant les propos de la Guémara ‘Houlin 89a :

Rabbi Iç’hak dit : Quel est le sens du verset (Téhilim 58-2) :

« Est-il possible de croire que l’on puisse rester muet ?! Parlez de justice ! Jugez les gens avec droiture ! » ?

La véritable spécificité d’un être humain dans ce monde, c’est de se placer comme un muet. Ceci est-il vrai même pour les paroles de la Torah ? Non, puisque le texte conclut en disant : « Parlez de justice ! … »

 

Les commentateurs nous rappellent que les sacrifices avaient pour vocation de faire prendre personne à la personne que tout ce qui est fait à l’animal, l’abatage rituel, la combustion, etc. …, devait lui être normalement infligé pour sa faute, mais Hashem, dans sa grande bonté, lui a épargné tout ça en lui ordonnant d’offrir le sacrifice.

 

Selon cela, nous pouvons dire que si la Torah ne lui avait exigé qu’un seul oiseau pour sa purification, le lépreux en aurait conclut que la parole est fondamentalement mauvaise, preuve en est, l’abatage de l’oiseau bavard ! Une telle conclusion aurait engendré chez le lépreux un total mutisme, même pour des paroles de Torah.

Mais en réalité, une telle conduite ne serait absolument pas justifiée !

En effet, la Guémara poursuit en demandant : « Ceci est-il vrai même pour les paroles de la Torah ? Non, puisque le texte conclut en disant : « Parlez de justice ! … » 

La parole et l’étude de la Torah représente une chose indispensable pour chacun, et en particulier pour une personne qui a trébuché dans la faute du Lashon Ha-Ra’, comme nous l’enseignent nos maitres dans la Guémara ‘Ara’hin 15b) :

Rabbi ‘Hama Bar Rabbi ‘Hanina dit : quel est le moyen de réparation pour une personne qui s’est heurter à la faute du Lashon Ha-Ra’ ? S’il s’agit d’un érudit dans la Torah, qu’il étudie davantage, comme il est dit dans Mishlé (15) « Le remède de la langue c’est l’arbre de vie ». Or, nous savons que lorsqu’on emploi le terme « langue » dans la Torah, il ne s’agit que de Lashon Ha-Ra’.

 

Afin d’éviter cette erreur, le lépreux doit apporter deux oiseaux le jour de sa purification :

On égorgera l’un des deux afin de faire prendre conscience au lépreux qu’il y a effectivement des paroles pour lesquelles il est préférable de garder le silence.

Mais le deuxième oiseau sera gardé en vie, afin de signifier qu’il existe des paroles qui sont non seulement souhaitées, mais qui entraînent la vie, c'est-à-dire, « Parlez de justice ! … », qui signifie ici étudier la Torah.

Similairement, il est écrit dans le livre de Mishlé (18) :

« La mort et la vie sont entre les mains de la langue. »

De même, nos maitres enseignent dans la Guémara :

« Tous les bavardages sont mauvais, sauf les bavardages de Torah. »

 

Le fait de lâcher l’oiseau vivant – qui représente l’étude de la Torah - vers le champ, sert aussi à délivrer un message au lépreux.

En effet, le lépreux pourrait faire l’erreur de croire qu’il n’y a pas de différence entre l’étude de la Torah lorsqu’elle est réalisée dans le confort, et l’étude de la Torah lorsqu’elle est réalisée dans la difficulté. Une telle pensée serait totalement erronée, car nos maitres enseignent (Midrash sur Shir Ha-Shirim 7) :

Rava commente le sens de ce verset : « Viens, mon bien-aimé, sortons dans les champs passons la nuit dans les hameaux … »

L’assemblée d’Israël s’adressa à Hashem en disant : Maitre du Monde : ne me juge pas comme les habitants des grandes villes qui sont souvent coupables de vols, de débauche et de parjure. « Sortons dans les champs » Viens, je vais te montrer des érudits de la Torah qui étudient dans la difficulté.

 

Dans les textes de la Torah, le champ est donc l’allusion à la l’étude de la Torah dans la difficulté.

 

Le fait de lâcher l’oiseau vivant exclusivement vers le champ détourne notre regard en direction des « gens des champs », ceux qui étudient la Torah dans la difficulté.          

 

Du matériel au spirituel

(A partir des écrits du Gaon Rabbi David SHALITIEL shalita

 

Il est écrit dans notre Parasha :

« Lorsque vous arriverez dans le pays de Kena’an que je vous concède, je donnerai le fléau de la lèpre dans les maisons où vous résiderez …. Le Cohen ordonnera qu'on détache les pierres atteintes par la plaie et qu'on les jette hors de la ville, dans un lieu impur. Puis il fera gratter la maison intérieurement, autour de la plaie, et l'on jettera la poussière qu'on aura raclée hors de la ville, dans un lieu impur. On prendra d'autres pierres, que l'on posera à la place des premières; on prendra d'autre mortier, et l'on recrépira la maison.»

 

Le fléau de la lèpre dont il est question dans la Torah, n’a strictement rien à voir avec la pathologie que nous connaissons de notre époque.

Preuve en est, la lèpre de la Torah peut frapper même les murs des maisons, comme nous le démontre notre verset.

 

Les lois qui sont mentionnées dans notre Parasha, et qui sont relatives à la lèpre, ne sont pas en vigueur de notre temps, puisque nous n’avons plus le Beit Hamikdash sans lequel nous ne pouvons pas offrir de sacrifices (comme on doit le faire lors d’une lèpre, selon la Torah), et que nous n’avons plus de Cohen capable d’examiner les personnes ou les murs d’une maison, pour déterminer s’ils sont purs ou impurs.

 

Selon Rashi, la Torah annonce ici à Israël que la plaie de la lèpre s’abattra plus tard sur leurs maisons (lorsqu’ils habiteront en Erets Israël), à cause des trésors d’or et d’argent que les Kena’anim vont cacher à l’intérieur des murs de leurs maisons, lorsqu’ils vont apprendre qu’Israël s’approche du pays pour en prendre possession sur ordre d’Hashem. Ne voulant pas que toutes leurs richesses passent aux mains d’Israël, les Kena’anim les cachèrent à l’intérieur des murs des maisons.

Par le fléau de la lèpre qui frappera les maisons, les Bné Israël sauront qu’il faut détruire les murs de la maison, et ils trouveront - grâce à cela - l’argent des Kena’anim, avec lequel ils s’enrichiront.

 

Rashi prend cet enseignement du Torat Cohanim, qui déduit cela à partir des termes « … je donnerai le fléau de la lèpre… » qui indiquent un cadeau pour le peuple d’Israël.

 

Cet enseignement du Torat Cohanim est également par le Zohar Hakadosh, qui émet une remarque :

Si la lèpre dans les murs des maisons, ne doit servir qu’à enrichir les Bné Israël, alors pourquoi la Torah interdit-elle de réutiliser les mêmes pierres et la même terre pour reconstruire ensuite la maison ? L’objectif de la Miçwa est déjà atteint, en trouvant les trésors !

 

Le Zohar donne une tout autre raison au fléau de la lèpre dans la maison, raison qui va aussi dans l’intérêt d’Israël.

En effet, les Kena’anim construisaient leurs maisons, en invoquant les noms de leurs idoles. Par conséquent, un esprit d’impureté résidait sur la maison.

Hashem a voulu donc faire mériter à Israël de ne pas habiter dans une demeure impure, puisque tout le but de leur venu en Ereç Israël n’était que résider dans un lieu Saint.

C’est donc pour cette raison qu’Hashem ordonne non seulement de détruire la maison frappée de lèpre, mais aussi de ne pas réutiliser les pierres et la terre d’origine, et ainsi, les Bné Israël mériteront de résider dans un endroit réellement Saint.

 

A partir de ce point, le Zohar Hakadosh poursuit en disant que toute personne qui construit une nouvelle maison, doit stipuler verbalement qu’il construit cette demeure afin qu’elle soit digne et appropriée au Service d’Hashem. A ce moment là, un esprit de Sainteté émanant d’Hahsem, va régner sur cette maison.

Tel est le sens du verset, dans le livre de Iyov (Iyov chap.5) :

« … tu assigneras ta maison et ne trouveras rien en défaut. »

Ce qui veut dire, que lorsque tu assigneras ta maison, afin qu’elle soit consacrée au Nom d’Hashem, grâce à cela, reposera sur cette maison, un esprit de Sainteté et de pureté.

 

C’est ainsi que les Bné Israël se sont comportés lors de la construction du Mishkan.

Pour chaque chose qu’ils réalisaient, ils disaient : « Ceci est pour le Nom d’Hashem », « Ceci est pour le Mishkan », « Ceci est pour le Sanctuaire », « Ceci est pour le Rideau », et c’est grâce à cela, que résidait un esprit de Sainteté sur la demeure d’Hashem.

C’est comme cela que l’on transforme des éléments matériels en éléments spirituels de 1ère importance.

 

Il en est de même pour toute chose.

Lorsqu’on achète une maison, on doit dire qu’on l’achète Leshem Shamaïm (pour la seule Gloire d’Hashem, même si on l’achète également pour notre propre nécessité), afin que réside un esprit de Sainteté sur cette maison.

Lorsqu’on achète quelque chose en l’honneur de Shabbat, on doit préciser verbalement « ceci est en l’honneur de Shabbat (Li’hvod Shabbat) », et ainsi de suite pour toutes choses.

Grâce à cela, on peut transformer des pierres matérielles en pierres sacrées.

 

C’est d’ailleurs pour cette raison que nous avons l’usage - lorsque quelqu’un entre dans une nouvelle maison – de procéder à ‘Hanoukat Habaït (inauguration de la maison), en réunissant quelques personnes (un Minyan, pour que la She’hina puisse résider), qui prononceront des paroles de Torah. Cette tradition a une grande importance. (Comme nous le développerons – B’’H – à l’occasion d’un exposé Hala’hique).



                                                                        Pirké Avot Chapitre 2

Mishna 1

 

« Sois vigilent aussi bien vis-à-vis d’une Miçwa apparemment facile que vis-à-vis d’une Miçwa difficile… »

 

Midrash Tan’houma (Ki Téçé) :

 

Rabbi A’ha dit : Il y a 248 commandements positifs dans la Torah, et ils correspondent aux 248 organes du corps humain. Chaque organe dit à l’être humain : « Fais moi accomplir une Miçwa qui me fera vivre par son mérite, et tu auras une longue vie ! » De même, il y a 365 interdictions dans la Torah, et ils correspondent aux jours du calendrier solaire. Dès le lever du soleil jusqu’à son coucher, le « jour » dit à l’être humain : « Fais attention à ne pas commettre en moi une transgression, car tu pourrais te faire pencher – toi ainsi que le monde entier – vers la condamnation ! »

 

C’est pourquoi le Tana nous met en garde en nous disant de nous montrer toujours vigilent vis-à-vis de toutes les Miçwot, afin de faire vivre tous les organes du corps, et afin de nous préserver et préserver l’univers de la condamnation.

 

Histoire

 

Rabbenou Don Iç’hak ABRABANEL était le ministre des finances du roi Alfonso V du Portugal (15ème siècle).

 

Le roi appréciait particulièrement Don Iç’hak, ce qui éveilla la jalousie des autres ministres.

 

Ils s’adressèrent au roi en lui disant :

« Tu donnes toute ta confiance à ce juif, mais met le à l’épreuve et tu verras de toi-même s’il est réellement digne de confiance. »

Le roi accepta et les ministres proposèrent au roi qu’il demande à Don Iç’hak de lui présenter par écrit le détail de tout ce qu’il possède dans sa fortune personnelle.

3 jours après, Don Iç’hak présenta au roi le détail de sa fortune qui s’élevait précisément à la somme de 700 000 pièces d’or.

En entendant ce montant, les ministres se mirent à rire en disant au roi que la maison personnelle de Don Iç’hak s’élevait à elle-même au double de la somme annoncée par Don Iç’hak, et ceci, sans compter les différents champs de vignes d’une valeur très importante. Le roi fut irrité d’apprendre que son fidèle ministre l’avait trompé. On fit venir un expert qui estima effectivement la fortune personnelle de Don Iç’hak à une somme beaucoup plus élevée que celle qu’il avait annoncé au roi.

Le roi entra dans une colère enflammée contre Don ç’hak.

 

Une deuxième chose vient irriter le roi à l’encontre de Don Iç’hak.

En effet, Don Iç’hak avait un serviteur non juif qui le servait avec dévouement, mais en échange de pots de vins, le serviteur vola des documents secrets appartenant à Don Iç’hak et connus seulement de lui même et du roi.

Il les remit au ministre des affaires étrangères qui haïssait farouchement Don Iç’hak.

Lorsque le ministre des affaires étrangères se présenta devant le roi, il signifia au roi qu’il était au courant du contenu des documents secrets. Le roi lui demanda comment il en avait eut connaissance, et le ministre répondit que Don Iç’hak lui avait dévoilé l’existence des ces documents et de leur contenu.

 

A ce moment, le roi fut définitivement résolu à punir Don Its’hak pour l’avoir trahi de la sorte et décida sa condamnation à mort. Cependant, Don Its’hak bénéficiait d’une grande popularité dans le pays pour les allègements fiscaux qu’il appliquait au peuple, et de ce fait, le roi hésitait à le mettre à mort publiquement. Il convoqua Don Its’hak afin de lui confier une mission. Il lui remit une lettre cachetée du sceau royal en lui demandant d’aller la remettre au propriétaire d’une usine de briques qui se trouvait à l’extérieur de la ville. Le contenu de la lettre ordonnait au propriétaire de l’usine de jeter le porteur de la lettre dans la fournaise où les briques étaient fabriquées. Don Its’hak exécuta les ordres du roi et demanda à son fidèle serviteur non juif d’atteler son carrosse et de l’accompagner à cette usine. En chemin, le serviteur aperçut au loin un homme à l’apparence juive, qui faisait signe au carrosse de s’arrêter. Don Its’hak ordonna au serviteur de s’arrêter, et l’homme s’adressa à Don Its’hak et lui dit :

« Ma femme a accouchée d’un garçon il y a 8 jours, et c’est aujourd’hui le jour de sa Mila. Or, j’avais commandé les services d’un Mohel qui n’est toujours pas arrivé, et comme nous sommes proches de l’heure du coucher du soleil, et que je ne voudrais pas perdre cette Mitsva si précieuse, je vous demande s’il vous plait de venir pratiquer la Mila sur mon fils puisque vous êtes réputé pour être un Mohel expert. »

En entendant cela, Don Its’hak fut pris de doutes. Il devait d’une part remplir la mission que le roi lui avait confiée, mais d’autre part, pouvait-il négliger l’accomplissement d’un commandement d’Hashem qui ordonne dans la Torah de pratiquer la Mila à 8 jours ?!

 

Il décida d’envoyer son serviteur remettre la lettre au propriétaire de l’usine de briques, et lui dit qu’il viendrait le chercher dès que la Mila sera terminée.

 

Don Its’hak suivit le père et alla pratiquer la Mila de l’enfant, pendant que son serviteur se rendit à l’usine de briques pour remettre le courrier royal au propriétaire.

Lorsque le propriétaire de l’usine de briques ouvrit la lettre du roi et lut son contenu, il ordonna immédiatement que l’on prenne le porteur de la lettre et qu’on le jette dans la fournaise où sont fabriquées les briques.

 

Quelques heures plus tard, Don Its’hak arriva à l’usine pour reprendre son serviteur, mais quelle ne fut sa stupéfaction d’entendre qu’il avait été précipité dans le feu sur ordre du roi ! Le propriétaire ajouta que le serviteur avait même avoué avant de mourir qu’il méritait cette mort pour avoir trahit son maître en lui dérobant des documents secrets pour le compte du ministre des affaires étrangères.

Don Its’hak pris conscience à ce moment précis du miracle dont il venait de bénéficier, et adressa des louanges à Hashem pour son infinie bonté.

 

Le lendemain, Don Iç’hak retourna auprès du roi.

En le voyant, le roi fut pris de panique et lui demanda :

« As-tu été à l’usine de briques ?! »

Don Its’hak lui raconta en détails ce qui s’était passé, ainsi que les aveux du serviteur qui avait dérobé les documents secrets pour le compte du ministre des finances.

 

Le roi lui répondit :

« Maintenant je sais que tu es un homme droit et intègre, puisque Hashem t’as maintenu en vie. »

Le roi ordonna immédiatement que l’on pende le ministre des affaires des étrangères.

 

Ensuite, le roi s’adressa à Don Iç’hak et lui dit :

« Il me reste malgré tout un grief contre toi. Lorsque je t’ai demandé le détail de ta fortune personnelle, pourquoi m’as-tu adressé un rapport qui n’atteint pas le tiers de ce que tu possèdes ? »

Don Its’hak répondit :

« Majesté ! Il est vrai que je possède une grande fortune, mais je ne considère pas qu’elle m’appartienne, car Sa Majesté pourrait à tout moment décréter une confiscation de tous mes biens. C’est pourquoi, je t’ai adressé uniquement le détail de ce que j’ai offert à la çédakka, car cet argent est de façon certaine ma possession exclusive, et personne ne pourrait s’en emparer puisqu’il est gardé la haut dans le ciel ! »

Le roi fut satisfait de la réponse de Don Its’hak et le remercia pour son honnêteté et sa fidélité.

 

Pour avoir montré autant d’importance envers un ordre « apparemment facile » qu’envers un ordre « apparemment difficile », Rabbenou Don Its’hak ABRABANEL fut sauvé d’un terrible danger.

 

Mishna 2 :

 

Rabbi Shim’on dit : Sois vigilant vis-à-vis de la lecture du Shema’ et de la prière. Lorsque tu pries, ne fais pas de ta prière un poids, mais plutôt une demande de miséricorde et des supplications devant Hashem.

 

Il est évident qu’une prière faite avec concentration (Kavana) ne peut qu’entraîner à l’homme un grand bonheur et le sauver du malheur, car même si nos maîtres enseignent dans la Guemara Mo’ed Katan (28a) : Les enfants, la vie et la subsistance matérielle ne dépendent pas du mérite mais seulement du destin (Mazal), malgré tout, grâce à la prière l’homme peut tout changer pour le bien. Notre grand maître le Rav Ovadia YOSSEF Shalita cite une référence à cela à travers un verset qui dit :

« Vous servirez Hashem votre D. » Voici la prière. « …Il bénira ton pain et ton eau » Voici la subsistance matérielle « Il n’y a aura pas en toi de femme stérile » Voici les enfants. « J’augmenterais le nombre de tes jours » Voici la vie.

 

Tout ceci à condition que la prière soit dite avec concentration. Il incombe donc chacun d’être très vigilant – non seulement sur la concentration dans la prière – mais aussi sur le fait de toujours dire les 3 prières quotidiennes de façon digne et dans la sérénité. Même si l’on est très occupé par ses affaires, on se doit de libérer un moment pour dire les 3 prières dans la sérénité. De même les femmes - qui ne sont soumises selon le Din qu’à une seule prière par jour – doivent être vigilantes et dire leur prière dans la sérénité et dans une totale concentration. C’est pourquoi, la femme doit agir avec sagesse et choisir un moment où elle n’a aucune occupation afin de prier de manière digne.

 

On raconte qu’un jour le Gaon Rabbi Eliyahou MANI z.ts.l – qui était le Av Beit Din de la ville de ‘Hevron il y a plus de 100 ans – voyagea en Egypte lors d’une année de disette afin de rapporter du pain et de la nourriture aux habitants de ‘Hevron. Le Rav fut hébergé chez un juif du nom de Katawi Pacha qui était le ministre des finances du gouvernement égyptien, et qui avait un immense respect envers les Talmidé ‘Ha’hamim (A cette époque, de nombreux juifs occupaient des places importantes en Egypte, comme des scientifiques, des artistes, des hommes politiques de premier rang). Le ministre reçu le Rav avec beaucoup d’honneur et le convia au repas de midi. Lorsqu’ils terminèrent le repas, le ministre s’excusa auprès du Rav en lui disant qu’il était dans l’obligation de s’absenter car il devait se rendre au palais royal pour une réunion avec le roi. Au cours de cette réunion, on devait procéder à un appel d’offre concernant la fabrication de vêtements pour 5 000 soldats de l’armée. Le ministre des finances devait lui aussi faire une proposition sur le type de vêtements ainsi que sur le prix. C’est pourquoi il devait se rendre auprès du roi. Le Rav lui souhaita la réussite dans ce qu’il entreprendra, mais il lui adressa une seule et unique demande : d’être vigilant afin de ne pas trop s’étendre dans les discussions et ainsi risquer de perdre la prière de Min’ha, car nos maîtres ont enseigné (Bera’hot 6b) : on doit toujours être vigilant vis-à-vis de la prière de Min’ha car Eliyahou Ha-Navi ne fut répondu que lors de la prière de Min’ha. Le ministre promis de respecter les paroles du Rav et qu’il ferai tout pour ne pas perdre la prière de Min’ha.

 

Après un long débat mené par le roi et ses conseillers au sujet des différentes propositions qui furent présentées lors de l’appel d’offres, le ministre Katawi regarda sa montre et constata que dans quelques instants le soleil allait se coucher, et s’il attendait qu’arrive son tour afin de présenter lui aussi sa proposition, il perdrait le moment de prier Min’ha. Il s’excusa à voix basse auprès du ministre qui siégeait à ses côtés, et se leva pour se rendre dans la pièce à côté afin de prier Min’ha. Pendant qu’il priait, s’accomplit sur lui le verset : « Avant même qu’ils m’implorent je leur répond, pendant qu’ils parlent je les exauce », Hashem écouta sa prière car il était quelqu’un de très généreux et très bon vis-à-vis de son peuple. Hashem incita le roi et les ministres à accepter l’offre du ministre Katawi. Le roi voulut le féliciter mais Katawi n’était pas là. Ses collègues dirent au roi que le ministre Katawi s’est absenté quelques instants pour prier. Ils attendirent que Katawi finisse sa prière. Lorsqu’il retourna sur le lieu de la réunion, le roi félicita Katawi pour sa réussite dans l’appel d’offre.  Le roi lui demanda : « Depuis quand es-tu devenu aussi Tsaddik et ‘Ha’ham pour te lever en plein conseil des ministres avec le roi, pour aller prier ? » Le ministre Katawi lui répondit : « Un très grand Sage et très grand çaddik d’Israël est arrivé chez moi, et je lui ai promis de prier. C’est pourquoi je me suis levé afin de tenir ma promesse. »

 

Lorsque les autres ministres quittèrent le palais, le roi demanda à s’entretenir en privé avec le ministre Katawi. Le roi lui dit : « J’ai une fille malade qui est alitée depuis des mois. J’ai convié les plus grands médecins mais aucun n’a réussi à la guérir. J’ai même demandé à des religieux – les Sheiks arabes – de prier pour elle mais sans le moindre succès. De grâce, fais venir ce Rav qui est chez toi afin qu’il la bénisse, peut être qu’il parviendra à la guérir ! »

 

Le ministre exauça la demande du roi, et demanda à Rabbi Eliyahou MANI de se rendre avec lui au palais royal afin de prier pour la guérison de la fille du roi. le Rav accepta et lorsqu’il arriva au palais, le roi l’introduisit dans la chambre de sa fille. Le Rav se mit à prier Hashem afin qu’Il sanctifie Son Nom dans le monde, et qu’Il envoie une totale guérison à la fille du roi. La prière du çaddik fut exaucée et 3 jours plus tard la fille du roi se leva de son lit et guérit de sa maladie. Le roi fut très heureux et convia de nouveau le Rav à se rendre au palais royal.

Lorsqu’il arriva, le roi exprima toute sa reconnaissance au Rav car grâce à sa prière, sa fille avait guérit. Le roi demanda au Rav : « Quelle la raison de ta venue en Egypte ? »

Le Rav répondit qu’il n’y avait plus de nourriture en Israël, car la famine devenait très dure. Le roi ordonna immédiatement d’envoyer plusieurs sacs de récolte à l’adresse du Rav à ‘Hevron, et récompensa le Rav avec des pièces d’or. Le Rav quitta l’Egypte avec beaucoup de richesses au profit des habitants de ‘Hevron, et le Nom d’Hashem fut sanctifié par l’intervention du Rav.

 

  Shabbat Shalom 

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